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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2401168

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2401168

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2401168
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPôle contentieux sociaux
Avocat requérantSELARL ANDREANI HUMBERT COLLIN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de M. B D contestant la décision de France Travail de le radier de la liste des demandeurs d'emploi pour un mois, avec suspension de ses allocations. Le requérant n'a pas apporté de preuves suffisantes d'actes positifs et répétés de recherche d'emploi, se contentant d'évoquer trois candidatures non justifiées sur trois ans et une inscription à des sites d'emploi. La solution retenue est fondée sur les articles L. 5411-1, R. 5411-11, R. 5411-12, L. 5412-1, L. 5426-2 et R. 5412-5 du code du travail, qui imposent au demandeur d'emploi de justifier de démarches réelles et sérieuses.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 mars 2024, M. B D doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 23 février 2024 par laquelle le directeur de l'agence France Travail de Manosque a confirmé sa décision du 14 février 2024 prononçant à son encontre une sanction de radiation de la liste des demandeurs d'emplois pour une durée d'un mois et suspendant ses allocations pour la même durée.

Il soutient que le service France Travail ne démontre nullement qu'il a manqué à ses obligations de recherche d'emploi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2024, France Travail, représenté par Me Andreani, conclut au rejet de rejeter la requête de M. D.

Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. C a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. M. D est régulièrement inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi depuis 2002 et, en dernier lieu, depuis le 14 mars 2024. Par une décision du 14 février 2024, le directeur de l'agence France Travail de Manosque a prononcé à son encontre une sanction de radiation de la liste des demandeurs d'emplois pour une durée d'un mois et a suspendu ses allocations pour la même durée. A la suite d'un recours préalable formé par M. D, le directeur de l'agence France Travail de Manosque, a, par une décision du 23 février 2024, confirmé la sanction de radiation de la liste des demandeurs d'emplois pour une durée d'un mois et de suspension de ses allocations pour la même durée. M. D doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler cette dernière décision.

2. Aux termes de l'article L. 5411-1 du code du travail : " A la qualité de demandeur d'emploi toute personne qui recherche un emploi et demande son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de Pôle emploi ". Aux termes de l'article R. 5411-11 du même code : " Sous réserve des dispenses prévues à l'article L. 5411-8 et au deuxième alinéa de l'article L. 5421-3, le demandeur d'emploi immédiatement disponible accomplit de manière permanente, tant sur proposition de l'un des organismes mentionnés à l'article L. 5311-2, en particulier dans le cadre du projet personnalisé d'accès à l'emploi prévu à l'article L. 5411-6-1, que de leur propre initiative, des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer, reprendre ou développer une entreprise ". Aux termes de l'article R. 5411-12 de ce code : " Le caractère réel et sérieux des démarches entreprises par le demandeur d'emploi est apprécié compte tenu de la situation du demandeur et de la situation du marché du travail local ". Aux termes de l'article L. 5412-1 de ce code : " Est radiée de la liste des demandeurs d'emploi, dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d'Etat, la personne qui : / 1° Soit ne peut justifier de l'accomplissement d'actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer, reprendre ou développer une entreprise ; () ". Aux termes de l'article L. 5426-2 du même code : " Le revenu de remplacement est supprimé par Pôle emploi dans les cas mentionnés aux 1° à 3° de l'article L. 5412-1, à l'article L. 5412-2 et au II de l'article L. 5426-1-2. () ". Aux termes de l'article R. 5412-5 du même code : " La radiation de la liste des demandeurs d'emploi entraîne l'impossibilité d'obtenir une nouvelle inscription : () 2° Pendant une période d'un mois lorsque sont constatés pour la première fois les manquements mentionnés aux 1°, 2° et a, b, d et e du 3° de l'article précité. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 5412-1 du même code : " Le directeur régional de Pôle emploi radie les personnes de la liste des demandeurs d'emploi dans les cas prévus aux articles L. 5412-1 et L. 5412-2 ".

3. Il résulte de l'instruction que M. D a été radié, par une décision du 14 février 2024 du directeur de l'agence France Travail de Manosque, pour une durée d'un mois de la liste des demandeurs d'emploi en raison de l'insuffisance des démarches réalisées pour sa recherche d'emploi. Le requérant, qui soutient avoir mené des démarches régulières en vue de retrouver un emploi, n'apporte aucun élément probant permettant d'établir qu'il aurait effectivement accompli des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi. En outre, la seule évocation par M. D, dans son courrier adressé le 8 mars 2024 à la médiatrice intervenant auprès de France Travail Provence-Alpes-Côte d'Azur, de trois candidatures qu'il aurait déposées depuis 2021, soit sur une période de trois ans environ, ne permet pas de démontrer la réalité d'actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, alors qu'au demeurant ces candidatures ne sont justifiées par aucune pièce. En outre, la circonstance que M. D soit inscrit sur les sites internet " Jobvitae " et " Indeed " et soit abonné à leur liste de diffusion des offres d'emploi, n'est pas suffisante pour établir la réalité de ses démarches. Par ailleurs, si l'intéressé fait valoir qu'il rencontre des difficultés dans sa recherche d'emploi, notamment en raison de la limitation géographique que lui impose l'absence de possession d'un permis de conduire, il n'établit cependant pas être dans l'impossibilité de se déplacer autrement que par le seul usage d'un véhicule personnel, et ne produit aucun élément de nature à justifier d'une impossibilité de candidater à certaines offres d'emploi en raison de ce motif. Par suite, c'est par une exacte application des textes précités et sans commettre d'erreur de fait ou d'appréciation que France Travail a prononcé une sanction de radiation temporaire de M. D de la liste des demandeurs d'emploi et décidé de la suppression de son allocation, pour une durée d'un mois.

4. Il suit de là que la requête de M. D tendant à l'annulation de la décision du 23 février 2024 par laquelle le directeur de l'agence France Travail de Manosque a confirmé sa décision du 14 février 2024 prononçant à son encontre une sanction de radiation de la liste des demandeurs d'emplois pour une durée d'un mois et a suspendu ses allocations pour la même durée doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à France Travail.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

Le président,

C. C

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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