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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-1904232

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-1904232

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-1904232
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantBOUILLET HUGO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire enregistrés le 23 juillet 2019 et le 8 février 2021 sous le n° 1904232, la société Espace France Investir, représentée par Me Dalmayrac, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 17 mai 2019 par laquelle le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne a rejeté sa réclamation préalable contre le titre de perception du 28 juillet 2017 mettant à sa charge la somme de 11 827,50 euros au titre du remboursement à l'Etat des sommes engagées pour le relogement de M. A ;

2°) de prononcer la décharge des sommes réclamées à la société Espace France Investir au titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'auteur de la décision de rejet de sa réclamation, qui n'est pas l'ordonnateur, à qui sa réclamation n'a pas été transmise, est incompétent ;

- la décision de rejet de sa réclamation est entachée d'un défaut d'examen de sa situation car l'auteur de cette décision s'est borné à estimer que sa contestation ne portait que sur la forme d'un acte de poursuite alors qu'elle portait sur le bien-fondé de la créance, ce qui lui était possible en vertu de l'article 118 du décret du 7 novembre 2012 ;

- la créance ne peut trouver un fondement légal dans l'article 4 de l'arrêté préfectoral du 16 mars 2015, dont elle est fondée à soulever l'illégalité par voie d'exception car la situation de l'appartement occupé par son locataire ne relève pas d'une situation d'insalubrité mais du défaut de réalisation de réparations à caractère collectif, ou d'une insalubrité imputable au seul comportement du locataire et procède ainsi d'une inexacte application des dispositions de l'article L. 521-3-1 du code de la construction et de l'habitation ;

- pour les mêmes raisons, la créance dont se prévaut l'Etat à son égard est infondée.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 janvier 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société Espace France Investir ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 15 février 2021, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 1er mars 2021.

II. Par une requête enregistrée le 11 mai 2020 sous le n° 2002098, la société Espace France Investir, représentée par Me Dalmayrac, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet du recours préalable qu'elle a présenté contre le titre de perception en date du 9 août 2019 mettant à sa charge la somme de 10 517,98 euros titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

2°) de prononcer la décharge des sommes réclamées à la société Espace France Investir au titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la créance ne peut trouver un fondement légal dans l'article 4 de l'arrêté préfectoral du 16 mars 2015, dont elle est fondée à soulever l'illégalité par voie d'exception car la situation de l'appartement occupé par son locataire ne relève pas d'une situation d'insalubrité mais du défaut de réalisation de réparations à caractère collectif, ou d'une insalubrité imputable au seul comportement du locataire et procède ainsi d'une inexacte application des dispositions de l'article L. 521-3-1 du code de la construction et de l'habitation ;

- pour les mêmes raisons, la créance dont se prévaut l'Etat à son égard est infondée.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 janvier 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société Espace France Investir sont inopérants ou infondés.

Par ordonnance du 2 septembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 4 octobre 2021.

III. Par une requête et un mémoire enregistrés le 6 mai 2021 et le 28 février 2022 sous le n° 2102682, la société Espace France Investir, représentée par Me Dalmayrac, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet du recours préalable qu'elle a présenté contre les titres de perception en date du 9 septembre 2020 mettant à sa charge la somme de 5 074,30 euros au titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

2°) de prononcer la décharge des sommes réclamées à la société Espace France Investir au titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la créance ne peut trouver un fondement légal dans l'article 4 de l'arrêté préfectoral du 16 mars 2015, dont elle est fondée à soulever l'illégalité par voie d'exception car la situation de l'appartement occupé par son locataire ne relève pas d'une situation d'insalubrité mais du défaut de réalisation de réparations à caractère collectif, ou d'une insalubrité imputable au seul comportement du locataire et procède ainsi d'une inexacte application des dispositions de l'article L. 521-3-1 du code de la construction et de l'habitation ;

- pour les mêmes raisons, la créance dont se prévaut l'Etat à son égard est infondée.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 février 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société Espace France Investir sont inopérants ou infondés.

Par ordonnance du 4 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 4 février 2022.

IV. Par une requête et un mémoire enregistrés le 8 octobre 2021 et le 9 mars 2023 sous le n° 2105901, la société Espace France Investir, représentée par Me Dalmayrac, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet du recours préalable qu'elle a présenté contre les titres de perception en date des 16 et 19 février 2021 mettant à sa charge la somme de 4 636,71 euros au titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

2°) de prononcer la décharge des sommes réclamées à la société Espace France Investir au titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la créance ne peut trouver un fondement légal dans l'article 4 de l'arrêté préfectoral du 16 mars 2015, dont elle est fondée à soulever l'illégalité par voie d'exception car la situation de l'appartement occupé par son locataire ne relève pas d'une situation d'insalubrité mais du défaut de réalisation de réparations à caractère collectif, ou d'une insalubrité imputable au seul comportement du locataire et procède ainsi d'une inexacte application des dispositions de l'article L. 521-3-1 du code de la construction et de l'habitation ;

- pour les mêmes raisons, la créance dont se prévaut l'Etat à son égard est infondée.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société Espace France Investir sont inopérants ou infondés.

Par ordonnance du 7 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 15 février 2023.

V. Par une requête et un mémoire enregistrés le 12 janvier 2022 et le 9 mars 2023 sous le n° 2200166, la société Espace France Investir, représentée par Me Dalmayrac, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet du recours préalable qu'elle a présenté contre les titres de perception en date du 9 avril 2021 mettant à sa charge la somme de 1 545,57 euros au titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

2°) de prononcer la décharge des sommes réclamées à la société Espace France Investir au titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la créance ne peut trouver un fondement légal dans l'article 4 de l'arrêté préfectoral du 16 mars 2015, dont elle est fondée à soulever l'illégalité par voie d'exception car la situation de l'appartement occupé par son locataire ne relève pas d'une situation d'insalubrité mais du défaut de réalisation de réparations à caractère collectif, ou d'une insalubrité imputable au seul comportement du locataire et procède ainsi d'une inexacte application des dispositions de l'article L. 521-3-1 du code de la construction et de l'habitation ;

- pour les mêmes raisons, la créance dont se prévaut l'Etat à son égard est infondée.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société Espace France Investir sont inopérants ou infondés.

Par ordonnance du 7 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 15 février 2023.

VI. Par une requête et un mémoire enregistrés le 28 février 2022 et le 9 mars 2023 sous le n° 2201127, la société Espace France Investir, représentée par Me Dalmayrac, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet du recours préalable qu'elle a présenté contre les titres de perception en date du 8 octobre 2021 mettant à sa charge la somme de 3 111,54 euros au titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

2°) de prononcer la décharge des sommes réclamées à la société Espace France Investir au titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la créance ne peut trouver un fondement légal dans l'article 4 de l'arrêté préfectoral du 16 mars 2015, dont elle est fondée à soulever l'illégalité par voie d'exception car la situation de l'appartement occupé par son locataire ne relève pas d'une situation d'insalubrité mais du défaut de réalisation de réparations à caractère collectif, ou d'une insalubrité imputable au seul comportement du locataire et procède ainsi d'une inexacte application des dispositions de l'article L. 521-3-1 du code de la construction et de l'habitation ;

- pour les mêmes raisons, la créance dont se prévaut l'Etat à son égard est infondée.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société Espace France Investir sont inopérants ou infondés.

Par ordonnance du 7 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 15 février 2023.

VII. Par une requête et un mémoire enregistrés le 25 mai 2022 et le 9 mars 2023 sous le n° 2202954, la société Espace France Investir, représentée par Me Dalmayrac, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet du recours préalable qu'elle a présenté contre les titres de perception en date du 23 février 2022 mettant à sa charge la somme de 3 111,54 euros au titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

2°) de prononcer la décharge des sommes réclamées à la société Espace France Investir au titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la créance ne peut trouver un fondement légal dans l'article 4 de l'arrêté préfectoral du 16 mars 2015, dont elle est fondée à soulever l'illégalité par voie d'exception car la situation de l'appartement occupé par son locataire ne relève pas d'une situation d'insalubrité mais du défaut de réalisation de réparations à caractère collectif, ou d'une insalubrité imputable au seul comportement du locataire et procède ainsi d'une inexacte application des dispositions de l'article L. 521-3-1 du code de la construction et de l'habitation ;

- pour les mêmes raisons, la créance dont se prévaut l'Etat à son égard est infondée.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société Espace France Investir sont inopérants ou infondés.

Par ordonnance du 7 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 15 février 2023.

VIII. Par une requête enregistrée le 21 août 2023 sous le n° 2305040, la société Espace France Investir, représentée par Me Dalmayrac, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet du recours préalable qu'elle a présenté contre les titres de perception en date du 7 décembre 2022 mettant à sa charge la somme de 3 136,62 euros au titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

2°) de prononcer la décharge des sommes réclamées à la société Espace France Investir au titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la créance ne peut trouver un fondement légal dans l'article 4 de l'arrêté préfectoral du 16 mars 2015, dont elle est fondée à soulever l'illégalité par voie d'exception car la situation de l'appartement occupé par son locataire ne relève pas d'une situation d'insalubrité mais du défaut de réalisation de réparations à caractère collectif, ou d'une insalubrité imputable au seul comportement du locataire et procède ainsi d'une inexacte application des dispositions de l'article L. 521-3-1 du code de la construction et de l'habitation ;

- pour les mêmes raisons, la créance dont se prévaut l'Etat à son égard est infondée.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 juin 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société Espace France Investir sont inopérants ou infondés.

Par ordonnance du 6 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 24 juin 2024.

IX. Par une requête enregistrée le 21 décembre 2023 sous le n° 2307721, la société Espace France Investir, représentée par Me Dalmayrac, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision de rejet du recours préalable qu'elle a présenté contre les titres de perception en date des 31 octobre 2023 et 3 novembre 2023 mettant à sa charge la somme de 4 761,03 euros au titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

2°) de prononcer la décharge des sommes réclamées à la société Espace France Investir au titre du remboursement des sommes engagées par l'Etat pour le relogement de M. A ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la créance ne peut trouver un fondement légal dans l'article 4 de l'arrêté préfectoral du 16 mars 2015, dont elle est fondée à soulever l'illégalité par voie d'exception car la situation de l'appartement occupé par son locataire ne relève pas d'une situation d'insalubrité mais du défaut de réalisation de réparations à caractère collectif, ou d'une insalubrité imputable au seul comportement du locataire et procède ainsi d'une inexacte application des dispositions de l'article L. 521-3-1 du code de la construction et de l'habitation ;

- pour les mêmes raisons, la créance dont se prévaut l'Etat à son égard est infondée.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 juin 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société Espace France Investir sont inopérants ou infondés.

Par ordonnance du 6 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 24 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la santé publique ;

- l'ordonnance n° 2020-1144 du 16 septembre 2020 ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Grimaud, rapporteur,

- les conclusions de Mme Rousseau, rapporteure publique,

- et les observations de Me Trouvé, substituant Me Dalmayrac, représentant la société espace France investir.

Considérant ce qui suit :

1. Par un bail du 15 septembre 2012, la société espace France investir a donné en location à M. A un appartement de type T2 situé 5 rue Corot à Toulouse. Ce logement a été déclaré insalubre par un arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 16 mars 2015, dont l'article 4 a imposé à la société Espace France Investir de reloger son locataire en application de l'article L. 521-3-1 du code de la construction et de l'habitation. La société Espace France Investir n'ayant pas procédé à ce relogement, le préfet de la Haute-Garonne a, par plusieurs titres de perception émis entre le 17 mai 2019 et le 3 novembre 2023, mis à la charge de cette société le coût du relogement de M. A et de sa famille par les services de l'Etat. Par un arrêté préfectoral du 1er juin 2023, le préfet de la Haute-Garonne a abrogé l'arrêté du 16 mars 2015 ainsi que les arrêtés le modifiant après avoir constaté que l'insalubrité affectant le logement a été résorbée.

Sur la jonction :

2. Les demandes présentées par la société Espace France Investir et enregistrées sous les n°s 1904232, 2002098, 2102682, 2105901, 2200166, 2201127, 2202954, 2305040 et 2307721 ont trait à des titres de perception portant sur des créances de mêmes nature, consistance et fondement et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un jugement unique.

Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions rejetant les recours gracieux formulés par la société Espace France Investir à l'encontre des titres de perception attaqués :

3. Aux termes des dispositions de l'article 118 du décret du 7 novembre 2012 : " En cas de contestation d'un titre de perception, avant de saisir la juridiction compétente, le redevable doit adresser cette contestation, appuyée de toutes pièces ou justifications utiles, au comptable chargé du recouvrement de l'ordre de recouvrer. / Le droit de contestation d'un titre de perception se prescrit dans les deux mois suivant la notification du titre ou, à défaut, du premier acte de poursuite qui procède du titre en cause. / Le comptable compétent accuse réception de la contestation en précisant sa date de réception ainsi que les délais et voies de recours. Il la transmet à l'ordonnateur à l'origine du titre qui dispose d'un délai pour statuer de six mois à compter de la date de réception de la contestation par le comptable. A défaut d'une décision notifiée dans ce délai, la contestation est considérée comme rejetée. / La décision rendue par l'administration en application de l'alinéa précédent peut faire l'objet d'un recours devant la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de cette décision ou, à défaut de cette notification, dans un délai de deux mois à compter de la date d'expiration du délai prévu à l'alinéa précédent ".

4. Les réclamations préalables présentées par la société requérante contre les titres de perception qu'elle attaque ont eu pour seul effet, en application des dispositions précitées, d'inviter l'auteur de ces titres à reconsidérer sa position. Les vices propres qui pourraient entacher les décisions prises par le directeur régional des finances publiques ou le préfet de la Haute-Garonne sur ces réclamations sont dès lors dépourvues de toute influence sur la régularité ou le bien-fondé des titres de perception contestées. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de ces actes et du défaut d'examen de la situation de la requérante ne peuvent qu'être écartés comme inopérants dès lors que ces vices propres sont sans incidence sur la solution du litige.

Sur les conclusions à fin d'annulation des titres de perception attaqués et de décharge des sommes mises à la charge de la société Espace France Investir :

5. D'une part, aux termes des dispositions du I de l'article L. 521-3-1 du code de la construction et de l'habitation dans sa rédaction applicable du 29 janvier 2017 au 1er janvier 2021 : " Lorsqu'un immeuble fait l'objet d'une interdiction temporaire d'habiter ou d'utiliser ou que son évacuation est ordonnée en application de l'article L. 511-3 ou de l'article L. 129-3, le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer aux occupants un hébergement décent correspondant à leurs besoins. / A défaut, l'hébergement est assuré dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-2. Son coût est mis à la charge du propriétaire ou de l'exploitant. / Si un logement qui a fait l'objet d'une déclaration d'insalubrité au titre du II de l'article L. 1331-28 du code de la santé publique est manifestement suroccupé, le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer l'hébergement des occupants jusqu'au terme des travaux prescrits pour remédier à l'insalubrité. A l'issue, leur relogement incombe au préfet ou au maire ou, le cas échéant, au président de l'établissement public de coopération intercommunale dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-2. En cas de défaillance du propriétaire ou de l'exploitant, le coût de l'hébergement est mis à sa charge ". Aux termes des dispositions du I de cet article dans sa rédaction en vigueur du 1er janvier 2021 au 11 avril 2024 : " Lorsqu'un immeuble fait l'objet d'une interdiction temporaire d'habiter ou d'utiliser ou que les travaux prescrits le rendent temporairement inhabitable, le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer aux occupants un hébergement décent correspondant à leurs besoins. / A défaut, l'hébergement est assuré dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-2. Son coût est mis à la charge du propriétaire ou de l'exploitant. / Si un logement qui a fait l'objet d'un arrêté de traitement de l'insalubrité pris au titre du 4° de l'article L. 511-2 du présent code est manifestement suroccupé, le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer l'hébergement des occupants jusqu'au terme des travaux prescrits pour remédier à l'insalubrité. A l'issue, leur relogement incombe au représentant de l'Etat dans le département dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-2. En cas de défaillance du propriétaire ou de l'exploitant, le coût de l'hébergement est mis à sa charge ".

6. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article L. 1331-26 du code de la santé publique dans sa rédaction en vigueur jusqu'au 1er janvier 2021 : " Lorsqu'un immeuble, bâti ou non, vacant ou non, attenant ou non à la voie publique, un groupe d'immeubles, un îlot ou un groupe d'îlots constitue, soit par lui-même, soit par les conditions dans lesquelles il est occupé ou exploité, un danger pour la santé des occupants ou des voisins, le représentant de l'Etat dans le département, saisi d'un rapport motivé du directeur général de l'agence régionale de santé ou, par application du troisième alinéa de l'article L. 1422-1, du directeur du service communal d'hygiène et de santé concluant à l'insalubrité de l'immeuble concerné, invite la commission départementale compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques à donner son avis dans le délai de deux mois : / 1° Sur la réalité et les causes de l'insalubrité ; / 2° Sur les mesures propres à y remédier. / L'insalubrité d'un bâtiment doit être qualifiée d'irrémédiable lorsqu'il n'existe aucun moyen technique d'y mettre fin, ou lorsque les travaux nécessaires à sa résorption seraient plus coûteux que la reconstruction. () ". Aux termes de l'article L. 1331-26-1 de ce code, dans sa rédaction en vigueur jusqu'au 1er janvier 2021 : " Lorsque le rapport prévu par l'article L. 1331-26 fait apparaître un danger imminent pour la santé ou la sécurité des occupants lié à la situation d'insalubrité de l'immeuble, le représentant de l'Etat dans le département met en demeure le propriétaire, ou l'exploitant s'il s'agit de locaux d'hébergement, de prendre les mesures propres à faire cesser ce danger dans un délai qu'il fixe. Il peut prononcer une interdiction temporaire d'habiter. / Dans ce cas, ou si l'exécution des mesures prescrites par cette mise en demeure rend les locaux temporairement inhabitables, les dispositions des articles L. 521-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation sont applicables ". Aux termes des dispositions de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique dans sa rédaction en vigueur à compter du 1er janvier 2021 : " Tout local, installation, bien immeuble ou groupe de locaux, d'installations ou de biens immeubles, vacant ou non, qui constitue, soit par lui-même, soit par les conditions dans lesquelles il est occupé, exploité ou utilisé, un danger ou risque pour la santé ou la sécurité physique des personnes est insalubre. / () Les décrets pris en application de l'article L. 1311-1 et, le cas échéant, les arrêtés pris en application de l'article L. 1311-2 précisent la définition des situations d'insalubrité ". En vertu des dispositions de l'article R. 1331-26 de ce code, prises pour l'application de ces dispositions : " Tout logement est muni : / 1° D'une installation intérieure d'alimentation en eau potable ; / 2° D'une évacuation des eaux usées ; / 3° D'un point d'eau chaude ; / 4° D'une salle d'eau ; / 5° D'un cabinet d'aisances ; / 6° D'une installation électrique ; / 7° D'une installation de chauffage ; / 8° D'un système naturel ou mécanique de régulation de la chaleur ; / 9° D'un dispositif de renouvellement de l'air ; / 10° D'un dispositif d'occultation de la lumière. / Sans préjudice de la réglementation qui leur est applicable, ces installations, équipements et dispositifs répondent aux conditions fixées respectivement pour chacun d'eux par les articles R. 1331-27 à R. 1331-35 ".

7. Enfin, aux termes des dispositions de l'article 4 l'arrêté préfectoral du 16 mars 2015 : " Compte tenu de la nature et de l'importance des désordres constatés, le logement susvisé est interdit à l'habitation à titre temporaire (). Le propriétaire mentionné à l'article 1er doit, dans un délai de 7 (sept) jours à compter de la notification du présent arrêté, informer le maire, ou le préfet, de l'offre d'hébergement qu'il a faite aux occupants pour se conformer à l'obligation prévue au I de l'article L. 521-3-1 du code de la construction et de l'habitation. A défaut, pour le propriétaire d'avoir assuré l'hébergement provisoire des occupants, celui-ci sera effectué par la collectivité publique, à ses frais ".

En ce qui concerne le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'arrêté préfectoral du 16 mars 2015 :

8. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment d'un rapport du service communal d'hygiène et de sécurité de la ville de Toulouse en date du 5 janvier 2015, qu'à cette date le logement était affecté de trous dans le plancher et d'éléments branlants présentant un risque pour la sécurité des occupants, une partie du plancher s'étant effondré, que l'appartement était humide et que des moisissures nuisibles à la santé des occupants s'y étaient développées, que le logement n'était pas ventilé en l'absence de système de ventilation, que le clos n'était pas assuré au niveau de l'imposte surmontant la porte d'entrée, que l'installation électrique présentait des défauts susceptibles de mettre en cause la sécurité des occupants et que des blattes, nuisibles à leur santé, étaient présentes dans l'ensemble du logement. Le même service a constaté, lors d'une visite des lieux le 16 janvier 2018, que le parquet avait été entièrement déposé dans la pièce principale, que les équipements sanitaires et de confort avaient été intégralement déposés et que le logement n'était en pratique plus habitable. Lors d'un contrôle effectué le 19 juin 2020, le service communal d'hygiène et de sécurité constatait que si le logement avait fait l'objet d'importants travaux, il se trouvait toujours dépourvu d'une entrée d'air et que l'imposte était toujours endommagée. Lors d'un nouveau contrôle effectué le 24 novembre 2020, le service communal d'hygiène de la commune de Toulouse a relevé que l'imposte couronnant la porte d'entrée, non réparée, était toujours inapte à empêcher les entrées d'air froid et d'humidité, que le logement n'était toujours pas pourvu d'une extraction d'air et que l'installation électrique présentait des désordres de nature à remettre en cause la sécurité des occupants. Si les constats suivants du service communal d'hygiène, en date des 20 mai 2021, 2 novembre 2021, 8 avril 2022 et 3 janvier 2023 ont relevé que l'imposte avait été réparée, ils ont constaté que le logement était toujours dépourvu de système de ventilation assurant un renouvellement de l'air intérieur ou que celui-ci était inefficace en raison d'une pression de service inférieure aux exigences de la règlementation. Il en résulte que, durant l'intégralité de la période au cours de laquelle l'arrêté préfectoral du 16 mars 2015 est demeuré en vigueur, le logement antérieurement occupé par M. A a été affecté par des désordres susceptibles de mettre en cause la santé de ses occupants ou dépourvu d'installations, telles qu'en dernier lieu un système efficace de renouvellement de l'air, destinées à préserver la santé et la sécurité de ses occupants. La société Espace France Investir n'est donc pas fondée à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne a fait une inexacte application des dispositions précitées du code de la santé publique en considérant, au cours de cette période, que ce logement était atteint d'une insalubrité remédiable.

9. En deuxième lieu, si la société fait valoir que ce logement était en bon état lors de l'entrée du locataire dans les lieux et que les désordres constatés relèveraient des réparations locatives ou de dégradations imputables à une incurie du locataire, lequel aurait laissé un dégât des eaux s'étendre et aurait dégradé l'installation électrique, ces différentes causes de désordre ne sont pas de nature à remettre en cause les constats dressés par le service communal d'hygiène qui font état de vices structurels tels que l'effondrement du plancher, le défaut de mise aux normes de l'installation électrique ou le défaut de système de ventilation qui sont indépendants de l'action du locataire, la circonstance que celui-ci ait reconnu sa responsabilité dans les dommages causés à l'appartement étant sans incidence sur ce point

10. En troisième lieu, les dispositions du code de la santé publique reproduites au point 6 ci-dessus font du propriétaire le seul débiteur des frais afférents à l'exécution des travaux de remédiation de l'insalubrité et de relogement des locataires. Dès lors, la circonstance, au demeurant non établie, que le comportement du locataire de l'appartement serait à l'origine de l'insalubrité constatée, ne peut, par suite, être utilement invoquée par la société Espace France Investir pour demander à être déchargée de tout ou partie des obligations qui lui incombent. Il en résulte que la société Espace France Investir n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par l'article 4 de son arrêté du 16 mars 2015, le préfet de la Haute-Garonne a mis à sa charge le relogement de M. A en vertu des dispositions de l'article L. 521-3-1 du code de la construction et de l'habitation.

En ce qui concerne le moyen tiré du caractère infondé de la créance mise à la charge de la société espace France investir par l'Etat :

11. Si la société Espace France Investir soutient que la créance mise à sa charge par les titres de perception attaqués est infondée, elle se prévaut à l'appui de ce moyen des mêmes arguments que ceux exposés aux points 8 à 10 ci-dessus, qui peuvent être écartés pour les mêmes motifs.

12. Il résulte de tout ce qui précède que la société Espace France Investir n'est pas fondée à demander l'annulation des titres de perception par lesquels le préfet de la Haute-Garonne a mis à sa charge le coût du relogement de M. A. Les requêtes par lesquelles elles contestent ces titres doivent donc être rejetées.

Sur les frais relatifs au litige :

13. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

14. Ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme quelconque soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n°s 1904232, 2002098, 2102682, 2105901, 2200166, 2201127, 2202954, 2305040 et 2307721 de la société Espace France Investir sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Espace France Investir et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

Mme Lequeux, conseillère,

Mme Lucas, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.

Le président, rapporteur,

P. GRIMAUD

L'assesseur le plus ancien,

A. LEQUEUX

La greffière,

M.-E. LATIF

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

Le greffier en chef,

N°s 1904232, 2002098, 2102682, 2105901, 2200166, 2201127, 2202954, 2305040, 2307721

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