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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2401452

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2401452

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2401452
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPôle contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en plein contentieux social, a examiné la demande de Mme D visant à obtenir l'annulation du refus de remise gracieuse d’un indu de prime d’activité de 371,52 euros. La requérante invoquait sa bonne foi et sa situation financière précaire. Le tribunal a rappelé que, selon l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, une remise gracieuse ne peut être accordée qu’en cas de bonne foi et de précarité du débiteur. Après avoir analysé les faits, le tribunal a rejeté la requête de Mme D, estimant que les conditions cumulatives de bonne foi et de précarité n’étaient pas réunies pour justifier une remise totale ou partielle de la dette.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 et 25 avril 2024, Mme C D doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 23 février 2024 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Gard a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette d'un montant de 371,52 euros résultant d'un trop-perçu de prime d'activité (IM3 005) au titre de la période du 1er septembre 2022 au 28 février 2023.

Elle soutient que :

-elle a déclaré de bonne foi ses ressources trimestrielles ;

-elle est dans une situation financière précaire qui ne lui permet pas de rembourser sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2024, la caisse d'allocations familiales du Gard conclut au rejet de la requête de Mme D.

Elle soutient que les moyens soulevés par l'intéressée ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. B a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 3 mars 2023, la caisse d'allocations familiales du Gard a mis à la charge de Mme D un indu de prime d'activité (IM3 005) d'un montant de 371,52 euros au titre de la période du 1er septembre 2022 au 28 février 2023. Par un courrier du 3 mars 2023, Mme D doit être regardée comme ayant sollicité la remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 23 février 2024, dont Mme D demande l'annulation, la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Gard a refusé de lui octroyer la remise gracieuse de sa dette.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () / () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire de la prime d'activité ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation que si, tout à la fois, d'une part, il est de bonne foi, l'indu ne devant pas trouver sa cause dans une manœuvre frauduleuse ou une fausse déclaration procédant d'une volonté de dissimulation de sa part, et, d'autre part, la précarité de sa situation, appréciée par l'administration à la date de sa décision, justifie l'octroi d'une remise.

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande et en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé à l'allocation ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.

5. L'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale dispose que : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". L'article L. 842-3 du même code précise que : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () ". Aux termes de l'article R. 842-3 de ce code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : 1° Du bénéficiaire ; 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ; et 3° Des enfants et personnes à charge () ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels ; () ". Aux termes de l'article R. 844-1 de ce code : " I. Ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu en application du 1° de l'article L. 842-4 : () 6° Les indemnités journalières de sécurité sociale de base et complémentaires, perçues en cas d'incapacité physique médicalement constatée de continuer ou de reprendre le travail, d'accident du travail ou de maladie professionnelle pendant une durée qui ne peut excéder trois mois à compter de l'arrêt de travail ; () ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

6. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité mis à la charge de Mme D, et dont elle sollicite la remise gracieuse, résulte de l'absence de déclaration de l'intégralité des ressources de son foyer. Il résulte en effet de l'instruction, notamment des déclarations de ressources trimestrielles de Mme D produites par l'administration que l'intéressée n'a pas déclaré à la caisse d'allocations familiales de Vaucluse les montants des indemnités journalières qu'elle et son mari ont perçues sur la période du 1er juin 2022 au 31 août 2022. A supposer même que la bonne foi de Mme D puisse être regardée comme établie, il résulte de l'instruction, notamment des éléments produits par l'intéressée, que le foyer de Mme D a perçu une moyenne mensuelle de revenus au titre du premier trimestre de l'année 2024 de 2 627,27 euros, alors que le montant des charges mensuelles du foyer, comprenant le loyer, l'eau, le gaz, l'électricité, les abonnements téléphoniques, les assurances habitation et véhicules, la mutuelle et l'assurance décès s'élève à la somme de 1 566,11 euros. Dans ces conditions, compte tenu des ressources dont dispose le foyer que Mme D forme avec son mari, du montant de leur " reste à vivre ", d'environ 530 euros, et des possibilités d'échelonnement du paiement de la dette, il ne résulte pas de l'instruction que la situation de précarité de Mme D serait telle qu'il devrait être fait droit à sa demande de remise gracieuse.

7. Il résulte de tout ce qui précède de Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 23 février 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Gard a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de 371,52 euros résultant d'un trop-perçu de prime d'activité pour la période du 1er septembre 2022 au 28 février 2023.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et à la caisse d'allocations familiales du Gard.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

Le président,

C. B

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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