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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2401486

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2401486

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2401486
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPôle contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en plein contentieux social, rejette la requête de Mme C contestant un indu d'aide personnelle au logement de 72 euros pour la période de février à octobre 2023. La requérante soutenait que l'indu résultait d'une erreur de la caisse d'allocations familiales du Gard, qui n'aurait pas pris en compte sa déclaration de pension alimentaire. Le tribunal constate que l'indu est fondé sur les articles L. 821-1, L. 823-1 et R. 822-3 du code de la construction et de l'habitation, et que la caisse a correctement intégré les ressources de l'année 2022, incluant la pension alimentaire de 5 749 euros non déclarée par Mme C. La solution retenue confirme le bien-fondé de l'indu, la requérante n'établissant pas avoir déclaré cette pension.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 avril 2024, Mme B C doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 février 2024 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Gard a confirmé, sur son recours administratif préalable, la décision du 18 novembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Gard a mis à sa charge un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 72 euros au titre de la période du 1er février 2023 au 31 octobre 2023 ;

2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Gard de procéder au remboursement des sommes retenues.

Elle soutient que l'indu mis à sa charge résulte d'une erreur de la caisse d'allocations familiales du Gard qui n'a pas tenu compte de la déclaration de la pension alimentaire que lui a versée son ancien conjoint au titre de l'année 2022.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2024, la caisse d'allocations familiales du Gard conclut au rejet de la requête de Mme C.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. D a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 18 novembre 2023, la caisse d'allocations familiales du Gard a mis à la charge de Mme C un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 72 euros au titre de la période du 1er février 2023 au 31 octobre 2023. Par un courrier du 14 décembre 2023, Mme C a formé un recours administratif préalable pour contester le bien-fondé de cet indu. Par une décision du 22 février 2024, dont Mme C demande l'annulation, la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Gard a confirmé la décision du 18 novembre 2023 qui a mis à sa charge l'indu litigieux.

Sur le bien-fondé de l'indu litigieux :

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : / () 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale. " Aux termes de l'article L. 823-1 du même code : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 ; () ". Aux termes de l'article R. 822-3 de ce code : " Les ressources et les charges prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont appréciées, tous les trois mois, sous réserve des dispositions prévues à l'article R. 823-6-1, selon les périodes de référence suivantes : ()/ 2° Pour les pensions alimentaires versées ou perçues, les frais de tutelle, les frais professionnels exposés, lorsque ceux-ci excèdent la déduction forfaitaire mentionnée au 3° de l'article 83 du code général des impôts, () sur une période de référence correspondant à l'année civile qui précède la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement. () ".

3. Lorsque le recours est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération de montants d'allocation d'aide personnelle au logement que l'administration estime avoir été indûment versés, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu d'aide personnelle au logement, dont Mme C demande l'annulation, résulte de la prise en compte par les services de la caisse d'allocations familiales du Gard de l'intégralité des ressources perçues par l'intéressée au titre de l'année 2022. Il résulte en effet de l'instruction qu'à la suite de la transmission, le 10 novembre 2023, à la caisse d'allocations familiales par l'administration fiscale des ressources déclarées par l'intéressée au titre de l'année 2022, la caisse d'allocations familiales du Gard a constaté que Mme C n'avait pas déclaré la pension alimentaire de 5 749 euros que lui a versée son ancien conjoint au titre de l'année 2022, mais seulement le montant de 1 309 euros qu'elle a perçu au titre de l'allocation de solidarité aux personnes âgées. Mme C fait valoir que l'indu litigieux résulte d'une erreur de la caisse d'allocations familiales du Gard qui lui aurait attribué deux comptes correspondant à un seul numéro d'allocataire et n'aurait pas tenu de compte de la pension alimentaire qu'elle avait pourtant bien déclarée. Il résulte toutefois de l'instruction que, dans sa déclaration de ressources annuelles effectuée le 16 mars 2023, Mme C n'a déclaré aucune ressource complémentaire au titre de l'année 2022 alors que le document intitulé " mes ressources " dont se prévaut l'intéressée qui correspondrait aux ressources retenues pour le calcul de ses droits des mois de novembre 2023 à janvier 2024, et sur lequel figure la somme de 5 749 euros de pension alimentaire perçue en 2022, ne comporte aucune date permettant de déterminer si celle déclaration a été effectuée avant la régularisation de la situation de Mme C par la caisse d'allocations familiales du Gard. En outre, la seule circonstance que Mme C a déclaré sa situation sous le nom de son ancien époux le 16 mars 2023, alors que la caisse d'allocations familiales a modifié le nom de famille de l'intéressée à prendre en compte ce même jour, est insuffisante pour établir qu'une erreur aurait été commise dans la prise en compte des ressources déclarées par Mme C. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit que la caisse d'allocations familiales a réintégré la pension alimentaire que Mme C a perçu au titre de l'année 2022 et a régularisé sa situation générant ainsi l'indu litigieux de 72 euros au titre de la période du 1er février 2023 au 31 octobre 2023.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la caisse d'allocations familiales du Gard.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

Le président,

C. D

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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