lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2401017 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pôle contentieux sociaux |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS BENOIT ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 mars 2024, Mme B C, représentée par Me Benoit, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 mai 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a confirmé la récupération d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 4 113 euros au titre de la période du 1er janvier 2020 au 30 novembre 2020 ;
2°) d'annuler l'avis des sommes à payer émis le 29 décembre 2023 par la paierie départementale de Vaucluse pour le recouvrement de la somme de 4 113 euros correspondant au solde de l'indu de revenu de solidarité active majoré mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2020 au 30 novembre 2020 ;
3°) d'enjoindre au département de Vaucluse de procéder au remboursement de la somme de 1 827 euros prélevée sur ses prestations sociales en vue du recouvrement de l'indu litigieux ;
4°) de mettre à la charge du département de Vaucluse la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre exécutoire contesté ne mentionne pas les bases de liquidation ;
- l'indu, dont le recouvrement est poursuivi par le titre litigieux, est infondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2024, le département de Vaucluse conclut au rejet de la requête de Mme C.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par une lettre du 17 octobre 2024, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, la décision à intervenir était susceptible d'être fondée sur le moyen relevé d'office, tiré de " l'incompétence négative " du directeur de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse, qui s'est cru en situation de compétence liée par rapport à la décision du président du conseil départemental du Var du 23 septembre 2021.
Des observations en réponse au moyen d'ordre public, enregistrées le 18 octobre 2024, ont été présentées par le département de Vaucluse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les observations de Me Benoit, avocat de Mme C.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 23 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis à la charge de Mme C une dette de 6 314,64 euros contractée au titre du revenu de solidarité active (INL 001) pour la période du 1er janvier 2020 au 30 novembre 2020. La paierie départementale de Vaucluse a émis, le 29 décembre 2023, un avis des sommes à payer pour le recouvrement de la somme de 4 113 euros correspondant au solde de l'indu de revenu de solidarité active majoré mis à sa charge. Par un courrier du 13 mars 2024, Mme C doit être regardée comme ayant contesté le bien-fondé de sa dette. Par une décision du 21 mai 2024, la présidente du conseil départemental de Vaucluse a confirmé la récupération de l'indu litigieux. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler d'une part, la décision du 21 mai 2024 et, d'autre part, l'avis des sommes à payer valant titre exécutoire émis le 29 décembre 2023 par la paierie départementale de Vaucluse pour le recouvrement de l'indu litigieux.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable au litige : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () ".
3. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () ". Aux termes de l'article L. 262-13 de ce code : " Le revenu de solidarité active est attribué par le président du conseil départemental du département dans lequel le demandeur réside ou a, dans les conditions prévues au chapitre IV du titre VI du présent livre, élu domicile. () ". Aux termes de l'article L. 262-15 du même code : " L'instruction administrative de la demande est effectuée à titre gratuit, dans des conditions déterminées par décret, par les services du département ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active. () ". Aux termes de l'article D. 262-28 du code de l'action sociale et des familles : " Les demandes de revenu de solidarité active sont instruites à titre gratuit par les services ou organismes auprès desquels elles ont été déposées. ".
4. Il résulte de l'instruction que Mme C était allocataire dans le département du Var jusqu'au 13 décembre 2019 et qu'à la suite de son déménagement dans le département de Vaucluse, la caisse d'allocations familiales du Var a édicté un certificat de mutation. La requérante a déposé une demande de revenu de solidarité active le 10 novembre 2019 auprès du département de Vaucluse. Cette demande a été transférée pour instruction au département du Var compte tenu de la circonstance que Mme C y résidait jusqu'au 13 décembre 2019. Toutefois, le département de Vaucluse a procédé, en parallèle, à l'instruction de la demande déposée par Mme C. Par une décision du 28 octobre 2020, révélée par le courrier électronique du médiateur administratif près la caisse d'allocations familiales de Vaucluse du 17 avril 2024, un droit au revenu de solidarité active a été ouvert à Mme C à compter du 1er janvier 2020 suivi d'un rappel de ses droits au titre de la période du 1er janvier 2020 au 31 octobre 2020, pour un montant total de 4 783,54 euros. Suite à la transmission au département de Vaucluse par le département du Var d'une décision du 23 septembre 2021, par laquelle la caisse d'allocations familiales du Var a refusé d'accorder à Mme C le bénéfice du revenu de solidarité active, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a, par une décision du 23 octobre 2021, mis à la charge de l'intéressée un indu de revenu de solidarité active (INL 001) d'un montant de 6 314,64 euros au titre de la période du 1er janvier 2020 au 30 novembre 2020. Ainsi, la décision attaquée du 21 mai 2024, qui confirme la décision de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse du 23 octobre 2021, a été prise à la suite de la décision de la caisse d'allocations familiales du Var du 23 septembre 2021, qui refusait le bénéfice du revenu de solidarité active à Mme C. Toutefois, la présidente du conseil départemental de Vaucluse, en prenant acte de cette décision alors même que la demande de revenu de solidarité active déposée par Mme C avait fait l'objet d'une instruction de la part des services de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse, qui avaient estimé, sans que cela ne soit remis en cause dans le cadre de la présente instance, que l'intéressée remplissait les conditions pour en bénéficier, s'est crue, à tort, liée par cette décision. Par suite, la présidente du conseil départemental de Vaucluse a entaché sa décision d'une incompétence négative, ainsi que les parties en ont été informées par le tribunal, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, et a méconnu les dispositions de l'article D. 262-28 du code de l'action sociale et des familles cité au point précédent.
5. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les moyens de la requête, Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 21 mai 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a confirmé la récupération d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 4 113 euros au titre de la période du 1er janvier 2020 au 30 novembre 2020. L'annulation de la décision de récupération de l'indu litigieux en raison de l'absence de bien-fondé de la créance du département de Vaucluse implique, par voie de conséquence, l'annulation de l'avis des sommes à payer valant titre exécutoire émis le 29 décembre 2023 par la paierie départementale de Vaucluse pour le recouvrement de la somme de 4 113 euros correspondant au solde de l'indu de revenu de solidarité active majoré mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2020 au 30 novembre 2020.
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que l'administration procède au remboursement des sommes qui auraient déjà été recouvrées.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département de Vaucluse la somme de 1 200 euros à verser à Mme C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 21 mai 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a confirmé la récupération d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 4 113 euros au titre de la période du 1er janvier 2020 au 30 novembre 2020 est annulée.
Article 2 : L'avis des sommes à payer valant titre exécutoire émis le 29 décembre 2023 à l'encontre de Mme C par la paierie départementale de Vaucluse pour le recouvrement d'une somme de 4 113 euros, est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au département de Vaucluse de procéder au remboursement des sommes recouvrées au titre de l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme C, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le département de Vaucluse versera la somme de 1 200 euros à Mme C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au département de Vaucluse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.
Le président,
C. DLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2401017
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026