lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2400104 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pôle contentieux sociaux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 janvier 2024 et régularisée le 21 mars 2024, et un mémoire, enregistré le 9 août 2024, M. B C doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 décembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Gard a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de 1 763,44 euros résultant d'un trop-perçu d'aide personnelle au logement (IN4 001), au titre de la période du 1er mai 2021 au 31 juillet 2022 ;
2°) d'annuler la décision du 2 novembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Gard a prononcé à son encontre une pénalité administrative d'un montant de 170 euros ;
3°) de condamner la caisse d'allocations familiales du Gard à l'indemniser du préjudice qu'il a subi.
Il soutient que :
- sa requête est recevable
- l'erreur commise est imputable à la caisse d'allocations familiales qui n'a pas pris en compte les ressources perçues en qualité de gérant majoritaire qu'il mentionnait dans ses déclarations trimestrielles de ressources ;
- il est dans une situation financière précaire qui ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 9 juillet 2024 et le 3 septembre 2024, la caisse d'allocations familiales du Gard conclut au rejet de la requête de M. C.
Elle soutient que :
- la requête de M. C est tardive ;
- les conclusions de la requête de M. C relatives à la pénalité administrative sont portées devant une juridiction incompétente pour en connaître ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les observations de M. C.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 22 mai 2023, la caisse d'allocations familiales du Gard a mis à la charge de M. C un indu d'aide personnelle au logement (IN4 001) d'un montant de 1 917,24 euros au titre de la période du 1er mai 2021 au 31 juillet 2022. Par un courrier du 23 juin 2023, M. C doit être regardé comme ayant sollicité une remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 14 décembre 2023, dont M. C sollicite l'annulation, la caisse d'allocations familiales du Gard a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de 1 763,44 euros résultant d'un trop-perçu d'aide personnelle au logement (IN4 001), au titre de la période du 1er mai 2021 au 31 juillet 2022. M. C demande également au tribunal d'annuler la pénalité administrative d'un montant de 170 euros qui lui a été infligée par la caisse d'allocations familiales du Gard et de condamner l'administration à l'indemniser du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de son attitude à son encontre.
Sur l'exception d'incompétence de la juridiction administrative soulevée par la caisse d'allocations familiales du Gard :
2. L'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale prévoit, en son paragraphe I, que le directeur de l'organisme chargé de la gestion des prestations familiales, au titre de toute prestation servie par cet organisme, peut infliger un avertissement ou une pénalité à l'auteur de l'un des faits ou manquements prévus au même article. Il résulte des dispositions du quatrième alinéa du paragraphe I de cet article L. 114-17 du code de la sécurité sociale que " la mesure prononcée () peut être contestée devant le tribunal judiciaire spécialement désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire ".
3. Il résulte de ces dispositions que les conclusions de la requête de M. C, dirigées contre la pénalité administrative qui lui a été infligée par le directeur de la caisse d'allocations familiales du Gard sur le fondement de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale, se rapportent à un litige qui ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 14 décembre 2023 :
4. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent / () 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale / b) L'allocation de logement sociale. ". Aux termes de l'article L. 823-9 de ce code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré (). / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
6. Il résulte de l'instruction que l'indu d'aide personnelle au logement mis à la charge de M. C, et dont il sollicite la remise gracieuse, résulte de la prise en compte par les services de la caisse d'allocations familiales des revenus perçus par M. et Mme C dans le cadre de leur activité de gérants salariés de la société à responsabilité limitée " Fleur't avec le dit vin ", au titre de l'année 2020 et qui n'avaient pas été initialement déclarés auprès des services fiscaux. Après le dépôt d'une déclaration rectificative auprès de l'administration fiscale le 12 avril 2023 générant un avis d'impôt rectificatif au titre de l'année 2020, la caisse d'allocations familiales du Gard a procédé au recalcul des droits à l'aide personnelle au logement de M. et Mme C en prenant en compte les ressources perçues par le couple au titre de l'année 2020. Si la bonne foi de M. C, laquelle n'est d'ailleurs pas sérieusement remise en cause par l'administration, peut être regardée comme établie, il résulte toutefois de l'instruction, notamment des pièces produites par la caisse d'allocations familiales du Gard, que le foyer de M. C a perçu des revenus, entre le mois de mai 2024 et le mois de juillet 2024, s'élevant à 1 958 euros par mois en moyenne, somme à laquelle s'ajoute 168,58 euros de prime d'activité. Dans ces conditions, compte tenu des ressources dont dispose le foyer composé de M. C et de son épouse, sans enfant à charge, il ne résulte pas de l'instruction que la situation de précarité de l'intéressé, au regard de ses charges fixes qui s'élèvent à la somme de 748 euros par mois, serait telle qu'il y aurait lieu de lui accorder une remise gracieuse totale ou partielle de sa dette qui s'élève, en dernier lieu, à la somme de 80,50 euros.
7. A supposer même que le requérant ait entendu également contester le bien-fondé de la décision de récupération de l'indu d'aide personnelle au logement mis à sa charge, la seule circonstance que M. C n'est pas responsable de la situation dès lors qu'il aurait correctement déclaré ses revenus est toutefois sans incidence sur la régularité ou le bien-fondé de cette décision.
8. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la caisse d'allocations familiales du Gard, les conclusions à fin d'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales du Gard du 14 décembre 2023 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, et en l'absence de faute de l'administration commise dans la gestion du dossier de M. C, les conclusions du requérant tendant à la réparation de son préjudice, dont la réalité n'est au demeurant pas démontrée, ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de M. C relatives à la pénalité administrative sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la caisse d'allocations familiales du Gard.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
Le président,
C. D
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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