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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2400468

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2400468

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2400468
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPôle contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en plein contentieux social, a rejeté la requête de Mme D B. Celle-ci contestait la décision de la présidente du conseil départemental du Vaucluse confirmant la suspension partielle de son allocation de revenu de solidarité active (RSA) pour non-respect de ses obligations d'insertion. Le tribunal a jugé que la procédure contradictoire prévue à l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles avait été respectée, la requérante ayant été mise en mesure de présenter ses observations. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 février 2024, Mme F D B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 24 janvier 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental du Vaucluse a confirmé sa décision du 6 juillet 2023 suspendant, à hauteur de 50 %, le versement de son allocation de revenu de solidarité active à compter du 1er juillet 2023, pour une période d'un mois renouvelable une fois, avant radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active.

Elle soutient que :

- elle n'a jamais été destinataire de la décision du 6 juillet 2023 et du courrier du 5 juin 2023 l'informant de ce qu'elle n'avait pas respecté ses obligations d'insertion professionnelle, en raison de vols de courriers et de colis commis à cette période ;

- le département a confirmé qu'elle n'avait signé aucun recommandé postal.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2024, le département de Vaucluse conclut au rejet de la requête de Mme D B.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme D B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. C a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 6 juillet 2023, la présidente du conseil départemental de Vaucluse a décidé de réduire de 50 % le droit à l'allocation de revenu de solidarité active de Mme D B à compter du 1er juillet 2023 pour une période d'un mois et l'a informée qu'à l'issue de cette période, en l'absence de manifestation de sa part, l'allocation du revenu de solidarité active serait de nouveau réduite de moitié pour un mois, avant sa radiation de la liste des bénéficiaires de cette allocation. Par un courrier du 9 octobre 2023, Mme D B a formé un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision du 6 juillet 2023 qui a été rejeté par une décision du 24 janvier 2024 de la présidente du conseil départemental de Vaucluse. Mme D B demande au tribunal d'annuler cette décision du 24 janvier 2024 de la présidente du conseil départemental du Vaucluse.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 262-28 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu, lorsqu'il est sans emploi ou ne tire de l'exercice d'une activité professionnelle que des revenus inférieurs à une limite fixée par décret, de rechercher un emploi, d'entreprendre les démarches nécessaires à la création de sa propre activité ou d'entreprendre les actions nécessaires à une meilleure insertion sociale ou professionnelle () ". Aux termes de l'article L. 262-37 du même code : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : () 3° Lorsque le bénéficiaire du revenu de solidarité active, accompagné par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail, a été radié de la liste mentionnée à l'article L. 5411-1 du même code ;) / Cette suspension ne peut intervenir sans que le bénéficiaire, assisté à sa demande par une personne de son choix, ait été mis en mesure de faire connaître ses observations aux équipes pluridisciplinaires mentionnées à l'article L. 262-39 dans un délai qui ne peut excéder un mois () ".

3. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-38 de ce code : " Le président du conseil départemental procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active au terme d'une période, définie par décret, sans versement du revenu de solidarité active () / Après une radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active à la suite d'une décision de suspension prise au titre de l'article L. 262-37, le bénéfice du revenu de solidarité active dans l'année qui suit la décision de suspension est subordonné à la signature préalable du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ou de l'un des contrats prévus par les articles L. 262-35 et L. 262-36 du présent code ". Aux termes de l'article R. 262-40 du même code : " Le président du conseil départemental met fin au droit au revenu de solidarité active et procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active, selon les cas : / () 3° Au terme de la durée de suspension du versement décidée en vertu du 2° de l'article R. 262-68 lorsque la radiation est prononcée en application de l'article L. 262-38 () ", c'est-à-dire pour une durée qui peut aller d'un à quatre mois.

4. Il résulte de l'instruction que, par un courrier du 5 juin 2023, la présidente du conseil départemental de Vaucluse a informé Mme D B de son intention de réduire et de suspendre le versement de son allocation de revenu de solidarité active en raison de sa radiation de la liste des demandeurs d'emploi. En l'absence d'observations de Mme D B en réponse à ce courrier, la présidente du conseil départemental a décidé le 6 juillet 2023 de réduire de 50 % le montant de son allocation de revenu de solidarité à compter du 1er juillet 2023 pour une période d'un mois. Toujours en l'absence de manifestation de la part de Mme D B, la présidente du conseil départemental de Vaucluse a réduit une nouvelle fois de moitié son allocation de revenu de solidarité active à compter du 1er août 2023, avant de mettre fin à son droit de revenu de solidarité active à compter du mois de septembre 2023.

5. Pour contester la réduction puis la suppression de son allocation de revenu de solidarité active, Mme D B se prévaut de ce qu'elle n'a pas reçu les courriers du 5 juin 2023 et du 6 juillet 2023 et qu'elle n'a par conséquent pas été en mesure de faire valoir des observations. Il résulte toutefois de l'instruction que ces courriers lui ont été adressés par lettre recommandée avec accusé de réception respectivement les 10 juin 2023 et 11 juillet 2023 à sa dernière adresse connue de l'administration. Les avis de réception attachés à ces plis recommandés comportent, pour chacun d'eux, la date à laquelle la requérante a été avisée du dépôt du pli en instance ainsi que la case " pli avisé et non réclamé ", correspondant au motif de non distribution, qui y est cochée. Dans ces conditions, les notifications doivent être regardées comme ayant été régulièrement effectuées à la date de la première présentation de chacun de ces plis. Si Mme D B fait valoir avoir été victime de vols de courrier dans sa boîte aux lettres, elle n'apporte toutefois aucun élément à l'appui de cette allégation. Au surplus, dès lors que Mme D B ne soutient pas même ne pas avoir été radiée de la liste des demandeurs d'emploi, c'est par une exacte application des dispositions des articles L. 262-37 et L. 262-38 du code de l'action sociale et des familles que la présidente du conseil départemental de Vaucluse, a, par sa décision attaquée du 24 janvier 2024, confirmé la réduction de l'allocation de revenu de solidarité active puis a mis fin au droit au revenu de solidarité active de Mme E pour la période du 1er juillet 2023 au 30 septembre 2023.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme E doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F D B et au département de Vaucluse.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.

Le président,

C. C

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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