jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2003577 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BIROT - RAVAUT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 juillet 2020, le 23 novembre 2021 et le 31 janvier 2022, M. A E, représenté par Me Binard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et infections nosocomiales (ONIAM) à lui verser une somme totale de 524 444,15 euros en réparation des préjudices subis qu'il impute à une infection nosocomiale contractée lors de l'intervention chirurgicale qui s'est déroulée le 30 juin 2017 au centre hospitalier universitaire de Toulouse et à un accident médical non fautif consécutif à cette infection ;
2°) de rejeter les conclusions de l'ONIAM portant sur la demande de sursis à statuer concernant les frais de logement adapté ;
3°) de mettre à la charge de l'ONIAM les entiers dépens ainsi que la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conditions de l'indemnisation de ses préjudices par l'ONIAM sont remplies, sur le fondement de l'article L. 1142-1 II du code de la santé publique et de l'article D. 1142-1 du même code, en raison l'infection nosocomiale qu'il a contractée au décours de l'intervention chirurgicale réalisée le 30 juin 2017 consistant en une ablation du matériel d'ostéosynthèse, une résection du col fémoral et de la tête fémorale, et la mise en place totale de hanche droite ;
- le montant total des préjudices subis résultant de cette infection s'élève à un montant total de 524 444,15 euros, lequel se décompose comme suit :
* 8 025 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
* 100 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent évalué à 50% par l'expert ;
* 283 670, 28 euros à lui verser en capital au titre de l'assistance à tierce personne ;
* 34 748, 87 euros au titre des frais futurs relatifs à la mobilité et à l'entretien personnel ;
* 18 000 euros au titre des souffrances endurées évaluées à 4.5/7 par l'expert ;
* 10 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire évalué à 4/7 par l'expert ;
* 10 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent, évalué à 4/7 par l'expert ;
* 60 000 euros au titre des frais de logement adapté.
Par un courrier, enregistré le 26 avril 2022, Me Binard informe le tribunal du décès d'Yvan E le 8 mars 2022.
Par des mémoires, enregistrés le 29 novembre 2022 et le 26 janvier et le 13 février 2023, et un mémoire en production de pièces, enregistré le 14 février 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, Mme C E épouse D et Mme F E épouse B, agissant en qualité d'ayants-droits de M. A E, déclarent reprendre l'instance engagée par Yvan E. Elles demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner l'ONIAM à leur verser une somme totale de 137 800,94 euros en réparation des préjudices subis par la victime et qu'elles imputent à une infection nosocomiale qu'il a contractée lors de l'intervention chirurgicale qui s'est déroulée le 30 juin 2017 au centre hospitalier universitaire de Toulouse, ainsi qu'à un accident médical non fautif consécutif à cette infection ;
2°) de mettre à la charge de l'ONIAM les entiers dépens ainsi que la somme de 12 015 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- les conditions de l'indemnisation des préjudices subis par leur père par l'ONIAM sont remplies, sur le fondement de l'article L. 1142-1 II du code de la santé publique et de l'article D. 142-1 du même code, en raison l'infection nosocomiale contractée par Yvan E au décours de l'intervention chirurgicale réalisée le 30 juin 2017 consistant en une ablation du matériel d'ostéosynthèse, une résection du col fémoral et de la tête fémorale, et la mise en place totale de hanche droite ;
- le montant total des préjudices subis résultant de cette infection s'élève à un montant total de 137 800, 94 euros, lequel se décompose comme suit :
* 8 025 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
* 19 036, 74 euros au titre du déficit fonctionnel permanent évalué à 50% par l'expert ;
* 54 001, 60 euros à verser en capital au titre de l'assistance à tierce personne ;
* 6 615, 05 euros au titre des frais futurs relatifs à la mobilité et à l'entretien personnel ;
* 20 000 euros au titre des souffrances endurées évaluées à 4.5/7 par l'expert ;
* 10 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire évalué à 4/7 par l'expert ;
* 2 855, 50 euros au titre du préjudice esthétique permanent, évalué à 4/7 par l'expert ;
* 11 422, 05 euros au titre des frais de logement adapté ;
* 5 845 euros au titre des frais divers.
- la somme demandée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est justifiée compte tenu de la complexité du dossier.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 février 2021, 31 janvier 2022 et 3 janvier et le 2 février 2023, l'ONIAM, représenté par Me Birot, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à ce que les prétentions indemnitaires des ayants-droit d'Yvan E soient ramenées à de plus justes proportions, et au rejet des demandes indemnitaires présentées au titre des préjudices esthétiques temporaires et d'aménagement du logement ;
2°) en tout état de cause, de déduire de la somme allouée à Yvan E la provision d'un montant de 50 000 euros qui lui a été versée ;
3°) à la modération des demandes formulées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- qu'il n'entend pas contester devoir indemniser les préjudices résultant de l'infection nosocomiale contractée par la victime au décours de son hospitalisation du 30 juin 2017 ;
- les prétentions indemnitaires doivent être ramenées à de plus justes proportions ;
- le préjudice esthétique temporaire n'est pas différent du préjudice esthétique permanent ;
- Mmes D et B ne produisent aucun justificatif permettant d'évaluer les dépenses afférentes à l'aménagement de l'appartement de Yvan E avant son décès.
Vu :
- le rapport d'expertise du 13 avril 2020 ;
- l'ordonnance du 6 juillet 2020 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a taxé et liquidé les frais d'expertise à la somme totale de 2 612 euros ;
- l'ordonnance n° 2003596 du 9 octobre 2020 par laquelle le juge des référés a alloué une provision d'un montant de 50 000 euros à Yvan E ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Péan, rapporteure,
- les conclusions de Mme Chalbos, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 28 avril 2017, Yvan E a été admis au service des urgences du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse suite à une chute survenue à son domicile. Une fracture de l'extrémité supérieure du fémur droit ayant été diagnostiquée, il a subi le 29 avril 2017 une ostéosynthèse de cette fracture par la pose d'un " clou gamma ". Le 30 juin 2017, la victime a subi une nouvelle intervention consistant en la mise en place d'une prothèse totale de hanche droite en raison de l'absence de consolidation de sa fracture. Le 22 juillet 2017, il a été hospitalisé en urgence à la suite d'une nouvelle chute intervenue à son domicile, lui occasionnant une fracture du fémur sous et autour de la tige fémorale de sa prothèse de hanche ainsi qu'une désunion cicatricielle avec écoulement purulent. Le 26 juillet 2017, il a en conséquence subi une troisième intervention chirurgicale consistant en une ostéosynthèse de la fracture du fémur sous la prothèse de hanche, au cours de laquelle des prélèvements bactériologiques ont été effectués et dont le résultat édité quelques jours plus tard a fait apparaître la présence d'un staphylococcus aureus méti-sensible. Une nouvelle intervention de lavage a alors été réalisée le 2 août 2017. Le 23 novembre 2017, Yvan E a été hospitalisé d'urgence en réanimation en raison d'un choc septique. Le lendemain, il a dû subir une nouvelle intervention chirurgicale consistant en la dépose des pièces fixes de sa prothèse de hanche et du matériel d'ostéosynthèse ainsi qu'un lavage de la hanche droite. L'intéressé a ensuite été admis à compter du 1er décembre 2017 dans le service des soins intensifs des maladies infectieuses puis transféré, le 21 décembre 2017, à la clinique de Montvert jusqu'au 22 mai 2018 pour bénéficier d'une rééducation. Par une ordonnance du 20 mai 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a désigné un expert qui a rendu son rapport définitif le 13 avril 2020. Par une ordonnance du 9 octobre 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a accordé une provision d'un montant de 50 000 euros à la victime. Yvan E est décédé le 8 mars 2022 et ses ayants-droits, Mme D et Mme B, ont déclaré reprendre l'instance qu'il avait engagée. Par la présente requête, les ayants-droit d'Yvan E, demandent au tribunal de condamner l'ONIAM à leur verser une somme d'un montant total de 137 800, 94 euros au titre des préjudices subis par Yvan E du fait de l'infection nosocomiale dont elles estiment qu'il a été victime, ainsi qu'à un accident médical non fautif consécutif à cette infection.
Sur l'indemnisation au titre de la solidarité nationale :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 II du code de la santé publique : " () II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ". Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
3. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du 13 avril 2020 qu' Yvan E a contracté une infection par un germe staphylococcus aureus méti-sensible et que cette infection est survenue au cours de sa prise en charge par le centre hospitalier universitaire de Toulouse lors de l'intervention chirurgicale qu'il a subie le 30 juin 2017 et qui a consisté en une ablation du matériel d'ostéosynthèse, une résection du col fémoral et de la tête fémorale, avec mise en place d'une prothèse totale de hanche droite avec un cotyle à double mobilité. Cette infection revêt, dès lors qu'elle n'était ni présente ni en incubation avant la prise en charge hospitalière du requérant et en l'absence de toute cause étrangère alléguée ou démontrée, le caractère d'une infection nosocomiale au sens des dispositions précitées de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique. Par ailleurs, le traitement de l'infection nosocomiale contractée par la victime a nécessité une nouvelle intervention chirurgicale le 24 novembre 2017. Si le rapport de l'export mentionne que, suite à cette intervention, la victime a présenté une paralysie du nerf sciatique, que les requérantes qualifient d'accident médical constitutif d'un " aléa thérapeutique ", il résulte de l'instruction que cet évènement, qui a été consécutif à l'infection, n'est pas à l'origine directe des préjudices dont il est demandé réparation. Ainsi, les séquelles dont était atteint Yvan E sont uniquement imputables à la seule infection nosocomiale contractée lors de sa prise en charge par le centre hospitalier et sont à l'origine d'un déficit fonctionnel de 50%. Par suite, Mmes D et B sont fondées à demander au tribunal la condamnation de l'ONIAM, au titre de la solidarité nationale, à réparer les préjudices résultant de l'infection nosocomiale contractée par Yves E au décours de l'intervention réalisée le 30 juin 2017.
Sur l'évaluation des préjudices :
4. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède sans que ses droits aient été définitivement fixés, c'est-à-dire, en cas de litige, avant qu'une décision juridictionnelle définitive ait fixé le montant de l'indemnisation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers. Cependant, le préjudice subi par la victime, ayant cessé au moment du décès, doit être évalué à la date de cet événement, y compris lorsque le décès est lié au fait ouvrant droit à indemnisation, auquel cas d'ailleurs ce décès peut être pris en compte au titre du droit à réparation des proches de la victime. Ces règles sont également applicables à l'indemnisation de dommages corporels au titre de la solidarité nationale.
5. Il résulte de l'instruction, que l'état de santé d'Yvan E a été consolidé le 22 mai 2018 et qu'il est décédé le 8 mars 2022.
En ce qui concerne les préjudices à caractère patrimonial :
S'agissant des dépenses de santé futures :
6. Il résulte de l'instruction que compte tenu de la nature des séquelles dont souffraient la victime, son état de santé nécessitait l'acquisition de chaussures orthopédiques à renouveler une fois par an, d'un déambulateur, éventuellement d'un fauteuil électrique pour pouvoir sortir de son nouveau logement, d'un lit médicalisé électrique et d'un rehausseur de siège. Toutefois, en l'absence de tout justificatif afférant à des dépenses qui auraient été réalisées entre le 22 mai 2018 et le 8 mars 2022, les ayants-droit d'Yvan E n'apportent aucun élément permettant d'apprécier les dépenses qui seraient restées à la charge de la victime au titre de ce poste de préjudice.
S'agissant des frais d'aménagement du logement d'Yvan E :
7. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de la victime nécessitait l'adaptation de son logement ou son déménagement. A cet égard, il résulte de l'instruction qu'il a fait le choix de déménager à compter du mois de décembre 2021 et jusqu'à son décès dans une résidence médicalisée adaptée à son handicap. Compte tenu du surcoût de loyers engendré par ce déménagement, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 4 000 euros.
S'agissant des frais liés à l'assistance par une tierce personne :
8. Il résulte de l'instruction que la victime a eu besoin de l'assistance quotidienne d'une tierce personne à raison de 72 heures par mois pour l'habillage, le déshabillage, la toilette, l'aide aux repas, les courses et les démarches diverses et pour laquelle il a bénéficié d'une prise en charge à hauteur de 26 heures par mois. Compte tenu, d'une part, du reste à charge après déduction de l'aide dont il a bénéficié par le conseil départemental, et, d'autre part, de l'aide spécialisée qui lui a été apportée par la société " a domicile " pour la période s'échelonnant du 22 mai 2018 au 8 mars 2022, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 49 300 euros.
S'agissant des frais divers :
9. Il résulte de l'instruction, et notamment des factures des honoraires du médecin-conseil, de l'ergothérapeute et d'un taxi, qu'Yvan E a exposé des frais pour un montant total de 5 845 euros pour se faire assister lors des expertises, pour réaliser un bilan d'ergothérapie et pour se rendre à l'expertise. Il convient dès lors de mettre cette somme à la charge de l'ONIAM.
En ce qui concerne les préjudices extra patrimoniaux :
10. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, qu'Yvan E a subi une incapacité fonctionnelle temporaire totale pendant une période de 211 jours et une incapacité fonctionnelle temporaire partielle à hauteur de 50 % pendant une période de 113 jours. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant aux requérantes la somme de 5 300 euros.
11. En deuxième lieu, s'agissant des souffrances endurées, il résulte de l'instruction que l'expert a évalué ce chef de préjudice à 4,5 sur une échelle de 1 à 7 en raison des hospitalisations et des nombreuses interventions subies par la victime. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 10 000 euros.
12. En troisième lieu, il résulte du rapport de l'expert qu'Yvan E était atteint d'un déficit fonctionnel de 50%, lié à une ankylose de la hanche droite en attitude vicieuse - hanche ballante, une ankylose de la cheville tibio-talienne en mauvaise position et une ankylose du genou. Ce préjudice doit être évalué à la date de sa consolidation, soit le 22 mai 2018 alors que la victime était âgé de soixante-deux ans, et jusqu'à la date de son décès le 8 mars 2022. Il l sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant aux requérantes la somme de 15 500 euros.
13. En quatrième lieu, s'agissant du préjudice esthétique, il résulte du rapport de l'expert qu'Yvan E a subi non seulement un préjudice temporaire évalué à 4 sur une échelle de 1 à 7 lié à une boiterie très importante, l'utilisation d'un déambulateur et d'un fauteuil pour se déplacer, une attitude vicieuse du membre inférieur et à la présence de cicatrices mais aussi un préjudice permanent évalué à 4 sur une échelle de 1 à 7 identique au préjudice esthétique temporaire. Compte tenu de ces éléments, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 8 200 euros.
14. Il résulte de tout ce qui précède que l'ONIAM doit être condamné à verser aux ayants-droits d'Yvan E une somme totale de 48 145 euros en raison des préjudices résultant de l'infection nosocomiale qu'il a contractée au cours de l'intervention chirurgicale du 30 juin 2017, déduction faite de la provision de 50 000 euros déjà versée.
Sur les frais liés à l'instance :
15. Les frais de l'expertise ont été taxés et liquidés par une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse du 6 juillet 2020 à la somme de 2 612 euros. Il y a lieu de mettre cette somme à la charge définitive de l'ONIAM.
16. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'ONIAM le versement aux ayants-droit d'Yvan E d'une somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et infections nosocomiales versera aux ayants-droits d'Yvan E la somme de 48 145 euros, cette somme prenant en compte la provision de 50 000 euros déjà versée.
Article 2 : Les frais d'expertise d'un montant de 2 612 euros sont mis à la charge définitive de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et infections nosocomiales.
Article 3 : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et infections nosocomiales versera aux ayants-droits d'Yvan E une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions des parties sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme G E épouse D, à Mme F E épouse B et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et infections nosocomiales.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
La rapporteure,
C. PEANLe président,
D. KATZLa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026