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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2002129

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2002129

mardi 4 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2002129
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCP BLANCHET - DELORD - RODRIGUEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 mai 2020, M. et Mme A, représentés par Me Rodriguez, demandent au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des impositions supplémentaires sur les revenus des années 2015, 2016 et 2017 l'année 2016 pour un montant de 16 435 euros en droits et mises en recouvrement le 30 septembre 2019, assortie des intérêts moratoires ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que le service vérificateur a fait une inexacte application des dispositions de l'article 44 sexies du code général des impôts en considérant que son activité libérale était une restructuration de son activité salariale préexistante au sein du centre hospitalier de Cahors.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2020, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 17 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 11 mars 2022 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 portant adaptation des règles applicables devant les juridictions de l'ordre administratif

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les conclusions de M. Luc, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, médecin spécialisé en chirurgie viscérale et praticien hospitalier au sein du centre hospitalier de Cahors, a introduit une réclamation contentieuse devant l'administration fiscale afin d'obtenir la décharge et la restitution d'une partie des sommes qu'il a versées au titre de l'impôt sur le revenu pour les années 2013 et 2014, estimant qu'il aurait dû bénéficier du régime d'allégement de l'impôt sur les bénéfices prévus par l'article 44 sexies du code général des impôts. Sa réclamation a été rejetée le 3 mai 2016. Par un jugement en date du 28 mai 2018, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande de réduction des cotisations d'impôt sur le revenu qu'il a acquittées au titre des années 2013 et 2014. Par un arrêt du 18 juin 2020, la cour administrative d'appel de Bordeaux a confirmé ce jugement. Pour les années 2015, 2016 et 2017, M. A a également choisi de se placer sous le bénéfice du régime de l'article 44 sexies déjà cité. Par une proposition de rectification du 30 juillet 2018, l'administration a remis en cause le bénéfice de ce régime d'exonération. Les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 30 septembre 2019. M. A a contesté ces impositions supplémentaires par une réclamation préalable du 30 octobre 2019. Celle-ci a donné lieu à une décision de rejet en date du 24 février 2020. M. A demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions supplémentaires.

Sur le bien-fondé des impositions contestées :

2. Aux termes de l'article 44 sexies du code général des impôts dans sa version alors en vigueur : " I. Les entreprises soumises de plein droit ou sur option à un régime réel d'imposition de leurs résultats et qui exercent une activité industrielle, commerciale ou artisanale au sens de l'article 34 sont exonérées d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés à raison des bénéfices réalisés, à l'exclusion des plus-values constatées lors de la réévaluation des éléments d'actif, jusqu'au terme du vingt-troisième mois suivant celui de leur création et déclarés selon les modalités prévues à l'article 53 A. Dans les zones de revitalisation rurale mentionnées à l'article 1465 A, le bénéfice des dispositions du présent article est également accordé aux entreprises qui exercent une activité professionnelle au sens du 1 de l'article 92, ainsi qu'aux contribuables visés au 5° du I de l'article 35. () Le bénéfice du présent article est réservé aux entreprises qui se créent dans les zones et durant les périodes suivantes, à la condition que le siège social ainsi que l'ensemble de l'activité et des moyens d'exploitation soient implantés dans l'une de ces zones : 1° A compter du 1er janvier 1995 et jusqu'au 31 décembre 2010, dans les zones de revitalisation rurale mentionnées à l'article 1465 A () Toutefois, les entreprises qui se sont créées à compter du 1er janvier 2004 jusqu'au 31 décembre 2010 dans les zones de revitalisation rurale mentionnées à l'article 1465 A, et à la condition que le siège social ainsi que l'ensemble de l'activité et des moyens d'exploitation soient implantés dans ces zones, sont exonérées d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés à raison des bénéfices réalisés, à l'exclusion des plus-values constatées lors de la réévaluation des éléments d'actif, jusqu'au terme du cinquante-neuvième mois suivant celui de leur création et déclarés selon les modalités prévues à l'article 53 A. Ces bénéfices sont soumis à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés à hauteur de 40 %, 60 % ou 80 % de leur montant selon qu'ils sont réalisés respectivement au cours des cinq premières, des sixième et septième ou des huitième et neuvième périodes de douze mois suivant cette période d'exonération. () III. Les entreprises créées dans le cadre d'une concentration, d'une restructuration, d'une extension d'activités préexistantes ou qui reprennent de telles activités ne peuvent pas bénéficier du régime défini au paragraphe I. ". Au sens des dispositions précitées, les entreprises créées dans le cadre de la restructuration d'activité sont notamment celles qui ont un objet similaire à une activité préexistante, présentent des liens privilégiés avec cette dernière et bénéficient d'un transfert ou d'un partage des moyens d'exploitation.

3. Il résulte de l'instruction que M. A, médecin spécialisé en chirurgie viscérale et praticien hospitalier au sein du centre hospitalier de Cahors depuis le 1er novembre 2005, a débuté une activité libérale au sein du même établissement et dans la même spécialité par un contrat d'activité libérale conclu le 30 mai 2008, renouvelé le 1er avril 2013 et dans les conditions fixées par les articles L. 6154-1 à L. 6154-6 du code de la santé publique. L'article 2 de ce contrat stipule que le requérant exerce à titre principal une activité salariée de même nature que son activité libérale. A cet égard, l'attribution d'un code APE distinct de celui de l'activité du centre hospitalier n'est que la conséquence de la large gamme de soins pratiquée par un établissement hospitalier en comparaison de l'activité unique d'un praticien libéral spécialiste en chirurgie viscérale. Par ailleurs, le même article stipule que l'intéressé ne peut consacrer à son activité libérale plus de 20 % de la durée de service hospitalier hebdomadaire à laquelle il est astreint. En outre, l'article 8 du contrat d'activité libérale stipule que le centre hospitalier de Cahors met à la disposition du requérant " les moyens nécessaires pour lui permettre d'exercer son art () ". Ainsi, nonobstant l'absence de transfert de clientèle du centre hospitalier, un partage de moyens est bien caractérisé entre les deux activités exercées par M. A.

4. Il résulte de ce qui précède que l'administration a fait une exacte application des dispositions de l'article 44 sexies du code général des impôts, et que c'est à bon droit qu'elle a exclu l'activité libérale de M. A, en vertu du III de l'article précité, du bénéfice de ce régime d'exonération. Par suite, les conclusions aux fins de décharge des suppléments d'impositions auxquels M. A a été assujetti au titre des années 2015, 2016 et 2017 doivent être rejetées.

Sur les intérêts moratoires :

5. Aux termes de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales : " Quand l'Etat est condamné à un dégrèvement d'impôt par un tribunal (), les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable et donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires dont le taux est celui de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts () ".

6. Il n'existe aucun litige né et actuel entre le comptable chargé du paiement des intérêts moratoires visés à l'article L. 208 précité et les requérants. Dès lors, les conclusions tendant au paiement de ces intérêts ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.

Sur les frais exposés par les parties à l'occasion du litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, pour la direction régionale des finances publiques d'Occitanie et du département de Haute-Garonne, verse à M. et Mme A une somme de 2 500 euros que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Mme C A et au directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Truilhé, président,

- M. Déderen, premier conseiller,

- M. Zabka, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.

Le rapporteur,

N. B

Le président,

J-C. TRUILHÉ La greffière,

M-E. LATIF

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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