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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2401245

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2401245

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2401245
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationPôle contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en plein contentieux social, a examiné la demande de Mme C contestant la décision de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse qui ne lui a accordé qu'une remise gracieuse partielle de 498,62 euros sur un indu d'aide personnelle au logement de 2 114,96 euros. Le tribunal a rappelé que, selon les articles L. 553-2 du code de la sécurité sociale et L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, une remise de dette peut être accordée en cas de précarité et de bonne foi, sauf en cas de fausses déclarations. En l'espèce, l'indu résultait d'une déclaration erronée des charges déductibles par Mme C, ce qui constitue une fausse déclaration. Par conséquent, le tribunal a rejeté la requête, estimant que la condition de bonne foi n'était pas remplie et que la remise partielle accordée était justifiée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 mars 2024 et régularisée le 18 avril 2024, Mme B C doit être regardée comme demandant au tribunal l'annulation de la décision du 26 février 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Vaucluse ne lui a accordé qu'une remise gracieuse partielle, à hauteur d'un montant de 498,62 euros, de sa dette de 2 114,96 euros résultant d'un trop-perçu d'aide personnelle au logement (IN5 002) au titre de la période du 1er février 2023 au 31 octobre 2023, laissant ainsi à sa charge la somme de 1 495,86 euros compte tenu des remboursements déjà effectués.

Elle soutient que :

- elle a déclaré de bonne foi ses ressources trimestrielles ;

- est dans une situation financière précaire qui ne lui permet pas de rembourser sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse conclut au rejet de la requête de Mme C.

Elle soutient que les moyens soulevés par l'intéressée ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. D a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 18 novembre 2023, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis à la charge de Mme C un indu d'aide personnelle au logement (IN5 002) d'un montant de 2 114,96 euros au titre de la période du 1er février 2023 au 31 octobre 2023. Mme C doit être regardée comme ayant sollicité la remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 26 février 2024, dont Mme C demande l'annulation, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse ne lui a accordé qu'une remise gracieuse partielle, à hauteur de 498,62 euros, de sa dette de 2 114,96 euros contractée au titre de l'aide personnelle au logement (IN5 002) au titre de la période du 1er février 2023 au 31 octobre 2023, laissant ainsi à sa charge la somme de 1 495,86 euros compte tenu des remboursements déjà effectués.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement / 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale ; / b) L'allocation de logement sociale ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indu d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré () Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations () ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire de l'aide personnelle au logement ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

3. Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 () ".

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre des parties à la date de sa propre décision. S'agissant d'un indu constaté au titre de la prestation d'allocation de logement sociale il y a lieu de rechercher si la situation de précarité de l'intéressé et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction de dette.

5. Il résulte de l'instruction que l'indu d'aide personnelle au logement mis à la charge de Mme C, et dont elle sollicite la remise gracieuse, est imputable à la requérante qui a déclaré, à l'occasion de la déclaration des ressources annuelles de M. C, un montant erroné de charges déductibles, soit 22 265 euros en lieu et place de 7 694 euros. Si la bonne foi de Mme C, laquelle n'est d'ailleurs par remise en cause par l'administration, peut être regardée comme établie, il résulte toutefois de l'instruction que l'époux de Mme C perçoit un salaire mensuel de 2 046,85 euros et que son foyer a perçu au mois de mars 2024 une somme de 746,22 euros de prestations familiales et de prime d'activité alors que ses charges, comprenant le loyer, l'eau, l'électricité, l'assurance habitation et automobile, s'élèvent à un total mensuel de 808,26 euros. Dans ces conditions, compte tenu des ressources dont dispose le foyer de M. et Mme C, composé de trois enfants à charge, il ne résulte pas de l'instruction que la situation de précarité de l'intéressée serait telle, notamment au regard de ses charges fixes justifiées, qu'il y aurait lieu de lui accorder une remise supplémentaire, totale ou partielle, de sa dette qui s'élevait, à la date de l'introduction de la requête, à un montant de 914,64 euros.

6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 26 février 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Vaucluse ne lui a accordé qu'une remise gracieuse partielle, à hauteur d'un montant de 498,62 euros, de sa dette de 2 114,96 euros résultant d'un trop-perçu d'aide personnelle au logement (IN5 002) au titre de la période du 1er février 2023 au 31 octobre 2023.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la caisse d'allocations familiales de Vaucluse.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

Le président,

C. D

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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