LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2401082

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2401082

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2401082
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationPôle contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en plein contentieux social, a examiné la demande de M. E visant à obtenir l'annulation du refus de remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 4 148 euros. Le juge a appliqué l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles, qui conditionne la remise à la bonne foi ou à la précarité du débiteur, sauf en cas de fausse déclaration frauduleuse. Il a estimé que la bonne foi de M. E était établie, car son omission déclarative (vivre maritalement) ne procédait pas d’une volonté de dissimulation, et que sa situation de précarité était démontrée par des ressources mensuelles de 923 euros face à des charges fixes justifiées. En conséquence, le tribunal a accordé la remise gracieuse totale de la dette.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 mars 2024 et régularisée le 5 avril 2024, M. C E doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 6 mars 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a rejeté sa demande de remise gracieuse de sa dette d'un montant de 4 148 euros résultant d'un trop-perçu de revenu de solidarité active au titre de la période du 1er juin 2021 au 30 avril 2022 et de mettre en place un échéancier pour le remboursement de l'indu mis à sa charge.

Il soutient qu'il est de bonne foi dès lors qu'il n'a jamais omis de déclarer sa situation, à savoir qu'il est divorcé mais toujours en situation de vie maritale avec Mme F B, et que la caisse de mutualité sociale agricole n'a pas pris en compte ses déclarations.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2024, le département de Vaucluse conclut au rejet de la requête de M. E.

Il soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. D a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 29 juin 2022, la caisse de mutualité sociale agricole Alpes-Vaucluse a mis à la charge de M. E un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 4 629,94 euros au titre de la période du 1er juin 2021 au 30 avril 2022. Par un courrier du 26 février 2024, M. E a sollicité la remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 6 mars 2024, dont M. E sollicite l'annulation, la présidente du conseil départemental de Vaucluse a refusé de lui accorder la remise gracieuse de sa dette.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu litigieux mis à la charge de M. E, et dont il sollicite la remise gracieuse, a pour origine la prise en compte de la réalité de la composition des membres de son foyer. La bonne foi de M. E, qui soutient avoir rempli le formulaire de demande de revenu de solidarité active avec l'aide d'un conseiller sans que celui-ci ne prenne en compte ses déclarations, à savoir qu'il vit maritalement avec Mme F B, malgré leur divorce intervenu le11 mai 2021, peut être regardée comme établie dès lors que cette allégation n'est pas sérieusement contredite par le département de Vaucluse. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, notamment des pièces produites par le requérant, dont le contenu n'est pas davantage remis en cause par l'administration, que les ressources mensuelles totales du foyer de M. E, en couple, s'élèvent en moyenne à un montant justifié de 923 euros, alors que les charges fixes dont il justifie, incluant les échéances de remboursement de son crédit à la consommation, les factures d'eau et d'électricité et de gaz, les charges d'assurances, les quittances de loyer et les frais en téléphonie, s'élèvent à 367 euros environ. Dans ces conditions, compte tenu du montant du " reste à vivre " de son foyer, M. E établit la situation de précarité dans laquelle il se trouve. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 262-46 du de l'action sociale et des familles, de lui accorder la remise gracieuse partielle, à hauteur de 50 % de son montant, de sa dette qui s'élevait en dernier lieu à un total de 4 148 euros, et d'annuler, dans cette mesure, la décision attaquée du 6 mars 2024.

Sur les conclusions à fin de mise en place d'un échéancier de paiement :

5. Alors qu'il n'appartient pas au juge administratif de déterminer le montant des échéances de remboursement de la dette mise à la charge d'un allocataire, les conclusions de M. E, qui ne tendent pas à l'annulation d'une décision par laquelle l'administration aurait refusé de faire droit à une demande de mise en place d'un échéancier de paiement, ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il est fait remise gracieuse, à hauteur de 50 % de son montant, de la dette contractée par M. E au titre du revenu de solidarité active pour la période du 1er juin 2021 au 30 avril 2022.

Article 2 : La décision du 6 mars 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a rejeté la demande de remise gracieuse de M. E est annulée en tant qu'elle est contraire à la remise gracieuse accordée à l'article 1er du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et au département de Vaucluse.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

Le président,

C. D

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Plein contentieux

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076

03/08/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781

03/08/2026

← Retour aux décisions