lundi 28 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2401047 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pôle contentieux sociaux |
| Avocat requérant | HENNANI NORDDIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 mars 2024 et le 1er octobre 2024, Mme B A, représentée par Me Hennani, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 janvier 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental du Gard a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette d'un montant de 5 640,56 euros résultant d'un trop-perçu de revenu de solidarité active (INK 001) au titre de la période du 1er mars 2022 au 31 juillet 2023, et de sa dette d'un montant de 4 968,62 euros résultant d'un trop-perçu de revenu de solidarité active (INK 002) au titre de la période du 1er août 2020 au 31 mai 2021 ;
2°) de lui accorder une remise totale de sa dette d'un montant de 5 640,56 euros résultant d'un trop-perçu de revenu de solidarité active (INK 001) au titre de la période du 1er mars 2022 au 31 juillet 2023, et de sa dette d'un montant de 4 968,62 euros résultant d'un trop-perçu de revenu de solidarité active (INK 002) au titre de la période du 1er août 2020 au 31 mai 2021 ;
3°) de mettre à la charge du département du Gard la somme de 1 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle est de bonne foi dès lors qu'étant illettrée, elle ne maîtrisait pas parfaitement les conditions d'attribution du revenu de solidarité active, la caisse d'allocations familiales du Gard ayant d'ailleurs manqué à son obligation d'information de l'allocataire prescrit par les dispositions de l'article L. 583-1 du code de la sécurité sociale et par la circulaire 2008/245 du 22 juillet 2008 ;
- elle est dans une situation financière précaire dès lors que les prestations d'aide sociale sont sa seule source de revenus et qu'elle fait l'objet d'une procédure d'expulsion.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 avril 2024, le département du Gard conclut au rejet de la requête de Mme A.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. C a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. La caisse d'allocations familiales du Gard a mis à la charge de Mme A un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 5 640,56 euros (INK 001) au titre de la période du 1er mars 2022 au 31 juillet 2023 et un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 4 968,62 euros (INK 002) au titre de la période du 1er août 2020 au 31 mai 2021. Par un courrier du 14 novembre 2023, Mme A doit être regardée comme ayant sollicité la remise gracieuse de ses dettes. Par une décision du 16 janvier 2024, dont Mme A demande l'annulation, la présidente du conseil départemental du Gard a refusé de lui accorder une remise gracieuse de ses dettes.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.
4. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire. ". Aux termes de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
5. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que les moyens tirés des vices propres de la décision attaquée refusant d'accorder une remise gracieuse sont inopérants. Le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise par une autorité incompétente doit dès lors être écarté.
6. Il résulte de l'instruction que les indus de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme A, et dont elle sollicite la remise gracieuse, résultent de la prise en compte de ses séjours en dehors du territoire français pour une période supérieure à trois mois. Il est en effet constant, ainsi que cela ressort du rapport d'enquête établi le 28 juillet 2023 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales du Gard, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, qu'entre le 1er août 2020 et le 31 mai 2021, Mme A a perçu le revenu de solidarité active alors qu'elle n'a passé que 27 jours sur le territoire français du 5 mai 2021 au 31 mai 2021, soit un mois civil non complet, et qu'entre le 1er mars 2022 et le 31 juillet 2023, elle a également perçu le revenu de solidarité active pour les périodes supérieures à trois mois durant laquelle elle était hors du territoire français, soit du 30 mars 2022 au 7 septembre 2022, et à compter du 19 avril 2023 jusqu'au 31 juillet 2023. La circonstance selon laquelle Mme A serait illettrée, qui n'est au demeurant établie par aucune pièce versée au dossier, n'est pas suffisante pour établir sa bonne foi dès lors qu'elle est bénéficiaire du revenu de solidarité active depuis l'année 2009, et qu'elle a déjà fait l'objet d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 18 365,58 euros pour lequel sa demande de remise de dette avait été rejetée par une décision du 3 février 2020 du président du conseil général du Gard au motif que sa bonne foi n'était pas établie. L'intéressée ne pouvait, dès lors, légitimement ignorer son obligation de déclarer tout changement de situation auprès de la caisse d'allocations familiales du Gard et notamment tout séjour à l'étranger excédant une durée de trois mois. Mme A doit, compte tenu de ces circonstances, être regardée comme ayant sciemment procédé à de fausses déclarations de sa situation. Par suite, elle ne satisfait pas à la condition de bonne foi, rappelée au point 3, à laquelle est subordonnée le bénéfice d'une remise gracieuse. Dès lors que les indus litigieux trouvent leur cause dans de fausses déclarations de Mme A, celle-ci ne saurait utilement invoquer la précarité de sa situation financière pour bénéficier d'une remise gracieuse de ses dettes.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 9 janvier 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental du Gard a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette d'un montant de 5 640,56 euros résultant d'un trop-perçu de revenu de solidarité active (INK 001) au titre de la période du 1er mars 2022 au 31 juillet 2023, et de sa dette d'un montant de 4 968,62 euros résultant d'un trop-perçu de revenu de solidarité active (INK 002) au titre de la période du 1er août 2020 au 31 mai 2021. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin de remise totale de ses dettes, ainsi que celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département du Gard.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2024.
Le président,
C. C
La greffière,
I. MASSOT
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026