mardi 25 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2004231 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LACOMBE |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n° 2004231 et un mémoire en production de pièces, enregistrés les 21 août et 19 septembre 2020, la société civile de construction vente (SCCV) Netwiller, représentée par Me Lacombe, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) auxquels elle a été assujettie pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018, mis en recouvrement par six avis émis les 30 décembre 2016, 15 mai, 17 juillet 2017, 30 avril, 31 octobre et 30 novembre 2018 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que les six avis de mise en recouvrement émis à son encontre ne comportent pas le montant des bases imposables, ni le taux d'imposition à la TVA ;
- la majoration de 40 % mise en œuvre pour manquement délibéré est injustifiée dans la mesure où l'administration ne démontre pas sa volonté d'éluder l'impôt, comme exigé notamment par le BOI-CF-INF-10-20-20-20120912 n° 40.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 30 septembre 2020 et 12 mars 2021, le directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Pyrénées et le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne concluent au rejet de la requête.
Ils soutiennent que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 10 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 31 mars 2022 à 12h00.
II. Par deux réclamations en date des 5 et 27 janvier 2021, soumises d'office au tribunal le 15 mars 2021, sous le n° 2101450, par le directeur chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Pyrénées et valant requête en application des articles R. 199-1 et R. 200-3 du livre des procédures fiscales, la société civile de construction vente (SCCV) Netwiller demande au tribunal de prononcer la décharge des rappels de TVA, en droits et pénalités, auxquels elle a été assujettie pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018.
Elle soutient qu'elle a régularisé le rappel de TVA qui lui a été notifié pour la période du 1er janvier au 30 novembre 2017 à hauteur de 725 777 euros, en droits et pénalités, ainsi que celui qui lui été notifié pour le 3ème trimestre 2016, à hauteur de 75 447 euros en droits et pénalités.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2021, le directeur chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 juillet 2022 à 12h00h.
III. Par deux réclamations en date des 5 et 27 janvier 2021, soumises d'office au tribunal le 11 mai 2021, sous le n° 2102765, par le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne et valant requête en application des articles R. 199-1 et R. 200-3 du livre des procédures fiscales, la société civile de construction vente (SCCV) Netwiller demande au tribunal de prononcer la décharge des rappels de TVA, en droits et pénalités, auxquels elle a été assujettie pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018.
Elle soutient qu'elle a régularisé le rappel de TVA qui lui a été notifié pour la période du 1er janvier au 30 novembre 2017 à hauteur de 725 777 euros, en droits et pénalités, ainsi que celui qui lui été notifié pour le 3ème trimestre 2016, à hauteur de 75 447 euros en droits et pénalités.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2021, le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 13 mars 2023 à 12:00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile de construction vente (SCCV) Netwiller, qui a pour gérant M. C B, a fait l'objet de deux vérifications de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2013 au 30 novembre 2017. Après qu'elle a considéré que la société n'avait pas reversé l'intégralité de la TVA à laquelle elle était assujettie, la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Pyrénées a mis à sa charge des rappels de TVA portant sur cette période, mis en recouvrement par des avis des 15 mai 2017 et 30 novembre 2018. Par ailleurs, le pôle de recouvrement spécialisé de la Haute-Garonne l'a assujettie à des rappels de TVA à la suite d'une déclaration déposée sans paiement pour le 3ème trimestre de l'année 2016 et les mois de février et décembre 2018 et à des pénalités afférentes, mis en recouvrement par des avis en date respectivement des 30 décembre 2016, 17 juillet 2017, 30 avril 2018 et 31 octobre 2018. Par une réclamation du 9 décembre 2019, rejetée les 31 janvier et 6 juillet 2020, la SCCV Netwiller a contesté les sommes ainsi mises à sa charge. Par deux nouvelles réclamations des 5 et 21 janvier 2021, transmises d'office au tribunal par la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Pyrénées et la direction régionale des finances publiques d'Occitanie et de la Haute-Garonne les 15 mars et 11 mai 2021, la requérante demande la décharge des rappels de TVA litigieux, en droits et pénalités.
2. Les requêtes nos 2004231, 2101450 et 2102765 formées par la SCCV Netwiller et soumises d'office au tribunal respectivement par le directeur chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Pyrénées et le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne présentent à juger des questions identiques. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur la régularité des avis de mise en recouvrement :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales : " L'avis de mise en recouvrement prévu à l'article L. 256 indique pour chaque impôt ou taxe le montant global des droits, des pénalités et des intérêts de retard qui font l'objet de cet avis. / L'avis de mise en recouvrement mentionne également que d'autres intérêts de retard pourront être liquidés après le paiement intégral des droits. / Lorsque l'avis de mise en recouvrement est consécutif à une procédure de rectification, il fait référence à la proposition prévue à l'article L. 57 ou à la notification prévue à l'article L. 76 et, le cas échéant, au document adressé au contribuable l'informant d'une modification des droits, taxes et pénalités résultant des rectifications. () ".
4. Si la société Netwiller soutient que les six avis de mise en recouvrement en date des 30 décembre 2016, 15 mai 2017, 17 juillet 2017, 30 avril 2018, 31 octobre 2018 et 30 novembre 2018, dont elle a été destinataire, sont irréguliers au motif qu'ils ne comportent ni le montant des bases imposables, ni le taux d'imposition à la TVA, les dispositions précitées de l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales ne font pas obligation à l'administration fiscale de mentionner, au sein des avis de mise en recouvrement qu'elle notifie au contribuable, le taux de TVA appliqué. Par ailleurs, les avis de mise en recouvrement litigieux satisfont aux exigences des dispositions précitées dès lors qu'ils indiquent le montant global des droits, des pénalités et des intérêts de retard réclamés à la société requérante, et qu'ils font référence aux lettres de motivation qui les ont précédés ainsi que, pour l'avis émis le 30 novembre 2018, à la proposition de rectification en date du 13 juillet 2018 sur laquelle il s'appuie. Par suite, le moyen tiré de ce que les avis de mise en recouvrement des impositions litigieuses seraient irréguliers au motif qu'ils ne comporteraient pas les indications prescrites par l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales ne peut qu'être écarté.
Sur le bien-fondé des rappels de TVA mis en recouvrement par les avis des 30 avril 2018 et 15 mai 2017 :
5. Selon l'article 256 du code général des impôts : " I. -Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 269 du code général des impôts : " () / 2. La taxe est exigible : () / a bis) Pour les livraisons d'immeubles à construire, lors de chaque versement des sommes correspondant aux différentes échéances prévues par le contrat en fonction de l'avancement des travaux ; () ". Si un redevable a la faculté de réparer une omission ou une insuffisance de déclaration de ses opérations imposables, et ce, même en cours de vérification de sa comptabilité, c'est, toutefois, à la condition que la déclaration apparaisse explicitement comme rectificative, précise la période à laquelle elle se rapporte rétroactivement et soit accompagnée du paiement des droits dus.
6. Il résulte de l'instruction que la SCCV Netwiller a été assujettie à des rappels de TVA pour la période du 3ème trimestre 2016 et pour celle 2ème trimestre de la même année, mis en recouvrement par des avis en date respectivement des 30 décembre 2016 et 15 mai 2017. Elle a également été assujettie à des rappels de TVA pour le mois de février 2018 et pour la période du 1er janvier 2017 au 30 novembre 2017, mis en recouvrement par des avis en date respectivement des 30 avril et 30 novembre 2018. Si la requérante soutient qu'elle a ainsi fait l'objet d'une double imposition à hauteur de 75 447 euros, somme reportée comme TVA collectée régularisée dans la déclaration CA3 du mois de décembre 2020, et 725 077 euros, somme reportée dans la déclaration CA3 du mois d'octobre 2020, elle n'apporte toutefois aucun élément de nature à le démontrer. En particulier, la déclaration complémentaire de régularisation du 13 décembre 2016, dont elle se prévaut, a bien été prise en compte par l'administration fiscale dans l'avis de mise en recouvrement du 15 mai 2017. Dans ces conditions, alors que l'administration s'est bornée à taxer d'office la requérante pour le 3ème trimestre 2016 et le mois de février 2018 et l'a assujettie à des rappels de TVA correspondant à la TVA à régulariser en procédure contradictoire pour la période du 2ème trimestre 2016 et pour celle du 1er janvier 2017 au 30 novembre 2017, il ne résulte pas de l'instruction que les rappels de TVA litigieux porteraient sur les mêmes sommes et périodes. Par suite, la SCCV Netwiller n'est pas fondée à soutenir qu'elle a fait l'objet d'une double imposition en matière de TVA au titre des périodes mentionnées plus haut.
Sur les pénalités mises à la charge de la société Netwiller :
7. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré ; / () ". Pour établir la mauvaise foi du contribuable, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet de ses déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt.
8. Il résulte de l'instruction que, pour justifier l'application des pénalités pour manquement délibéré appliquées aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée collectée, l'administration a relevé, d'une part, que les montants de TVA collectée, bien qu'ayant été identifiés dans les comptes de la société requérante, n'ont pas été portés sur ses déclaration trimestrielles. D'autre part, il est fait état de ce que la requérante fait partie d'un groupe informel de sociétés appartenant toutes au secteur de l'immobilier, ce qui implique une parfaite connaissance des obligations fiscales en matière de TVA. Dans ces conditions, l'administration fiscale doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, de la mauvaise foi de la société requérante.
9. Enfin, le paragraphe 40 de l'instruction BOI-CF-INF-10-20-20 du 12 septembre 2012 ne donne aucune définition différente du manquement délibéré que celle fournie par l'article 1729 du code général des impôts.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la société Netwiller n'est pas fondée à demander la décharge en droits et pénalités des rappels de taxe sur la valeur ajoutée litigieux.
Sur les frais exposés par les parties à l'occasion du litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, sur leur fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2004231 et les réclamations soumises d'office enregistrées sous les nos 2101450 et 2102765 de la SCCV Netwiller sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile de construction vente Netwiller, au directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Pyrénées et au directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Déderen, premier conseiller,
M. Zabka, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2023.
Le rapporteur,
N. A
Le président,
J-C. TRUILHÉ La greffière,
M-E. LATIF
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Nos 2004231, 2101450, 2102765
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026