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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2304650

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2304650

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2304650
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPôle contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de Mme A C contestant la décision du 16 novembre 2023 par laquelle la présidente du conseil départemental du Gard a confirmé la réduction de son droit au revenu de solidarité active (RSA) à compter de décembre 2020. La requérante soutenait ne pas avoir reçu les courriers l'informant de l'obligation de faire valoir ses droits à pension alimentaire. Le tribunal a appliqué les articles L. 262-10 et L. 262-12 du code de l'action sociale et des familles, qui subordonnent le versement du RSA à cette démarche, et a considéré que la réduction était justifiée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 décembre 2023, Mme E A C doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 16 novembre 2023 par laquelle la présidente du conseil départemental du Gard a confirmé la réduction de son droit au revenu de solidarité active à compter du mois de décembre 2020 et a refusé de faire droit à sa demande tendant au reversement des sommes qu'elle estime avoir été indûment déduites depuis deux ans du montant de son allocation de revenu de solidarité active ;

2°) d'enjoindre au département du Gard de lui rembourser les sommes qui ont été retenues sur le montant de son allocation de revenu de solidarité active au titre de la réduction prononcée par la caisse d'allocations familiales ;

Elle soutient qu'elle ignorait être dans l'obligation de faire valoir ses droits à pension alimentaire dès lors qu'elle n'a jamais reçu les courriers du 16 octobre 2020, du 16 juillet 2020 et du 19 avril 2021.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 7 février 2024 et le 16 mai 2024, le département du Gard conclut au rejet de la requête de Mme A C.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. D a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courrier du 16 octobre 2020, la caisse d'allocations familiales du Gard a informé Mme A C que ses droits au revenu de solidarité active seraient réduits si, dans le délai d'un mois, la requérante n'adressait pas tout document apportant la preuve de l'engagement d'une action en reconnaissance de ses droits à pension alimentaire ou une lettre précisant les raisons pour lesquelles elle souhaiterait être dispensée de cette démarche. Par un courrier du 14 juin 2023, Mme A C a formé un recours administratif contre la décision, révélée par un échange oral avec un conseiller de la caisse d'allocations familiales, par laquelle la caisse d'allocations familiales du Gard a réduit son droit au revenu de solidarité active à compter du mois de décembre 2020. Par une décision du 16 novembre 2023, dont Mme A C demande l'annulation, la présidente du conseil départemental du Gard a confirmé la réduction de son droit au revenu de solidarité active à compter du mois de décembre 2020 et a refusé de faire droit à sa demande tendant au reversement des sommes qu'elle estime avoir été indûment déduites depuis deux ans du montant de son allocation de revenu de solidarité active.

2. Aux termes de l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le revenu de solidarité active a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle. ". Aux termes de l'article L. 262-2 de ce code : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 est fixé par décret. Il est revalorisé le 1er avril de chaque année par application du coefficient mentionné à l'article L. 161-25 du code de la sécurité sociale. / L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article L. 262-10 du même code : " I.-Le droit au revenu de solidarité active est subordonné à la condition que le foyer fasse valoir ses droits aux prestations sociales, législatives, réglementaires et conventionnelles, à l'exception des allocations mensuelles mentionnées au dernier alinéa de l'article L. 222-3. () / II.-En outre, il est subordonné à la condition que le foyer fasse valoir ses droits : () / 2° Aux pensions alimentaires accordées par le tribunal au conjoint ayant obtenu le divorce, dont la requête initiale a été présentée avant l'entrée en vigueur de la loi n° 75-617 du 11 juillet 1975 portant réforme du divorce. ". Aux termes de l'article L. 262-12 du même code : " Le foyer peut demander à être dispensé de satisfaire aux obligations mentionnées aux deuxième à dernier alinéas de l'article L. 262-10. Le président du conseil départemental statue sur cette demande compte tenu de la situation du débiteur défaillant et après que le demandeur, assisté le cas échéant de la personne de son choix, a été mis en mesure de faire connaître ses observations. Il peut mettre fin au versement du revenu de solidarité active ou le réduire d'un montant au plus égal à celui de la créance alimentaire, lorsqu'elle est fixée, ou à celui de l'allocation de soutien familial. ". Aux termes de l'article R. 262-49 du même code : " Si, à l'issue des délais mentionnés aux articles R. 262-46 et R. 262-47, le foyer n'a pas fait valoir ses droits aux prestations ou aux créances d'aliments mentionnées à l'article L. 262-10 ou n'a pas demandé à être dispensé de cette obligation et que le président du conseil départemental a l'intention de mettre fin au versement de l'allocation ou de procéder à une réduction de l'allocation, ce dernier en informe par écrit le foyer, lui indique le cas échéant le montant de la réduction envisagée et lui fait connaître qu'il dispose d'un délai d'un mois pour présenter des observations écrites ou demander à être entendu, assisté, le cas échéant, de la personne de son choix. () La réduction mentionnée à l'article L. 262-12 est au plus égale au montant de l'allocation de soutien familial mentionnée à l'article L. 523-1 due à un parent ayant un seul enfant. () / Les informations prévues aux alinéas précédents et la décision de réduction ou de fin de droit de l'allocation prise par le président du conseil départemental sont notifiées au foyer par lettre recommandée avec avis de réception. La réduction prend fin, par décision du président du conseil départemental, le premier jour du mois au cours duquel le foyer a fourni des éléments justifiant qu'il a fait valoir ses droits. ".

3. Il appartient au juge administratif, saisi de conclusions dirigées contre une décision de réduction du montant de l'allocation du revenu de solidarité active prise par le président du conseil départemental sur le fondement des articles cités au point précédent, laquelle ne présente pas le caractère d'une sanction, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et notamment des pièces justificatives le cas échéant produites en cours d'instance par le requérant. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé pour la période courant à compter de la date de suspension des droits et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.

4. En l'espèce, il n'est pas contesté que la caisse d'allocations familiales du Gard a réduit le montant du revenu de solidarité active dû à Mme A C à compter du mois de décembre 2020, sur le fondement des dispositions de l'article R. 262-49 du code de l'action sociale et des familles, au motif que l'intéressée n'avait pas fait reconnaître ses droits à pension alimentaire. Cette réduction a, par la suite, été confirmée par la décision du 16 novembre 2023 de la présidente du conseil départemental du Gard refusant de faire droit à la demande de Mme A C tendant au reversement des sommes qu'elle estime avoir été indûment déduites depuis deux ans du montant de son allocation de revenu de solidarité active. Si, comme le soutient Mme A C, il ne résulte pas de l'instruction que la requérante aurait reçu notification régulière par pli recommandé des courriers du 16 octobre 2020, du 16 juillet 2020 et du 19 avril 2021 l'informant de ses obligations, ni qu'une décision formalisée de réduction des droits au revenu de solidarité active de Mme A C aurait été prise par le département du Gard, alors que celui-ci était tenu d'en informer l'allocataire par écrit et de notifier cette décision par lettre recommandée avec avis de réception, conformément aux dispositions de l'article R. 262-49 du code de l'action sociale et des familles, afin de faire connaître à l'allocataire qu'il dispose d'un délai d'un mois pour présenter des observations écrites ou demander à être entendu, assisté, le cas échéant, de la personne de son choix, de tels vices de forme et de procédure constituent des vices propres de la décision attaquée de réduction du montant de l'allocation de revenu de solidarité active prise à son encontre, dont Mme A C ne peut utilement se prévaloir, conformément à ce qui a été dit au point 3.

5. Il résulte de l'instruction, ce qui n'est d'ailleurs pas contesté, que Mme A C n'a pas fait valoir ses droits à pension alimentaire avant le mois de mai 2023. C'est, par suite, à bon droit que le montant de son allocation de revenu de solidarité active a été réduit par la caisse d'allocations familiales du Gard à compter du mois de décembre 2020.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A C doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à E A C et au département du Gard.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.

Le président,

C. D

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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