mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2000434 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | NASSIET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 24 janvier 2020, le 15 mars 2021 et le 23 décembre 2021, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Airlines Engineering, représentée par Me Nassiet, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de retenue à la source mis à sa charge au titre des années 2015 et 2016 d'un montant total, après dégrèvement, de 103 282 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
La société Airlines Engineering soutient que :
- la proposition de rectification n'est pas suffisamment motivées dès lors que le service vérificateur n'indique pas où se trouve le siège réel de la société prestataire ; ce faisant elle méconnaît les droits de la défense ;
- le rappel de la retenue à la source sur le fondement des dispositions de l'article 182 B du code général des impôts n'est pas justifié dès lors que le fait que son représentant soit domicilié à la même adresse que la société Airlines Consultant Support LLC n'est pas proscrit ; il en va de même du fait que 189 sociétés aient leurs sièges sociaux à la même adresse, cela s'apparentant à des centres de domiciliations existant en France ; l'administration fiscale ne rapporte pas la preuve que la société Airlines Consultant Support LLC ne dispose pas à son adresse de domiciliation de locaux, ni de moyens d'exploitation lui permettant de développer son activité de maintenance d'aéronefs ; ni la société Airlines Engineering ni son dirigeant ne sont associés ou dirigeants d'Airlines Consultant Support LLC ; le service vérificateur n'apporte pas la preuve que la société Airlines Consultant Support LLC ne dispose pas dans le Delaware de centre décisionnel, de services administratifs, de services comptables, de services juridiques ou de services financiers ; le service ne justifie pas de la fictivité du siège de la société Airlines Consultant Support LLC situé aux Etats-Unis et ne pourrait donc, à ce titre, se prévaloir de la convention fiscale franco-américaine ;
- la retenue à la source prévue par les dispositions de l'article 182 B du code général des impôts ne s'applique qu'aux sociétés qui n'ont pas en France d'installation professionnelle permanente ;
- la convention franco-américaine prime sur le droit interne et doit dès lors s'appliquer dans la mesure où le siège social de la société Airlines Consultant Support LLC se situe au Delaware ;
- aucune pénalité ni amende ne peut lui être infligée eu égard à l'irrégularité de la procédure de rectification et au caractère infondé des droits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2020, le directeur chargé de la direction du contrôle fiscal Sud-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Airlines Engineering ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention fiscale conclue le 31 août 1994 entre la France et les Etats-Unis d'Amérique, destinée à éviter les doubles impositions en matière d'impôts sur le revenu et sur la fortune, modifiée ;
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Biscarel,
- les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique,
- et les observations de Me Nassiet représentant l'EURL Airlines Engineering.
Considérant ce qui suit :
1. L'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Airlines Engineering, dont le siège social est situé à Blagnac, exerce une activité de maintenance aéronautique. Cette société a fait l'objet d'un examen de comptabilité du 15 mai 2018 au 28 septembre 2018 pour la période du 1er janvier 2015 au 31 mars 2018 s'agissant de retenue à la source visée à l'article 182 B du code général des impôts. A l'issue de ce contrôle, une proposition de rectification lui a été adressée le 1er octobre 2018. Par un courrier du 29 mars 2019, la société Airlines Engineering a présenté une réclamation préalable à laquelle il a été partiellement fait droit par une décision du 21 novembre 2019. Par sa requête, la société Airlines Engineering demande la décharge des rappels de retenue à la source mis à sa charge au titre des années 2015 et 2016, d'un montant total, après dégrèvement, de 103 282 euros.
Sur la régularité de la procédure :
2. Aux termes de l'article L.57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. " et aux termes de l'article R*57-1 de ce livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition, prorogé, le cas échéant, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de cet article. ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les rehaussements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs.
3. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 1er octobre 2018 adressée à la société Airlines Engineering comporte la nature et le montant des rectifications envisagées, les années concernées, les motifs sur lesquels l'administration s'est fondée pour justifier de l'application de la retenue à la source sur le fondement de l'article 182 B du code général des impôts. Par ailleurs, dans le cadre de cette procédure, la société requérante a pu présenter des observations le 30 novembre 2018. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'administration a insuffisamment motivé sa proposition de rectification et, ce faisant, aurait méconnu les droits de la défense.
Sur le bien-fondé des impositions :
4. Si une convention bilatérale conclue en vue d'éviter les doubles impositions peut, en vertu de l'article 55 de la Constitution, conduire à écarter, sur tel ou tel point, la loi fiscale nationale, elle ne peut pas, par elle-même, directement servir de base légale à une décision fondant l'imposition. Par suite, il incombe au juge de l'impôt, lorsqu'il est saisi d'une contestation relative à une telle convention, de se placer d'abord au regard de la loi fiscale nationale pour rechercher si, à ce titre, l'imposition contestée a été valablement établie et, dans l'affirmative, sur le fondement de quelle qualification. Il lui appartient ensuite, le cas échéant, en rapprochant cette qualification des stipulations de la convention, de déterminer en fonction des moyens invoqués devant lui ou même, s'agissant de déterminer le champ d'application de la loi, d'office, si cette convention fait ou non obstacle à l'application de la loi fiscale.
S'agissant de l'application de la loi fiscale :
5. Aux termes de l'article 182 B du code général des impôts : " I. - Donnent lieu à l'application d'une retenue à la source lorsqu'ils sont payés par un débiteur qui exerce une activité en France à des personnes ou des sociétés, relevant de l'impôt sur le revenu ou de l'impôt sur les sociétés, qui n'ont pas dans ce pays d'installation professionnelle permanente : () c. Les sommes payées en rémunération des prestations de toute nature fournies ou utilisées en France./ II. - Le taux de la retenue est celui prévu à la première phrase du deuxième alinéa du I de l'article 219./ Il est ramené à 15 % pour les rémunérations visées au d du I./ La retenue s'impute sur le montant de l'impôt sur le revenu établi dans les conditions prévues à l'article 197 A./ III. - Le taux de la retenue est porté à 75 % lorsque les sommes et produits, autres que les salaires, mentionnés au I sont payés à des personnes domiciliées ou établies dans un Etat ou territoire non coopératif au sens de l'article 238-0 A autre que ceux mentionnés au 2° du 2 bis du même article 238-0 A, sauf si le débiteur apporte la preuve que ces sommes correspondent à des opérations réelles qui ont principalement un objet et un effet autres que de permettre leur localisation dans un Etat ou territoire non coopératif. Cette retenue est libératoire de l'impôt sur le revenu et n'est pas remboursable. ". Il résulte de ces dispositions que sont soumises à retenue à la source les sommes payées par une société qui exerce une activité en France à des personnes ou des sociétés qui n'y disposent pas d'une installation professionnelle permanente, en rémunération de prestations qui sont soit matériellement fournies en France, soit, bien que matériellement fournies à l'étranger, effectivement utilisées par le débiteur pour les besoins de son activité en France.
6. La société Airlines Engineering soutient que les rappels de retenue à la source établis sur le fondement des dispositions précitées de l'article 182 B du code général des impôts sont infondés dès lors que le siège social de la société prestataire Airlines Consultant Support LLC se situe bien au Delaware et, ce faisant, la convention fiscale franco-américaine doit s'appliquer, conformément au principe de primauté des conventions internationales sur le droit interne.
7. Il résulte tout d'abord de l'instruction que l'administration fiscale a diligenté le 11 juin 2018, pour les besoins de l'examen de la comptabilité, une assistance administrative auprès des autorités américaines, sur le fondement des stipulations de l'article 27 de la convention fiscale franco-américaine du 31 août 1994, concernant la société Airlines Consultant Support LLC en relation d'affaires avec la société Airlines Engineering, exerçant son activité de maintenance aéronautique en France. A la date de la proposition de rectification, le 1er octobre 2018, les autorités fiscales américaines n'avaient pas répondu à cette demande. Dès lors, l'administration fiscale s'est appuyée sur une précédente assistance administrative effectuée le 8 juillet 2015 dans le cadre de la procédure de vérification de comptabilité qui s'est déroulée du 8 septembre 2015 au 24 novembre 2015 et dont il ressort que M. B est l'associé unique de la société, que la société Airlines Consultant Support LLC n'a aucun salarié à l'adresse de son siège social statutaire, qu'aucune activité n'est réalisée par la société aux Etats-Unis et que cette société n'a pas déclaré de bénéfice ni de chiffre d'affaires aux Etats-Unis. L'administration fiscale déduit de ces éléments que le siège de la direction statutaire de la société Airlines Consultant Support LLC revêt un caractère fictif. Ensuite, il résulte des éléments figurant dans la proposition de rectification que l'administration fiscale a estimé, sans être utilement contredite, que les prestations de services ont été réalisées et utilisées en France dans le cadre d'une convention de mise à disposition de personnels, conclue entre les sociétés Airlines Engineering et Airlines Consultant Support LLC dès lors que la société Airlines Engineering a bénéficié de prestations de mise à disposition de personnel, qui lui ont été facturées à hauteur de 144 210 euros pour l'année 2015 et 16 300 euros pour l'année 2016. Enfin, les sommes payées par un débiteur exerçant une activité en France à des personnes morales qui n'ont pas dans ce pays d'installations professionnelles permanentes, donnent lieu à retenue à la source lorsque ces personnes morales relèvent de l'impôt sur les sociétés, sans qu'il y ait lieu de rechercher si elles ont été effectivement soumises à cet impôt. Ainsi, l'EURL Airlines Engineering ne peut utilement se prévaloir de la localisation du siège social de la société Airlines Consultant Support LLC dans le Delaware, dès lors que la troisième condition posée par l'article 182 B du code général des impôts précité consiste en l'absence d'installation permanente en France de la société bénéficiaire des sommes versées. A cet égard, il résulte de la proposition de rectification que l'administration fiscale, pour justifier les rappels de prélèvement à la source, s'est fondée à bon droit sur la circonstance que le prestataire ne disposait pas d'une base fixe d'affaires déclarée en France, avec laquelle la société Airlines Engineering aurait été en relation d'affaires. Par suite, les sommes payées par l'EURL Airlines Engineering à la société Airlines Consultant Support LLC en échange de la mise à disposition de personnels devaient, par principe, faire l'objet d'un prélèvement à la source en application de la loi française.
S'agissant de l'application de la convention fiscale franco-américaine :
8. Aux termes de l'article 4 de la convention fiscale franco-américaine visée ci-dessus : " 1. Au sens de la présente Convention, l'expression " résident d'un Etat contractant " désigne toute personne qui, en vertu de la législation de cet Etat, est assujettie à l'impôt dans cet Etat en raison de son domicile, de sa résidence, de son siège de direction, de son siège social, ou de tout autre critère de nature analogue. ". En vertu de son article 7.1 : " " Les bénéfices d'une entreprise d'un Etat contractant ne sont imposables que dans cet Etat, à moins que l'entreprise n'exerce son activité dans l'autre Etat contractant par l'intermédiaire d'un établissement stable qui y est situé. Si l'entreprise exerce son activité d'une telle façon, les bénéfices de l'entreprise sont imposables dans l'autre Etat mais uniquement dans la mesure où ils sont imputables à cet établissement stable. ".
9. S'il incombe à l'administration, lorsqu'elle fait application des dispositions de l'article 182 B du code général des impôts, d'établir que le débiteur de la retenue à la source a manqué à ses obligations, il appartient au juge d'apprécier, au vu du dossier qui lui est soumis par l'administration et le contribuable, si une convention fiscale bilatérale, en l'espèce la convention fiscale franco-américaine signée le 31 août 1994, est susceptible de faire échec à l'application des dispositions précitées du code général des impôts.
10. Si l'EURL Airlines Engineering entend se prévaloir des stipulations de l'article 7.1 de la convention fiscale franco-américaine, pour soutenir que les sommes en cause ne sont imposables qu'aux Etats-Unis, l'administration fiscale, dans sa proposition de rectification du 1er octobre 2018 fait valoir que la société Airlines consultant ne possède pas de siège effectif et n'a pas payé l'impôt dès lors qu'elle ne réalise aucun chiffre d'affaires.
11. La société Airlines Engineering soutient qu'elle n'est pas redevable de la retenue à la source prévue par l'article 182 B du code général des impôts dans la mesure où le droit à imposer des bénéfices et revenus résultant des prestations payées à une société aux États-Unis revient exclusivement à cet État. En défense, l'administration fiscale fait valoir que la qualité de résident fiscal aux États-Unis de la société Airlines Consultant Support LLC n'est pas établie dès lors qu'elle ne peut être regardée comme ayant son siège statutaire dans le Delaware et qu'elle n'a pas payé l'impôt en l'absence de réalisation de chiffre d'affaires. Toutefois, il résulte de l'instruction, sans que cela soit contredit par la société requérante, que la société Airlines Consultant support LLC ne dispose pas d'un siège de direction dans le Delaware mais seulement d'une adresse de domiciliation, comme 189 autres sociétés, à la même adresse que la société Esmology, désignée pour la représenter et offrant des services de création de sociétés et de compte offshore. Par ailleurs, elle n'a pas de salarié. En outre, l'administration n'est pas utilement contredite quand elle indique que la société américaine n'a comptabilisé aucune charge d'exploitation. Ainsi, l'administration fiscale en déduit que le siège social de la société Airlines Consultant Support LLC est fictif dès lors qu'il ne dispose pas de locaux, ni de salarié, ni de moyens d'exploitation, ni d'un centre décisionnel, de services administratifs, comptables, juridiques ou financiers. Enfin, les éléments apportés par l'EURL Airlines Engineering, notamment un courrier d'un avocat représentant les intérêts de la société Airlines Consultant Support LLC du 13 mai 2016 se bornant à indiquer que cette dernière est immatriculée dans le Delaware, ayant une activité réelle et effectuant les activités professionnelles prévues à son objet ne peut être regardée comme étant de nature à remettre en cause les éléments apportés par l'administration fiscale selon lesquels la société Airlines Enginnering ne peut se prévaloir de ce que la société prestataire serait une société résidente américaine et n'est donc pas fondée à demander l'application des dispositions de la convention fiscale franco-américaine.
12. Dans ces conditions, la société Airlines Consultant Support LLC ne peut être regardée comme résidente au sens de la convention fiscale franco-américaine. Par suite, la société Airlines Engineering ne saurait revendiquer le bénéfice des stipulations du 1 de l'article 7 de cette convention pour prétendre au bénéfice d'une exonération de retenue à la source.
Sur les amendes :
13. Aux termes des dispositions du I de l'article 1737 du code général des impôts : " I. - Entraîne l'application d'une amende égale à 50 % du montant :/ 1. Des sommes versées ou reçues, le fait de travestir ou dissimuler l'identité ou l'adresse de ses fournisseurs ou de ses clients, les éléments d'identification mentionnés aux articles 289 et 289 B et aux textes pris pour l'application de ces articles ou de sciemment accepter l'utilisation d'une identité fictive ou d'un prête-nom ; () ". Il résulte de ces dispositions que l'administration peut mettre l'amende ainsi prévue à la charge de la personne qui a délivré la facture ou à la charge de la personne destinataire de la facture, si elle établit que la personne concernée a soit travesti ou dissimulé l'identité, l'adresse ou les éléments d'identification de son client ou de son fournisseur, soit accepté l'utilisation, en toute connaissance de cause, d'une identité fictive ou d'un prête-nom.
14. Il résulte de l'instruction, comme cela a été dit précédemment, que la société Airlines Consultant support LLC est une société fictivement domiciliée dans le Delaware aux États-Unis. L'administration fiscale, pour établir le caractère fictif des factures pour l'application des dispositions du 1 de l'article 1737 précitées, soutient, sans être utilement contredite, que le gérant de la société Airlines Engineering ne pouvait ignorer le caractère fictif de la société Airlines Consultant Support LLC dès lors que le gérant de cette dernière était salarié de la société Airlines Engineering. L'administration fiscale fait enfin valoir, sans être sérieusement contestée, que la société Airlines Engineering a accepté sciemment l'utilisation d'une identité fictive par le biais de la délivrance de factures de prestations de service à l'entête de Airlines Consultant Support LLC sise au Delaware. Ce faisant la société Airlines Engineering a sciemment comptabilisé des factures de complaisance permettant de masquer le réel bénéficiaire des commissions versées en rémunérations des prestations effectuées. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à demander la décharge de l'amende qui lui a été infligée sur le fondement des dispositions précitées au titre de l'ensemble de la période vérifiée.
Sur les pénalités :
En ce qui concerne les intérêts de retard :
15. Aux termes de l'article 1727 du code général des impôts : " I. Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard. A cet intérêt s'ajoute, le cas échéant, les sanctions prévues au présent code. ".
16. D'une part, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les intérêts de retard qui lui ont été appliqués seraient infondés par voie de conséquence de l'absence de bien-fondé des impositions litigieuses.
17. D'autre part, les intérêts de retard prévus par les dispositions précitées de l'article 1727 du code général des impôts s'appliquent indépendamment de toute appréciation portée par l'administration fiscale sur le comportement du contribuable dès lors qu'ils visent essentiellement à réparer les préjudices de toute nature subis par l'Etat à raison du non-respect par les contribuables de leurs obligations de déclarer et de payer l'impôt aux dates légales.
En ce qui concerne la majoration pour défaut de déclarations fiscales :
18. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : / a. 10 % en l'absence de mise en demeure ou en cas de dépôt de la déclaration ou de l'acte dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai () ".
19. Il résulte de l'instruction que la société Airlines Engineering n'a pas souscrit de déclaration de retenue à la source en application des dispositions de l'article 182 B du code général des impôts. L'administration fiscale était donc fondée, en application des dispositions précitées de l'article 1728 du code général des impôts, à lui appliquer la pénalité de 10 % prévue dans pareil cas, sans que la société requérante puisse utilement se prévaloir du caractère infondé des rappels. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à demander la décharge des pénalités auxquelles elle a été assujettie en matière de retenue à la source sur la période du 1er janvier 2015 au 31 mars 2018.
20. Il résulte de tout ce qui précède que l'EURL Airlines Engineering n'est pas fondée à demander la décharge, en droits et pénalités, des impositions supplémentaires et amendes en litige. Par voie de conséquence, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de l'EURL Airlines Engineering est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'EURL Airlines Engineering, à la société par actions simplifiée (SAS) BDR et Associés, et à la direction de contrôle fiscal Sud-Pyrénées.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Héry, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
La rapporteure,
B. BISCAREL
La présidente,
F. HÉRY La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026