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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-1902202

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-1902202

vendredi 15 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-1902202
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJuge unique chambre 6
Avocat requérantBELLINZONA FREDERIQUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête du 24 avril 2019, M. B A, représenté par Me Bellinzona, demande au tribunal :

1°) à titre principal de condamner la commune de Montauban à lui verser la somme de 5 000 euros au titre du préjudice moral à raison de l'illégalité fautive de la décision du 9 novembre 2018 par laquelle la maire de la commune de Montauban l'a affecté au service de nettoiement et la somme de 524,88 euros au titre du préjudice matériel du fait de son absence de placement en invalidité temporaire imputable au service ;

2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la commune de Montauban de réexaminer sa demande d'imputabilité au service de l'accident du 10 novembre 2018, et " d'en appliquer rétroactivement les conclusions " et de procéder à sa réintégration au poste de receveur- placier qu'il occupait ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Montauban la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision du 9 novembre 2018 du maire de Montauban, de changement d'affectation, qui conduit à une modification importante dans la nature de ses fonctions dès lors que de receveur-placier, il passe à balayeur, constitue une sanction disciplinaire déguisée dans la mesure où ce changement d'affectation a les mêmes effets que ceux d'une sanction, qu'elle se présente comme prise dans l'intérêt du service alors qu'elle comporte un motif réel d'ordre disciplinaire ;

- ce changement d'affectation est illégal faute d'avoir été précédé d'une déclaration préalable de vacance de poste ;

- cette décision est par ailleurs entachée d'un vice de procédure faute d'avoir été prise dans les conditions prévues à l'article 52 de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statuaires relatives à la fonction publique territoriale et d'avoir été précédée de la consultation de la commission administrative paritaire ; il a par ailleurs été privé des garanties statuaires de la procédure disciplinaire prévues à l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 ;

- contrairement aux termes de la décision du 9 novembre 2018, qui laisse supposer une indélicatesse, les faits qui lui sont reprochés ne peuvent concerner que des erreurs de sa part, alors qu'il a par ailleurs fait l'objet d'excellentes évaluations avec avis favorable pour une promotion au grade supérieur ; par l'effet du changement d'affectation, il subit une réduction notable de ses attributions au regard de la comparaison entre les fonctions de receveur placier et celles d'agent de propreté des espaces publics ; il n'a pas pu connaitre les faits reprochés ni consulter son dossier, ni présenter ses observations et être assisté d'un défenseur de son choix ;

- les faits qui lui sont reprochés sont survenus le jour de la " fête des 400 coups ", au cours de laquelle la surcharge de travail est particulièrement importante ; il a travaillé ce jour-là de 4 h 30 à 10 h 30, puis de 14 h 30 à 21 h, soit une amplitude de 12 h 30 de travail effectif ; les faits reprochés, qui ne constituent qu'une simple erreur, interviennent donc dans ce contexte de travail excessif ; par la violence de la mutation d'office intervenue du jour au lendemain, l'administration a créé des conditions d'insécurité qui n'étaient pas de nature à préserver sa santé et son intégrité physique, qui devaient pourtant lui être assurées ; la collectivité a donc manqué à son égard à son obligation de sécurité, à la fois, lors des faits au cours desquels, ont été commises les erreurs reprochées, et dans les modalités de notification de la décision de mutation d'office ;

- la sanction dont il a fait l'objet est entachée de détournement de pouvoir dès lors qu'elle procède de la volonté de l'évincer pour des raisons étrangères au service, et de le sanctionner ;

- la mutation d'office vers une autre collectivité, celle du Grand Montauban intervient, alors qu'il ne l'avait pas demandée, contrairement à ce que le maire indique, ce qui est donc contraire aux principes entourant les mutations ; la maire de Montauban, également présidente du Grand Montauban, a établi de façon rétroactive, le 11 février 2019, les arrêtés se rapportant à cette mutation ; ces arrêtés font état de façon mensongère d'une vacance d'emploi et d'une demande de mutation qu'il aurait présentée au Grand Montauban, et d'une demande du Grand Montauban de le recruter ;

- une présomption d'imputabilité au service a été établie par la jurisprudence puis par le législateur en 2017. Le refus de la commune de reconnaitre l'imputabilité au service de son accident du 10 novembre 2018, est abusif et constitue une faute de la commune ; il produit des témoignages précis d'un commerçant et d'un collègue de travail qui ont fait état de sa détresse le samedi 10 novembre 2018 ; il a fait constater les lésions par son médecin, qui a établi un certificat d'arrêt de travail pour un " état dépressif réactionnel " lié au stress au travail ; la maire a refusé de reconnaitre l'accident de service au motif de l'absence de transmission de la déclaration par le supérieur hiérarchique, ce qui ne doit pas être retenu dès lors qu'il a sollicité son supérieur en remplissant une déclaration, mais sans résultat ; c'est pourtant sur les ordres du chef placier qu'il a quitté son poste ; il s'est présenté à plusieurs reprises à la direction des ressources humaines, mais sans résultat ; l'abstention de son supérieur hiérarchique d'établir un rapport et de transmettre la déclaration est fautive et engage la responsabilité de l'administration ; le médecin agréé mandaté par la maire, l'a examiné le 7 mars 2019 et a considéré que son arrêt de travail était justifié ; en lui refusant l'imputabilité au service, la collectivité devait mandater un expert et saisir la commission de réforme, ce qu'elle n'a pas fait, et elle a donc commis une faute ; l'évènement constitutif d'un accident de service est précisément déterminé et daté, il survient sur le lieu et dans le temps du service, à l'occasion de l'exercice des fonctions, et en l'absence de faute ou de circonstance particulière ; la commune n'apporte d'ailleurs pas la preuve de l'existence d'une faute personnelle ou d'une circonstance particulière détachant l'accident du service ;

- il subit du fait du changement d'affectation un préjudice moral pour atteinte à sa dignité et à sa santé dans la mesure où sa nouvelle affectation est particulièrement dévalorisante et vexatoire dès lors qu'étant receveur-placier, il aurait été exposé aux mêmes usagers dans une fonction de nettoiement de la voirie ; il n'avait jamais fait l'objet de reproches de la part des usagers comme de sa hiérarchie, comme l'établit un rapport adressé le 30 juin 2017 au maire, par la responsable du service de la réglementation commerciale ; les commerçants usagers ont signé une pétition en sa faveur et attestent de la qualité de son travail ; la mutation d'office constitutive d'une sanction déguisée, affecte sa santé physique et mentale, de nombreux signes cliniques s'étant manifestés, évocateurs d'une dépression réactionnelle, avec un débordement inévitable sur sa vie privée, et un affaiblissement de ses capacités physiques et intellectuelles ; ses proches ont attesté de la détérioration de sa santé psychique pour laquelle il fait toujours l'objet de soins ; il subit des troubles dans ses conditions d'existence et un préjudice moral, qui sont imputables à l'administration, et qui doivent être évalués à la somme de 5 000 euros ;

- il subit des préjudices liés à l'accident de service dès lors que le fonctionnaire qui se trouve en accident de service, conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service, n'est pas soumis au jour de carence et a droit au remboursement des frais médicaux liés à l'accident de service ; en l'espèce, la commune ne lui a pas versé les sommes correspondant à des heures de travail dues pour octobre 2018, soit la somme de 430, 72 euros ; il a par ailleurs perdu la rémunération d'un jour de carence soit 59,42 euros, ainsi que la somme de 34,74 euros qui lui est due au titre du régime indemnitaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 aout 2020, la commune de Montauban, représentée par Me Arnaud Pelissier, conclut au rejet de la requête, et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est introduite sans qu'une décision administrative ne soit intervenue dès lors qu'elle intervient alors que le délai imparti à la collectivité pour se prononcer sur le recours gracieux du 21 mars 2019 dirigé contre la décision du 8 mars 2019 n'est pas expiré ;

- la commune n'est pas compétente pour se prononcer sur l'imputabilité au service de l'état dépressif du requérant ;

- le requérant n'a pas formé un recours en annulation contre la décision du 9 novembre 2018 acceptant sa demande de mutation de l'arrêté n°271 du 30 janvier 2019 de la présidente du Grand Montauban de nomination au sein du Grand Montauban, et de l'arrêté n°1119 du 11 février 2019 de la maire de Montauban de radiation des effectifs de la commune de Montauban, et dès lors les conclusions en injonction présentées à raison de ces arrêtés sont irrecevables ;

- si le requérant soutient que son affectation serait constitutive d'une sanction disciplinaire déguisée, cette décision a été prise sur demande de M. A le 9 novembre 2018 ;

- il a remboursé une partie des sommes " disparues " de sa caisse de receveur-placier compte tenu des poursuites disciplinaires auxquelles il s'exposait ; ce n'est par ailleurs que le 25 janvier 2018 qu'il prétendra être victime d'une sanction et refuser cette " mutation d'office " ;

- le changement d'affectation de M. A n'a entrainé aucune modification de sa situation dès lors qu'il n'a subi aucune perte de rémunération du fait de sa mutation et ses missions sont conformes aux missions mentionnées dans le statut régissant son cadre d'emploi, telles qu'elles sont précisées à l'article 3 du décret du 22 décembre 2006 portant statut particulier du cadre d'emplois des adjoints techniques territoriaux ;

- le moyen tiré du vice de procédure est inopérant dès lors que l'avis de la commission administrative paritaire n'est obligatoire, qu'en cas de modification de la situation des intéressés, et en l'espèce, son changement d'affectation n'a entrainé aucune modification de sa situation, qu'il n'a pas subi de perte de rémunération et que ses missions sont conformes à son cadre d'emploi d'adjoints techniques territoriaux ; cette décision est par ailleurs intervenue dans l'intérêt du service, compte tenu des dysfonctionnements constatés et reconnus par le requérant, dans ses fonctions de receveur-placier ;

- l'arrêté du 30 janvier 2019 portant recrutement de M. A par Grand Montauban, en tant qu'agent de balayage devait nécessairement être rétroactif pour régulariser sa situation au sein de Grand Montauban ;

- M. A ne peut faire valoir qu'il a été privé des garanties de la procédure disciplinaire dès lors que son affectation a été prise à sa demande ;

- lors de la fête des 400 coups qui a eu lieu en 2018, de graves anomalies ont été constatées dans le fonctionnement de la caisse de M. A ; les heures de travail alléguées ne sont pas établies ; la commune n'a donc pas manqué à son obligation de sécurité ;

- concernant l'imputabilité au service de l'état dépressif de M. A, tout d'abord, l'intéressé n'a pas procédé à la déclaration d'accident de service alors que l'initiative lui revient en vertu des articles 47-1 et 47-2 du décret du 14 mars 1986 ; le courrier du 8 février 2019 qui constitue un simple arrêt de travail, ne peut valoir demande de reconnaissance d'un accident de service , comme il lui est rappelé dans le courrier du 8 mars 2019 ; Grand Montauban a lui-même mis en œuvre la procédure ;

- l'imputabilité au service n'est en tout état de cause pas démontrée par les documents produits par l'intéressé, l'arrêt de travail ne constituant pas un certificat médical ; par ailleurs, les attestations produites par l'intéressé ne permettent pas d'établir l'état dépressif de M. A ; en admettant même que la mutation de M. A soit à l'origine de son état dépressif, cet état ne pourrait être reconnu imputable au service dès lors que la mutation a été demandée par l'intéressé lui-même ;

-en ce qui concerne la réparation des préjudices, en l'absence d'illégalité fautive, les conclusions ne peuvent être que rejetées, alors qu'en tout état de cause, pour ce qui est du préjudice moral, il n'est pas établi, alors que pour le préjudice matériel, le requérant n'est en tout état de cause pas fondé à en demander réparation, dès lors que pour le jour de carence il ne peut être dérogé à la loi, et que concernant le régime indemnitaire, les agents publics n'ont pas droit au versement des indemnités qui sont liées à l'exercice effectif des fonctions.

Les parties ont été informées par un courrier du 28 juin 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions présentées par M. A en injonction tendant à sa réintégration au poste de receveur-placier , faute pour M. A d'avoir demandé l'annulation de la décision du 9 novembre 2018 portant nouvelle affectation dans la commune de Montauban et de l'irrecevabilité pour défaut de liaison du contentieux, des conclusions tendant à la condamnation de la commune de Montauban à lui verser au titre du manque à gagner du fait de l'absence de reconnaissance d'un accident de service, les sommes correspondant aux heures de travail (38 h 30) dues pour octobre 2018, soit la somme de 430, 72 euros , la rémunération d'un jour de carence soit 59,42 euros, et la somme de 34,74 euros au titre du régime indemnitaire, soit la somme totale de 524,88 euros. Par le même courrier, les parties ont été également informées de l'irrecevabilité des conclusions présentées sous forme d'injonction, tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Montauban de réexaminer sa demande d'imputabilité au service de l'accident du 10 novembre 2018, et " d'en appliquer rétroactivement les conclusions ", faute pour M. A d'avoir demandé l'annulation de la décision de rejet de sa demande présentée le 8 février 2019 à la maire de Montauban tendant à la reconnaissance d'un accident de service du 10 novembre 2018.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983, portant statut général des fonctionnaires ;

- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984, portant dispositions statuaires relatives à la fonction publique territoire ;

- le décret du 22 décembre 2006 portant statut particulier du cadre d'emplois des adjoints techniques territoriaux ;

- le décret n°86-442 du 14 mars 1986, relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bentolila, vice-président, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les conclusions de M. Mony, rapporteur public,

Considérant ce qui suit :

1. M. B A fonctionnaire territorial adjoint technique de 2ème classe de la commune de Montauban exerçait depuis le 18 décembre 2014, les fonctions de receveur-placier auprès des commerçants ambulants, et de percepteur de la taxe locale de publicité et enseigne pour le compte de la commune de Montauban.

A la suite de faits s'étant déroulés de juin à septembre 2018, M. A par un courrier du 9 novembre 2018, a demandé à la maire de Montauban, sa mutation à la communauté d'agglomération du Grand Montauban Commune d'Agglomération.

Par une note du 9 novembre 2018, du maire de Montauban il a été affecté, au service de nettoiement.

Il devait se présenter à son nouveau poste le 13 novembre 2018.

Le 10 novembre 2018, alors qu'il assurait sa dernière journée de travail en tant que receveur-placier, M. A indique avoir fait un grave malaise.

Le 12 novembre 2018, son médecin traitant lui a délivré un certificat d'arrêt de travail pour " un état dépressif réactionnel " (stress au travail).

Par un arrêté du 30 janvier 2019, la présidente du Grand Montauban Commune d'Agglomération (GMCA) a recruté M. A par mutation, en tant que balayeur.

Par un autre arrêté du 11 février 2019, la maire de Montauban, a radié M. A des effectifs de la commune.

Par un courrier du 8 février 2019, M. A a demandé à la commune de Montauban la reconnaissance de l'imputabilité au service de son état dépressif et le versement de 5 000 euros pour préjudice subi.

Le 8 mars 2019, la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de son état dépressif a été rejetée par Grand Montauban Commune d'Agglomération (GMCA) et le 20 mars 2019, sa demande indemnitaire a été rejetée par la maire de Montauban.

2. Par la présente requête, M. A demande à titre principal la condamnation de la commune de Montauban à lui verser la somme de 5 000 euros au titre du préjudice moral à raison de l'illégalité fautive de la décision du 9 novembre 2018 par laquelle la maire de la commune de Montauban l'a affecté au service de nettoiement , la condamnation de la commune de Montauban à lui verser au titre du manque à gagner du fait de l'absence de reconnaissance d'un accident de service, les sommes correspondant aux heures de travail (38 h 30) dues pour octobre 2018, soit la somme de 430, 72 euros, la rémunération d'un jour de carence soit 59,42 euros, et la somme de 34,74 euros au titre du régime indemnitaire, soit la somme totale de 524,88 euros.

M. A demande à titre subsidiaire, d'enjoindre à la commune de Montauban de réexaminer sa demande d'imputabilité au service de l'accident du 10 novembre 2018, et d'en appliquer rétroactivement les conclusions ainsi que de procéder à sa réintégration au poste de receveur-placier qu'il occupait.

Sur les conclusions présentées à titre principal :

Sur les conclusions indemnitaires fondées sur l'illégalité fautive de la décision du 9 décision 2018 de changement d'affectation :

3. Les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination, est irrecevable.

Il ressort des pièces du dossier que M. B A adjoint technique de 2ème classe de la commune de Montauban depuis le 1er novembre 2005 était affecté au poste de contrôleur d'occupation du domaine public à compter du 18 novembre 2014 et exerçait des fonctions de receveur-placier auprès des commerçants ambulants.

A la suite de la découverte du fait que des fonds manquaient dans la caisse dont il avait la charge, il a reçu une nouvelle affectation dans la commune de Montauban au service nettoiement, par courrier du 9 novembre 2018 pour une affectation devant prendre effet à compter du 13 novembre 2018.

Si le changement d'affectation dont M. A a fait l'objet est fondé sur des faits qui auraient pu relever d'une sanction disciplinaire, cette mesure ne présente pas pour autant le caractère d'une sanction disciplinaire déguisée faute pour le requérant de faire valoir que sa nouvelle affectation aurait entraîné une diminution de ses responsabilités ou une perte de rémunération alors que ses missions sont conformes aux missions mentionnées par l'article 3 du décret du 22 décembre 2006 portant statut particulier du cadre d'emplois des adjoints techniques territoriaux selon lequel les adjoints techniques territoriaux peuvent exercer les missions de " 2°) d'éboueur ou d'agent du service de nettoiement chargé de la gestion et du traitement des ordures ménagères ".

Dans ces conditions et dès lors que le changement d'affection, qui ne traduit pas l'existence d'une discrimination, est intervenu au sein de la même commune et sans que soit porté atteinte aux droits statutaires ou aux droits et libertés fondamentaux du requérant et alors même que cette mesure de changement d'affectation a été prise pour des motifs tenant au comportement de celui-ci, elle présente le caractère d'une mesure d'ordre intérieur, qui ne fait pas grief .

Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires présentées par M. A, par la voie de l'exception d'illégalité de la décision de changement d'affectation, ne peuvent être que rejetées.

Sur les conclusions tendant à la condamnation de la commune de Montauban à lui verser la somme de 524,88 euros au titre du préjudice matériel du fait de son absence de placement en invalidité temporaire imputable au service :

4. Ainsi que les parties ont été informées par le courrier susvisé du 28 juin 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, ces conclusions sont irrecevables faute en tout état de cause pour M. A d'avoir lié le contentieux sur ces conclusions indemnitaires, qui relèvent d'un fait générateur différent de celui relatif à l'illégalité du changement d'affectation du 9 novembre 2018 sur laquelle se fonde la demande en indemnisation du 8 février 2019 présentée par M. A. Ces conclusions doivent donc être rejetées.

Sur les conclusions présentées à titre subsidiaire :

Sur les conclusions tendant à être réintégré sur le poste de receveur-placier :

5. Ainsi que les parties en ont été informées par le courrier susvisé du 28 juin 2022, faute pour M. A d'avoir demandé l'annulation de la décision du 9 novembre 2018, par laquelle la maire de Montauban a procédé à son affectation au service de nettoiement, les conclusions de M. A tendant à être réintégré sur son ancien poste de receveur-placier, sont irrecevables et ne peuvent être que rejetées.

Sur les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au maire de Montauban de réexaminer sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident du 10 novembre 2018:

6. Ainsi que les parties en ont été informées par le courrier susvisé du 28 juin 2022, faute pour M. A d'avoir demandé l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande présentée le 8 février 2019 à la maire de Montauban tendant à la reconnaissance d'un accident de service du 10 novembre 2018, ses conclusions en injonction tendant à ce qu'il soit enjoint au maire de Montauban de réexaminer sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident du 10 novembre 2018 sont irrecevables et doivent être rejetées.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

8. M.A, partie perdante au présent litige ne peut bénéficier à son profit des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au profit de la commune de Montauban.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Montauban tendant à l'application à son profit au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au maire de la commune de Montauban.

Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022 à laquelle siégeait :

M. Bentolila, président,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.

Le magistrat désigné

P. C

La greffière

B. RODRIGUEZLa République mande et ordonne au préfet du Tarn-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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