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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2403730

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2403730

mercredi 30 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2403730
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPôle contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a examiné la requête de Mme B contestant la décision du 25 juillet 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a confirmé la fin de ses droits au revenu de solidarité active (RSA). Concernant la confirmation de la décision du 4 juin 2024, le tribunal a constaté que le département avait annulé cette décision en cours d'instance, rendant les conclusions sans objet. Sur la confirmation de la décision du 20 février 2024, le tribunal a rejeté la demande, estimant que Mme B n'avait pas produit les pièces justificatives demandées, conformément aux articles R. 262-37 et R. 262-83 du code de l'action sociale et des familles, et à l'article L. 161-1-4 du code de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2024, et régularisée le 9 octobre suivant, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 25 juillet 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a confirmé les décisions du 20 février 2024 et du 4 juin 2024 par lesquelles la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis fin à ses droits au revenu de solidarité active.

Elle soutient qu'elle a transmis les documents demandés par le département de Vaucluse pour l'examen de ses droits au revenu de solidarité active.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 novembre 2024 et le 26 mars 2025, le département de Vaucluse conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête de Mme B tendant à l'annulation de la décision attaquée en tant qu'elle a confirmé la décision du 4 juin 2024 de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse.

Il soutient que :

- il a annulé la décision attaquée du 25 juillet 2024 en tant qu'elle a confirmé la décision du 4 juin 2024 de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse et a demandé à la caisse d'allocations familiales de Vaucluse que le dossier de Mme B soit régularisé ;

- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. C a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a présenté le 10 octobre 2023 une première demande tendant à bénéficier du revenu de solidarité active. Par une décision du 20 février 2024, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis fin à ses droits au revenu de solidarité active. Mme B a présenté le 1er mars 2024 une nouvelle demande tendant à bénéficier du revenu de solidarité active. Par une décision du 4 juin 2024, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis fin à ses droits au revenu de solidarité active. Mme B a contesté le bien-fondé de ces décisions. Par une décision du 25 juillet 2024, dont Mme B sollicite l'annulation, la présidente du conseil départemental de Vaucluse a confirmé les décisions du 20 février 2024 et du 4 juin 2024 par lesquelles la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis à ses droits au revenu de solidarité active.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 25 juillet 2024 de la présidente du conseil départemental de Vaucluse en tant qu'elle a confirmé la décision du 4 juin 2024 de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse :

2. Il résulte des éléments non contestés du mémoire en défense du département de Vaucluse que, postérieurement à l'introduction à l'introduction de l'instance, la fin de droits au revenu de solidarité active de Mme B à compter du 4 juin 2024 a été annulée, et que le département de Vaucluse a demandé à la caisse d'allocations familiales de Vaucluse de régulariser le dossier de la requérante. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 25 juillet 2024 de la présidente du conseil départemental de Vaucluse en tant qu'elle a confirmé la décision du 4 juin 2024 de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 25 juillet 2024 de la présidente du conseil départemental de Vaucluse en tant qu'elle a confirmé la décision du 20 février 2024 de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse :

3. Aux termes de l'article R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ". Selon l'article R. 262-83 du même code : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active ainsi que les membres du foyer sont tenus de produire, à la demande de l'organisme chargé du service de la prestation et au moins une fois par an, toute pièce justificative nécessaire au contrôle des conditions d'ouverture de droit, en particulier au contrôle des ressources, notamment les bulletins de salaire. En cas de non-présentation des pièces demandées, il est fait application des dispositions de l'article L. 161-1-4 du code de la sécurité sociale () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 161-1-4 du code de la sécurité sociale : " Les organismes de sécurité sociale demandent, pour le service d'une prestation ou le contrôle de sa régularité, toutes pièces justificatives utiles pour vérifier l'identité () du bénéficiaire d'une prestation ainsi que pour apprécier les conditions du droit à la prestation, notamment la production d'avis d'imposition ou de déclarations déposées auprès des administrations fiscales compétentes. () Sauf cas de force majeure, la non-présentation par le demandeur de pièces justificatives, () entraînent la suspension () du versement de la prestation jusqu'à la production des pièces demandées ou la réponse à la convocation adressée () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 262-35 du code de l'action sociale et des familles : " Le revenu de solidarité active cesse d'être dû à compter du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 262-40 de ce code : " Le président du conseil départemental met fin au droit au revenu de solidarité active et procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active, selon les cas : 1° Dans les délais fixés à l'article R. 262-35 lorsque les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies et à la suite d'une suspension de versement décidée en application de l'article L. 262-37. () ".

4. Il résulte de l'instruction que la fin des droits au revenu de solidarité active de Mme B à compter du 20 février 2024 a été décidée au motif de l'absence de transmission par l'intéressée de l'intégralité des pièces qui lui avaient été demandées par la présidente du conseil départemental de Vaucluse dans un courrier du 23 janvier 2024, lesquelles étaient nécessaires pour l'examen de ses droits. Si Mme B soutient, sans toutefois l'établir, avoir transmis ces pièces, il résulte de l'instruction, et notamment des mentions non contestées du mémoire en défense, que Mme B n'a transmis ni les relevés de comptes bancaires des quatre mois précédant sa demande de revenu de solidarité active, ni la dernière notification de rejet ou d'ouverture de droits France Travail. Dans ces conditions, le département de Vaucluse n'était pas en mesure de déterminer les droits de Mme B au revenu de solidarité active. Par suite, c'est par une exacte application des dispositions de l'article R. 262-40 du code de l'action sociale et des familles que la présidente du conseil départemental de Vaucluse a mis fin aux droits au revenu de solidarité active de Mme B à compter du 20 février 2024. Mme B, n'est dès lors pas fondée à demander l'annulation de la décision du 25 juillet 2024 de la présidente du conseil départemental de Vaucluse en tant qu'elle a confirmé la décision du 20 février 2024 de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B tendant à l'annulation de la décision du 25 juillet 2024 de la présidente du conseil départemental de Vaucluse en tant qu'elle a confirmé la décision du 4 juin 2024 de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département de Vaucluse.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2025.

Le président,

C. C

La greffière,

I. MASSOT

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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