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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2000205

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2000205

jeudi 1 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2000205
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantTAMBURINI-BONNEFOY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 janvier 2020 et des pièces complémentaires enregistrées le 21 janvier 2020, Mme B A et M. C A, représentés par Me Fromenteze, demandent au tribunal :

1°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à verser à Mme A la somme de 261 703,53 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis en tant que victime directe ;

2°) de condamner l'ONIAM à verser à M. A la somme de 130 222,52 euros en raison des préjudices qu'il a subis en tant que victime indirecte ;

3°) de condamner l'ONIAM à leur verser solidairement la somme de 1 315,40 euros en réparation de leurs préjudices communs ;

4°) de mettre à la charge de l'ONIAM les dépens ainsi que la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par des mémoires enregistrés les 11 février 2022, 23 août 2022 et le 6 avril 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, Mme B A et M. C A, représentés par Me Fromenteze, demandent au tribunal :

1°) de condamner solidairement l'ONIAM et le centre hospitalier de Cahors à verser à Mme A la somme de 261 703,53 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis en tant que victime directe ;

2°) de condamner solidairement l'ONIAM et le centre hospitalier de Cahors à verser à M. A la somme de 130 222,52 euros en réparation des préjudices qu'il a subis en tant que victime indirecte ;

3°) de condamner solidairement l'ONIAM et le centre hospitalier de Cahors à leur verser solidairement la somme de 1 315,40 euros en réparation de leurs préjudices communs ;

4°) de mettre à la charge solidaire de l'ONIAM et du centre hospitalier de Cahors les entiers dépens ainsi que la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la responsabilité du centre hospitalier de Cahors doit être engagée dès lors qu'un défaut d'information de M. A a été mis en évidence par l'expert judiciaire ;

- en application des articles L.1142-1 II et D. 1142-1 du code de la santé publique, ils sont fondés à solliciter une indemnisation auprès de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales dès lors que Mme A a subi deux aléas thérapeutiques remplissant les critères d'anormalité et de gravité prévus par les textes ;

- la date de consolidation doit être fixée au 17 octobre 2017 pour l'aléa thérapeutique tenant à l'atteinte du plexus brachial et au 22 novembre 2016 pour l'aléa thérapeutique tenant à la reprise de l'ostéosynthèse ;

- la date de liquidation doit être arrêtée au 31 décembre 2022 ;

- la réparation de leur préjudice doit être intégrale dès lors que la garantie " conducteur " de leur assureur a été limitée à certains préjudices ;

- Mme A est fondée à demander réparation de ses préjudices, par condamnation solidaire de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et du centre hospitalier de Cahors, comme suit :

*4 088 euros au titre de l'assistance à tierce personne ;

*3 378,64 euros au titre de la perte de gains professionnels actuels

*204 394,89 euros au titre de la perte de gains professionnels futurs et de l'incidence professionnelle ;

*7 642 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire total et partiel ;

*16 000 euros au titre des souffrances endurées ;

*14 200 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;

*2 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent ;

*10 000 euros au titre du préjudice sexuel permanent ;

- M. A est fondé à demander réparation de ses préjudices, par condamnation solidaire de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et du centre hospitalier de Cahors, comme suit :

*94 222,52 euros au titre de la perte de gains professionnels et de l'incidence professionnelle ;

*15 000 euros au titre du préjudice d'affection ;

*15 000 euros au titre du trouble dans les conditions d'existence ;

*10 000 euros au titre du préjudice sexuel permanent ;

- ils sont fondés à demander la condamnation solidaire de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et du centre hospitalier de Cahors à hauteur de 1 315,40 euros au titre des frais divers.

Par des mémoires en défense enregistrés le 13 mai 2020, le 9 février 2022 et le 3 avril 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Ravaut, conclut, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à sa mise hors de cause ;

3°) à ce que, en application des dispositions de l'article L761-1 du code de justice administrative, la somme de 2 500 euros soit mise à la charge, pour moitié, du centre hospitalier de Cahors et pour moitié à celle des consorts A ;

4°) à ce que les conclusions présentées par le centre hospitalier de Cahors sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative soient rejetées.

Il fait valoir que :

- à titre principal, en application du principe de la réparation intégrale interdisant la double réparation, la requête doit être rejetée, dès lors que Mme A a déjà été indemnisée par son assureur ;

- à titre subsidiaire, il doit être mis hors de cause, dès lors que l'atteinte du plexus brachial résulte d'une maladresse fautive du chirurgien et que la prise en charge de la complication n'a pas été conforme aux règles de l'art ;

- en tout état de cause, la condition d'anormalité n'est pas remplie ni pour l'atteinte du plexus brachial ni pour la pseudarthrose, qui résulte d'un échec thérapeutique.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 24 décembre 2020 et le 31 août 2022, le centre hospitalier de Cahors, représenté par Me Tamburini-Bonnefoy, conclut, dans le dernier état de ses écritures :

1°) au rejet de toutes les conclusions de la requête des consorts A le concernant ;

2°) au rejet les conclusions présentées par l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- à titre principal, la requête des consorts A doit être rejetée dès lors que ces derniers sollicitent une double indemnisation ;

- à titre subsidiaire, sa responsabilité ne peut pas être engagée dès lors qu'il n'a commis aucune faute et que les séquelles présentées par Mme A sont liées à l'existence de deux accidents médicaux non fautifs.

Par un mémoire enregistré le 4 avril 2023, la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn déclare ne pas intervenir dans la présente instance.

La clôture de l'instruction a été fixée au 14 avril 2023 par une ordonnance du 29 mars 2023.

Par lettre du 27 avril 2023, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires dirigées contre le centre hospitalier de Cahors.

M. et Mme A ont produit une réponse à cette lettre, par courrier enregistré le 30 avril 2023, qui a été communiquée aux parties.

Vu :

- l'ordonnance n°1702830 du 11 avril 2018 par laquelle la juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a taxé et liquidé les frais d'expertise à la somme totale de 1 440 euros ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jorda,

- et les conclusions de M. Daguerre de Hureaux, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 30 septembre 2015, victime d'un accident de la circulation sur son trajet domicile - travail, Mme B A a été transportée au service des urgences du centre hospitalier de Cahors (Lot) où elle a été prise en charge pour un traumatisme crânien, une fracture comminutive avec grand déplacement du tiers moyen de la clavicule gauche et un traumatisme du genou droit. Le 2 octobre 2015, une ostéosynthèse par plaque vissée de la clavicule gauche a été réalisée. Le 10 décembre 2015, un scanner a mis en évidence une pseudarthrose concernant la fracture de la clavicule et le 10 janvier 2016 un autre scanner a objectivé un démontage de l'ostéosynthèse, la partie interne de la plaque faisant saillie sous la peau. Le 26 février 2016, Mme A a subi une reprise de l'ostéosynthèse de la clavicule gauche par plaque vissée avec autogreffe osseuse qui a fait apparaître une compression du plexus brachial survenue au cours de la première intervention. S'estimant lésée, Mme A a fait réaliser deux expertises privées, rendues les 13 février 2016 et 3 février 2017, puis elle a saisi le juge des référés qui a ordonné une expertise judiciaire le 20 septembre 2017. Le rapport définitif déposé le 20 mars 2018 a conclu à l'existence de deux aléas thérapeutiques, une atteinte du plexus brachial survenu lors de la première intervention le 2 octobre 2015 et une pseudarthrose en lien avec le démontage de l'ostéosynthèse de la clavicule gauche effectué lors de la seconde intervention. En parallèle, elle a saisi le tribunal de grande instance de Cahors qui a condamné, par jugement du 6 septembre 2019, l'assureur de Mme A à lui verser la somme totale de 47 961,01 euros. Par la présente requête, M. et Mme A demandent au tribunal de condamner solidairement l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) et le centre hospitalier de Cahors à verser à Mme A la somme de 261 703,53 euros en réparation de ses préjudices, à M. A la somme de 130 222,52 euros en réparation de ses préjudice, subis en tant que victime indirecte, et à ces deux derniers la somme de 1 315,40 euros en réparation de leur préjudice commun.

Sur les conclusions dirigées contre l'ONIAM :

2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. () ". En application des articles L. 1142-17 et L. 1142-22 du même code, la réparation au titre de la solidarité nationale est assurée par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales. Et l'article D. 1142-1 du même code dispose que " () Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical () ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. () ".

3. Si les dispositions du II de l'article L. 1142-1 précité font obstacle à ce que l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales supporte au titre de la solidarité nationale la charge de réparations incombant aux personnes responsables d'un dommage en vertu du I du même article, elles n'excluent toute indemnisation par l'office que si le dommage est entièrement la conséquence directe d'un fait engageant leur responsabilité. En outre, il résulte des dispositions précitées du code de la santé publique que l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1 du même code. Les conditions sont cumulatives. La condition d'anormalité du dommage prévue par ces dispositions doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. Lorsque les conséquences de l'acte médical ne sont pas notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé par sa pathologie en l'absence de traitement, elles ne peuvent être regardées comme anormales sauf si, dans les conditions où l'acte a été accompli, la survenance du dommage présentait une probabilité faible. Elles ne peuvent être regardées comme anormales au regard de l'état du patient lorsque la gravité de cet état a conduit à pratiquer un acte comportant des risques élevés dont la réalisation est à l'origine du dommage.

En ce qui concerne l'atteinte au plexus brachial :

4. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise remis le 20 mars 2018 que l'atteinte au plexus brachial se serait produite lors de l'intervention du 2 octobre 2015 non du fait d'une blessure directe mais du fait d'un étirement ou d'une compression du plexus brachial qui s'est réalisé lors de la réduction de la fracture de la clavicule. Par ailleurs, le rapport de l'expertise réalisée le 3 février 2017 précise que la localisation de la fracture de la clavicule, son caractère et l'exiguïté de la zone concernée, à proximité du plexus et sa grande fragilité, déjà mise à mal par le choc initial, constituaient des facteurs qui prédisposaient à une complication, telle que l'atteinte au plexus brachial rencontrée par Mme A. Dans ces conditions, l'atteinte au plexus brachial ne résulte pas d'une méconnaissance des règles de l'art mais d'un risque accidentel inhérent à l'acte médical, qui ne pouvait être maitrisé. En outre, dès que l'atteinte au plexus brachial a été diagnostiquée, la patiente a été immobilisée conformément aux règles de l'art. Par suite et contrairement à ce que soutient l'ONIAM, en l'absence de toute faute du centre hospitalier de Cahors, l'atteinte au plexus brachial constitue un accident médical non fautif susceptible de mettre en jeu la solidarité nationale pour en indemniser les conséquences dommageables.

5. Toutefois, il résulte également de l'instruction que sans l'opération, la patiente aurait eu une mauvaise consolidation et une difficulté de mobilisation et qu'avec l'opération elle a rencontré des troubles dans la sensibilité nerveuse et une limitation de mobilisation. En outre, l'ONIAM fait valoir, sans être utilement contredit, que, sans l'intervention, la patiente aurait été exposée au même risque de survenance de la complication. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que l'incident dont a été victime Mme A a eu des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles elle était exposée de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que la survenance du dommage présentait une probabilité faible pour regarder comme anormales les conséquences de l'accident médical non fautif. La condition d'anormalité du dommage ne peut donc pas être considérée comme satisfaite. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir des dispositions de de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique.

En ce qui concerne la pseudarthrose :

6. Si la patiente peut se prévaloir d'un déficit fonctionnel temporaire d'au moins 50% pour la période comprise entre le 26 février et le 4 mai 2016, soit pour une période de moins de trois mois, cette situation reste inférieure au seuil défini par les dispositions de l'article D. 1142-1 précité. En outre, Mme A ne démontre pas de troubles dans ses conditions d'existence particulièrement graves liés à la pseudarthrose et il résulte de l'instruction que sans l'opération la seule persistance des douleurs invalidantes aurait justifié les arrêts de travail qui auraient conduit au licenciement pour inaptitude. La condition de gravité du dommage ne peut donc pas être considérée comme satisfaite. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir des dispositions de de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires dirigées contre l'ONIAM doivent être rejetées.

Sur les conclusions dirigées contre le centre hospitalier :

8. Par un mémoire enregistré le 11 février 2022, M. et Mme A ont présenté pour la première fois devant le tribunal administratif des conclusions indemnitaires dirigées contre le centre hospitalier de Cahors. Ces conclusions portent sur un litige dont l'objet et la cause juridique sont distincts de ceux auxquels se rattache la requête introductive d'instance opposant M. et Mme A à l'ONIAM enregistrée le 14 janvier 2020 et sont intervenues en l'absence de toute décision liant le contentieux à l'égard du centre hospitalier de Cahors. Dans ces conditions, ces conclusions indemnitaires ne peuvent être que rejetées comme irrecevables.

Sur les dépens

9. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ".

10. Il y a lieu de rejeter les conclusions de M. et Mme A tendant à ce que les frais de l'expertise ordonnée en référé le 11 avril 2018 soient mis à la charge définitive et solidaire de l'ONIAM et du centre hospitalier de Cahors, qui n'ont pas les qualités de parties perdantes dans la présente instance. Ces frais, d'un montant de 1 440 euros, sont laissés à la charge de M. et Mme A.

Sur les frais liés au litige

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme quelconque soit mise, sur leur fondement, à la charge de l'ONIAM et du centre hospitalier de Cahors, dès lors que ces derniers ne sont pas les parties tenues aux dépens dans la présente instance. Par suite, les conclusions de M. et Mme A présentées sur un tel fondement doivent être rejetées. En outre, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a lieu de rejeter toutes les conclusions présentées par l'ONIAM sur le fondement du même article et celles présentées par le centre hospitalier de Cahors au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à M. C A, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, au centre hospitalier de Cahors et à la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn.

Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Katz, président,

Mme Jorda, conseillère,

Mme Péan, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juin 2023.

La rapporteure,

V. JORDA

Le président,

D. KATZLa greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

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