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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2304621

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2304621

mardi 17 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2304621
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation4ème chambre magistrat statuant seul
Avocat requérantTROMBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 4 décembre 2023, 29 décembre 2023 et 24 septembre 2024, M. C, représenté par Me Trombert, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 11 août 2023 par laquelle la présidente du conseil départemental du Gard refuse de lui octroyer une aide financière au titre de l'aide à la subsistance, ensemble la décision du 2 octobre 2023 prise après recours gracieux ;

2°) d'enjoindre à cette même autorité de lui accorder l'aide financière.

Il soutient que :

- l'octroi de l'aide financière est justifiée par sa perte de salaire résultant de l'expiration de son titre de séjour et de ses difficultés à payer son loyer et sa nourriture ;

- il est marié et a deux enfants en bas âge de cinq ans et six mois ;

- il a reçu des réponses favorables à ses demandes précédentes.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 février 2024, le département du Gard, représenté par sa présidente en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la finalité des aides financières est d'accompagner et soutenir les personnes à retrouver et développer leur autonomie et non de constituer une ressource minimum ou complémentaire ;

- M. A ne remplit pas les conditions d'octroi des aides financières.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le règlement départemental des aides financières à la personne du Gard ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chamot, vice-présidente, pour statuer sur les litiges énumérés par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, la rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Chamot a été entendu au cours de l'audience publique du 3 décembre 2024, qui s'est tenue en l'absence des parties.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain, a sollicité auprès du département du Gard une aide financière le 7 août 2023. Par une décision du 11 août 2023, la présidente du conseil départemental du Gard a rejeté sa demande au motif que sa situation ne relève pas du règlement départemental des aides financières. M. A a formé un recours gracieux qui a été rejeté le 2 octobre 2023. M. A demande l'annulation de ces décisions.

2. Aux termes de l'article L. 222-2 du code de l'action sociale et des familles : " L'aide à domicile est attribuée sur sa demande, ou avec son accord, à la mère, au père ou, à défaut, à la personne qui assume la charge effective de l'enfant, lorsque la santé de celui-ci, sa sécurité, son entretien ou son éducation l'exigent et, pour les prestations financières, lorsque le demandeur ne dispose pas de ressources suffisantes () ". Aux termes des principes généraux du règlement départemental des aides financières à la personne du Gard adopté le 22 avril 2022 : " Le présent règlement concerne les aides financières attribuées sur constatation d'un besoin justifié par une évaluation sociale, dans le cadre de la participation au financement d'un projet - axe 1 - et de la protection de l'enfance et/ou la lutte contre les exclusions - axe 2. () Les aides financières n'ont pas vocation à constituer une ressource minimum ou complémentaire, temporaire ou permanente () ". Aux termes de l'axe 2 " protection de l'enfance, lutte contre les exclusions " du même règlement : les situations pouvant faire l'objet d'une aide à la subsistance sont : " 1. Rupture de ressources : séparation de couple, rupture familiale, blocage de compte bancaire, période d'attente entre deux revenus alors que le droit est ouvert ou en attente d'instruction / 2. Frais exceptionnels qui portent atteinte aux moyens de subsistance de la famille. Sont exclus des frais exceptionnels : / a) Les impôts, taxes amendes (car possibilités de dégrèvements ou de facilités de paiement de l'administration fiscale) / b) Les frais liés à la résidence principale qui relèvent du FSL (accès, maintien, charges), à l'exception des situations ou l'aide du "FSL charges" ne suffit pas à garantir le maintien des fournitures eau, gaz, électricité, chauffage / 3. Gestion des ressources aboutissant à une absence de moyens financiers pour assurer les besoins primaires (nourriture, hygiène) avant l'échéance du prochain paiement / 4. Attente de droits à un revenu (du travail, de substitution, d'obligation alimentaire, etc) au regard de l'article L. 222-2 du code de l'action sociale et des familles () ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.

4. M. A a formé, le 7 août 2023, une demande auprès du département du Gard pour solliciter une aide financière au titre de l'axe 2 " lutte contre les exclusions " du règlement départemental des aides financières à la personne pour subvenir à ses charges. Il résulte de l'instruction que M. A et son épouse, Mme B, n'ont pas de ressources et étaient hébergés par leur famille, avec leur enfant, jusqu'au 10 juin 2023, date à laquelle ils ont accédé à un logement. M. A soutient être dans une situation de rupture de ressources en raison de l'expiration de son titre de séjour. Toutefois, il résulte de l'instruction que son titre de séjour a expiré le 21 septembre 2017 et celui de son épouse le 1er octobre 2018. Ainsi, M. A n'est pas dans une situation de rupture de ressources au sens des dispositions du règlement départemental d'aides financières à la personne du département du Gard et ne soutient pas relever d'une autre situation lui ouvrant droit à une aide financière du département. Enfin, si M. A se prévaut de deux décisions des 8 février 2022 et 12 avril 2022 par lesquelles la présidente du conseil départemental du Gard lui a accordé une aide financière d'un montant de 360 euros, les aides financières du département n'ont pas vocation à constituer une ressource minimale permanente, et leur octroi est donc sans incidence sur le présent litige.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 11 août 2023 par laquelle la présidente du conseil départemental du Gard refuse de lui accorder une aide financière.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C et à la présidente du conseil départemental du Gard.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2024.

La magistrate désignée,

C. CHAMOT

La greffière,

B. MAS-JAY

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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