jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2002340 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MARQUINA-PELISSIER MARIANNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 3 juin 2020, le 22 octobre 2020 et le 21 mars 2023, Mmes D, B et C A, représentées par Me Marquina-Pelissier, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures, de condamner l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et infections nosocomiales (l'ONIAM) à leur verser une somme totale d'un montant de 313 430,30 euros en réparation des préjudices qu'elles imputent à l'accident médical non fautif dont Jean-Michel A a été victime le 10 mars 2017 et qui a provoqué son décès.
Elles soutiennent que :
- les conditions de l'indemnisation des préjudices par l'ONIAM sont remplies, sur le fondement de l'article L. 1142-1 II du code de la santé publique et de l'article D. 1142-1 du même code, en raison de l'accident médical non fautif dont Jean-Michel A a été victime au cours de la fibroscopie bronchique ayant entrainé son décès le 10 mars 2017 ;
- le montant total des préjudices subis par son épouse et ses filles résultant de cet accident médical s'élève à 313 430,30 euros, lequel se décompose comme suit :
' s'agissant de Mme D A, épouse E A :
* 30 000 euros au titre de son préjudice d'affection ;
* 147 465,41 euros au titre de sa perte de revenus ;
' s'agissant de Mme B A, fille ainée E A :
* 30 000 euros au titre de son préjudice d'affection ;
' s'agissant de Mme C A, fille cadette E A :
* 30 000 euros au titre de son préjudice d'affection ;
* 30 964,89 euros au titre des pertes de revenus résultant du décès de son père et jusqu'à ses 62 ans, date à laquelle il aurait dû prendre sa retraite ;
' s'agissant des préjudices subis par les requérantes en leur qualité d'ayants-droit :
* 3 062,53 euros au titre des frais d'obsèques ;
* 45 000 euros au titre des souffrances endurées par Jean-Michel A, évaluées à 5/7 par l'expert.
Par trois mémoires en défense, enregistrés le 23 septembre 2020, le 26 février 2021 et le 29 mars 2023, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et infections nosocomiales, représenté par Me Ravaut, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à ce que les prétentions indemnitaires formulées par Mmes A soient ramenées à de plus justes proportions, et au rejet des demandes indemnitaires présentées au titre des frais d'obsèques ;
2°) de statuer sur les dépens.
Il fait valoir que :
- il n'entend pas contester devoir indemniser les préjudices résultant de l'accident médical non fautif ayant entrainé le décès E A ;
- les prétentions indemnitaires doivent être ramenées à de plus justes proportions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Péan, rapporteure,
- les conclusions de M. Daguerre de Hureaux, rapporteur public,
- et les observations de Me Marquina-Pelissier, représentant Mmes D, B et C A.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 février 2017, Jean-Michel A a consulté un pneumologue qui lui a prescrit la réalisation d'un scanner ainsi qu'une fibroscopie bronchique en raison d'une image suspecte détectée sur une radiographie pulmonaire. En rentrant à son domicile le même jour, Jean-Michel A, alors âgé de 55 ans, a fait une chute et a été hospitalisé au centre hospitalier de Castres où une lésion de la 9ème vertèbre dorsale a été identifiée. Son hospitalisation s'est prolongée en raison d'une toux sèche persistante et d'un problème pulmonaire infectieux. Après une période de sevrage de son antiagrégant plaquettaire, la fibroscopie bronchique a été réalisée sous anesthésie locale le 10 mars 2017. Au cours de cet examen, lors de la 3ème biopsie, une hémoptysie cataclysmique s'est déclenchée et a provoqué le décès en quelques minutes E A. Suite aux avis rendus par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, qui a retenu que le décès E A était imputable à un accident médical non fautif, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et infections nosocomiales a adressé à Mmes A des protocoles d'indemnisation transactionnelle qu'elles ont rejetés. Par la présente requête, les requérantes demandent tribunal de condamner l'ONIAM à leur verser une somme totale de 313 430,30 euros en réparation des préjudices qu'elles imputent à l'accident médical non fautif subi par Jean-Michel A.
Sur l'indemnisation au titre de la solidarité nationale :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 II du code de la santé publique : " () II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. ". Aux termes de l'article L. 1142-22 du même code : " L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est un établissement public à caractère administratif de l'Etat, placé sous la tutelle du ministre chargé de la santé. Il est chargé de l'indemnisation au titre de la solidarité nationale, dans les conditions définies au II de l'article L. 1142-1 () des dommages occasionnés par la survenue d'un accident médical (). ". Aux termes de l'article L. 1142-20 du même code : " La victime, ou ses ayants droit, dispose du droit d'action en justice contre l'office si aucune offre ne lui a été présentée ou si elle n'a pas accepté l'offre qui lui a été faite. () ". Aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que d'une part, l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1 précité, soit 24 %. D'autre part, le refus par la victime de l'offre adressée par l'ONIAM en vertu de l'article L. 1142-17 du code de la santé publique, rend celle-ci caduque, de sorte que l'office s'en trouve délié, et qu'il appartient à la juridiction, saisie par la victime comme le lui permet l'article L. 1142-20 du même code, de statuer tant sur l'existence que sur l'étendue de ses droits.
4. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du 2 mars 2018, dont les conclusions ne sont pas contestées par l'ONIAM, qu'il est constant qu'aucune faute à l'origine du décès E A ne peut être imputée au centre hospitalier de Castres, lequel a procédé à une prise en charge du patient dans les règles de l'art. En outre, il résulte également de l'instruction que l'ensemble des complications survenues ont pour origine un acte de soin, à savoir la troisième biopsie réalisée lors de la fibroscopie bronchique qui a eu lieu le 10 mars 2017. La complication survenue s'explique par un prélèvement accidentel sur une artère bronchique, invisible au scanner, qui a entrainé une hémorragie et le décès en quelques minutes E A. Cette complication gravissime constitue une conséquence anormale, au regard de la fréquence de sa survenance, de l'état de santé E A comme de l'évolution prévisible de celui-ci au sens des dispositions précitées du code de la santé publique. Par suite, Mmes A sont fondées à demander la réparation intégrale de cet accident médical non fautif et de ses conséquences dommageables au titre de la solidarité nationale.
Sur l'évaluation des préjudices :
5. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède sans que ses droits aient été définitivement fixés, c'est-à-dire, en cas de litige, avant qu'une décision juridictionnelle définitive ait fixé le montant de l'indemnisation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers. Cependant, le préjudice subi par la victime, ayant cessé au moment du décès, doit être évalué à la date de cet événement, y compris lorsque le décès est lié au fait ouvrant droit à indemnisation, auquel cas d'ailleurs ce décès peut être pris en compte au titre du droit à réparation des proches de la victime. Ces règles sont également applicables à l'indemnisation de dommages corporels au titre de la solidarité nationale.
En ce qui concerne les souffrances endurées et à la douleur morale éprouvée par Jean-Michel A du fait de la conscience d'une mort imminente :
6. Le droit à réparation du préjudice résultant pour la victime de la douleur morale qu'elle a éprouvée du fait de la conscience d'une mort imminente constitue un droit entré dans son patrimoine avant son décès qui peut être transmis à ses héritiers. Il en va de même pour ce qui concerne les douleurs physiques que la victime a pu subir. A ce titre, Jean-Michel A, alors sous anesthésie locale, a eu pleine conscience de son étouffement, qui ne pouvait que provoquer une angoisse extrême, et a supporté des douleurs estimées à 5 sur une échelle de 1 à 7 par l'expert judiciaire. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 8 000 euros.
En ce qui concerne les préjudices propres de Mmes D, B et C A :
S'agissant des préjudices patrimoniaux :
Quant aux frais d'obsèques :
7. Les victimes indirectes ont droit à être indemnisées des frais relatifs à une sépulture décente, pourvu qu'ils ne soient pas excessifs ni dépourvus de lien de causalité directe avec les fautes commises. A cet égard, l'ONIAM n'est pas fondé à faire valoir que Mme C A a perçu une somme d'un montant de 3 404 euros au titre du capital décès versé par la caisse primaire d'assurance malade de la Haute-Garonne dès lors que ce capital décès n'a pas vocation à indemniser les frais funéraires. Ainsi, et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que ces frais funéraires seraient excessifs ou présenteraient un caractère somptuaire, Mme D A établit avoir exposé des frais funéraires dont le montant s'élève à 3062,53 euros. Dans ses conditions, Mme D A est fondée à en demander le remboursement.
Quant à la perte de revenus de Mme D A :
8. Il résulte de l'instruction que Jean-Michel A percevait un revenu annuel de 19 308,2 euros au vu du montant de sa pension d'invalidité et de la rente qu'il percevait. Il résulte de l'avis d'imposition sur les revenus 2016 que son épouse, adjoint d'animation principal au sein de la mairie de Lacaune, percevait un revenu annuel de référence de 17 257 euros. Le revenu annuel de référence du ménage des époux A s'élève donc à 36 565,2 euros. Compte tenu de la part d'autoconsommation du défunt qui peut être, dans les circonstances de l'espèce, évaluée à 20 %, soit 7 313,04 euros, et qui s'impute sur la totalité du budget familial, la part des revenus du ménage disponible pour l'épouse et l'enfant mineure qui restait à charge s'élevait à la somme de 29 252,16 euros par an.
9. S'agissant de la période s'échelonnant du 11 mars 2017 au 30 novembre 2021, il résulte de l'instruction que les revenus annuels de Mme A s'élèvent en moyenne à une somme de 17 825 euros. La perte de revenus de Mme A s'élève donc à un montant annuel de 10 068,24 euros par an, après déduction des prestations qui lui ont été versées par la caisse d'allocations familiale. Compte tenu de sa part de consommation qui peut être évaluée à 70%, il sera fait une juste appréciation de son préjudice pour cette période en allouant à la requérante une somme de 33 327,25 euros.
10. S'agissant de la période s'échelonnant du 1er décembre 2021 à la date du présent jugement, il résulte de l'instruction que les revenus annuels de Mme A s'élèvent en moyenne à une somme de 17 825 euros. La perte de revenus de Mme A s'élève à un montant annuel de 4 537,33 euros par an, après déduction des sommes qui lui ont été versées par la caisse nationale d'assurance vieillesse et l'AGIRC-ARRCO. Compte tenu de sa part de consommation, il sera fait une juste appréciation de son préjudice pour cette période en allouant à la requérante une somme de 5 003,50 euros.
11. S'agissant de la période postérieure à la mise à disposition du présent jugement, et qui correspond à la période à laquelle il y a lieu de considérer que Jean-Michel A aurait pris sa retraite, il y a lieu d'évaluer le préjudice patrimonial du foyer au regard d'une perte de revenus constitués par la pension de retraite de la victime directe à compter du 28 juin 2023. Il résulte de l'instruction que si Jean-Michel A avait pu prendre sa retraite à l'âge de 62 ans, soit le 27 juin 2023, il aurait perçu une retraite d'un montant pouvant être évalué à un montant de 494,78 euros versé par la caisse nationale d'assurance vieillesse, et un montant de 515,42 euros versé par l'AGIRC-ARRCO, soit des pensions de retraite d'un montant total de 1 010,19 euros par mois. Il y a lieu de considérer que Mme D A aurait conservé les mêmes revenus de référence que ceux mentionnés ci-dessus, portant le revenu annuel de référence du ménage à 29 379,33 euros. Compte tenu de la part d'autoconsommation du défunt qui peut être, dans les circonstances de l'espèce, évaluée à 20 %, soit un montant de 5 875,87 euros, et s'imputer sur la totalité du budget familial, la part des revenus du ménage disponible pour l'épouse et sa fille s'élève à la somme de 23 503,47 euros par an. Toutefois, après prise en compte des montants de référence des salaires et pensions de réversions perçus par Mme D A, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle subirait une perte de revenu pour la période postérieure au présent jugement.
Quant à la perte de revenus de Mme C A :
12. Eu égard aux pertes de revenus du foyer retenues chaque période énoncée aux points 9, 10 et 11 et à la part de consommation de Mme C A qui peut être évaluée à 30%, et abstraction faite du montant du capital décès qui lui a été versé et dont le montant s'élève à 3 404 euros, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à une somme de 13 023,46 euros.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux :
Quant au préjudice d'affection subi par Mme D A :
13. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection de Mme D A au regard de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée de sa vie commune avec son époux, en l'évaluant à la somme de 25 000 euros.
Quant au préjudice d'affection subi par Mme B A :
14. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection de Mme B A, âgée de seulement 23 ans et vivant hors foyer depuis seulement trois semaines à la date du décès de son père avec lequel elle entretenait des liens particulièrement forts et exerçait avec lui une activité de pompier volontaire, en l'évaluant à la somme de 12 000 euros.
Quant au préjudice d'affection subi par Mme C A :
15. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection de Mme C A, enfant mineure et résident au foyer de ses parents à la date du décès de son père, en l'évaluant à la somme de 18 000 euros.
16. Il résulte de tout ce qui précède que l'ONIAM doit être condamné à verser à Mmes D, B et C A une somme totale de 8 000 euros en leur qualité d'ayants-droit, à Mme D A une somme de 66 393,28 euros, à Mme B A une somme de 12 000 euros, et à Mme C A une somme de 31 023,46 euros.
17. Aucun dépens n'ayant été exposé au cours de cette instance, les conclusions présentées à ce titre par l'ONIAM ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et infections nosocomiales versera à Mmes D, B et C A une somme totale de 8 000 euros en leur qualité d'ayants-droit, à Mme D A une somme de 66 393,28 euros en sa qualité de victime indirecte, à Mme B A une somme de 12 000 euros en sa qualité de victime indirecte, et à Mme C A une somme de 31 023,46 euros en sa qualité de victime indirecte.
Article 2 : Les conclusions des parties sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à Mme B A, à Mme C A et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et infections nosocomiales.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
La rapporteure,
C. PEANLe président,
D. KATZLa greffière,
C. CASTRILLO
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026