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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2400083

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2400083

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2400083
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPôle contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en plein contentieux social, a examiné la demande de Mme B tendant à l’annulation du refus de remise gracieuse d’un indu de prime d’activité de 158,88 euros. La requérante invoquait sa bonne foi et sa situation financière précaire. Le tribunal a rappelé que, selon l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, une remise gracieuse ne peut être accordée que si le débiteur est de bonne foi et que sa précarité le justifie. Il a rejeté la requête, estimant que les éléments fournis ne démontraient pas que ces conditions étaient remplies à la date de sa décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 janvier 2024, Mme C B demande au tribunal d'annuler la décision du 27 octobre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Gard a confirmé, sur son recours gracieux du 22 mai 2023, la décision du 10 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Gard a rejeté sa demande de remise gracieuse de sa dette de 158,88 euros contractée au titre de la prime d'activité (IM3 004) pour la période du 1er mai 2022 au 31 juillet 2022.

Elle soutient qu'elle est de bonne foi et qu'elle est dans une situation financière précaire qui ne lui permet pas de rembourser sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mai 2024, la caisse d'allocations familiales du Gard conclut au rejet de la requête de Mme B.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. D a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 22 septembre 2022, la caisse d'allocations familiales du Gard a mis à la charge de Mme B un indu de 158,88 euros de prime d'activité pour la période du 1er mai 2022 au 31 juillet 2022. Par un courrier du 15 novembre 2022, Mme B a sollicité une remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 10 mars 2023, la caisse d'allocations familiales du Gard a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette. Par un courrier du 22 mai 2023, Mme B a sollicité une nouvelle remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 27 octobre 2023, dont Mme B sollicite l'annulation, la caisse d'allocations familiales du Gard a confirmé la décision du 10 mars 2023.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () / () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire de la prime d'activité ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation que si, tout à la fois, d'une part, il est de bonne foi, l'indu ne devant pas trouver sa cause dans une manœuvre frauduleuse ou une fausse déclaration procédant d'une volonté de dissimulation de sa part, et, d'autre part, la précarité de sa situation, appréciée par l'administration à la date de sa décision, justifie l'octroi d'une remise.

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande et en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé à l'allocation ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.

5. L'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale dispose que : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". L'article L. 842-3 du même code précise que : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () ". Aux termes de l'article R. 842-3 de ce code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : 1° Du bénéficiaire ; 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ; et 3° Des enfants et personnes à charge () ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels ; () ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

6. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité mis à la charge de Mme B, et dont elle sollicite la remise gracieuse, résulte de l'absence de déclaration par l'intéressée de l'intégralité de ses ressources pendant la période litigieuse. Si la bonne foi de Mme B, laquelle n'est d'ailleurs pas remise en cause par l'administration, peut être regardée comme établie, il résulte toutefois de l'instruction, notamment des relevés bancaires produits par l'intéressée, que les ressources mensuelles du foyer de Mme B, en situation de couple et sans enfant à charge, s'élèvent à la somme de 2 159,77 euros, et que ses charges fixes, incluant le remboursement des échéances de crédit, la taxe foncière, les factures d'eau et d'électricité ainsi que les charges d'assurances, s'élèvent à 1 841,73 euros. Dans ces conditions, compte tenu des ressources dont dispose le foyer de Mme B et compte tenu également de l'échelonnement possible des échéances de son remboursement, il ne résulte pas de l'instruction que la situation de précarité de l'intéressée serait telle qu'il y aurait lieu de lui accorder une remise, totale ou partielle, de sa dette qui s'élève à la somme de 158,88 euros.

7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 27 octobre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Gard a confirmé, sur son recours gracieux du 22 mai 2023, la décision du 10 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Gard a rejeté sa demande de remise gracieuse de sa dette de 158,88 euros contractée au titre de la prime d'activité (IM3 004).

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la caisse d'allocations familiales du Gard.

Rendu public par mise à disposition au greffe 7 octobre 2024.

Le président,

C. D

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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