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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2400140

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2400140

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2400140
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPôle contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en plein contentieux, a rejeté la requête de Mme B et M. C demandant l'annulation du refus de remise gracieuse de leur dette d'aide personnelle au logement (APL) de 1 845,62 euros. Les requérants invoquaient leur bonne foi et leur situation financière précaire. Le tribunal a estimé que, malgré la bonne foi établie, leurs ressources mensuelles (environ 2 588 euros) ne caractérisaient pas une précarité suffisante pour justifier une remise totale ou partielle de la dette, au regard des articles L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2024, Mme F B et M. D C doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 17 novembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Gard a refusé de leur accorder une remise gracieuse de leur dette contractée au titre de l'aide personnelle au logement (IM4 001) d'un montant de 1 845,62 euros.

Ils soutiennent qu'ils sont de bonne foi et qu'ils sont dans une situation financière précaire qui ne leur permet pas de rembourser leur dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2024, la caisse d'allocations familiales du Gard conclut au rejet de la requête de Mme B et M. C.

Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. E a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 18 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales du Gard a mis à la charge de Mme B une dette d'un montant de 1 845,62 euros résultant d'un trop-perçu d'aide personnelle au logement (IM4 002). Par un courrier du 13 avril 2023, Mme B a sollicité la remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 17 novembre 2023, dont Mme B et M. C doivent être regardés comme demandant l'annulation, la caisse d'allocations familiales du Gard a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent / () 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale / b) L'allocation de logement sociale. ". Aux termes de l'article L. 823-9 de ce code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré (). / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision. S'agissant d'un indu constaté au titre de la prestation de compensation du handicap, il y a lieu de rechercher si la situation de précarité de l'intéressé et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction de dette.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu d'aide personnelle au logement mis à la charge de Mme B, et dont elle sollicite la remise gracieuse, est imputable à la requérante qui a déclaré de manière erronée, le 6 janvier 2022 à l'occasion de sa déclaration de ressources pour l'année 2021, avoir exposé des frais réels, venant en déduction des ressources prises en compte pour le calcul de ses droits, à hauteur de 17 675 euros, alors qu'elle n'en avait déclaré aucun auprès des services fiscaux dans le cadre de sa déclaration de revenus au titre de la même année. Si la bonne foi de Mme B et M. C, laquelle n'est d'ailleurs pas remise en cause par l'administration, peut être regardée comme établie, il résulte toutefois de l'instruction, notamment des pièces produites par les intéressés et de la déclaration de ressources trimestrielles produite par la caisse d'allocations familiales du Gard, que Mme B a perçu des salaires, entre le mois de janvier 2024 et le mois de mars 2024, s'élevant à 1 860 euros par mois en moyenne et que M. C a perçu des indemnités de chômage, au titre de la même période, s'élevant à 728 euros par mois en moyenne. Dans ces conditions, compte tenu des ressources dont dispose le foyer de Mme B et M. C, sans enfant à charge, et compte tenu de l'échéancier de paiement mis en place au mois de janvier 2024, d'un montant de 76 euros mensuel, il ne résulte pas de l'instruction que la situation de précarité des requérants, au regard de leurs charges fixes mensuelles qu'ils estiment à 1 618,33 euros, serait telle qu'il y aurait lieu de leur accorder une remise gracieuse totale ou partielle de leur dette, qui s'élève, en dernier lieu, à la somme de 1 499,06 euros.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B et M. C doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B et M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F B, à M. D C et à la caisse d'allocations familiales du Gard.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.

Le président,

C. E

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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