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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2403429

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2403429

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2403429
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de Mme A, une enseignante, qui demandait la condamnation de l'État à lui verser 37 747,61 euros pour des accidents de trajet et sollicitait diverses injonctions (stabilisation de son affectation, aménagement d’horaires, versement du supplément familial). Les conclusions indemnitaires ont été jugées manifestement irrecevables car la requérante n’a pas produit, malgré une demande de régularisation, la décision de l’administration sur sa demande préalable, en violation des articles R. 421-1 et R. 412-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fin d’injonction ont également été rejetées, le juge ne pouvant adresser de telles mesures à titre principal en dehors des cas prévus par les articles L. 911-1 et L. 911-2 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 septembre 2024, Mme B A demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 37 747,61 euros en réparation des conséquences dommageables résultant d'accidents de trajet imputables au service ;

2°) d'enjoindre au recteur de l'académie d'Aix-Marseille de la stabiliser définitivement au sein du lycée professionnel Victor Hugo de Carpentras, du collège Charles Doche de Pernes-les-Fontaines ou du collège Daudet de Carpentras et de lui accorder une grande salle fixe ;

3°) d'enjoindre à cette autorité de lui accorder un allègement d'horaire sans perte de salaire progressif à 50 % la première année, 60 % la deuxième année, 70 % la troisième année, 80 % la quatrième année et 90 % la cinquième année ;

4°) d'enjoindre à cette autorité de lui accorder le bénéfice du supplément familial de traitement et de lui verser rétroactivement les sommes auxquelles elle aurait pu prétendre depuis le 1er septembre 2019 ;

5°) à titre subsidiaire, en cas d'impossibilité de stabiliser sa situation, d'enjoindre au recteur de l'académie d'Aix-Marseille de la reclasser en télétravail ou de l'affecter définitivement dans un établissement de Carpentras ou de Mazan ;

6°) à titre subsidiaire, en cas d'impossibilité d'aménager ses horaires, d'enjoindre à cette autorité de limiter son service à trois classes en responsabilité.

Par un courrier du 3 septembre 2024, Mme A a été invitée par le greffier du tribunal, en application de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, à régulariser sa requête en produisant, dans un délai de quinze jours, la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ou tout document justifiant du dépôt d'une telle demande préalable.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Aux termes de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-1, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ".

3. Aux termes de l'article R. 612-1 du code de justice administrative : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 () ".

4. Par un courrier du 3 septembre 2024, lu dans l'application Télérecours le 9 septembre 2024, Mme A a été invitée à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours en produisant la décision répondant à sa demande indemnitaire préalable ou, dans le cas où l'administration n'aurait pas répondu, la pièce justifiant la date du dépôt de cette demande auprès de l'administration. Ce courrier précisait en outre qu'à défaut, la requête pourrait être rejetée par ordonnance pour irrecevabilité manifeste dès l'expiration de ce délai. En dépit de cette demande, Mme A n'a pas produit, à l'expiration du délai qui lui était imparti, une décision rejetant sa demande indemnitaire préalable et n'a pas justifié de l'impossibilité de la produire. Dès lors, les conclusions indemnitaires de la requête sont entachées d'une irrecevabilité manifeste et il y a lieu de les rejeter, par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Lorsque le juge administratif statue sur un recours indemnitaire tendant à la réparation d'un préjudice imputable à un comportement fautif d'une personne publique et qu'il constate que ce comportement et ce préjudice perdurent à la date à laquelle il se prononce, il peut, en vertu de ses pouvoirs de pleine juridiction et lorsqu'il est saisi de conclusions en ce sens, enjoindre à la personne publique en cause de mettre fin à ce comportement ou d'en pallier les effets. Toutefois, le juge administratif, qui ne peut être saisi que de requêtes à fin d'annulation d'une décision administrative ou à fin de condamnation d'une personne publique au paiement d'une indemnité ne peut, en dehors des cas prévus par les dispositions des articles L. 911-1 et L. 911- 2 du code de justice administrative, adresser des injonctions à titre principal à l'administration ni faire lui-même œuvre d'administrateur en se substituant à celle-ci.

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme A demande, outre la réparation des préjudices qu'elle a subis, d'ordonner au recteur d'Aix-Marseille de prendre diverses mesures administratives et financières relatives à son service. Toutefois, en l'absence de recevabilité des conclusions indemnitaires ou de demande d'annulation d'une décision administrative, ces conclusions à fin d'injonction doivent être regardées comme étant présentées à titre principal et doivent, par suite, être rejetées comme étant irrecevables en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

7. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu, par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, de rejeter la requête de Mme A en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée au recteur de l'académie d'Aix-Marseille.

Fait à Nîmes, le 24 octobre 2024.

La présidente de la 4ème chambre,

C. CHAMOT

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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