vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-1702650 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Juge unique chambre 6 |
| Avocat requérant | BAZIN & CAZELLES AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 12 juin 2017 et le 29 janvier 2019, M. E représenté par Me Gourbal demande au tribunal :
-d'annuler l'arrêté en date du 20 mai 2017 par lequel le Président du conseil départemental de l'Ariège lui a infligé la sanction disciplinaire de blâme,
-de mettre à la charge du Conseil départemental de l'Ariège la somme de 3 000 euros au titre de l'article L761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'enquête disciplinaire pour conduite imprudente du véhicule de service (TRA49) est manifestement insuffisante. Elle se fonde sur des clichés B s'être souciée de savoir si les marques sur le pont prises en photos le 30 mai 2016 par M. B, chef de district de Lavelanet correspondent aux traces qu'aurait pu laisser l'engin, ce qu'a d'ailleurs admis M. A lors de la seconde réunion qui s'est tenue en septembre 2016. En outre, il a lui-même procédé à une comparaison et les traces laissées sur le pont ne correspondent pas à celles du pneu du TRA49 et les photos prises du véhicule ne démontrent pas d'impact tant sur la carrosserie que sur le coffre du groupe hydraulique. La matérialité des faits reprochés n'est donc pas établie. L'expertise du véhicule n'a pas été effectuée par un mécanicien indépendant et donc impartial alors que l'engin avait été accidenté quelques jours avant l'incident du 27 mai 2016, au cours duquel plusieurs pièces du train avant ont été cassées et abîmées et la réparation s'est faite sur place dans des conditions déplorables. Par ailleurs, il produit un témoignage attestant que contrairement à ce qui est soutenu, il ne roulait pas à une vitesse excessive, que le déraillement n'a pas eu lieu dès l'entrée mais à la fin du pont et que l'accident ne résulte pas de son comportement qui aurait été négligent mais d'un problème technique. Il empruntait régulièrement ce pont et connaissait le passage difficile de ce pont de fer.
- la sanction est disproportionnée au regard de la nature et des faits reprochés. Cette sanction a eu des répercussions sur son déroulement de carrière et ses relations de travail. S'il reconnaît avoir perdu le contrôle, c'est dans des conditions particulières et indépendamment de sa volonté.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 décembre 2018, le département de l'Ariège conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. E la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
La présidente du tribunal a désigné Mme D en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Mony, rapporteur public,
- les observations de Me de Soto représentant le département de l'Ariège.
Considérant ce qui suit :
1. M. E titulaire du grade d'adjoint technique territorial 2ème classe est employé par le département de l'Ariège et affecté au centre d'intervention de Mirepoix, service dépendant de la direction des routes départementales (DRD) sur un poste d'agent des routes. Par un arrêté du 20 mars 2017, le président du conseil départemental de l'Ariège a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire de blâme. M. E demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 89 de la loi susvisée du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale dans sa rédaction alors en vigueur dispose que : " Les sanctions disciplinaires ont réparties en quatre groupes : Premier groupe : l'avertissement ; le blâme ; l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours / ()Parmi les sanctions du premier groupe, seuls le blâme et l'exclusion temporaire de fonctions sont inscrits au dossier du fonctionnaire. Ils sont effacés automatiquement au bout de trois ans si aucune sanction n'est intervenue pendant cette période. ()".
3. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
4. Il ressort des termes de l'arrêté contesté du 20 mars 2017 qu'il est reproché à M. E, alors qu'il conduisait un engin de service (le TRA 49) le 27 mai 2016, d'avoir accidenté ce véhicule lors du franchissement du pont de fer sur la route départementale 206 sur le territoire de la commune de Teilhet. Il y est mentionné que : " Le pont est franchissable même s'il requiert une conduite prudente compte-tenu des caractéristiques du pont de fer et du véhicule, ce dont M. E avait connaissance " et " qu'aucun problème technique n'a été identifié sur le véhicule TRA49 (en particulier aucun flottement dans la direction) susceptible d'expliquer l'accident du 27 mai 2016 ", que " l'accident ne peut s'expliquer que par un manque d'attention de la part de M. E dans la conduite du véhicule de service TRA49. ".
5. M. E conteste la matérialité des faits reprochés en soutenant qu'ils ne sont pas établis. Il fait valoir " qu'il a perdu le contrôle du véhicule de service vers la fin de la traversée du pont de fer, qu'il a ressenti un flottement dans la direction avant du TRA49, lequel touchant le chasse-pneu du pont, est devenu incontrôlable, qu'il a commencé à rouler en zigzag et a fini sa course sur le parapet en pierre à la sortie du pont ".
6. Le requérant soutient notamment que la sanction disciplinaire est fondée sur une série de photographies des marques laissées sur le pont, prise le 30 mai 2016 par M. B, le chef de district alors qu'il n'est pas sérieusement contesté qu'il n'a pas été vérifié si ces traces correspondaient à celles de l'engin qu'il conduisait. A cet égard, le requérant fait valoir et il ressort des pièces du dossier que les pneus du véhicule TRA49 ont des crampons de forme irrégulière et discontinue, l'écartement entre les crampons étant de 4 cm alors que les marques noires laissées sur le pont sont régulières et continues et que l'écartement est de 5 cm. En outre, selon l'intéressé, les photos de l'engin prises après l'accident ne démontrent d'impact ni sur la carrosserie ni sur le coffre du groupe hydraulique. Par ailleurs, M. E soutient B être davantage sérieusement contesté que le véhicule TRA49 avait été accidenté quelques jours auparavant le 11 mai 2016, la roue avant droite s'étant détachée et pour ne pas gêner la circulation, le véhicule a été évacué manuellement dans le fossé et ensuite tiré par une tringle dans un champ pour effectuer les réparations sur place, plusieurs pièces du train ayant été endommagées (fusée, barre de direction stabilisatrice déformée par les tractions opérées pour sortir le tracteur du fossé et qui n'a pas été remplacée). En l'absence de contrôle effectué de manière indépendante sur les conséquences éventuelles de l'incident survenu le 11 mai 2016, il ne saurait être écarté comme pouvant être à l'origine des dysfonctionnements techniques ayant entraîné les complications de conduite à l'origine de l'accident qui s'est produit le 27 mai suivant. Dans ces conditions, même si M. E ne saurait se prévaloir, en l'absence de caractère probant, du courriel du 25 juillet 2016 d'un témoin présent au moment de l'accident, les faits reprochés à M. E ne peuvent être regardés comme suffisamment établis. Par suite, il est fondé à demander l'annulation de l'arrêté contesté du 20 mars 2017 par lequel le président du conseil départemental de l'Ariège a prononcé la sanction disciplinaire de blâme.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. E, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le département de l'Ariège demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de ce dernier une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. E et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 20 mars 2017 pris par le président du conseil départemental de l'Ariège est annulé.
Article 2 : Il est mis à la charge du département de l'Ariège la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros qui sera versée à M. E sur le fondement de l'article L761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par le Département de l'Ariège sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et au département de l'Ariège.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.
La magistrat désignée, La greffière,
F. D B. RODRIGUEZ
La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef ;
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026