mercredi 8 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2005267 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique chambre 6 |
| Avocat requérant | LASPALLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 octobre 2020, Mme A C, représentée par Me Laspalles, demande au tribunal :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 28 juillet 2020 par laquelle la commission de médiation de la Haute-Garonne a rejeté le recours amiable qu'elle a présenté en vue d'une offre
d'hébergement, d'un logement de transition, d'un logement-foyer ou d'une résidence hôtelière à vocation sociale dans les conditions prévues au III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de saisir la commission de médiation de la Haute-Garonne afin qu'elle reconnaisse le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement ;
4°) d'enjoindre à la commission de médiation de la Haute-Garonne de réexaminer sa demande dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 800 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- La décision contestée n'est pas suffisamment motivée ;
- Elle n'a pas été précédée d'un examen de sa situation ;
- Elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'il ne peut lui être opposé le fait que sa famille a bénéficié d'une prise en charge en centre d'accueil de demandeurs d'asile (CADA) durant l'instruction de leur demande d'asile et que cet hébergement a continué pendant la période nécessaire à leur départ à la suite du rejet de leur demande par la Cour nationale du droit d'asile et jusqu'en juin 2016 ;
- Elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que sa situation et celle de sa famille doit être regardée comme prioritaire et nécessitant un hébergement en urgence ;
- La commission de médiation a méconnu l'étendue de sa compétence en ce qu'elle n'a pas fait usage de la marge d'appréciation qui lui est conférée par l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation.
Par un mémoire enregistré le 1er mars 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Poupineau, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a décidé de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Poupineau, magistrate désignée ;
- et les observations de Me Laspalles, représentant Mme C, qui reprend les conclusions et moyens de la requête.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a saisi la commission de médiation de la Haute-Garonne d'un recours amiable en vue d'être accueillie avec son époux et ses deux enfants mineurs dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale dans les conditions prévues au III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Par une décision du 28 juillet 2020, dont Mme C demande l'annulation, la commission de médiation a rejeté sa demande.
Sur les conclusions tendant à l'admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle, en date du 29 janvier 2021,
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande tendant à être admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle est devenue sans objet. Dès lors, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
3. Aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " () III.-La commission de médiation peut également être saisie, sans condition de délai, par toute personne qui, sollicitant l'accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande. Si le demandeur ne justifie pas du respect des conditions de régularité et de permanence du séjour mentionnées au premier alinéa de l'article L. 300-1, la commission peut prendre une décision favorable uniquement si elle préconise l'accueil dans une structure d'hébergement. La commission de médiation transmet au représentant de l'Etat dans le département ou, en Ile-de-France, au représentant de l'Etat dans la région la liste des demandeurs pour lesquels doit être prévu un tel accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale et précise, le cas échéant, les mesures de diagnostic ou d'accompagnement social nécessaires. () " Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : -ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L 441-1-4 ; -être dépourvues de logement. Le cas échéant, la commission apprécie la situation du demandeur logé ou hébergé par ses ascendants en tenant notamment compte de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portées à sa connaissance ; -être logées dans des locaux impropres à l'habitation, ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Le cas échéant, la commission tient compte des droits à hébergement ou à relogement auxquels le demandeur peut prétendre en application des dispositions des articles L. 521-1 et suivants, des articles L. 314-1 et suivants du code de l'urbanisme ou de toute autre disposition ouvrant au demandeur un droit à relogement ; -avoir fait l'objet d'une décision de justice prononçant l'expulsion du logement ; -être hébergées dans une structure d'hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale de façon continue depuis plus de six mois ou logées temporairement dans un logement de transition ou un logement-foyer depuis plus de dix-huit mois, sans préjudice, le cas échéant, des dispositions du IV de l'article L. 441-2-3 ; -être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret, soit d'une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées à l'article R. 822-25, ou, pour une personne seule, d'une surface inférieure à celle mentionnée au premier alinéa de l'article 4 du même décret. La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus ".
4. En premier lieu, la décision attaquée mentionne le fondement légal sur lequel elle repose ainsi que les motifs de fait ayant conduit la commission de médiation à rejeter le recours amiable de Mme C. Elle est par suite suffisamment motivée au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier ainsi que des termes de la décision en litige, qui relève que Mme C, son époux et leurs deux enfants mineurs ont bénéficié d'une prise en charge en CADA durant l'instruction de leur demande d'asile, qu'ils ont disposé d'un hébergement jusqu'en 2016 durant la période nécessaire à leur départ à la suite du rejet de leur demande d'asile, et qu'ils ne souffrent d'aucune malade d'extrême gravité, ni de fragilités particulières en l'absence d'enfants en bas âge, que, contrairement à ce que soutient la requérante, la commission de médiation a procédé à un examen individualisé de leur situation avant de statuer sur le recours dont elle était saisie.
6. En troisième lieu, si la commission de médiation de la Haute-Garonne a relevé, comme il a été dit au point précédent, que Mme C, son époux et leurs deux enfants ont bénéficié d'une prise en charge en CADA durant l'instruction de leur demande d'asile et que cet hébergement a continué jusqu'en juin 2016, après le rejet de leur demande par la Cour nationale du droit d'asile, il ressort clairement des termes de la décision en litige que ces éléments ne constituent par le motif de rejet du recours amiable de Mme C, lequel est uniquement fondé sur l'absence de justifications par l'intéressée de circonstances exceptionnelles tenant à son état de santé et à celui des membres de sa famille, ou à l'existence d'une situation particulière de vulnérabilité. Par suite, et alors que la commission de médiation n'a pas considéré que le caractère irrégulier de la situation en France des époux C et le fait qu'ils aient été hébergés s'opposaient à ce qu'il soit fait droit à la demande d'hébergement de Mme C, mais a apprécié le caractère urgent de la demande d'hébergement dont elle était saisie au regard de la situation personnelle et familiale des intéressés, le moyen tiré de l'existence d'une erreur de droit doit être écarté dans ces deux branches.
7. En quatrième lieu et dernier lieu, Mme C fait valoir qu'elle réside en France depuis 2015 avec son époux et leurs deux enfants mineurs, qui sont scolarisés, qu'ils ont sollicité en 2019 leur admission exceptionnelle au séjour et sont titulaires d'une promesse d'embauche, et qu'en l'absence d'hébergement, ils ont vécu à plusieurs reprises dans la rue. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, qu'à la date de la décision en litige, Mme C, qui mentionne dans ses écritures vivre " au sein d'une maison prêtée par la Paroisse ", n'était pas dépourvue d'hébergement. Si elle fait également valoir que le " prêtre doit vendre cette maison ", elle n'indique pas dans quels délais doit intervenir la vente de ce bien, ni ne fournit d'éléments susceptibles d'établir le bien-fondé de ses allégations. Par ailleurs, la requérante, dont les deux enfants étaient âgés respectivement de 13 et 17 ans à la date du refus contesté, ne fait état d'aucune circonstance particulière tenant notamment à son état de santé ou à sa situation de vulnérabilité. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir qu'en rejetant son recours amiable au motif que sa situation n'était pas prioritaire et ne nécessitait pas un hébergement en urgence, la commission de médiation de la Haute-Garonne a méconnu les dispositions précitées du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par la commission de médiation doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision de la commission de médiation de la Haute-Garonne du 28 juillet 2020. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire présentée par Mme C.
Article 2 : La requête de Mme C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Laspalles et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2023.
La magistrate désignée,
V. POUPINEAU
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026