mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-1907357 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique chambre 5 |
| Avocat requérant | SELARL BLANC-TARDIVEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 23 décembre 2019 et le 25 janvier 2022, la SARL Briqueterie C, représentée par Me Tardivel, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) à titre principal, de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie dans les rôles de la commune d'Albine à raison de son établissement sis lieu-dit " Le Simou ", au titre de l'année 2018 mises en recouvrement le 31 août 2018 ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la décharge partielle des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie dans les rôles de la commune d'Albine à raison de son établissement sis lieu-dit " Le Simou ", au titre de l'année 2018 mises en recouvrement le 31 août 2018 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les locaux soumis à l'impôt sur les propriétés bâties étant exclusivement affectés à une activité commerciale, l'administration fiscale ne pouvait lui appliquer les dispositions de l'article 1500 du code général des impôts;
- la superficie retenue pour établir la taxe foncière est inexacte, dès lors qu'elle correspond à la totalité du bâtiment ; seule la superficie nouvellement créée par la société doit être prise en compte pour établir son imposition, la taxe foncière correspondant au bâtiment préexistant devant rester à la charge du bailleur ;
- la parcelle cadastrée section A n° 448 constitue une fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte, au sens de l'article 1494 du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2020, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la Sarl Briqueterie C ne sont pas fondés.
Un mémoire produit pour la société requérante, enregistré le 23 février 2022, après la clôture d'instruction fixée au 17 février 2022, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le livre de procédure fiscale ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Briqueterie C exerce une activité de fabrication de tuiles, briques, terres cuites et émaillages, sur le territoire de la commune d'Albine, lieu-dit " Le Simou ", sur la parcelle cadastrée section A n° 448. Elle a été assujettie à la taxe foncière au titre de l'année 2018, pour un montant de 27 715 euros, mis en recouvrement le 31 août 2018. Sa réclamation formée le 20 septembre 2018 contre cette imposition a été implicitement rejetée. Par sa requête, la SARL Briqueterie C doit être regardée comme demandant la décharge totale ou partielle de la cotisation de taxe foncière mise à sa charge au titre de l'année 2018.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1500 du code général des impôts dans sa rédaction applicable : " Les bâtiments et terrains industriels sont évalués : / - 1° selon les règles fixées à l'article 1499 lorsqu'ils figurent à l'actif du bilan de leur propriétaire ou de leur exploitant, et que celui-ci est soumis aux obligations définies à l'article 53 A ; () ". En vertu de l'article 1499 de ce code : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat () ". L'article 1494 du même code dispose : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la taxe d'habitation ou d'une taxe annexe établie sur les mêmes bases est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte ". Aux termes de l'article 324 A de l'annexe III de ce code : " Pour l'application de l'article 1494 du code général des impôts on entend : 1° Par propriété normalement destinée à une utilisation distincte : a. En ce qui concerne les biens autres que les établissements industriels l'ensemble des sols terrains et bâtiments qui font partie du même groupement topographique et sont normalement destinés à être utilisés par un même occupant en raison de leur agencement ; b. En ce qui concerne les établissements industriels l'ensemble des sols terrains bâtiments et installations qui concourent à une même exploitation et font partie du même groupement topographique. 2° Par fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte lorsqu'ils sont situés dans un immeuble collectif ou un ensemble immobilier :/ a. Le local normalement destiné à raison de son agencement à être utilisé par un même occupant ; b. L'établissement industriel dont les éléments concourent à une même exploitation. Est également considéré comme une fraction de propriété l'ensemble des sols terrains bâtiments et parties de bâtiment réservés à l'usage commun des occupants. L'immeuble collectif s'entend de toute propriété bâtie normalement aménagée pour recevoir au moins deux occupants ".
3. Pour contester l'évaluation de la valeur locative du bâtiment situé sur la parcelle cadastrée section A n° 448 selon la méthode comptable rappelée au point précédent, la société requérante soutient qu'elle exerce exclusivement, au sein de ce bâtiment, une activité commerciale et non industrielle. Il résulte de l'instruction que les locaux en cause, situés dans un bâtiment distinct des autres bâtiments du site, comportent notamment une banque d'accueil, des bureaux ainsi qu'une salle de réunion et présentent des modèles d'exposition dans le hall. L'activité ainsi mise en œuvre dans ces locaux, dépourvue de moyens techniques importants et prépondérants, ne présente donc pas un caractère industriel. Toutefois, ces locaux, qui font partie d'un établissement dont le caractère industriel n'est pas contesté, sont situés à proximité immédiate de bâtiments présentant un caractère industriel et se situent sur le même groupement topographique. Ils doivent ainsi être regardés comme concourant à une même exploitation au sens de l'article 324 A de l'annexe III du code général des impôts. Par suite, compte-tenu du principe d'unité d'évaluation de la valeur locative tel que précisé à l'article 1494 de ce code, et du caractère industriel des autres locaux exploités par la société requérante, l'évaluation de la valeur locative du bâtiment en cause doit être réalisée selon la méthode comptable appliquée aux bâtiments industriels.
4. En second lieu, aux termes de l'article 1400 du code général des impôts : " I. - Sous réserve des dispositions des articles 1403 et 1404, toute propriété, bâtie ou non bâtie, doit être imposée au nom du propriétaire actuel. II. - Lorsqu'un immeuble est grevé d'usufruit ou loué soit par bail emphytéotique, soit par bail à construction, soit par bail réel solidaire, soit par bail à réhabilitation ou fait l'objet d'une autorisation d'occupation temporaire du domaine public constitutive d'un droit réel, la taxe foncière est établie au nom de l'usufruitier, de l'emphytéote, du preneur à bail à construction ou à réhabilitation, du preneur du bail réel solidaire ou du titulaire de l'autorisation. ".
5. Il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté par la société requérante, qu'elle loue à bail à construction le terrain cadastré section A n° 448 appartenant à M. C. En application de ce contrat, la Sarl Briqueterie C a procédé à un agrandissement des locaux existants afin d'y installer des bureaux. Ainsi, conformément aux dispositions précitées de l'article 1400 du code général des impôts, la Sarl Briqueterie C est redevable de la taxe foncière due à raison du bâtiment figurant sur cette parcelle.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées pour la Sarl Briqueterie C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société requérante au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Briqueterie C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Briqueterie C et au directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.
La magistrate désignée,
F. A
La greffière,
M. B La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026