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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2400790

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2400790

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2400790
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPôle contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en formation de pôle contentieux sociaux, a été saisi par M. D pour contester la récupération d’indu d’allocation de logement familiale, de prime d’activité et d’allocation de rentrée scolaire. Le tribunal a rejeté les conclusions relatives à l’allocation de rentrée scolaire, estimant que ce litige relève de la compétence du juge judiciaire en application des articles L. 142-1 du code de la sécurité sociale et L. 211-16 du code de l’organisation judiciaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 février 2024, M. C D doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 25 janvier 2024 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse commune de sécurité sociale de Lozère a confirmé la récupération d'un indu d'allocation de logement familiale d'un montant de 3 975 euros, au titre de la période du 1er avril 2021 au 31 janvier 2023, d'un indu de prime d'activité d'un montant de 2 763,10 euros, au titre de la période du 1er juillet 2021 au 31 janvier 2023 et d'un indu d'allocation de rentrée scolaire d'un montant de 832,30 euros, au titre de la période du 1er août 2021 au 31 août 2022.

Elle soutient que du 1er avril 2021 jusqu'en 2022, période de conflit avec Mme F, mère de son fils E, celui-ci était régulièrement à la maison, qu'il est de bonne foi et qu'il est dans une situation précaire qui ne lui permet pas de rembourser ses dettes.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2024, la caisse commune de sécurité sociale de Lozère conclut au rejet de la requête de M. D.

Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Par une lettre du 2 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions à fin d'annulation de l'indu d'allocation de rentrée scolaire dont le contentieux relève, en application des dispositions de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, de la compétence du juge judiciaire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de l'organisation judiciaire ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. G a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 8 février 2023, la caisse commune de sécurité sociale de Lozère a mis à la charge de M. D un indu d'allocation de logement familiale d'un montant de 3 975 euros, au titre de la période du 1er avril 2021 au 31 janvier 2023, un indu de prime d'activité d'un montant de 2 763,10 euros, au titre de la période du 1er juillet 2021 au 31 janvier 2023 et un indu d'allocation de rentrée scolaire d'un montant de 832,30 euros, au titre de la période du 1er août 2021 au 31 août 2022. Par un courrier du 15 février 2023, M. D a formé un recours administratif afin de contester le bien-fondé de ses dettes, rejeté par une décision du 25 janvier 2024. Par la présente requête, M. D doit être regardé comme demandant l'annulation de cette dernière décision.

Sur la compétence de la juridiction administrative en matière d'allocation de rentrée scolaire :

2. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et règlementations de sécurité sociale () ". Aux termes de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire : " Les tribunaux judiciaires spécialement désignés connaissent des litiges relevant du contentieux général de la sécurité sociale ". Aux termes de l'article L. 511-1 de ce code : " Les prestations familiales comprennent : 1°) la prestation d'accueil du jeune enfant ; 2°) les allocations familiales ; 3°) le complément familial ; 4°) L'allocation de logement régie par les dispositions du livre VIII du code de la construction et de l'habitation ; 5°) l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé ; 6°) l'allocation de soutien familial ; 7°) l'allocation de rentrée scolaire ; 8°) L'allocation forfaitaire versée en cas de décès d'un enfant ; 9°) l'allocation journalière de présence parentale ". Les litiges relatifs aux prestations familiales, qui sont au nombre des litiges relatifs à l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole mentionnés à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale relèvent du contentieux général de la sécurité sociale. Ce contentieux relève du tribunal judiciaire en vertu de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire.

3. Il résulte de ces dispositions que les litiges relatifs à l'allocation de rentrée scolaire relèvent de la compétence du juge judiciaire. Par suite, les conclusions de la requête de M. D, dirigées contre la décision du 25 janvier 2024 en tant que la caisse commune de sécurité sociale de Lozère a confirmé la récupération d'un indu d'allocation de rentrée scolaire d'un montant de 832,30 euros au titre de la période du 1er août 2021 au 31 août 2022, doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 25 janvier 2024 :

4. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent / () 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale / b) L'allocation de logement sociale. ". Aux termes de l'article L. 823-9 de ce code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré () ". Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 ; () ". Aux termes de l'article R. 823-4 de ce code : " Sont considérés comme personnes à charge, sous réserve qu'ils vivent habituellement au foyer : /1° Les enfants de moins de vingt et un ans et considérés comme à charge au sens des 1° et 2° de l'article L. 512-3 du code de la sécurité sociale et de l'article L. 823-2 du présent code ; () ". Aux termes de l'article L. 823-2 du même code : " Pour effectuer le calcul découlant du 1° de l'article L. 823-1, l'enfant à charge est rattaché à la personne qui en assume la charge effective et permanente. / En cas de résidence alternée de l'enfant au domicile de chacun des parents telle que prévue à l'article 373-2-9 du code civil, mise en œuvre de manière effective, les parents désignent le bénéficiaire de l'aide. () ".

5. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Aux termes de l'article L. 842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; 2°-Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. () ". Selon l'article R. 842-3 du même code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : 1° Du bénéficiaire ; 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ; 3° Des enfants () ".

6. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

7. Il résulte de l'instruction, et notamment d'un jugement en assistance éducative du tribunal pour enfants de B du 7 avril 2021, que la résidence habituelle de l'enfant E est fixée au domicile de la mère depuis cette date. En outre, il résulte également de l'instruction, et notamment du courrier de M. D adressé à la caisse d'allocations familiales, que l'intéressé a hébergé, selon ses dires, son fils E seulement en avril 2022 et en juillet 2022 et qu'il n'a plus de nouvelles de lui depuis. Eu égard à ces éléments, M. D ne saurait être regardé comme ayant assumé, au cours de la période litigieuse, la charge effective et permanente de son fils E, celui-ci vivant au domicile de sa mère de manière pérenne. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation que la caisse d'allocations familiales a retiré le jeune E D du foyer de M. D pour le calcul de ses droits à la prime d'activité et à l'aide personnelle au logement, générant ainsi l'indu litigieux.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête de M. D relatives à l'indu mis à sa charge au titre de l'allocation de rentrée scolaire sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à la caisse commune de sécurité sociale de la Lozère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.

Le président,

C. G

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Lozère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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