lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2401469 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pôle contentieux sociaux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2024 et régularisée le 23 avril suivant, Mme C Baron doit être regardée comme demandant au tribunal l'annulation de la décision du 20 mars 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a refusé de lui accorder une remise gracieuse sa dette de 7 474,94 euros résultant d'un trop-perçu de prime d'activité (IM3 001) au titre de la période du 1er mai 2022 au 31 décembre 2023.
Elle soutient que :
- elle a déclaré de bonne foi ses ressources trimestrielles ;
- elle est dans une situation financière précaire qui ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse conclut au rejet de la requête de Mme Baron.
Elle soutient que les moyens soulevés par l'intéressée ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. B a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Baron est bénéficiaire de la prime d'activité depuis le mois d'août 2019. Par une décision du 24 janvier 2024, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis à la charge de Mme Baron un indu de prime d'activité (IM3 001) d'un montant de 7 474,94 euros au titre de la période du 1er mai 2022 au 31 décembre 2023. Par un courrier du 24 janvier 2024, Mme Baron doit être regardée comme ayant sollicité la remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 20 mars 2024, dont Mme Baron demande l'annulation, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de 7 474,94 euros contractée au titre de la prime d'activité.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () / () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire de la prime d'activité ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation que si, tout à la fois, d'une part, il est de bonne foi, l'indu ne devant pas trouver sa cause dans une manœuvre frauduleuse ou une fausse déclaration procédant d'une volonté de dissimulation de sa part, et, d'autre part, la précarité de sa situation, appréciée par l'administration à la date de sa décision, justifie l'octroi d'une remise.
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande et en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé à l'allocation ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.
5. L'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale dispose que : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". L'article L. 842-3 du même code précise que : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () ". Aux termes de l'article R. 842-3 de ce code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : 1° Du bénéficiaire ; 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ; et 3° Des enfants et personnes à charge () ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels ; () ". Aux termes de l'article R. 844-2 de ce code : " Ont le caractère de revenus de remplacement en application du 2° de l'article L. 842-4 : 1° Les avantages de vieillesse ou d'invalidité relevant d'un régime obligatoire législatif ou conventionnel () ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
6. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité mis à la charge de Mme Baron, et dont elle sollicite la remise gracieuse, résulte de l'absence de déclaration par l'intéressée d'une pension d'invalidité et d'une rente d'invalidité qu'elle a perçues au cours de la période litigieuse. Il résulte en effet de l'instruction, et notamment des déclarations de ressources trimestrielles de Mme Baron, qui exerce les fonctions de professeur de lycée professionnel de classe normale à temps partiel depuis le 31 décembre 2019 en raison de son handicap, que l'intéressée n'a pas déclaré la pension d'invalidité de catégorie 1, d'un montant mensuel d'environ 800 euros, qui lui est versée depuis le 19 octobre 2019 par la sécurité sociale, ni la rente d'invalidité, d'un montant d'environ de 210 euros par mois, qui lui a été versée par la caisse de prévoyance Malakoff Humanis du mois de novembre 2021 au mois de novembre 2022. Si Mme Baron fait valoir que l'omission de déclaration de ces ressources a été effectuée de bonne foi car les services de la sécurité sociale et de la CARSAT lui avaient indiqué qu'elle n'avait que ses salaires à déclarer dans la mesure où sa pension d'invalidité n'était pas prise en compte pour le calcul de sa retraite, il résulte de l'instruction que les informations erronées délivrées par d'autres interlocuteurs que la caisse d'allocations familiales de Vaucluse, gestionnaire de l'octroi de la prime d'activité, ne permettent pas d'établir la bonne foi de Mme Baron. Dans ces conditions, eu égard à la nature des informations ainsi omises et au caractère réitéré de l'omission, Mme Baron ne pouvait légitimement ignorer qu'elle devait mentionner le montant de sa rente et de sa pension d'invalidité dans sa déclaration trimestrielle de ressources. Ainsi, au regard de la nature et de l'importance des sommes non déclarées, la bonne foi de Mme Baron ne peut être regardée comme établie s'agissant de l'omission de déclaration de ces ressources. Dès lors que l'indu litigieux trouve sa cause dans de fausses déclarations de Mme Baron, celle-ci ne saurait utilement faire valoir sa situation de précarité financière pour bénéficier d'une remise gracieuse de sa dette.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme Baron n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 20 mars 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de 7 474,94 euros résultant d'un trop-perçu de prime d'activité (IM3 001) pour la période du 1er mai 2022 au 31 décembre 2023.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme Baron est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C Baron et à la caisse d'allocations familiales de Vaucluse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.
Le président,
C. B
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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