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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2504163

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2504163

mercredi 15 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2504163
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nîmes a rejeté comme manifestement irrecevable l'opposition formée par M. A... contre une contrainte émise par la CAF de l'Hérault pour le recouvrement d'un indu d'allocation de logement sociale de 513 euros. La contrainte ayant été signifiée le 15 septembre 2025, l'opposition, expédiée par courrier le 3 octobre 2025, était tardive car elle dépassait le délai de quinze jours prévu à l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale. Le juge a rappelé que, pour ce type de recours, le délai n'est pas franc et que la date d'expédition fait foi. La requête a donc été rejetée sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2025, M. B... A... doit être regardé comme formant opposition à la contrainte émise à son encontre le 4 avril 2025 par la caisse d’allocations familiales de l’Hérault en recouvrement d’un indu de 513 euros d’allocation de logement sociale pour la période du 1er août au 31 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) peuvent, par ordonnance : (...) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque (…) elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens. (…) ».

2. Aux termes de l’article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : « Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (…), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement (…) ». Aux termes du troisième alinéa de l’article R. 133-3 du même code : « (…) Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. (…). ».
3. Sauf texte contraire, les délais de recours devant les juridictions administratives sont, en principe, des délais francs, leur premier jour étant le lendemain du jour de leur déclenchement et leur dernier jour étant le lendemain du jour de leur échéance, et les recours doivent être enregistrés au greffe de la juridiction avant l’expiration du délai. Toutefois, il résulte des dispositions précitées de l’article R. 133-3 du code de la sécurité sociale, applicables également au contentieux général de la sécurité sociale, qui relève des juridictions judiciaires, que, ainsi que cela est le cas devant ces juridictions en vertu des articles 642 et 668 du code de procédure civile, l’opposition à contrainte doit seulement être « adressée » à la juridiction compétente, c’est-à-dire expédiée en cas d’envoi postal, avant le terme du délai de quinze jours à compter de la signification de la contrainte, qui n’est pas un délai franc mais est seulement susceptible de prorogation jusqu’au premier jour ouvrable suivant s’il expire normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé.

4. M. A... doit être regardé comme formant opposition à la contrainte émise à son encontre le 4 avril 2025 par la caisse d’allocations familiales de l’Hérault en recouvrement d’un indu de 513 euros d’allocation de logement sociale pour la période du 1er août au 31 octobre 2023. La contrainte en litige du 4 avril 2025, qui comporte la mention des voies et délais de recours conformément aux prescriptions précitées de l’article R. 133-3 du code de la sécurité sociale, a été signifiée à M. A... par acte de commissaire de justice le 15 septembre 2025. Or, il ressort des pièces versées au dossier, et notamment du cachet de la Poste figurant sur l’enveloppe la contenant, que l’opposition à contrainte formée par M. A... n’a été expédiée par la requérante que le 3 octobre 2025. Il s’ensuit que l’opposition à contrainte formée par M. A..., adressée au tribunal postérieurement l’expiration du délai de quinze jours mentionné à article R. 133-3 du code de la sécurité sociale, est tardive.

5. Il résulte de ce qui précède que l’opposition à contrainte de M. A... est manifestement irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Nîmes, le 15 octobre 2025.


Le président,




Christophe Ciréfice

La République mande et ordonne au préfet de l’Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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