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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2401463

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2401463

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2401463
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPôle contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en plein contentieux social, a rejeté la requête de M. B contestant la décision du 14 février 2024 par laquelle le département de Vaucluse a confirmé la fin de ses droits au revenu de solidarité active (RSA). Le tribunal a jugé que M. B n'avait pas justifié avoir transmis les pièces demandées par la caisse d'allocations familiales, malgré l'obligation légale de déclarer tout changement de situation prévue aux articles L. 262-37 et R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles. En l'absence de production des justificatifs, la suspension puis la radiation de ses droits étaient légalement fondées. La solution retenue confirme la décision administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 avril 2024 et le 12 novembre 2024, M. D B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 14 février 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a confirmé la décision du 23 novembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis fin à ses droits au revenu de solidarité active.

Il soutient que :

- il a toujours rempli ses obligations en matière d'insertion ;

- il a transmis les documents qui lui avaient été demandés par la caisse d'allocations familiales de Vaucluse ;

- le courrier du 21 juillet 2023 de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse lui demandant de transmettre des pièces pour permettre l'étude de ses droits ne lui a pas été notifié.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2024, le département de Vaucluse conclut au rejet de la requête de M. B.

Il soutient que les moyens soulevés par l'intéressé ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. C a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. M. B est bénéficiaire du revenu de solidarité active depuis le 19 juillet 2018 auprès de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse, à laquelle il a indiqué être sans activité professionnelle. La caisse d'allocations familiales ayant été informée que M. B exerçait une activité professionnelle, elle a demandé à l'intéressé, par un courrier du 21 juillet 2023 de lui transmettre des documents pour permettre l'étude de ses droits. En l'absence de réponse à ce courrier, les droits de M. B au revenu de solidarité active ont été suspendus à compter du mois de juillet 2023. Par une décision du 23 novembre 2023, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis fin aux droits au revenu de solidarité active de M. B. Par un courrier du 21 janvier 2024, M. B a exercé un recours administratif préalable pour contester la fin de ses droits au revenu de solidarité active. Par une décision du 14 février 2024, la présidente du conseil départemental de Vaucluse a confirmé la fin des droits au revenu de solidarité active de M. B au motif que ses droits au revenu de solidarité active étaient suspendus depuis quatre mois et qu'en l'absence de transmission des pièces justificatives qui lui avaient été demandées il ne pouvait plus prétendre au revenu de solidarité active. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal de se prononcer sur ses droits au revenu de solidarité active à compter du mois de juillet 2023.

2. Aux termes de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : /() 4° () lorsque le bénéficiaire refuse de se soumettre aux contrôles prévus par le présent chapitre () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-38 de ce code : " Le président du conseil départemental procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active au terme d'une période, définie par décret, sans versement du revenu de solidarité active () ". L'article R. 262-37 du même code dispose que : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Aux termes de l'article R. 262-40 du même code : " Le président du conseil départemental met fin au droit au revenu de solidarité active et procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active, selon les cas : / () 3° Au terme de la durée de suspension du versement décidée en vertu du 2° de l'article R. 262-68 lorsque la radiation est prononcée en application de l'article L. 262-38 () ", c'est-à-dire pour une durée qui peut aller d'un à quatre mois. Il résulte en outre de l'article L. 161-1-4 du code de la sécurité sociale, applicable en vertu de l'article R. 262-83 du code de l'action sociale et des familles, que la non-présentation à l'organisme chargé du service de la prestation des pièces justificatives nécessaires au contrôle des conditions d'ouverture des droits entraîne la suspension " du versement de la prestation jusqu'à la production des pièces demandées ".

3. Il résulte des dispositions citées au point 2 que le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toute information relative aux activités et aux ressources des membres du foyer, ainsi que tout changement en la matière. Cette obligation a notamment pour objet de permettre à l'organisme chargé du versement de l'allocation de s'assurer que le bénéficiaire remplit les conditions d'ouverture des droits et de déterminer le montant de l'allocation due le cas échéant.

4. Il en résulte également que l'organisme chargé du service de la prestation peut, en l'absence de production des pièces justificatives demandées, suspendre le versement de la prestation en application de l'article L. 161-1-4 du code de la sécurité sociale ou, s'il constate son empêchement à procéder pour ce motif aux contrôles prévus par le chapitre II du titre VI du livre II du code de l'action sociale et des familles, du 4° de L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles, en mettant en œuvre la procédure prévue par cet article.

5. Il résulte enfin des articles L. 262-38 et R. 262-40 du code de l'action sociale et des familles, cités au point 2, que, dans le cas où la suspension a été prononcée sur le fondement de l'article L. 262-37 de ce code, le président du conseil départemental est en droit de procéder à la radiation de l'intéressé de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active au terme de la durée de suspension qu'il a fixée.

6. Il appartient au juge administratif, saisi de conclusions dirigées contre une décision de radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active prononcée sur le fondement de l'article L. 262-38 du code de l'action sociale et des familles, à la suite d'une décision de suspension prise au titre de l'article L. 262-37 du même code, laquelle ne présente, pas davantage que la mesure de suspension qui l'a précédée, le caractère d'une sanction, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et notamment des pièces justificatives le cas échéant produites en cours d'instance par le requérant. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé pour la période courant à compter de la date de suspension des droits et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.

7. Il résulte de l'instruction que la suspension puis la fin des droits au revenu de solidarité active de M. B résulte de l'absence de communication des pièces nécessaires à l'étude de ses droits qui lui ont été demandées par un courrier de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse du 21 juillet 2023.

8. Si M. B fait valoir qu'il ignore si ce courrier du 21 juillet 2023 listant les documents qu'il avait à fournir lui a été notifié par lettre recommandée avec accusé de réception, il est toutefois constant que ce courrier a bien été réceptionné par le requérant qui le produit d'ailleurs en pièce jointe à sa requête. Si M. B soutient également avoir transmis à la caisse d'allocations familiales de Vaucluse les documents demandés, il résulte toutefois de l'instruction que M. B n'a transmis qu'au mois de mars 2024, postérieurement à la décision du 23 novembre 2023 mettant fin à ses droits au revenu de solidarité active prise par la caisse d'allocations familiales de Vaucluse, des documents au contrôleur assermenté par la caisse d'allocations familiales dans le cadre de l'étude de sa nouvelle demande de revenu de solidarité active présentée le 18 janvier 2024. Enfin, si M. B fait valoir qu'il a toujours respecté ses obligations en matière d'insertion, il résulte de l'instruction que la décision de fin de droits au revenu de solidarité active prise par la caisse d'allocations familiales de Vaucluse est uniquement motivée par l'absence de transmission des documents demandés, et non par un manquement de M. B à ses obligations en matière d'insertion.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au département de Vaucluse.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

Le président,

C. C

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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