jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2005244 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LAGORCE & ASSOCIES - L&MC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 octobre 2020, un mémoire enregistré le 20 juin 2021 et des pièces complémentaires enregistrées le 28 février 2022, ces dernières n'ayant pas été communiquées, Mme E B, représentée par Me Panfili, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 juillet 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Montauban rejette sa demande de reconnaître l'imputabilité au service d'un accident survenu le 13 décembre 2019 ;
2°) d'enjoindre, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, au centre hospitalier de Montauban de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 13 décembre 2019, de la placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service avec effet rétroactif ;
3°) de condamner le centre hospitalier de Montauban à lui verser la somme globale de 15 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir suis du fait de la décision précitée ;
4°) d'ordonner une expertise en mandatant un médecin agréé pour fixer la date de consolidation, la date d'aptitude éventuelle à reprendre le service et fixer le taux d'incapacité permanente partielle ;
5°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Montauban la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la requête est recevable ;
- l'administration a commis une faute de nature à engager sa responsabilité dès lors qu'elle est victime d'un harcèlement moral, que le centre hospitalier a manqué à son obligation de sécurité, qu'il a illégalement refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 13 décembre 2019 et qu'il y a eu résistance abusive et détournement de pouvoir de sa part ;
- le préjudice matériel résultant directement de la faute s'élève à 4 000 euros ;
- le préjudice moral et les troubles dans les conditions d'existence subis doivent être réparés à hauteur de 11 000 euros ;
- la décision attaquée du 2 juillet 2020 est illégale dès lors qu'elle n'a pas été communiquée à la commission de réforme tel que le prévoit l'article 19 du décret n°86-442 et qu'elle méconnaît l'article 21 bis de la loi n°83-634.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 avril 2021, le centre hospitalier de Montauban, représenté par Me Lagorce-Billiaud conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la décision attaquée du 2 juillet 2020 refusant de reconnaître le congé pour invalidité temporaire imputable au service est légale ;
- il n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité ;
- la réalité des préjudices allégués n'est pas démontrée.
La clôture de l'instruction a été fixée au 4 mars 2022 par une ordonnance du 4 février précédent.
Mme B s'est vue accorder l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25% par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse du 18 décembre 2020.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le décret n°82-453 du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ;
- le décret n°88-386 du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Chalbos, rapporteure publique,
- et les observations Me Lagorce représentant le centre hospitalier de Montauban.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée par le centre hospitalier de Montauban (Tarn-et-Garonne), en qualité d'adjointe administrative hospitalière de 2ème classe, le 9 septembre 2010. Elle exerce en qualité d'assistante médico administrative titulaire de la fonction publique hospitalière, au sein de cet établissement depuis le 4 novembre 2016. Le 3 octobre 2017, elle a été placée en congé maladie ordinaire puis en congé de longue maladie du 1er août 2018 au 2 octobre 2019 inclus. Le 3 octobre 2019, elle a repris son service en temps partiel thérapeutique. Le 13 décembre 2019, elle a été victime d'un malaise, déclaré le même jour comme accident de service et a été placée en arrêt de travail jusqu'au 1er octobre 2020. Le 10 juin 2020, la commission de réforme a émis un avis favorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 13 décembre 2019. Le centre hospitalier de Montauban a refusé de reconnaître l'imputabilité au service dans une décision du 2 juillet 2020 notifiée le 31 juillet 2020. Par courrier du 9 septembre 2020, Mme B a formé un recours gracieux contre cette décision. Ce recours gracieux étant resté sans réponse, elle demande au tribunal d'annuler la décision précitée du 2 juillet 2020, d'enjoindre au centre hospitalier de Montauban de la placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service avec effet rétroactif à compter du 13 décembre 2019 dans le délai d'un mois à compter du présent jugement sous astreinte de 500 euros par jour de retard, de condamner le centre hospitalier de Montauban à lui verser la somme globale de 15 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis. Elle lui demande également de mandater un médecin agréé pour fixer la date de consolidation, la date d'aptitude éventuelle à reprendre le service et fixer le taux d'incapacité permanente partielle.
Sur l'annulation de la décision du 2 juillet 2020
2. Aux termes de l'article 21 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, " II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ".
3. S'il ressort des pièces du dossier et notamment du dossier médical des urgences et du témoignage de l'infirmier aux urgences que Mme B a refusé de s'alimenter, de s'hydrater ou même de faire une pause, le 13 décembre 2019, alors qu'elle ne sentait pas bien et était sujette à faire des malaises à répétition, il est constant que le malaise dont elle a été victime est survenu dans le temps et le lieu du service, à l'occasion de l'exercice par la fonctionnaire de ses fonctions. En outre, alors que Mme B était supposée exercer son service sous le régime d'un mi-temps thérapeutique, et que la médecine du travail avait indiqué comme restriction, le 28 octobre 2019, des horaires de travail compris dans le créneau 8h-19h, le service attribué à Mme B à sa reprise était de 6h45 à 14h30. Dès lors, les conditions de sa reprise n'ont pas été conformes aux préconisations de la médecine du travail et ne respectaient pas son temps partiel thérapeutique. Par suite, l'accident survenu le 13 décembre 2019 est imputable au service, l'imprudence commise par Mme B n'étant pas de nature à l'en détacher totalement et doit donc être qualifié d'accident de service.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 2 juillet 2020 par laquelle le centre hospitalier de Montauban a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'incident survenu le 13 décembre 2019.
Sur la responsabilité du centre hospitalier de Montauban
En ce qui concerne la faute résultant de l'illégalité de la décision du 2 juillet 2020 :
5. En refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'incident subi par Mme B survenu le 13 décembre 2019 dans les conditions décrites au point 3, le centre hospitalier de Montauban a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
En ce qui concerne le harcèlement moral
6. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
7. En premier lieu, contrairement à ce que soutient la requérante, il ne résulte pas de l'instruction et notamment du planning de l'année 2017 que Mme B a effectué un rythme de travail supérieur aux garanties prévues par le décret du 4 janvier 2002 relatif au temps de travail et à l'organisation du travail dans les établissements mentionnés à l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière.
8. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que le 8 décembre 2017 Mme B a été convoquée, conformément aux règles en vigueur, avant la fin de son congé maladie afin d'effectuer une visite médicale de contrôle et, comme elle a été en prolongation d'arrêt de travail du 18 décembre 2017 au 9 janvier 2018, elle a été à nouveau convoquée le 8 janvier 2018, date à laquelle le médecin concluait à sa reprise immédiate du travail. Il résulte également de l'instruction que, par courrier du 8 janvier 2018, afin d'organiser sa reprise prévue le 10 janvier 2018, il lui a été demandé de prendre contact avec sa hiérarchie. Ce courrier précisait également les conséquences pour elle d'une absence de reprise de poste telle que prévues par la règlementation. Elle a alors produit un certificat de son médecin traitant indiquant qu'elle ne peut ni conduire ni se déplacer. Dans ces conditions, en appliquant la procédure de contrôle de l'état de santé d'un agent absent depuis plusieurs mois du service par un médecin agréé et en la contactant pour lui communiquer les suites de sa situation administrative, le centre hospitalier n'a pas excédé les limites de l'exercice normal de son pouvoir hiérarchique.
9. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient Mme B qui reproche à l'administration son manque de diligence, il résulte de l'instruction et notamment des courriels entre Mme B et le comité de gestion des œuvres sociales que des échanges réguliers avaient lieu entre le centre hospitalier et le comité de gestion des œuvres sociales pour compléter le dossier de Mme B et ainsi permettre à ce dernier de verser, dans des délais raisonnables et à terme échu, les prestations dues à la requérante. Par suite, le moyen du manque de diligence de l'administration doit être écarté.
10. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du mail de Mme B à Mme F que le refus de lui verser un acompte a été effectué le 2 août 2018 date à laquelle Mme B percevait un salaire à demi-traitement et un complément de salaire versé par le comité de gestion des œuvres sociales, sachant que sa situation était également prise en compte pour la modifier en conséquence dès le mois de septembre suivant si nécessaire. Dans ses conditions, le refus de verser un acompte ne peut pas être assimilé à une volonté de nuire de l'administration.
11. En cinquième lieu, si Mme B a effectué des demandes de prêt le 5 juillet 2018 d'un montant de 1500 euros et le 12 août 2018 d'un montant de 3000 euros, dates auxquelles elle bénéficiait d'une rémunération et d'un complément de salaire, il ne résulte pas de l'instruction que, l'attestation de la banque du 15 janvier 2020 fondée sur les déclarations de Mme B et effectuée à sa demande n'étant pas probante, ces demandes de prêt étaient fondées sur des difficultés financières relevant d'un comportement fautif de l'administration. Elles ne peuvent pas, en outre, établir un harcèlement moral.
12. En sixième lieu, s'il résulte du courriel de Mme B du 1er octobre 2019 qu'elle demande à connaître l'organisation, la planification et les modalités de son poste de travail, il résulté également du courriel reçu en réponse le même jour que sa hiérarchie lui a indiqué ces horaires pour le jour de sa reprise, le 3 octobre 2019, et a organisé une rencontre à cette date pour lui indiquer les modalités de son accompagnement à la prise de poste et établir son emploi du temps en fonction des jours de congé qu'elle souhaitait poser et qu'elle a communiqués dans son courriel du 7 octobre 2019. En outre, il résulte des échanges de courriels, qui ont eu lieu le 18 novembre 2019 entre Mme B et sa hiérarchie, que le planning du mois de novembre lui a été adressé par scan. Enfin, il résulte des courriels de Mme B que, dès le 14 décembre 2019, elle informait sa hiérarchie de son impossibilité à assurer son service, suite à la déclaration de travail qu'elle avait opérée le 13 décembre 2019. Dès lors, dans ses conditions, il ne résulte pas de l'instruction que le centre hospitalier a refusé de transmettre les emplois du temps à Mme B et qu'il a, à l'inverse, tenu compte de sa situation pour les établir.
13. En septième lieu, Mme B soutient qu'elle n'a pas pu consulter les entretiens d'évaluation de 2010, 2011, 2013, 2014, 2017 et 2019 et qu'elle les a sollicités à plusieurs reprises. A l'inverse, le centre hospitalier fait valoir que pour les années 2010 à 2015, alors qu'elle était contractuelle, des entretiens réguliers ont été menés, qui ont d'ailleurs conduit à sa titularisation, et que ces entretiens ont pu être consultés, le 10 septembre 2020, avec l'ensemble du dossier administratif, et que pour l'année 2019 aucune évaluation n'a pu être effectuée, conformément à la procédure établie, du fait de l'absence de Mme B pour raison de santé. Dans ces circonstances, si Mme B établit que l'ensemble des évaluations n'a pas été porté à sa connaissance, il résulte de l'instruction que ce manquement ne caractérise pas un comportement abusif ayant pour objet de dégrader les conditions de travail de Mme B, dès lors notamment qu'elle a pu bénéficier de sa titularisation et d'un déroulement de carrière normal.
14. Au vu de tout ce qui précède, le centre hospitalier doit être regardé comme produisant un ensemble d'éléments de nature à démontrer que les agissements critiqués par Mme B et rattachés à ce qu'elle estime constituer un harcèlement moral, sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. Par suite, la responsabilité du centre hospitalier de Montauban ne peut pas être engagée sur un tel fondement.
En ce qui concerne la résistance abusive de l'administration et le détournement de pouvoir :
15. Si Mme B soutient que sa réaffectation sur le même poste pour sa reprise du travail le 1er octobre 2020 à temps complet, comme elle le demande dans son courrier du 21 septembre précédent, caractérise une résistance abusive et un détournement de pouvoir de la part du centre hospitalier, il résulte de l'instruction que, dans son courriel du 6 août 2020, le médecin de prévention, Mme D, considère que Mme B peut reprendre soit au service de régulation du SAMU, si l'organisation le permet, soit à l'accueil des urgences, à condition qu'elle bénéfice d'une formation pour la remettre à niveau. Dès lors, la proposition du centre hospitalier de l'affecter à l'accueil des urgences est conforme aux recommandations du médecin de prévention qui précise d'ailleurs que toute affectation sur un autre poste que l'accueil des urgences et la régulation nécessite un nouvel avis médical. Par suite, en l'absence de détournement de pouvoir et de résistance abusive de sa part, la responsabilité du centre hospitalier de Montauban ne peut pas être engagée sur de tels fondements.
Sur les préjudices de Mme B :
16. En premier lieu, Mme B soutient qu'elle a été obligée de s'endetter et qu'elle a connu des difficultés financières du fait du centre hospitalier qui n'a pas fait preuve de diligence dans le suivi et la gestion de son dossier notamment dans la transmission des documents utiles au comité de gestion des œuvres sociales et du fait de son attitude désinvolte et de son refus de reconnaître l'imputabilité au service de l'incident survenu le 13 décembre 2019. Il résulte toutefois de l'instruction et notamment de l'attestation de la société générale du 15 janvier 2020 que Mme B a contracté un prêt de 1 500 euros le 5 juillet 2018 et un prêt de 3 000 euros le 12 août 2018. Dans ces circonstances, le préjudice matériel dont fait état la requérante est sans lien avec la seule faute commise par le centre hospitalier relevée au point 5.
17. En second lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence subis par Mme B à raison de la faute relevée au point 5 en lui allouant une indemnité de 1 000 euros.
18. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de Montauban doit être condamné à verser à Mme B la somme de 1 000 euros.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
19. Les motifs du présent jugement impliquent seulement qu'il soit enjoint au centre hospitalier de Montauban, dans un délai de deux mois, de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 13 décembre 2019, sans qu'il soit nécessaire d'ordonner l'expertise sollicitée par la requérante.
Sur les frais liés au litige :
20. Mme B ne justifie pas avoir exposé des frais autres que ceux dont elle a bénéficié au titre de la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle. Il y a lieu de rejeter sa demande présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 2 juillet 2020 est annulée.
Article 2 : Le centre hospitalier de Montauban est condamné à verser à Mme B la somme de 1 000 euros.
Article 3 : Il est enjoint au centre hospitalier de Montauban de reconnaître l'imputabilité au service de l'incident survenu le 13 décembre 2019.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B et au centre hospitalier de Montauban.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
La rapporteure,
V. ALe président,
D. KATZ
La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet du Tarn-et-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026