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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2400385

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2400385

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2400385
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPôle contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en plein contentieux social, a rejeté la requête de Mme B. Celle-ci contestait un avis des sommes à payer émis pour recouvrer un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 5 867 euros. Le tribunal a jugé irrecevable la contestation du bien-fondé de l'indu, car la décision initiale de la présidente du conseil départemental était devenue définitive, faute pour Mme B d'avoir formé un recours administratif préalable obligatoire contre le titre exécutoire lui-même, conformément aux articles L. 262-46 et L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 janvier 2024 et le 17 septembre 2024, Mme D B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler l'avis des sommes à payer émis le 29 décembre 2023 par la paierie départementale de Vaucluse pour le recouvrement de la somme de 5 867 euros correspondant au solde de l'indu de revenu de solidarité active " socle " (INK 003) mis à sa charge au titre de la période du 1er avril 2022 au 31 décembre 2022.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- malgré ses demandes à la caisse d'allocations familiales de Vaucluse, elle n'a pas reçu d'information lui permettant de savoir où faire figurer ses revenus locatifs de l'année 2022 dans sa déclaration trimestrielle de ressources ;

- elle est de bonne foi dès lors qu'elle avait déclaré les revenus locatifs perçus au titre de l'année 2022 à l'administration fiscale ;

- dans l'hypothèse où la caisse d'allocations familiales de Vaucluse n'aurait pas pris en compte ces revenus locatifs, elle ne conteste pas l'existence d'un trop-perçu ;

- elle souhaite connaître les modalités de calcul appliquées par la caisse d'allocations familiales de Vaucluse car selon elle la somme due est fausse et les calculs sont erronés ;

- elle aurait dû bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active lors de ses périodes d'inactivité entre deux contrats à durée déterminée et après l'arrêt de son indemnisation par France Travail par la neutralisation de ses revenus déclarés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2024, le département de Vaucluse conclut au rejet de la requête Mme B.

Il soutient que :

- le moyen tiré de la contestation du bien-fondé de l'indu mis à la charge de Mme B est irrecevable dès lors que la décision du 25 octobre 2023 de la présidente du conseil départemental de Vaucluse ayant confirmé cet indu est devenue définitive et que Mme B n'a formé aucun recours administratif préalable à l'encontre de l'avis des sommes à payer litigieux ;

- la présidente du conseil départemental de Vaucluse n'est pas compétente pour débattre des droits de Mme B à la prime exceptionnelle de fin d'année au titre de l'année 2022 ;

- l'indu mis à la charge de Mme B qui résulte de la réintégration dans ses ressources des revenus locatifs qu'elle n'avait pas déclarés est bien fondé tant dans son principe que dans son montant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. C a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 11 juillet 2023, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis à la charge de Mme B un indu de revenu de solidarité active " socle " (INK 003) d'un montant de 5 866,22 euros au titre de la période du 1er avril 2022 au 31 décembre 2022. Par un courrier du 28 juillet 2023, Mme B a formé un recours administratif préalable pour contester le bien-fondé de sa dette, qui a été rejeté par une décision du 25 octobre 2023 de la présidente du conseil départemental de Vaucluse. La paierie départementale de Vaucluse a ensuite émis, le 29 décembre 2023, un avis des sommes à payer pour le recouvrement de la somme de 5 867 euros correspondant au solde de l'indu de revenu de solidarité active " socle " mis à la charge de Mme B au titre de la période du 1er avril 2022 au 31 décembre 2022. Mme B demande au tribunal d'annuler cet avis des sommes à payer valant titre exécutoire émis le 29 décembre 2023 par la paierie départementale de Vaucluse.

Sur les fins de non-recevoir opposée par le département de Vaucluse :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / Après la mise en œuvre de la procédure de recouvrement sur prestations à échoir, l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active transmet, dans des conditions définies par la convention mentionnée au I de l'article L. 262-25 du présent code, les créances du département au président du conseil départemental. La liste des indus fait apparaître le nom de l'allocataire, l'objet de la prestation, le montant initial de l'indu, le solde restant à recouvrer, ainsi que le motif du caractère indu du paiement. Le président du conseil départemental constate la créance du département et transmet au payeur départemental le titre de recettes correspondant pour le recouvrement. () ". Aux termes de l'article L. 262-47 de ce code : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ".

3. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre. / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. () ".

4. Il résulte des dispositions citées au point 2 qu'une décision de récupération d'un indu de revenu de solidarité active prise par le président du conseil départemental, ou par délégation de celui-ci ne peut, à peine d'irrecevabilité, faire l'objet d'un recours contentieux sans qu'ait été préalablement exercé un recours administratif auprès de cette autorité. Si la recevabilité d'un recours contentieux dirigé contre le titre exécutoire émis pour recouvrer un indu de revenu de solidarité active n'est pas, en vertu des dispositions citées au point 3, subordonnée à l'exercice d'un recours administratif préalable, le débiteur ne peut toutefois, à l'occasion d'un tel recours, contester devant le juge administratif le bien-fondé de cet indu en l'absence de tout recours préalable saisissant de cette contestation le président du conseil départemental. Une telle contestation reste possible alors même que la décision confirmant l'indu de revenu de solidarité active serait devenue définitive à la date de l'introduction de la requête à fin d'annulation des titres exécutoires émis pour son recouvrement.

5. Alors même que la décision du 25 octobre 2023 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a confirmé l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme B par la caisse d'allocations familiales de Vaucluse serait, à la date d'introduction de la requête de Mme B devant le tribunal administratif de Nîmes, devenue définitive, l'intéressée resterait recevable, dans le délai prévu par les dispositions précitées de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, à contester le bien-fondé de la créance du département de Vaucluse à l'appui de sa demande tendant à l'annulation de l'avis des sommes à payer émis pour son recouvrement. Le recours contentieux dont Mme B a saisi le tribunal, dirigé contre l'avis des sommes à payer émis le 29 décembre 2023 par la paierie départementale de Vaucluse qui vaut titre exécutoire, a été enregistré le 31 janvier 2024 soit, en tout état de cause, avant l'expiration du délai de deux mois prévu à compter de la notification de ce titre exécutoire par les dispositions précitées au point 3, et n'avait pas à être précédé d'un recours administratif préalable ainsi que cela résulte des dispositions précitées au point 2. La fin de non-recevoir opposée par le département de Vaucluse au moyen tiré de la contestation du bien-fondé de la créance mise à la charge de Mme B doit, par suite, être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'avis des sommes à payer :

6. Le département de Vaucluse ne peut utilement soutenir que la présidente du conseil départemental de Vaucluse n'est pas l'autorité compétente en matière d'aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active dès lors que l'avis des sommes à payer en litige concerne uniquement un indu de revenu de solidarité active et non une décision en matière d'aide exceptionnelle de fin d'année.

7. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active ".

8. Lorsque le recours est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération de montants d'allocation de revenu de solidarité active que l'administration estime avoir été indûment versés, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

9. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme B résulte de la prise en compte par la caisse d'allocations familiales de Vaucluse de l'intégralité des ressources perçues par l'intéressée et de l'absence de neutralisation des ressources perçues par l'intéressée au cours des périodes de référence du 1er avril 2022 au 30 juin 2022 et du 1er juillet 2022 au 30 septembre 2022.

10. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". Aux termes de l'article R. 262-6 de ce code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". Aux termes de l'article R. 262-12 du même code : " Ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu en application du 5° de l'article L. 262-3 : /1° L'ensemble des revenus tirés d'une activité salariée ou non salariée ; () ". Aux termes de l'article R. 262-7 du code de l'action sociale et des familles : " I.- Le montant dû au foyer bénéficiaire du revenu de solidarité active est égal à la moyenne des montants intermédiaires calculés pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. II.- Pour le calcul de l'allocation, les ressources du trimestre de référence prises en compte sont les suivantes : / 1° La moyenne mensuelle des ressources perçues au cours des trois mois précédant la demande ou la révision, à l'exception de celles prévues aux 2° et 3° ; () ". Aux termes de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".

11. Lorsque l'allocataire est propriétaire d'un bien immobilier pour lequel il perçoit des loyers, les revenus à prendre en compte au titre des ressources effectivement perçues sont constitués du montant de ces loyers, duquel il convient de déduire les charges supportées par le propriétaire à l'exception de celles qui contribuent directement à la conservation ou à l'augmentation du patrimoine, telles que, le cas échéant, les remboursements du capital de l'emprunt ayant permis son acquisition.

12. Aux termes de l'article R. 262-13 du code de l'action sociale et des familles : " Il n'est tenu compte ni des ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou en tenant lieu mentionnées à l'article R. 262-12, ni des allocations aux travailleurs privés d'emploi mentionnées par les articles L. 5422-1, L. 5423-1 et L. 5424-25 du code du travail, lorsqu'il est justifié que la perception de ces revenus est interrompue de manière certaine et que l'intéressé ne peut prétendre à un revenu de substitution. / Les autres ressources ne sont pas prises en compte, dans la limite mensuelle du montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 fixé pour un foyer composé d'une seule personne, lorsqu'il est justifié que leur perception est interrompue de manière certaine et que l'intéressé ne peut prétendre à un revenu de substitution. / Lorsque la perception des ressources mentionnées aux deux alinéas précédents est rétablie, celles-ci sont prises en compte pour le calcul du revenu de solidarité active à compter du réexamen périodique mentionné à l'article L. 262-21 suivant la reprise de perception desdites ressources. () ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, que les revenus professionnels ne sont pas pris en compte dans le calcul du montant de l'allocation lorsqu'il est justifié que la perception de ces revenus est interrompue de manière certaine et que l'intéressé ne peut prétendre à un revenu de substitution et, d'autre part, qu'un changement de situation d'un allocataire au cours d'un trimestre de perception du revenu de solidarité active n'a d'incidence sur le montant de l'allocation qu'à compter du trimestre suivant.

En ce qui concerne le revenu de solidarité active perçu au titre de la période du 1er avril 2022 au 30 juin 2022 :

13. Il résulte de l'instruction que Mme B a transmis à la caisse d'allocations familiales de Vaucluse sa déclaration trimestrielle de ressources pour les mois de janvier 2022 à mars 2022 faisant état de la perception d'indemnités chômage et de revenus fonciers. Mme B a déclaré que ses indemnités chômage cesseraient le 7 avril 2022. Il résulte de l'instruction que la mesure de neutralisation étant applicable à compter du mois de cessation des ressources qui ne seront pas substituées, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a commis une erreur de droit en procédant à la neutralisation des indemnités chômage perçues par Mme B au cours de la période de référence du 1er janvier 2022 au 30 mars 2022 pour le calcul de ses droits au revenu de solidarité active au titre de la période du 1er avril 2022 au 30 juin 2022. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été dit au point 11 que les revenus tirés des loyers, hors charges supportées par le propriétaire, doivent être pris en compte pour le calcul de l'allocation au revenu de solidarité active. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'attestation de loyer en date du 21 octobre 2021, que Mme B louait son studio pour un montant de 425 euros, dont 25 euros de charges. Dans ces conditions, compte tenu des loyers hors charges d'un montant mensuel de 400 euros et des indemnités chômages de 2 021 euros, 2 021 euros et 1 825 euros perçus par Mme B au cours de la période de référence, la moyenne mensuelle de ressources de l'intéressée était supérieure au montant forfaitaire du revenu de solidarité active de 848,01 euros qui lui a été versé mensuellement par la caisse d'allocations familiales de Vaucluse au titre de cette période. L'indu de revenu de solidarité active versé à Mme B au titre de la période du 1er avril 2022 au 30 juin 2022 s'élève par conséquent à un montant de 2 544,03 euros.

En ce qui concerne le revenu de solidarité active perçu au titre de la période du 1er juillet 2022 au 30 septembre 2022 :

14. Il résulte de l'instruction, et notamment de la déclaration trimestrielle de ressources de Mme B pour la période du 1er avril 2022 au 30 juin 2022, que les indemnités chômage de Mme B qui devaient cesser le 7 avril 2022 ainsi que l'avait indiqué la requérante dans sa déclaration trimestrielle de ressources, se sont poursuivies au cours des mois d'avril et de mai 2022. En outre, Mme B a de nouveau travaillé en contrat à durée déterminée du 19 avril 2022 au 15 juillet 2022 et a ainsi perçu des revenus salariés aux mois de mai et juin 2022. Dès lors qu'aucune interruption des ressources de Mme B n'est intervenue durant la période de référence du 1er avril 2022 au 30 septembre 2022, aucune neutralisation de ressources ne pouvait être effectuée pour le calcul du montant de l'allocation de revenu de solidarité au titre de la période du 1er juillet 2022 au 30 septembre 2022. Dès lors, c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales de Vaucluse n'a pas neutralisé les ressources perçues par Mme B au cours de cette période. Dans ces conditions, compte tenu des loyers hors charges d'un montant mensuel de 400 euros perçus aux mois d'avril et mai 2022, du loyer d'un montant non contesté de 639,33 euros perçu au mois de juin 2022, des indemnités chômage de 2 021 euros versées en avril 2022 et 1 043 euros versées en mai 2022, ainsi que des salaires de 604 euros perçu en mai 2022 et de 1 998 euros perçu en juin 2022, la moyenne mensuelle de ressources de l'intéressée était supérieure au montant forfaitaire du revenu de solidarité active de 768,27 euros qui lui a été versé mensuellement au titre de cette période, Mme B n'avait par conséquent pas droit au revenu de solidarité active au titre de la période du 1er juillet 2022 au 30 septembre 2022. Par suite, c'est à bon droit que, par la réintégration dans les ressources de Mme B des revenus locatifs perçus, sans neutralisation de ses ressources, la caisse d'allocations familiales a généré un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 304,81 euros au titre de la période du 1er juillet au 30 septembre 2022.

En ce qui concerne le revenu de solidarité active perçu au titre de la période du 1er octobre 2022 au 31 décembre 2022 :

15. Il résulte de l'instruction, et notamment de la déclaration trimestrielle de ressources de Mme B, que l'intéressée a perçu un salaire de 2 058 euros au mois de juillet 2022, son contrat à durée déterminée devant prendre fin le 15 juillet 2022, sans qu'elle ait perçu ensuite de revenus de substitution au titre des mois d'août et septembre 2022. Ses revenus d'activité perçus sur le mois de juillet 2022 auraient ainsi dû être neutralisés pour calculer son droit au revenu de solidarité active au titre de la période du 1er octobre au 31 décembre 2022.La caisse d'allocations familiales de Vaucluse a par conséquent commis une erreur de droit en ne procédant pas à cette neutralisation. Il résulte de l'instruction, et notamment du tableau de calcul détaillé produit par le département de Vaucluse, que Mme B a perçu des loyers d'un montant mensuel moyen non contesté de 572,88 euros sur l'ensemble de la période de référence, ainsi qu'une pension alimentaire de 209 euros en septembre 2022. En procédant à la neutralisation du salaire de 2 058 euros perçu en juillet 2022, Mme B a perçu des ressources d'un montant mensuel moyen de 642,55 euros. Le montant forfaitaire du revenu de solidarité active applicable à l'intéressée étant de 762,67 euros, les droits au revenu de solidarité active de Mme B au titre de la période du 1er octobre 2022 au 31 décembre 2022 s'élevaient ainsi à la somme de 120,12 euros mensuels. Par suite, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a commis une erreur de droit en procédant à la neutralisation des ressources perçues par Mme B du 1er juillet 2022 au 30 septembre 2022 et en réclamant à Mme B un indu de 2 286,81 euros de revenu de solidarité active au titre de la période du 1er octobre 2022 au 31 décembre 2022.

16. Il résulte de ce qui précède que l'indu du revenu de solidarité active perçu par Mme B au titre de la période du 1er avril 2022 au 30 juillet 2022 et de la période du 1er août 2022 au 30 octobre 2022 s'élève à un montant de 4 848,84 euros. Compte tenu du revenu de solidarité active d'un montant total de 360,36 euros qui aurait dû lui être versé au titre de la période du 1er septembre 2022 au 31 décembre 2022, Mme B a perçu, sur la période du 1er avril 2022 au 31 décembre 2022, un indu de solidarité active d'un montant total de 4 580,48 euros.

17. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est seulement fondée à demander l'annulation de l'avis des sommes à payer émis le 29 décembre 2023 en tant qu'il met en recouvrement un indu de revenu de solidarité active d'un montant supérieur à la somme de 4 580,48 euros ainsi que la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 286,52 euros correspondante.

D E C I D E :

Article 1er : L'avis des sommes à payer émis le 29 décembre 2023 par la paierie départementale de Vaucluse réclamant à Mme B un indu de solidarité active d'un montant de 5 867 euros au titre de la période du 1er avril 2022 au 30 décembre 2022 est annulé en tant qu'il porte recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant supérieur à la somme de 4 580,48 euros et Mme B est déchargée de l'obligation de payer la somme correspondante de 1 286,52 euros.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au département de Vaucluse.

Copie en sera adressée à la paierie départementale de Vaucluse.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

Le président,

C. C

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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