LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2600378

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2600378

vendredi 6 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2600378
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBIGONNET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a ordonné l'expulsion immédiate de la SARL ZLI du domaine public communal d'Anduze. La société occupait sans droit ni titre un trottoir avec une terrasse en aluminium et une cabane en bambous, malgré une mise en demeure de libérer les lieux. Le juge a considéré que la condition d'urgence était satisfaite en raison de la nécessité pour la commune de gérer librement son domaine public et d'assurer la sécurité des piétons dans un secteur touristique. La décision s'appuie sur le code général de la propriété des personnes publiques et le code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 janvier 2026, la commune d'Anduze, représentée par son maire en exercice, ayant pour avocat Me Bigonnet, demande au juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner l’expulsion immédiate de la SARL ZLI du domaine public communal correspondant à la partie du trottoir sur laquelle sont installées une terrasse en aluminium et une cabane en bambous au droit du 8 et 10 Plan de Brie à Anduze ;

2°) d’enjoindre à la SARL ZLI la libération et la remise en état des lieux sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

3°) de l’autoriser en tant que de besoin à solliciter le concours de la force publique ;

4°) de mettre à la charge de la SARL ZLI la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- elle a mis en demeure la SARL ZLI de libérer les lieux en procédant à l’enlèvement d’une structure légère en aluminium et d’une cabane en bambous par sommation de commissaire de justice le 25 juillet 2025 ; elle a saisi le procureur de la République et un avertissement pénal probatoire a été prononcé à l’encontre de la SARL ZLI ;
- l’occupation illégale du domaine public constitue une situation d’urgence justifiant l’intervention du juge des référés ;
- la mesure d’expulsion ne se heure à aucune contestation sérieuse dès lors que la SARL ZLI ne dispose d’aucun droit ni titre a effet d’occuper le domaine public en litige ;
- la mesure expulsion est nécessaire pour libérer les lieux en raison du refus répété de la société.

Par un mémoire enregistré le 2 février 2026, la SARL The Place, représentée par la SELARL SBCMJ, conclut à sa mise hors de cause.

Vu le constat d’échec de la notification par voie administrative de la requête et de l’avis d’audience à la société ZLI qui n’a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chamot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique tenue le 5 février 2026 à 14 heures 30 en présence de Mme Kremer, greffière d’audience, Mme Chamot a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Bigonnet, représentant la commune d’Anduze, qui reprend oralement, en les précisant, ses écritures ; il insiste sur l’urgence au regard de l’atteinte portée à la sécurité publique par l’occupation sans droit ni titre du trottoir dédié à la circulation des piétons ;
- la société ZLI n’étant ni présente ni représentée.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin de libération des lieux sous astreinte :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ».

2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de ces dispositions, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

3. En premier lieu, il résulte de l’instruction, et notamment du procès-verbal de constat établi par un commissaire de justice le 28 juillet 2025, que la société SARL ZLI occupe la voie publique au droit du 8 et 10 Plan de Brie à Anduze au moyen d’une structure métallique et une cabane en bambous abritant une terrasse de restaurant, malgré l’absence de titre l’y habilitant et en dépit d’une mise en demeure du 25 juillet 2025 tendant à libérer les lieux. La demande d’expulsion présentée par la commune d’Anduze ne se heurte donc à aucune contestation sérieuse.

4. En second lieu, le seul constat de l’irrégularité de l’occupation d’une dépendance du domaine public ne suffit pas à faire regarder comme satisfaite la condition de l’urgence pour l’application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. Cependant et en l’espèce, la libération des lieux présente un caractère d’utilité et d’urgence, compte tenu de la nécessité pour la commune de disposer librement de son domaine public, notamment des dépendances de la voie publique ouvertes à la circulation piétonne, et d’en assurer la bonne gestion dans un secteur touristique.

6. Il résulte de ce qui précède que la mesure d’expulsion sollicitée présente un caractère d’urgence et d’utilité, en ne se heurtant à aucune contestation sérieuse au sens des dispositions précitées de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Il y a donc lieu de faire droit aux conclusions de la commune d’Anduze tendant à la libération de la dépendance du domaine public en litige.

7. Le juge administratif, lorsqu'il fait droit à une demande tendant à la libération d'une dépendance du domaine public irrégulièrement occupée, enjoint à l'occupant de libérer les lieux sans délai. Une telle injonction prend effet à compter de la notification à la personne concernée de la décision du juge. Si l'injonction de libérer les lieux est assortie d'une astreinte, laquelle n'est alors pas régie par les dispositions du livre IX du code de justice administrative, l'astreinte court à compter de la date d'effet de l'injonction, sauf à ce que le juge diffère le point de départ de l'astreinte dans les conditions qu'il détermine. En revanche, il n’entre pas dans l’office du juge administratif d'autoriser la collectivité à demander à l'Etat le concours de la force publique, la collectivité pouvant saisir elle-même à cette fin l’autorité préfectorale.

8. Il résulte de tout ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre à la société ZLI de libérer sans délai le domaine public correspondant à la partie du trottoir sur laquelle sont installées une terrasse en aluminium et une cabane en bambous sis 8 et 10 Plan de Brie à Anduze, et d’enlever tous objets mobiliers lui appartenant ou étant sous sa garde, que la commune d’Anduze pourra éventuellement évacuer d’office aux frais et risques de l’intéressée. Dans les circonstances de l’espèce, à défaut d’exécution par l’intéressé de l’injonction ainsi définie, il y a lieu de l’assortir d’une astreinte financière de 50 euros par jour de retard avec effet différé à compter du 27 février 2026 inclus.

Sur les conclusions tendant à ce que le juge administratif autorise le concours de la force publique :

9. Si le juge du référé-mesures utiles peut ordonner l'expulsion d'un occupant du domaine public d'une collectivité territoriale lorsque, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse, il n'entre pas dans l'office du juge administratif d'autoriser à demander, sur le fondement des dispositions du code des procédures civiles d'exécution, le concours de la force publique pour l'exécution de cette décision, la collectivité pouvant saisir elle-même à cette fin l’autorité préfectorale. De telles conclusions sont donc irrecevables.

Sur les conclusions de la société SBCMJ :

10. En l’absence de conclusions dirigées contre la société SBCMJ, liquidateur de la société The Place, titulaire de la convention d’occupation du domaine public résiliée le 31 mars 2025, ses conclusions tendant à être mise hors de cause sont sans objet.

Sur les frais liés au litige :

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la société ZLI la somme de 1 000 euros au titre des frais d’instance exposés par la commune d’Anduze en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :



Article 1er : Il est enjoint à la société ZLI de libérer sans délai le domaine public au droit des 8 et 10 Plan de Brie à Anduze, en évacuant tous objets mobiliers lui appartenant ou étant sous sa garde, objets mobiliers que la commune requérante pourra éventuellement faire évacuer d’office aux frais et risques de l’intéressée.

Article 2 : A défaut d’exécution par l’intéressée, l’injonction décidée à l’article 1er est assortie d’une astreinte financière de 50 euros par jour de retard avec effet différé à compter du 27 février 2026 inclus.

Article 3 : La société ZLI versera à la commune d’Anduze la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune d'Anduze et à la société ZLI.

Copie en sera adressée à la société SBCMJ

Fait à Nîmes, le 6 février 2026.


La juge des référés,





C.CHAMOT


La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

← Retour aux décisions

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026