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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2400435

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2400435

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2400435
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPôle contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de M. B, qui contestait le refus du conseil départemental de Vaucluse de lui accorder une remise gracieuse de l'amende administrative de 949 euros. Cette amende avait été infligée pour fausse déclaration ou omission délibérée ayant conduit à un indu de revenu de solidarité active (RSA). Le tribunal a jugé que, conformément à l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, une remise de dette est impossible lorsque l'indu résulte d'une fausse déclaration, et que la précarité de la situation du requérant ne peut être prise en compte dans ce cas. La solution retenue est donc le rejet de la demande d'annulation de la décision du 31 janvier 2024.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 février 2024, M. D B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 31 janvier 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de 949 euros résultant de l'amende administrative qui lui a été infligée le 20 octobre 2022.

Il soutient que :

- il est insolvable mais souhaite régler sa situation ;

- il est dans l'incapacité de travailler en raison d'un handicap physique et se trouve de ce fait dans une situation financière précaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2024, le conseil départemental du Vaucluse conclut au rejet de la requête de M. B.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. E a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 8 avril 2022, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a notifié à M. B un indu du revenu de solidarité active (référencé INK 007) d'un montant de 2 928,63 euros pour la période du 1er mai 2020 au 30 avril 2021. Par un courrier du 2 mai 2022, M. B doit être regardé comme ayant sollicité une remise gracieuse de sa dette. Par une décision non contestée du 13 juillet 2022, la présidente du conseil départemental de Vaucluse a rejeté sa demande. Par un courrier du 14 septembre 2022, la présidente du conseil départemental de Vaucluse a informé le requérant qu'une amende administrative d'un montant de 949 euros pourrait lui être infligée. Par une décision du 20 octobre 2022, cette amende a été infligée et notifiée à M. B. La paierie départementale de Vaucluse a émis, le 12 décembre 2022, un avis des sommes à payer pour le recouvrement de la somme de 949 euros correspondant à l'amende administrative infligée à M. B. Puis, le 6 décembre 2023, le comptable public de la paierie départementale de Vaucluse a notifié à l'intéressé un avis de saisie administrative à tiers détenteur en vue du recouvrement de la somme de 949 euros au profit du département de Vaucluse. Par un courrier du 13 décembre 2023, M. B doit être regardé comme ayant sollicité une remise gracieuse de sa dette de 949 euros résultant de l'amende administrative qui lui a été infligée le 20 octobre 2022. Par une décision du 31 janvier 2024, la présidente du conseil départemental de Vaucluse a confirmé l'amende de 949 euros qu'elle avait infligé à M. B le 20 octobre 2022 et a rejeté sa demande de remise gracieuse de cette amende. M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 31 janvier 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental du Vaucluse a refusé de lui octroyer une remise gracieuse de sa dette de 949 euros résultant de l'amende qui lui a été infligée le 20 octobre 2022.

2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil général (), en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives. Aux termes de l'article L. 262-52 du même code : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième et huitième alinéas du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental après avis de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39 du présent code. La juridiction compétente pour connaître des recours à l'encontre des contraintes délivrées par le président du conseil départemental est la juridiction administrative. () ". Aux termes du 7ème alinéa du I de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " II.- Le montant de la pénalité est fixé en fonction de la gravité des faits, dans la limite de quatre fois le plafond mensuel de la sécurité sociale. Tout fait ayant donné lieu à une sanction devenue définitive en application du présent article peut constituer le premier terme de récidive d'un nouveau manquement sanctionné par le présent article. Cette limite est doublée en cas de récidive dans un délai fixé par voie réglementaire. / La pénalité ne peut pas être prononcée s'il a été fait application, pour les mêmes faits, de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles. ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2021 portant fixation du plafond de la sécurité sociale pour 2022 : " Les valeurs mensuelle et journalière du plafond de la sécurité sociale mentionnées à l'article D. 242-17 du code de la sécurité sociale sont les suivantes : valeur mensuelle : 3 428 euros () ".

3. Si M. B sollicite une remise gracieuse de l'amende administrative de 949 euros qui lui a été infligée sur le fondement de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles en raison de l'omission délibérée de déclaration dont il s'est rendu coupable, aucune disposition législative ou réglementaire n'autorise l'autorité administrative à accorder la remise gracieuse d'une amende à un bénéficiaire du revenu de solidarité active, quelle que soit la précarité de sa situation, dès lors que l'indu à l'origine de l'amende trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration. Par suite, les conclusions à fin de remise gracieuse de l'amende administrative infligée au requérant ne peuvent qu'être rejetées.

4. A supposer même que M. B puisse être regardé comme contestant le bien-fondé de l'amende administrative qui lui a été infligée le 20 octobre 2022, il résulte en tout état de cause de l'instruction que cette amende résulte de l'absence de déclaration par l'intéressé de l'intégralité de ses ressources pour la période du 1er mars 2020 au 31 janvier 2021. En effet, il résulte de l'instruction, et notamment du résultat du contrôle des ressources du foyer de M. B par les services fiscaux sur l'année de référence 2020, que l'intégralité des revenus de son épouse Mme C B n'a pas été mentionnée dans ses déclarations de ressources trimestrielles. Il ressort de ce document que les revenus que le couple a déclarés aux services fiscaux sur l'année 2020 correspondent à un montant de 13 532 euros de salaires alors que la somme des salaires déclarés pour Mme B à la caisse d'allocations familiales de Vaucluse n'était que de 2 059 euros au titre de cette année 2020. Il résulte encore de l'instruction que Mme B a perçu au titre de l'année 2020 des indemnités journalières d'un montant de 12,43 euros et une allocation chômage d'un montant de 131,70 euros qui n'ont pas été mentionnées dans la déclaration de ressources trimestrielles de M. B. Si M. B a fait part dans son courrier du 19 septembre 2022 adressé à la présidente du conseil départemental de Vaucluse dans le cadre de la procédure contradictoire que ces omissions résultaient de simples erreurs dues au changement régulier des revenus de son épouse, il résulte de l'instruction qu'au regard de l'importance des sommes non déclarées et de la réitération des omissions déclaratives sur une période de plusieurs mois, M. B doit être regardé comme ayant omis délibérément de déclarer l'intégralité des ressources de son foyer. Ces omissions déclaratives délibérées sont de nature à justifier le prononcé d'une amende administrative. Compte tenu de la limite de quatre fois le plafond mensuel de la sécurité sociale de l'amende susceptible d'être infligée à M. B, la présidente du conseil départemental de Vaucluse, en infligeant à l'intéressé une amende d'un montant de 949 euros, n'a pas pris une sanction disproportionnée par rapport à la gravité des faits qui lui sont reprochés.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 31 janvier 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de 949 euros résultant de l'amende administrative qui lui a été infligée le 20 octobre 2022.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au département de Vaucluse.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.

Le président,

C. E

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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