Le Tribunal administratif de Nîmes a rejeté la requête de M. A... qui demandait la condamnation de l'Etat à lui verser 150 000 euros en réparation des préjudices subis du fait de la fermeture des frontières pendant la pandémie de Covid-19. Le juge a constaté que la requête était manifestement irrecevable, car le requérant n'avait pas produit, malgré une demande de régularisation, la décision administrative préalable ou la preuve du dépôt d'une demande indemnitaire, comme l'exigent les articles R. 421-1, R. 421-2 et R. 412-1 du code de justice administrative. En application du 4° de l'article R. 222-1 du même code, la requête a été rejetée sans examen au fond.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 janvier 2026, M. B... A... demande au tribunal de condamner l'Etat au versement de la somme de 150 000 euros en réparation des préjudices subis par lui du fait de la fermeture des frontière suite à la pandémie de Covid 19.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que « Les présidents de tribunal administratif (...) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; ». Aux termes de l’article R. 612-1 de ce code, « Lorsque des conclusions sont entachées d’une irrecevabilité susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d’office cette irrecevabilité qu’après avoir invité leur auteur à les régulariser. ».
L’article R. 421-1 du même code prévoit que « (…) Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ». Aux termes de l’article R. 421-2 du code précité, « Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. / La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête. ». Enfin, en vertu de l’article R. 412-1, « La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation (…) ».
En dépit de la demande de régularisation qui a lui été adressée par voie postale et qui est revenu au greffe avec les mentions « Présenté / Avisé le : 21/01/26 » et « Pli avisé et non réclamé », M. A... n’a pas, à l’expiration du délai de 15 jours qui lui était imparti, produit la décision par laquelle l’administration aurait statué sur une demande indemnitaire qu’elle lui aurait adressée ou la preuve de dépôt d’une telle demande et n’a pas justifié de l’impossibilité de produire l’un ou l’autre de ces documents. Dès lors, la requête de M. A..., qui n’a pas été régularisée, est entachée d’une irrecevabilité manifeste et doit, par suite, être rejetée par application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête n°2600218 de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Nîmes, le 13 février 2026.
Le président de la 3ème chambre,
P. PERETTI
La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présentée décision.