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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2005029

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2005029

mercredi 31 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2005029
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS MONTAZEAU & CARA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et un mémoire en production de pièces, enregistrés le 7 octobre 2020, le 2 juin 2021 et le 18 juin 2021, M. B A, représenté par Me Hirtzlin-Pinçon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Toulouse à lui verser une somme totale de 21 444 euros en réparation des préjudices subis qu'il impute à l'infection nosocomiale qu'il a contractée lors de l'intervention chirurgicale qui s'est déroulée le 2 avril 2013, assortie des intérêts de droit, et capitalisation des intérêts ;

2°) d'ordonner, si nécessaire, avant dire droit, une expertise médicale afin de déterminer le lien entre l'intervention chirurgicale qu'il a subi et l'infection qui en a résulté ainsi que l'ensemble des préjudices qu'il a subis ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Toulouse les entiers dépens ainsi que la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Toulouse est engagée, sur le fondement de l'article L. 1142-1 alinéa 2 du code de la santé publique, en raison l'infection nosocomiale qu'il a contractée au décours de l'intervention chirurgicale réalisée le 2 avril 2013 consistant en une reprise chirurgicale de l'arthrodèze de l'articulation trapézo-métacarpienne qu'il a subie le 18 décembre 2012 ;

- le montant total des préjudices subis résultant de cette infection s'élève à un montant total de 21 444 euros, lequel se décompose comme suit :

* 300 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;

* 144 euros à lui verser au titre de l'assistance à tierce personne ;

* 8 000 euros au titre des souffrances endurées évaluées à 3/7 par l'expert ;

* 2 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;

* 1 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent ;

* 3 000 euros au titre du préjudice d'agrément ;

* 7 000 euros au titre des frais divers.

Par un mémoire, enregistré le 25 mars 2021, la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne, représentée par Me Noy, demande au tribunal :

1°) de réserver ses droits dans l'hypothèse où la demande d'expertise formulée par M. A serait accueillie ;

2°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Toulouse à lui verser la somme de 4 149, 28 euros qu'elle a exposée en faveur de M. A, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de la présente demande ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Toulouse la somme de 1 098 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion sur le fondement de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;

4°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Toulouse la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- elle est fondée à demander le remboursement des prestations qu'elle a versées ;

- les débours versés à M. A s'élèvent à la somme de 4 149, 28 euros au 5 janvier 2021, elle est fondée à en demander la réparation ;

- le versement de l'indemnité forfaitaire est prévue par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 14 avril et le 9 août 2021, le centre hospitalier universitaire de Toulouse, représenté par Me Cara, conclut, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, au rejet de la requête de M. A ainsi qu'au rejet des conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que les prétentions indemnitaires de M. A soient ramenées à de plus justes proportions, et au rejet des demandes indemnitaires présentées au titre du préjudice d'agrément, des préjudices esthétiques et des frais divers ;

3°) en tout état de cause, à la modération des demandes formulées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête de M. A est tardive et, comme telle, irrecevable, dès lors que la décision attaquée est confirmative d'une précédente décision, devenue définitive, de rejet de la réclamation indemnitaire préalable formée initialement par le requérant ;

- la décision liant le contentieux a été signée par une autorité compétente ;

- sa responsabilité ne peut être engagée en l'absence de faute et d'infection nosocomiale ;

- le préjudice d'agrément n'est pas établi ;

- les préjudices esthétiques ne sont pas établis dès lors que la reprise chirurgicale du 11 avril 2013 s'est faite par le même abord que celle du 2 avril 2013 ; la cicatrice n'est pas imputable à l'infection ;

- M. A ne justifie pas du montant des frais divers ;

- les sommes demandées par le requérant au titre de l'ensemble des autres préjudices doivent être minorées.

Par une ordonnance du 1er juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 juillet 2022, en application des articles R. 613-1 et R. 613-3 du code de justice administrative.

Par un mémoire en production de pièces enregistré le 19 avril 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. A a produit, en réponse à une demande du tribunal du 17 avril 2023, la réclamation préalable qu'il a formulée le 19 mars 2020 auprès du centre hospitalier universitaire de Toulouse.

Un mémoire en production de pièces, enregistré le 24 avril 2023, a été présenté pour M. A et n'a pas été communiqué.

Vu :

- les rapports d'expertise du 19 novembre 2014 et 19 février 2019 ;

- l'ordonnance du 8 décembre 2014 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a taxé et liquidé les frais d'expertise à la somme totale de 1 500 euros ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Péan, rapporteure,

- les conclusions de M. Daguerre de Hureaux, rapporteur public,

- et les observations de Me Cara représentant le centre hospitalier universitaire de Toulouse.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, qui était alors âgé d'environ 64 ans, a subi une intervention chirurgicale au centre hospitalier universitaire de Toulouse le 5 octobre 2012 en raison de douleurs liées à un syndrome du canal carpien avec une gêne fonctionnelle. Devant la persistance de douleurs, M. A a consulté le chirurgien qui était intervenu et une seconde opération a été programmée le 18 décembre 2012, consistant en une arthrodèse trapézo métacarpienne, en raison d'une arthrose sévère du pouce droit. Le 11 mars 2013, le chirurgien a constaté que l'arthrodèse n'était pas consolidée. Il a alors décidé de pratiquer une reprise chirurgicale qui a été réalisée le 2 avril 2013. Cette opération a consisté en une ablation des vis d'ostéosynthèse, une trapézectomie et une ligamentoplastie. Le 11 avril 2013, M. A a été de nouveau opéré pour le traitement d'une désunion cicatricielle et l'ablation du matériel. Des prélèvements per opératoire ont révélé la présence d'une infection à Staphylocoque aureus multi sensible. Par une ordonnance du 18 juillet 2013, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a désigné un collège d'expert, lequel a rendu son rapport définitif le 19 novembre 2014. Par ailleurs, M. A a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation Midi-Pyrénées le 6 août 2018, qui a estimé le 11 avril 2019, sur la base d'un rapport d'expertise médicale diligenté par ses soins, qu'aucune indemnisation ne pouvait lui être accordée sur le fondement de la responsabilité pour faute dès lors, d'une part, que le centre hospitalier impliqué dans sa prise en charge n'avait commis aucun manquement et, d'autre part, que les conditions n'étaient pas réunies pour admettre une indemnisation au titre de la solidarité nationale à raison d'une infection nosocomiale. Par sa requête, M. A demande au tribunal de condamner le centre hospitalier universitaire de Toulouse à lui verser la somme globale de 21 444 euros en réparation des préjudices qu'il impute à une infection nosocomiale dont il estime avoir été victime.

Sur la fin de non-recevoir soulevée par le centre hospitalier universitaire de Toulouse :

2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 38 du décret du 19 décembre 1991, alors applicable : " Lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter : / a) De la notification de la décision d'admission provisoire ; / b) De la notification de la décision constatant la caducité de la demande ; / c) De la date à laquelle le demandeur à l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 56 et de l'article 160 ou, en cas de recours de ce demandeur, de la date à laquelle la décision relative à ce recours lui a été notifiée ; / d) Ou, en cas d'admission, de la date, si elle est plus tardive, à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné. .() ". Enfin, en vertu de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article 56 du décret du 19 décembre 1991, la décision du bureau refusant le demandeur au bénéfice de l'aide juridictionnelle ne devient définitive qu'à l'expiration d'un délai de recours d'un mois ouvert au ministère public et au bâtonnier à compter de la date à laquelle cette décision a été prise.

5. Il résulte de ces dernières dispositions que lorsque le délai de recours contentieux devant un tribunal administratif est interrompu par une demande d'aide juridictionnelle, ce délai recommence donc à courir selon les modalités prévues à l'article 38 du décret du 19 décembre 1991 alors en vigueur. Par suite, en cas de décision d'admission ou de rejet du bureau d'aide juridictionnelle, le délai, qui n'est pas un délai franc, recommence à courir le jour où cette décision devient définitive, c'est-à-dire le jour où il n'est plus possible d'exercer contre elle l'un des recours prévus à l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991 dans les délais prévus à l'article 56 du décret du 19 décembre 1991 ou, si un tel recours est exercé, le jour où il est statué sur ce recours.

3. Il résulte de l'instruction que, par un courrier du 12 décembre 2019, l'association des accidentés de la vie, agissant pour le compte et en qualité de mandataire de M. A, a adressé un courrier à l'avocat du centre hospitalier universitaire de Toulouse afin de détailler les postes de préjudices susceptibles d'être indemnisés en raison de l'infection nosocomiale contractée par M. A. Le centre hospitalier a expressément rejeté cette réclamation indemnitaire préalable par décision du 20 janvier 2020, notifiée à l'intéressé le 22 janvier 2020, qui comportait la mention des voies et délais de recours. Par courrier du 19 mars 2020, soit dans le délai de recours contentieux de deux mois, M. A a saisi le centre hospitalier universitaire de Toulouse d'une demande qui doit être regardée comme un recours gracieux formé à l'encontre de la décision du 20 janvier 2020 ayant rejeté sa réclamation indemnitaire préalable. Ce recours gracieux a été expressément rejeté par une décision du 30 mars 2020, qui comportait la mention des voies et délais de recours, et cette décision a été notifiée à M. A le 30 avril suivant. Le 23 juin 2020, soit dans le délai de recours contentieux de deux mois suivant la notification de la décision précitée du 30 mars 2020, M. A a formé une demande d'aide juridictionnelle. Le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté cette demande par une décision du 23 octobre 2020. La requête, enregistrée au greffe du tribunal le 7 octobre 2020, soit avant même que le bureau d'aide juridictionnelle ne se soit prononcé sur la demande de M. A, a ainsi été formée dans le délai de recours contentieux qui lui était ouvert en vertu des dispositions précitées du code de justice administrative, de la loi du 10 juillet 1991 et de son décret d'application. Par suite, la fin de non-recevoir, tirée de ce que la requête serait tardive pour la raison qu'elle serait dirigée contre une décision confirmative d'une première décision devenue définitive, doit être écartée.

Sur la responsabilité du centre hospitalier de Toulouse :

7. Aux termes de l'article L. 1142-1 I alinéa 2 du code de la santé publique : " () Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. () ". Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.

8. Il résulte de l'instruction, en particulier des deux rapports d'expertise, que l'infection par le germe Staphylocoque aureus multi sensible contractée par M. A est survenue au cours de sa prise en charge par le centre hospitalier universitaire de Toulouse lors de l'intervention chirurgicale du 2 avril 2013 et que l'intéressé n'était porteur d'aucune infection avant cette prise en charge. En l'absence de cause étrangère, le centre hospitalier universitaire de Toulouse doit être déclaré intégralement responsable des dommages résultant de l'infection dont a souffert le requérant, quand bien même l'infection pourrait être qualifiée de superficielle ou de bénigne.

Sur l'évaluation des préjudices de M. A :

9. En premier lieu, lorsque, au nombre des conséquences dommageables d'un accident engageant la responsabilité d'une personne publique, figure la nécessité pour la victime de recourir à l'assistance d'une tierce personne à domicile pour les actes de la vie courante, la circonstance que cette assistance serait assurée par un membre de sa famille est, par elle-même, sans incidence sur le droit de la victime à en être indemnisée.

10. M. A demande au tribunal de condamner le centre hospitalier universitaire de Toulouse à lui verser une somme de 144 euros en raison de l'assistance que ses proches ont dû lui apporter à raison de 4 heures par semaine au cours de la période s'échelonnant du 13 avril 2013 au 26 avril 2013, soit une période de 14 jours. Il résulte de l'instruction qu'à cette période le déficit fonctionnel temporaire sur cette période a été évalué à 25% par l'expert. Ainsi, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant au requérant la somme de 112 euros.

11. En deuxième lieu, s'agissant des frais divers, M. A sollicite une indemnisation d'un montant total de 7 000 euros au titre des " frais kilométriques " et de " l'assistance médicale à expertise ". Toutefois, le requérant ne produit toutefois aucun justificatif de frais à l'appui de sa demande et ne peut donc prétendre à une indemnisation à ce titre.

12. En troisième lieu, le requérant demande au tribunal de condamner le centre hospitalier à lui verser une somme de 300 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire. A cet égard, il résulte du rapport d'expertise qu'il a subi une incapacité fonctionnelle temporaire totale pendant une période de 3 jours, une incapacité fonctionnelle temporaire partielle à hauteur de 25 % pendant une période de 14 jours, et une incapacité fonctionnelle temporaire partielle à hauteur de 10 % pendant une période de 55 jours. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 240 euros.

13. En quatrième lieu, s'agissant des souffrances endurées, il résulte de l'instruction que l'expert a évalué ce chef de préjudice à 3 sur une échelle de 1 à 7 en raison des hospitalisations ainsi que de l'intervention chirurgicale subie par M. A, des soins de rééducation et du traitement antibiotique. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant au requérant la somme de 3 600 euros.

14. En cinquième lieu, s'agissant du préjudice esthétique, il résulte de l'instruction que la reprise chirurgicale du 10 avril 2013 s'est faite par le même abord que celle du 2 avril 2013. Ainsi, et alors que les experts n'ont pas retenu de préjudice esthétique, M. A ne justifie pas la réalité de ce préjudice.

15. En sixième lieu, si M. A demande au tribunal de condamner le centre hospitalier universitaire de Toulouse à lui verser une somme de 3 000 euros au titre du préjudice d'agrément, il ne produit, au titre de ce chef de préjudice, aucun justificatif. Par suite, il n'établit pas le préjudice qu'il allègue avoir subi, au demeurant non retenu par les experts, et ne peut donc prétendre à une indemnisation à ce titre.

16. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise avant dire-droit, que le centre hospitalier universitaire de Toulouse doit être condamné à verser à M. A une somme totale de 3 952 euros en raison des préjudices résultant de l'infection nosocomiale qu'il a contractée au cours de l'intervention chirurgicale du 2 avril 2013. Il y a lieu d'assortir cette somme, comme il le sollicite, des intérêts au taux légal avec capitalisation à compter du 19 mars 2020, date de sa réclamation préalable. La capitalisation s'accomplit ensuite de nouveau à chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande. Il y a lieu, dès lors, de faire droit à la demande de capitalisation à compter du 19 mars 2021 puis à chaque échéance annuelle.

Sur les débours de la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne :

17. D'une part, il résulte du décompte présenté par la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne que celle-ci a pris en charge, entre le 10 avril 2013 et le 20 juin 2013, des dépenses de santé constituées de frais hospitaliers, médicaux, pharmaceutiques, en lien direct avec l'infection nosocomiale engageant la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Toulouse pour un montant total de 4 149,28 euros. Il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Toulouse le versement à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne d'une indemnité 4 149,28 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 25 mars 2021, date de réception de sa demande par le tribunal.

Sur l'indemnité prévue par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale :

18. En application des dispositions combinées des articles L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion, la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne a droit à l'indemnité forfaitaire au taux de 1 162 euros. Il y a donc lieu de mettre cette somme à la charge du centre hospitalier universitaire de Toulouse.

Sur les frais liés à l'instance :

19. Les frais de l'expertise ont été taxés et liquidés par une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse du 8 décembre 2014 à la somme de 1 500 euros. Dans les circonstances de l'espèce et en application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre la somme de 1 500 euros à la charge définitive du centre hospitalier universitaire de Toulouse.

20. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Toulouse le versement à M. A d'une somme de 1 500 euros et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne une somme de 500 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier universitaire de Toulouse est condamné à verser à M. A une somme de 3 952 euros en réparation des préjudices résultant de l'infection nosocomiale qu'il a contractée au cours de l'intervention chirurgicale du 10 avril 2013. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 19 mars 2020. Les intérêts échus à la date du 19 mars 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Toulouse est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne, au titre des prestations qu'elle a versées à M. A, une somme de 4 149,28 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 25 mars 2021.

Article 3 : Le centre hospitalier de Toulouse versera à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 4 : Les frais d'expertise d'un montant de 1 500 euros sont mis à la charge définitive du centre hospitalier universitaire de Toulouse.

Article 5 : Le centre hospitalier universitaire de Toulouse versera à M. A la somme de 1 500 euros et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à B A, au centre hospitalier universitaire de Toulouse et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Katz, président,

Mme Jorda, conseillère,

Mme Péan, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2023.

La rapporteure,

C. PEANLe président,

D. KATZLa greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

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