LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-1903889

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-1903889

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-1903889
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSELARL CABINET CABANES - CABANES NEVEU ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, respectivement enregistrés les 12 juillet 2019 et 1er décembre 2020, la société Menuiserie Coucoureux, représentée par Me de La Marque, demande au tribunal :

1°) de fixer le décompte général du lot n° 4 de son marché à la somme de 469 073,66 euros TTC, hors révision ;

2°) de condamner la région Occitanie et la société Cogemip à lui verser la somme de 357 498,78 euros TTC au titre du règlement de son marché, augmentée de la révision des prix, des intérêts moratoires et de la capitalisation des intérêts à compter du 6 décembre 2018 ;

3°) de mettre à la charge de la région Occitanie et de la société Cogemip la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le maître de l'ouvrage doit lui régler la somme totale de 10 741 euros TTC au titre des travaux supplémentaires effectués sur les bâtiments 15 et 10 ;

- les retenues pratiquées au titre de l'ordre de service n° 20 d'un montant de 20 385 euros doivent être retirées du décompte de liquidation de son marché dès lors qu'elle n'a pas reçu notification de cet ordre de service et n'a pas été mise en demeure de reprendre les ouvrages, en méconnaissance des stipulations de l'article 48 du cahier des clauses administratives générales (CCAG) applicable aux marchés de travaux de 2009 ; le maître d'ouvrage ne démontre pas avoir respecté la procédure décrite à l'article 48 du CCAG-Travaux de 2009 ;

- la retenue de 181 910,40 euros TTC correspondant au coût du marché de substitution confié à la société CGEM doit être réintégrée au décompte de liquidation de son marché dès lors que la société Coucoureux n'a pas reçu notification du marché de substitution, conformément aux exigences de l'article 48.5 du CCAG-Travaux ; le seul devis qui lui a été transmis ne peut être considéré comme l'équivalent du marché de substitution ; le montant de ce devis ne correspondant pas au montant du marché de substitution ;

- les pénalités de retard sur travaux d'un montant de 56 891,20 euros HT ne sont pas justifiées dès lors que la société Coucoureux n'a pas été mise en demeure de terminer son chantier en temps et en heure ; elle a subi un décalage de chantier qui n'a jamais été pris en compte sur le planning général par le maître d'ouvrage ou la société en charge de la mission OPC ; les travaux supplémentaires non prévus au marché initial ont été demandés tardivement par le maître d'ouvrage et représentent une modification d'environ 40 % du contenu du marché du bâtiment 15 et n'ont jamais été répercutés sur le planning ; les pénalités intermédiaires ont été appliquées de façon arbitraire sans aucune constatation objective et précise du retard ; l'ordre de service n° 14 de mise en demeure du 20 octobre 2017 ne permet pas de calculer le retard des tâches sanctionnées entre le 21 juillet 2016 et le 20 octobre 2016 ; il ressort de la fiche de pénalités que le maître d'ouvrage a cumulé les tâches pour le calcul des pénalités, en violation de l'article 20.1 du CCAG-Travaux ; les pénalités de retard ne peuvent être multipliées par le nombre d'ouvrages réalisés dans le cadre d'un marché unique ;

- les pénalités de retard afférentes aux réunions de chantier d'un montant total de 1 250 euros ne sont pas justifiées ; il n'est pas possible de connaître la date des réunions où la société Coucoureux aurait été absente ;

- la retenue relative à la non-remise des dossiers des ouvrages exécutés n'est pas justifiée dès lors que la société Coucoureux a remis ces documents en novembre 2016 ; la société en charge de la mission OPC n'a constaté aucun retard à ce niveau ; cette retenue procède d'une initiative du maître d'ouvrage ; la société Coucoureux ne pouvait remettre ces documents s'agissant du bâtiment 15 en raison de la résiliation de son marché.

Par des mémoires en défense, respectivement enregistrés les 22 juin 2020 et 12 janvier 2021, la région Occitanie et la société Cogemip, représentées par Me Cabanes, concluent au rejet de la requête et à ce que le paiement de la somme de 4 000 euros soit mis à la charge de la société Coucoureux au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la société Cogemip doit être mise hors de cause en sa qualité de maître d'ouvrage délégué ;

- l'ordre de service n° 20 correspondant aux pénalités intitulées " CGEM " et POLYPROM " a été notifié à la société Coucoureux le 13 mars 2017 ; par un ordre de service n° 13 du 13 octobre 2016, le maître d'ouvrage a mis en demeure la société Coucoureux d'avoir à respecter les engagements pris le 4 octobre 2016, concernant le planning de fin d'opération du bâtiment 15 ; une liste des malfaçons était alors dressée et portait en particulier sur la pose des châssis ; par un ordre de service n° 14 du 19 octobre 2016, la maîtrise d'ouvrage rappelait à cette entreprise sa défaillance et en particulier en ce qui concerne la pose de l'ensemble des châssis extérieurs de tous les bâtiments ; il a été évoqué l'intervention d'une entreprise tierce en l'absence de respect du délai de livraison au 27 octobre 2016 ; les société CGEM et POLYPROM sont finalement intervenues pour changer les châssis et les peindre afin d'assurer le passage de la commission de sécurité ; aucune règle n'imposait au maître d'ouvrage d'annexer au décompte les factures des deux sociétés précitées ; le constat d'huissier du 20 février 2017 fait état de la remise à la société Coucoureux des factures des sociétés CGEM et POLYPROM ; la réalisation de ces prestations étaient nécessaires au passage de la commission de sécurité ; le montant de ces prestations ne sont pas dues à la société Coucoureux puisqu'elle ne les a pas réalisées ; l'article 48 du CCAG-Travaux ne prévoit pas formellement l'obligation de viser les stipulations appliquées dans la mise en demeure ; le délai minimal de mise en demeure de huit jours prévu par l'article 9.8.5.3 a été respecté entre les 19 et 27 octobre 2016 ;

- la maîtrise d'ouvrage a respecté le droit de suite ouvert au titulaire du marché résilié en joignant à l'ordre de service n° 20 le devis correspondant aux prestations demeurant à réaliser ; aucune stipulation n'impose qu'une démonstration du montant imputé soit réalisée dans le décompte de liquidation ; l'entreprise a disposé d'une information suffisante quant au principe de l'intervention d'un tiers, à l'identité de ce tiers, aux prestations qui lui seraient confiées et au chiffrage de ces prestations ; en toute hypothèse, l'éventuelle méconnaissance du droit de suite de l'entreprise n'a que pour effet de priver le maître d'ouvrage de la possibilité de lui imputer le surcoût résultant de l'intervention d'un tiers ;

- la société Coucoureux ne justifie pas avoir réalisé les travaux supplémentaires dont elle se prévaut pour justifier de son retard ; le planning recalé a été notifié par ordre de service n° 10 du 11 août 2016, sans faire l'objet de la moindre réserve de l'entreprise ; ce planning recalé prévoyait un délai de cent-trente jours pour la réalisation des menuiseries extérieures bois, contre quatre-vingt jours dans le planning initial ; le délai a donc été prolongé contrairement à ce qui est soutenu par la société requérante ; les pénalités de retard présentent un caractère automatique excluant toute décision expresse et toute justification quant à leurs modalités de mise en œuvre ; elles s'appliquent sur simple constat du retard ; l'application de pénalités de retard avait déjà été évoquée par les ordres de service nos 9, 12, 13, 17, 18 et 19 ; une fiche des pénalités de retard a été remise à la société Coucoureux ; des pénalités de retard ont d'abord été appliquées pour sanctionner quatre-vingt-onze jours calendaires de retard décomptés entre les 21 juillet et 20 octobre 2016, date de notification de l'ordre de service n° 14 ; cet ordre de service rappelait certaines tâches non réalisées ; par ailleurs, cent-cinquante-sept jours calendaires de pénalités de retard ont été appliquées pour sanctionner le retard constaté entre les 12 novembre 2016, date contractuelle d'achèvement des travaux et le 18 avril 2017, date de résiliation du marché, conformément à l'article 4-3-1 du cahier des clauses administratives particulières du marché ; le maître de l'ouvrage n'a pas opéré de cumul dans l'application des pénalités de retard ;

- la société Coucoureux a été absente à dix-huit réunions OPC ainsi qu'en attestent les différents comptes rendus de réunions ; il n'a finalement été fait application que des pénalités relatives aux absences aux réunions concernant le bâtiment 15 ;

- la société Coucoureux n'a pas remis les dossiers des ouvrages exécutés concernant le bâtiment 15 contrairement à ce qu'elle affirme ; l'absence de dossiers des ouvrages exécutés est clairement indiqué dans le procès-verbal de refus de réception ;

- la société requérante ne justifie pas de la réalisation effective des travaux supplémentaires dont elle réclame le paiement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;

- l'arrêté du 3 mars 2014 modifiant l'arrêté du 8 septembre 2019 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Coutier, rapporteur public,

- et les observations de Me de La Marque, représentant la société Coucoureux et de Me Couette, représentant la région Occitanie et la société Arec Occitanie, cette dernière venant aux droits de la société Cogemip.

Une note en délibéré, enregistrée le 29 juin 2022, a été produite pour la région Occitanie et la société Cogemip mais n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Dans le cadre du projet de restructuration du lycée Saint-Sernin de Toulouse, et en particulier des bâtiments 10, 11, 12, 15 et des extérieurs, la région Occitanie, maître d'ouvrage, et la société Cogemip, maître d'ouvrage délégué, ont confié par acte d'engagement du 11 février 2015 à la société Menuiserie Coucoureux le lot n° 4 " Menuiseries Bois Intérieures/Extérieures - Signalétique ", pour un montant global et forfaitaire de 388 671,12 euros HT, porté par avenants à 458 793,46 euros HT. La maîtrise d'œuvre de ce projet a été assurée par un groupement de sociétés composé entre autres de M. C, mandataire, et de M. B, tandis que la mission " Ordonnancement, pilotage et coordination " (OPC) a été confiée à la société Empreintes. En raison de difficultés tenant à des retards dans l'exécution des prestations, dans la levée des réserves et à un manque d'effectif, le maître d'ouvrage, par ordres de service du 20 avril 2017, a refusé de prononcer la réception totale des travaux du bâtiment n° 15 et a résilié le marché de la société Menuiserie Coucoureux aux frais et risques de cette dernière. A la suite d'un constat contradictoire réalisé le 24 avril 2017 en présence d'un huissier de justice, la région Occitanie a notifié à la société Menuiserie Coucoureux le décompte de liquidation de son marché avec un solde positif de 119 114,32 euros TTC. Par un mémoire en réclamation du 28 novembre 2018, reçu le 6 décembre suivant, la société Menuiserie Coucoureux a contesté ce décompte. Par la présente requête, l'intéressée demande au tribunal de fixer le décompte de liquidation de son marché à la somme de 469 073,66 euros TTC, hors révision et de condamner la région Occitanie et la société Cogemip à lui verser la somme de 357 498,78 euros TTC au titre du règlement de son marché.

Sur la mise hors de cause de la société Cogemip :

2. Il résulte de l'instruction que la société Cogemip est intervenue en qualité de maître d'ouvrage délégué, agissant en qualité de mandataire de la région Occitanie, au nom et pour le compte de cette dernière. Par l'effet de la représentation attachée au contrat de mandat, l'administration mandante est responsable envers les personnes qui ont contracté avec le mandataire et elle est seule susceptible de voir sa responsabilité engagée du fait des fautes commises à l'égard du cocontractant dans la passation ou l'exécution du marché. Il s'ensuit que la société Menuiserie Coucoureux a mal dirigé ses conclusions en demandant également dans le cadre de la présente instance la condamnation de la société Cogemip. Dès lors, la société Cogemip doit être mise hors de cause.

Sur le décompte de liquidation :

En ce qui concerne les travaux supplémentaires :

3. Dans un marché à prix forfaitaire, le cocontractant de l'administration a droit au paiement, par le maître d'ouvrage, des prestations non prévues par le forfait qui lui ont été réclamées par ordre de service ainsi qu'à l'indemnisation de travaux supplémentaires réalisés sans ordre de service, à la condition toutefois, qu'ils soient indispensables à la réalisation de l'ouvrage dans les règles de l'art.

4. La société requérante soutient qu'elle a dû faire face à des travaux supplémentaires non régularisés par ordre de service à hauteur de 9 750,50 euros TTC s'agissant du bâtiment 15 et de 990,50 euros TTC s'agissant du bâtiment 10. Toutefois, l'intéressée, qui ne précise pas la nature des travaux dont elle réclame le paiement, et n'apporte aucun élément de nature à justifier de leur réalisation effective, n'établit pas ni même n'allègue qu'il s'agissait de prestations indispensables à la réalisation de l'ouvrage dans les règles de l'art. Partant, elle n'est pas fondée à demander que la somme de 10 741 euros TTC soit portée à ce titre à son crédit dans le décompte de liquidation de son marché.

En ce qui concerne la retenue résultant de l'ordre de service n° 20 :

5. Aux termes de l'article 48 du cahier des clauses administratives générales applicable aux marchés de travaux (CCAG-Travaux), dans sa version modifiée et approuvée par l'arrêté susvisé du 3 mars 2014 : " 48.1. A l'exception des cas prévus aux articles 15.2.2, 15.4 et 47.2, lorsque le titulaire ne se conforme pas aux dispositions du marché ou aux ordres de service, le représentant du pouvoir adjudicateur le met en demeure d'y satisfaire, dans un délai déterminé, par une décision qui lui est notifiée par écrit. / Ce délai, sauf pour les marchés intéressant la défense ou en cas d'urgence, n'est pas inférieur à quinze jours à compter de la date de notification de la mise en demeure. / 48.2. Si le titulaire n'a pas déféré à la mise en demeure, la poursuite des travaux peut être ordonnée, à ses frais et risques, ou la résiliation du marché peut être décidée. " Par ailleurs, l'article 9.8.5.3 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) du marché en cause stipule que : " 1) En dérogation à l'article 48.2 du CCAG TRAVAUX, si l'entrepreneur titulaire n'a pas déféré à la mise en demeure, outre la mise en œuvre des garanties prévues au marché, la poursuite des travaux qui peut être ordonnée en lieu et place du titulaire, la résiliation du marché qui peut être décidée soit simple soit aux frais et risques, le maître de l'ouvrage peut faire procéder par un tiers à l'exécution des prestations prévues par le marché aux frais et risques du titulaire, notamment en cas d'inexécution par ce dernier d'une des prestations du marché qui, par sa nature, ne peut souffrir un retard. Cette exécution aux frais et risques du titulaire, n'emporte ni résiliation du marché, ni poursuite des travaux en lieu et place du titulaire. Cette exécution aux frais et risques du titulaire, est effectuée après mise en demeure, assortie d'un délai d'exécution, préalablement notifiée au titulaire et restée infructueuse. Dans la mise en demeure, le maître de l'ouvrage informe le titulaire de la sanction envisagée et l'invite à présenter ses observations. Le titulaire dispose sous peine de forclusion, d'un délai de huit jours pour présenter ses observations. "

6. Il ressort du décompte de liquidation que le maître d'ouvrage a pratiqué une retenue d'un montant de 20 385 euros HT, soit 25 002 euros TTC, au titre de l'ordre de service n° 20 et correspondant à l'achèvement par les sociétés CGEM et PPOLYPROM des travaux portant sur les châssis extérieurs incombant initialement à la société Menuiserie Coucoureux. Il résulte de l'instruction que cette dernière, contrairement à ce qu'elle soutient, a reçu notification de l'ordre de service n° 20 en date du 13 mars 2017, comme en atteste l'accusé de réception produit en défense. Préalablement à cet ordre de service n° 20 datant du 10 mars 2017 par lequel la société Menuiserie Coucoureux était informée de la poursuite des travaux à ses frais et risques par les société CGEM et POLYPROM, le maître de l'ouvrage a constaté à trois reprises la défaillance de l'intéressée dans la fourniture et la pose de l'ensemble des châssis extérieurs et a mis en demeure l'intéressée d'y remédier le 14 septembre 2016, puis en particulier par deux ordres de service nos 13 et 14 des 13 et 19 octobre 2016, ce dernier ordre de service précisant qu'à défaut le maître de l'ouvrage se réserverait la possibilité de faire intervenir une entreprise tierce afin d'exécuter ces prestations à ses frais et risques. Malgré ces différentes mises en demeure, et l'engagement qui avait été pris sur ce point à la suite d'une réunion de sensibilisation du 4 octobre 2016, la société Menuiserie Coucoureux n'a pas procédé à la fourniture et à la pose des châssis extérieurs, de sorte que le maître de l'ouvrage était fondé à les faire réaliser par des entreprises tierces aux frais et risques du titulaire. Par ailleurs, s'il est exact que les factures des sociétés CGEM et POLYPROM, d'un montant respectif de 11 315 euros HT et 9 059,50 euros HT, correspondant à la fourniture, à la pose et à la mise en peinture des châssis extérieurs, n'ont pas été jointes au décompte de liquidation, il ressort toutefois des énonciations du constat d'huissier du 20 février 2017 qu'elles avaient été préalablement transmises à la société requérante les 28 novembre et 31 décembre 2016, de sorte que l'intéressée en avait connaissance lorsque l'ordre de service n° 20, puis son décompte de liquidation lui ont été notifiés. En outre, aucune stipulation contractuelle applicable n'imposait au maître de l'ouvrage de viser expressément les articles 48 du CCAG-Travaux et 9.8.5.3 du CCAP dans les mises en demeure adressées au titulaire défaillant. Par dérogation à l'article 48 du CCAG-Travaux, l'article 9.8.5.3 du CCAP ne prévoyait pas que la mise en demeure devait être obligatoirement assortie d'un délai minimal d'exécution, mais exigeait simplement de laisser au titulaire un délai de huit jours pour présenter ses observations. Il n'est pas contesté par la société Menuiserie Coucoureux que ce délai aurait été respecté par le maître d'ouvrage, notamment entre le 19 octobre 2016, date de l'ordre de service n° 14, et le 27 octobre 2016, date à laquelle la livraison des travaux avait été fixée.

7. Par suite, la société Menuiserie Coucoureux n'est pas fondée à contester la retenue pratiquée par le maître de l'ouvrage au titre des travaux portant sur les châssis extérieurs exécutés à ses frais et risques par les entreprises CGEM et POLYPROM.

En ce qui concerne la retenue relative au marché de substitution :

8. Aux termes de l'article 48 du CCAG-Travaux applicable : " 48.4. En cas de résiliation aux frais et risques du titulaire, les mesures prises en application de l'article 48.3 sont à la charge de celui-ci. Pour l'achèvement des travaux conformément à la réglementation en vigueur, il est passé un marché avec un autre entrepreneur. Ce marché de substitution est transmis pour information au titulaire défaillant. Par exception aux dispositions de l'article 13.4.2, le décompte général du marché résilié ne sera notifié au titulaire qu'après règlement définitif du nouveau marché passé pour l'achèvement des travaux. / 48.5. Le titulaire, dont les travaux font l'objet des stipulations des articles 48.2 et 48.3, est autorisé à en suivre l'exécution sans pouvoir entraver les ordres du maître d'œuvre et de ses représentants. Il en est de même en cas de nouveau marché passé à ses frais et risques. "

9. Il résulte des stipulations précitées et des règles générales applicables aux contrats administratifs que le cocontractant défaillant doit être mis à même de suivre l'exécution du marché de substitution ainsi conclu afin de lui permettre de veiller à la sauvegarde de ses intérêts, les montants découlant des surcoûts supportés par le maître d'ouvrage en raison de l'achèvement des travaux par un nouvel entrepreneur étant à sa charge.

10. Si la société Menuiserie Coucoureux a été informée par l'ordre de service n° 20 du 10 mars 2017 de l'identité de la société attributaire du marché conclu pour l'achèvement des travaux, auquel été joint un devis estimatif desdits travaux d'un montant de 165 857,40 euros HT, il est néanmoins constant que l'intéressée n'a pas reçu notification de ce marché de substitution qui a été confié le 6 juillet 2017 à la société CGEM pour un montant de 181 910,40 euros HT. L'information dont a disposé la société Menuiserie Coucoureux à travers l'ordre de service n° 20 et le devis estimatif qui y était joint ne sauraient être considérés comme étant équivalents à la notification du marché de substitution. Ainsi, de ce fait, l'intéressée n'a pas été mise à même d'user du droit qu'elle avait de suivre, en vue de sauvegarder ses intérêts, les opérations exécutées à ses frais et risques par le nouvel entrepreneur. Par suite, elle ne saurait être tenue de supporter les conséquences onéreuses découlant de la résiliation de son marché, lesquelles englobent le coût des prestations restant à réaliser, contrairement à ce que laisse sous-entendre en défense le maître de l'ouvrage. Dès lors, la retenue correspondant au montant du marché de substitution confié à la société CGEM doit être retirée du décompte de liquidation de la société Menuiserie Coucoureux.

En ce qui concerne les pénalités de retard :

11. Aux termes de l'article 20 du CCAG-Travaux : " 20.1. En cas de retard imputable au titulaire dans l'exécution des travaux, qu'il s'agisse de l'ensemble du marché ou d'une tranche pour laquelle un délai d'exécution partiel ou une date limite a été fixé, il est appliqué une pénalité journalière de 1/3 000 du montant hors taxes de l'ensemble du marché, de la tranche considérée ou du bon de commande. Ce montant est celui qui résulte des prévisions du marché, c'est-à-dire du marché initial éventuellement modifié ou complété par les avenants intervenus ; il est évalué à partir des prix initiaux du marché hors TVA définis à l'article 13.1.1. "

12. Aux termes de l'article 4-3-1 du cahier des clauses administratives particulières du marché en litige : " En dérogation à l'article 20.1 du CCAG TRAVAUX, en cas de retard dans l'exécution des travaux de l'ensemble du marché ou d'une tranche, l'entrepreneur titulaire subira par jour calendaire de retard, une pénalité journalière de 1 / 2 000 du montant T.V.A de l'ensemble du marché ou de la tranche considérée. () / Les pénalités sont encourues, sans mise en demeure préalable, du simple fait de la constatation du retard par le maître d'œuvre. / En dérogation à l'article 20.1.2 du CCAG TRAVAUX, dans le cas de résiliation, quel qu'en soit le motif, les pénalités sont appliquées jusqu'au jour inclus de la date d'effet de la résiliation. / Les pénalité s'appliquent dans les mêmes conditions que celles évoquées ci-dessus, à tous les délais partiels ou particuliers fixés dans le marché, notamment ceux fixés dans le calendrier détaillé d'exécution des travaux. / En dérogation à l'article 20.1.5 du CCAG TRAVAUX, en cas de retard sur un délai partiel ou particulier prévu au marché, le maître de l'ouvrage se réserve la possibilité de rembourser totalement ou partiellement ou de ne pas rembourser au titulaire, les pénalités provisoires appliquées. () ".

13. Il ressort de la fiche des pénalités que la société Menuiserie Coucoureux s'est vue infliger par le maître de l'ouvrage des pénalités au titre des retards constatés dans l'exécution des châssis extérieurs et complémentaires, du plancher terrasse ainsi que dans la levée des réserves. Le montant de ces pénalités de retard a été fixé à 56 891,20 euros HT, correspondant à quatre-vingt-onze jours calendaires de retard cumulés au 12 novembre 2016 pour la période du 21 juillet au 20 octobre 2016, puis à cent-cinquante-sept jours calendaires de retard cumulés au 18 avril 2017 pour la période comprise entre le 12 novembre 2016 et le 18 avril 2017. D'une part, il résulte de l'instruction que la société Menuiserie Coucoureux n'a pas été en mesure d'assurer la complète réalisation des châssis extérieurs et du plancher terrasse à la date limite fixée pour l'exécution de ces prestations au 21 juillet 2016 par le planning contractuel dans sa version du 20 avril 2016. Le maître de l'ouvrage était ainsi fondé à retenir à son encontre pour l'application des pénalités de retard la période courant du 21 juillet 2016, date limite fixée par le planning contractuel, au 20 octobre 2016, date de notification de l'ordre de service n° 14 par lequel la région Occitanie a constaté une nouvelle fois la défaillance de la société requérante quant à l'exécution desdites prestations. D'autre part, il résulte de l'instruction qu'en dépit des dernières mises en demeure qui lui ont été adressées les 13 et 19 octobre 2016, l'intéressée n'est parvenue à assurer la réalisation ni des châssis extérieurs et du plancher terrasse, ni des châssis complémentaires à la date contractuelle d'achèvement des travaux fixée au 12 novembre 2016. L'inexécution persistante de ces différentes prestations par la société Menuiserie Coucoureux a conduit le maître de l'ouvrage non seulement à refuser de prononcer la réception complète des travaux le 20 avril 2017, alors même que l'intéressée avait été préalablement mise en demeure de lever toutes les réserves la concernant pour le bâtiment 10 à la date du 15 novembre 2016, mais aussi à résilier le marché de la société requérante avec effet au 24 avril 2017. Par suite, le maître de l'ouvrage était également fondé à retenir pour l'application des pénalités de retard la période courant du 12 novembre 2016, date d'achèvement contractuelle des travaux, au 18 avril 2017, cette dernière date n'étant pas postérieure à la date d'effet de la résiliation. Si la société Menuiserie Coucoureux soutient que les retards constatés ne lui seraient pas imputables dès lors qu'elle aurait subi un décalage de chantier et aurait été contrainte de réaliser des travaux supplémentaires, il ne résulte toutefois pas de l'instruction que la non-réalisation des prestations précitées serait due à un décalage de chantier ou à un surplus de travaux à réaliser non prévus au contrat. A supposer que l'intéressée entende se prévaloir à ce titre du changement de soixante-douze menuiseries extérieures neuves, il résulte de l'instruction que cette prestation correspond à la levée de l'option n° 1 du marché et qu'elle a donné lieu à la conclusion de l'avenant n° 1 ainsi qu'à une prolongation des délais d'exécution prise en compte par le planning recalé du 11 août 2016. Elle ne saurait ainsi exonérer l'intéressée des retards qui lui sont imputés par le maître de l'ouvrage. Il résulte de ce qui précède que le maître de l'ouvrage a pu contractuellement infliger à la société Menuiserie Coucoureux des pénalités de retard à hauteur de 56 891,20 euros HT, correspondant à deux-cent-quarante-huit jours de retard décomptés au titre des deux périodes successives précitées.

En ce qui concerne la pénalité pour absence aux réunions :

14. Aux termes de l'article 4-3-2 du CCAP du marché : " En cas d'absence constatée aux réunions de chantier, à la réception des travaux et à toute réunion provoquée par la maître d'œuvre ou l'OPC, une pénalité de 250 euros sera appliquée par le maître de l'ouvrage à tout entrepreneur dûment convoqué. "

15. Si la société Menuiserie Coucoureux conteste sommairement la pénalité de 1 250 euros qui lui a été infligée dans le cadre du décompte de liquidation de son marché au titre de l'absence aux réunions de chantier, il résulte de l'instruction que l'intéressée a été absente à dix-huit réunions sollicitées par la société en charge de la mission OPC et notamment à celles concernant les bâtiments 10 et 15 organisées les 14 juin, 5 juillet, 23 août, 13 septembre et 4 octobre 2016. Il s'ensuit que le maître de l'ouvrage était contractuellement fondé à prononcer à l'encontre de la société requérante une pénalité de 1 250 euros au titre des cinq dernières réunions précitées.

En ce qui concerne la pénalité pour non remise du dossier des ouvrages exécutés (DOE) :

16. Aux termes de l'article 4-5 du CCAP du marché litigieux : " () l'entrepreneur titulaire remet au maître d'œuvre () les éléments du dossier des ouvrages exécutés (D.O.E) () au plus tard à la date fixée pour la réalisation des opérations préalables à la réception des ouvrages () Le défaut de remise, dans le délai ci-dessus, des documents à remettre après exécution entraîne l'application, d'une pénalité forfaitaire fixée à 10 000 euros. Cette pénalité est encourue, sans mise en demeure préalable, du simple fait de la constatation du retard par le maître d'œuvre ".

17. Il résulte de l'instruction qu'en méconnaissance des stipulations précitées la société Menuiserie Coucoureux n'avait pas remis le dossier des ouvrages exécutés afférent au bâtiment 15 à la date des opérations préalables à la réception qui avait été fixée au 25 novembre 2016, pas plus qu'au 20 avril 2017 correspondant à la date de refus de réception des travaux par le maître de l'ouvrage. La circonstance que le marché de l'intéressée ait été résilié n'est pas de nature à justifier le non-respect par cette dernière des stipulations précitées. Par suite, la région Occitanie était fondée à inscrire à ce titre une pénalité de 10 000 euros dans le cadre du décompte de liquidation du marché en litige.

18. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a seulement lieu de retirer du décompte de liquidation la retenue d'un montant 181 910,40 euros TTC correspondant aux conséquences onéreuses du marché de substitution confié à la société CGEM.

Sur la fixation du décompte et l'établissement du solde :

19. Il résulte de l'instruction que le marché de la société Menuiserie Coucoureux a été conclu pour un montant initial de 388 671,12 euros HT, porté par avenants à la somme de 458 793,46 euros HT, soit 550 552,15 euros TTC. Doivent être déduits de ce montant total, la somme de 25 002 euros TTC correspondant au coût des travaux portant sur les châssis extérieurs réalisés par les entreprises CGEM et POLYPROM au titre de l'ordre de service n° 20, la somme de 58 141,20 euros au titre des pénalités d'exécution et pour absence aux réunions de chantier, ainsi que la somme de 10 000 euros au titre de la pénalité pour non remise du dossier des ouvrages exécutés afférent au bâtiment 15. Il s'ensuit que le décompte de liquidation du marché de la société requérante doit être fixé à la somme de 457 408,95 euros TTC.

20. Il résulte de ce qui précède que le solde du décompte de liquidation tel qu'il a été notifié à la société requérante doit être majorée de la somme de 181 910,40 euros TTC, et s'établit ainsi à la somme de 301 024,72 euros TTC (119 114,32 + 181 910,40). En conséquence, la région Occitanie doit être condamnée à verser à la société Menuiserie Coucoureux une somme de 301 024,72 euros TTC hors révision au titre du règlement de son marché, sous réserve d'un éventuel paiement intervenu entre temps de la somme de 119 114,32 euros TTC.

Sur les intérêts moratoires et leur capitalisation :

21. D'une part, aux termes de l'article 1er du décret du 29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique, alors en vigueur : " Le délai de paiement () est fixé à trente jours pour les pouvoirs adjudicateurs, y compris lorsqu'ils agissent en tant qu'entité adjudicatrice () ". Et l'article 2 de ce même décret alors applicable ajoute que : " () pour les marchés de travaux, le point de départ du délai global de paiement du solde est la date de réception du décompte général et définitif par le maître d'ouvrage. " Il en résulte que lorsqu'un décompte général fait l'objet d'une réclamation par le cocontractant, le délai de paiement du solde doit être regardé comme ne commençant à courir qu'à compter de la réception de cette réclamation par le maître d'ouvrage.

22. D'autre part, aux termes de l'article 3.8 du CCAP : " Intérêts moratoires - Le taux des intérêts moratoires applicable au marché est le taux d'intérêt applique par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. "

23. Il suit de là que la société Menuiserie Coucoureux a droit aux intérêts moratoires contractuels sur la somme de 301 024,72 euros TTC à compter du 5 janvier 2019, soit trente jours après la réception par la région Occitanie, le 6 décembre 2018, de sa réclamation contre le décompte de liquidation.

24. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 12 juillet 2019, date de l'introduction de la requête. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 5 janvier 2020, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Menuiserie Coucoureux, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la région Occitanie et la société Cogemip demandent au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge de la région Occitanie le versement d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Menuiserie Coucoureux et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La société Cogemip est mise hors de cause.

Article 2 : Le décompte de liquidation du marché de la société Menuiserie Coucoureux est fixé à la somme de 457 408,95 euros TTC.

Article 3 : La région Occitanie est condamnée à verser à la société Menuiserie Coucoureux une somme de 301 024,72 euros TTC au titre du solde de son marché, avec intérêts moratoires au taux contractuel à compter du 5 janvier 2019. Les intérêts échus à la date du 5 janvier 2020 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 4 : La région Occitanie versera à la société Menuiserie Coucoureux une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société Menuiserie Coucoureux, à la région Occitanie et à la société Arec Occitanie venant aux droits de la société Cogemip.

Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Sorin, président,

Mme Jordan-Selva, première conseillère,

M. Leymarie, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.

Le rapporteur,

A. A

Le président,

T. SORINLa greffière,

F. LE GUIELLAN

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions