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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2304560

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2304560

vendredi 28 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2304560
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPôle contentieux sociaux

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 7 décembre 2023, le 11 décembre 2023 et le 28 mai 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 24 novembre 2023 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse ne lui a accordé qu'une remise gracieuse partielle, à hauteur de 50 %, de sa dette de 2 238,20 euros contractée au titre du revenu de solidarité active pour la période du 1er juin 2023 au 31 octobre 2023, laissant ainsi à sa charge la somme de 1 119,10 euros.

Il soutient qu'il a toujours déclaré honnêtement ses ressources conformément aux indications fournies par les services de la caisse d'allocations familiales.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 9 avril 2024 et le 21 mai 2024, le département de Vaucluse conclut au rejet de la requête de M. B.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. C a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 25 octobre 2023, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis à la charge de M. B un indu de 2 718,52 euros de revenu de solidarité active (INK 002) pour la période du 1er juin 2023 au 31 octobre 2023. Par un courrier du 29 octobre 2023, M. B doit être regardé comme ayant sollicité la remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 24 novembre 2023, dont M. B sollicite l'annulation, la présidente du conseil départemental de Vaucluse ne lui a accordé qu'une remise gracieuse partielle, à hauteur de 50 %, de sa dette de 2 238,20 euros contractée au titre du revenu de solidarité active pour la période du 1er juin 2023 au 31 octobre 2023, laissant ainsi à sa charge la somme de 1 119,10 euros.

2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de M. B, et dont il sollicite la remise gracieuse, résulte de l'erreur commise par les services de la caisse d'allocations familiales du Gard, qui ont tardivement pris en compte la conclusion par M. B, le 19 juin 2023, d'un contrat de service civique. La bonne foi du requérant, qui n'est d'ailleurs pas remise en cause, est ainsi établie. M. B soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser le solde de l'indu de revenu de solidarité active restant à sa charge d'un montant de 1 119,10 euros. Il justifie notamment de dépenses d'électricité, d'eau et de charges locative et d'assurance pour un montant de près de 851 euros par mois. Toutefois, et alors que les factures ainsi produites par M. B sont établies au nom de sa mère chez qui il est hébergé à titre gratuit, l'intéressé ne justifie pas, par les pièces qu'il produit, qu'il participerait aux charges du foyer. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas se trouver, à la date du présent jugement, dans une situation de précarité telle qu'il y aurait lieu de lui accorder une remise gracieuse supplémentaire, totale ou partielle, de sa dette qui s'élève en dernier lieu à 1 119,10 euros.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 novembre 2023 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse ne lui a accordé qu'une remise gracieuse partielle, à hauteur de 50 %, de sa dette de 2 238,20 euros contractée au titre du revenu de solidarité active pour la période du 1er juin 2023 au 31 octobre 2023, laissant ainsi à sa charge la somme de 1 119,10 euros.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département de Vaucluse.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.

Le président,

C. CLa greffière,

I. MASSOT

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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