jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2005688 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SEBAN & ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête n° 2005688 et un mémoire, enregistrés les 9 novembre 2020 et 22 octobre 2022, la société Tarn Fibre, représentée par Me Feldman, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire n° 9961 d'un montant de 435 700 euros émis à son encontre par le département du Tarn le 21 juillet 2020, ensemble la décision par laquelle le département du Tarn a rejeté son recours gracieux le 8 septembre 2020 ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 435 700 euros ;
3°) de mettre à la charge du département du Tarn une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- les dispositions des articles L. 3221-2 du code général des collectivités territoriales et 11 du décret n° 2012-246 du 7 novembre 2021 ont été méconnues dès lors qu'en sa qualité d'ordonnateur des dépenses du département, le président du conseil départemental du Tarn était seul compétent pour signer le titre exécutoire litigieux ; il n'est démontré ni que le signataire de l'acte bénéficierait d'une délégation de signature, ni que cette délégation de signature aurait été publiée ;
- les dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales (4°) ont été méconnues dès lors que la qualité et la signature de son auteur n'apparaissent pas sur le titre exécutoire contesté ; le département du Tarn n'apporte aucune justification de nature à démontrer l'usage d'un des deux certificats de signature mentionné par l'arrêté du 27 juin 2007 portant application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales relatif à la dématérialisation des opérations en comptabilité publique ;
- le même titre ne comporte pas l'indication des bases de sa liquidation, en l'absence de mention du contrat concerné, de l'exposé des bases de calcul de la créance et de toute pièce jointe ;
- les pénalités de retard mises à sa charge n'ont pas été précédées d'une mise en demeure, applicable sur le fondement des stipulation 8 et 8.1 de la convention qui la lie au département du Tarn ;
- ses droits de la défense ont été méconnus dès lors qu'elle n'a pas été mise à même de discuter des griefs qui lui sont reprochés ; les pénalités de retard qui lui ont été infligées constituent une sanction ;
- le titre exécutoire litigieux est entaché d'un défaut de motivation en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- si le département du Tarn a entendu prononcer à son encontre une pénalité fondée sur le retard dans la remise des études avant-projet sommaire, la convention ne prévoit toutefois aucun jalon pour la remise de ces études, ni une pénalité pour un retard dans la validation des études avant-projet sommaire ;
- le nombre de jours retenus au titre des pénalités de retard doit être réduit en tenant compte de la date à laquelle les études avant-projet sommaire ont été réellement remises au département du Tarn ; les SRO 81023120 et 81023123 ont été remis conformes et complets le 16 août 2019, et le SRO 81027183 a été remis dans les mêmes conditions le 28 novembre suivant ;
- en raison de la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19, elle s'est trouvée dans l'impossibilité d'exécuter la convention qui la lie au département du Tarn ; sur le fondement de l'article 4 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020, elle considère que l'application des pénalités à l'ensemble des obligations échues antérieurement au 12 mars 2020 doit être suspendue jusqu'au 23 juin 2020, que leur application à l'ensemble des obligations échues à compter du 19 mars 2020 doit être reportée d'une durée égale au temps écoulé entre les 12 et 19 mars 2020 à compter du 23 juin 2020, et que ce même report doit s'appliquer aux obligations échues les 19 avril, 19 mai et 19 juin 2020 ;
- il appartient au juge administratif de procéder à la minoration ou à la décharge des pénalités de retard qui lui sont infligées sur le fondement des principes dont s'inspirent les dispositions de l'alinéa 2 de l'article 1152 du code civil.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 juin 2021 et 31 août 2022, le département du Tarn, représenté par la société Seban et associés, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que la société Tarn Fibre soit condamnée au paiement des intérêts au taux légal résultant du retard de paiement de la pénalité contractuelle mise à sa charge par le titre exécutoire contesté à compter du jour où elle a reçu le titre et jusqu'au paiement de la pénalité ;
3°) à ce qu'il soit mis à la charge de la société Tarn Fibre une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le président du conseil départemental peut déléguer sa signature sur le fondement de l'article L. 3221-3 du code général des collectivités territoriales ; une délégation de signature a été consentie à M. A par un arrêté du 16 mars 2020 ;
- la qualité de M. A est mentionné dans le titre exécutoire litigieux et le bordereau afférent à ce titre est signé électroniquement ;
- l'acte attaqué a permis à la société Tarn Fibre de connaître la nature de la créance et fait référence au courrier du 8 juillet 2020 ;
- la mise en demeure du délégataire constitue une simple faculté du délégant ; les parties ont convenu de façon conjointe que l'application d'une pénalité ne serait pas nécessairement subordonnée à la mise en œuvre préalable d'une formalité ;
- le principe du respect des droits de la défense ne s'applique, en matière de contrats publics, que dans l'hypothèse de la résiliation prononcée à titre de sanction ;
- la quasi-totalité des études avant-projet sommaire remises par la société Tarn Fibre ne sont pas conformes au regard des stipulations des articles 5.1.2.2 et 5.1.2.3 de la convention ; il résulte des stipulations contractuelles que le délégataire est tenu de fournir des études avant-projet sommaire complètes et conformes au plus tard 21 jours avant la date d'échéance prévue par le calendrier de déploiement de l'annexe 10.7 de la convention ;
- la société Tarn Fibre ne démontre pas qu'elle aurait subi des difficultés d'exécution de la convention en raison de la crise sanitaire ; les retards qui lui sont reprochés trouvent leur origine dans des manquements antérieurs au 12 mars 2020 ; l'article 4 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 n'est pas applicable aux contrats de la commande publique ;
- les pénalités litigieuses ne représentent que 0,068 % des recettes prévisionnelles de la société Tarn Fibre sur une durée de 25 ans et, en tout état de cause, le plafond total des pénalités qu'elle encourt ne dépasse pas 3 % de ces recettes.
Le 18 novembre 2022, un mémoire a été enregistré pour le département du Tarn et n'a pas été communiqué.
Par une ordonnance du 2 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 18 novembre 2022 à midi.
II. Par une requête n° 2101390 et un mémoire, enregistrés les 11 mars 2021 et 20 novembre 2022, la société Tarn Fibre, représentée par Me Feldman, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire n° 13355 d'un montant de 500 400 euros émis à son encontre par le département du Tarn le 12 septembre 2020, ensemble la décision par laquelle le département du Tarn a rejeté son recours gracieux le 12 janvier 2021 ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 500 400 euros ;
3°) de mettre à la charge du département du Tarn, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le paiement d'une somme de 1 500 euros.
Elle soutient que :
- les dispositions des articles L. 3221-2 du code général des collectivités territoriales et 11 du décret n° 2012-246 du 7 novembre 2021 ont été méconnues dès lors qu'en sa qualité d'ordonnateur des dépenses du département, le président du conseil départemental du Tarn était seul compétent pour signer le titre exécutoire litigieux ; il n'est démontré ni que le signataire de l'acte bénéficierait d'une délégation de signature, ni que cette délégation de signature aurait été publiée ;
- les dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales (4°) ont été méconnues dès lors que le titre exécutoire litigieux ne comporte pas de signature et qu'il n'est pas démontré que le bordereau de ce titre aurait été signé ; le département du Tarn n'apporte aucune justification de nature à démontrer l'usage d'un des deux certificats de signature mentionné par l'arrêté du 27 juin 2007 portant application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales relatif à la dématérialisation des opérations en comptabilité publique ;
- le même titre ne comporte pas l'indication des bases de sa liquidation, en l'absence de mention du contrat concerné, de l'exposé des bases de calcul de la créance et de toute pièce jointe ;
- les pénalités de retard mises à sa charge n'ont pas été précédées d'une mise en demeure, applicable sur le fondement des stipulation 8 et 8.1 de la convention qui la lie au département du Tarn ;
- ses droits de la défense ont été méconnus dès lors qu'elle n'a pas été mise à même de discuter des griefs qui lui sont reprochés ; les pénalités de retard qui lui ont été infligées constituent une sanction ;
- le titre exécutoire litigieux est entaché d'un défaut de motivation en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- si le département du Tarn a entendu prononcer à son encontre une pénalité fondée sur le retard dans la remise des études avant-projet sommaire, la convention ne prévoit toutefois aucun jalon pour la remise de ces études, ni une pénalité pour un retard dans la validation des études avant-projet sommaire ;
- le nombre de jours retenus au titre des pénalités de retard doit être réduit en tenant compte de la date à laquelle les études avant-projet sommaire ont été réellement remises au département du Tarn ; les SRO 81023120 et 81023123 ont été remis conformes et complets le 16 août 2019, et le SRO 81027183 a été remis dans les mêmes conditions le 19 août 2019 ;
- en raison de la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19, elle s'est trouvée dans l'impossibilité d'exécuter la convention qui la lie au département du Tarn et ne pouvait se voir appliquer des pénalités de retard entre les 12 mars et 23 juillet 2020 ;
- il appartient au juge administratif de procéder à la minoration ou à la décharge des pénalités de retard qui lui sont infligées sur le fondement des principes dont s'inspirent les dispositions de l'alinéa 2 de l'article 1152 du code civil.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 octobre 2021 et 6 septembre 2022, le département du Tarn, représenté par la société Seban et associés, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que la société Tarn Fibre soit condamnée au paiement des intérêts au taux légal résultant du retard de paiement de la pénalité contractuelle mise à sa charge par le titre exécutoire contesté à compter du jour où elle a reçu le titre et jusqu'au paiement de la pénalité ;
3°) à ce qu'il soit mis à la charge de la société Tarn Fibre une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le président du conseil départemental peut déléguer sa signature sur le fondement de l'article L. 3221-3 du code général des collectivités territoriales ; une délégation de signature a été consentie à M. A par un arrêté du 16 mars 2020 ;
- le bordereau du titre exécutoire litigieux a été signé par M. A ;
- ce même titre a permis à la société Tarn Fibre de connaître la nature de la créance et fait référence au courrier du 2 septembre 2020 ;
- la mise en demeure du délégataire constitue une simple faculté du délégant ; les parties ont convenu de façon conjointe que l'application d'une pénalité ne serait pas nécessairement subordonnée à la mise en œuvre préalable d'une formalité quelconque ;
- le principe du respect des droits de la défense ne s'applique, en matière de contrats publics, que dans l'hypothèse de la résiliation prononcée à titre de sanction ;
- la quasi-totalité des études avant-projet sommaire remises par la société Tarn Fibre ne sont pas conformes au regard des stipulations des articles 5.1.2.2 et 5.1.2.3 de la convention ; il résulte des stipulations contractuelles que le délégataire est tenu de fournir des études avant-projet sommaire conformes au plus tard 21 jours avant la date d'échéance prévue par le calendrier de déploiement de l'annexe 10.7 de la convention ;
- les retards de la société Tarn Fibre sont antérieurs et sans lien avec la crise sanitaire ; la société requérante ne démontre pas l'existence de difficultés d'exécution ; l'article 4 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ne s'applique pas aux contrats de la commande publique ;
- les pénalités litigieuses ne représentent que 0,078 % des recettes prévisionnelles de la société Tarn Fibre sur une durée de 25 ans et, en tout état de cause, le plafond total des pénalités qu'elle encourt ne dépasse pas 3 % de ces recettes.
Par une ordonnance 21 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée 8 mars 2023 à midi.
Un mémoire produit par le département du Tarn le 7 mars 2023 n'a pas été communiqué.
III. Par une requête n° 2101401 et un mémoire, enregistrés les 11 mars 2021 et 20 novembre 2022, la société Tarn Fibre, représentée par Me Feldman, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire n° 13358 d'un montant de 532 000 euros émis à son encontre par le département du Tarn le 12 septembre 2020, ensemble la décision par laquelle le département du Tarn a rejeté son recours gracieux le 12 janvier 2021 ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 532 000 euros ;
3°) de mettre à la charge du département du Tarn une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- les dispositions des articles L. 3221-2 du code général des collectivités territoriales et 11 du décret n° 2012-246 du 7 novembre 2021 ont été méconnues dès lors qu'en sa qualité d'ordonnateur des dépenses du département, le président du conseil départemental du Tarn était seul compétent pour signer le titre exécutoire litigieux ; il n'est démontré ni que le signataire de l'acte bénéficierait d'une délégation de signature, ni que cette délégation de signature aurait été publiée ;
- les dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales (4°) ont été méconnues dès lors que le titre exécutoire litigieux ne comporte pas de signature et qu'il n'est pas démontré que le bordereau de ce titre aurait été signé ; le département du Tarn n'apporte aucune justification de nature à démontrer l'usage d'un des deux certificats de signature mentionné par l'arrêté du 27 juin 2007 portant application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales relatif à la dématérialisation des opérations en comptabilité publique ;
- le même titre ne comporte pas l'indication des bases de sa liquidation, en l'absence de mention du contrat concerné, de l'exposé des bases de calcul de la créance et de toute pièce jointe ;
- les pénalités de retard mises à sa charge n'ont pas été précédées d'une mise en demeure, applicable sur le fondement des stipulation 8 et 8.1 de la convention qui la lie au département du Tarn ;
- ses droits de la défense ont été méconnus dès lors qu'elle n'a pas été mise à même de discuter des griefs qui lui sont reprochés ; les pénalités de retard qui lui ont été infligées constituent une sanction ;
- le titre exécutoire litigieux est entaché d'un défaut de motivation en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- si le département du Tarn a entendu prononcer à son encontre une pénalité fondée sur le retard dans la remise des études avant-projet sommaire, la convention ne prévoit toutefois aucun jalon pour la remise de ces études, ni une pénalité pour un retard dans la validation des études avant-projet sommaire ;
- le nombre de jours retenus au titre des pénalités de retard doit être réduit en tenant compte de la date à laquelle les études avant-projet sommaire ont été réellement remises au département du Tarn ; les SRO 81023120 et 81023123 ont été remis conformes et complets le 16 août 2019, et le SRO 81027183 a été remis dans les mêmes conditions le 19 août 2019 ;
- en raison de la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19, elle s'est trouvée dans l'impossibilité d'exécuter la convention qui la lie au département du Tarn et ne pouvait se voir appliquer des pénalités de retard entre les 12 mars et 30 juin 2020 ;
- il appartient au juge administratif de procéder à la minoration ou à la décharge des pénalités de retard qui lui sont infligées sur le fondement des principes dont s'inspirent les dispositions de l'alinéa 2 de l'article 1152 du code civil.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 octobre 2021, le département du Tarn, représenté par la société Seban et associés, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que la société Tarn Fibre soit condamnée au paiement des intérêts au taux légal résultant du retard de paiement de la pénalité contractuelle mise à sa charge par le titre exécutoire contesté à compter du jour où elle a reçu le titre et jusqu'au paiement de la pénalité ;
3°) à ce qu'il soit mis à la charge de la société Tarn Fibre une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le président du conseil départemental peut déléguer sa signature sur le fondement de l'article L. 3221-3 du code général des collectivités territoriales ; une délégation de signature a été consentie à M. A par un arrêté du 16 mars 2020 ;
- le bordereau du titre exécutoire litigieux a été signé par M. A ;
- ce même titre a permis à la société Tarn Fibre de connaître la nature de la créance et fait référence au courrier du 8 septembre 2020 ;
- la mise en demeure du délégataire constitue une simple faculté du délégant ; les parties ont convenu de façon conjointe que l'application d'une pénalité ne serait pas nécessairement subordonnée à la mise en œuvre préalable d'une formalité quelconque ;
- le principe du respect des droits de la défense ne s'applique, en matière de contrats publics, que dans l'hypothèse de la résiliation prononcée à titre de sanction ;
- la quasi-totalité des études avant-projet sommaire remises par la société Tarn Fibre ne sont pas conformes au regard des stipulations des articles 5.1.2.2 et 5.1.2.3 de la convention ; il résulte des stipulations contractuelles que le délégataire est tenu de fournir des études avant-projet sommaire conformes au plus tard 21 jours avant la date d'échéance prévue par le calendrier de déploiement de l'annexe 10.7 de la convention ;
- les retards de la société Tarn Fibre sont antérieurs et sans lien avec la crise sanitaire ; la société requérante ne démontre pas l'existence de difficultés d'exécution ; l'article 4 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ne s'applique pas aux contrats de la commande publique ;
- les pénalités litigieuses ne représentent que 0,083 % des recettes prévisionnelles de la société Tarn Fibre sur une durée de 25 ans et, en tout état de cause, le plafond total des pénalités qu'elle encourt ne dépasse pas 3 % de ces recettes.
Par une ordonnance du 21 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 8 mars 2023 à midi.
Un mémoire produit par le département du Tarn le 7 mars 2023 n'a pas été communiqué.
IV. Par une requête n° 2103298 et un mémoire, enregistrés les 2 juin 2021 et 4 décembre 2022, la société Tarn Fibre, représentée par Me Feldman, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire n° 3253 d'un montant de 573 000 euros émis à son encontre par le département du Tarn le 10 mars 2021 ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 573 000 euros ;
3°) de mettre à la charge du département du Tarn une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- les dispositions des articles L. 3221-2 du code général des collectivités territoriales et 11 du décret n° 2012-246 du 7 novembre 2021 ont été méconnues dès lors qu'en sa qualité d'ordonnateur des dépenses du département, le président du conseil départemental du Tarn était seul compétent pour signer le titre exécutoire litigieux ; il n'est démontré ni que le signataire de l'acte bénéficierait d'une délégation de signature, ni que cette délégation de signature aurait été publiée ;
- les dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales (4°) ont été méconnues dès lors que le titre exécutoire litigieux ne comporte pas de signature et qu'il n'est pas démontré que le bordereau de ce titre aurait été signé ; le département du Tarn n'apporte aucune justification de nature à démontrer l'usage d'un des deux certificats de signature mentionné par l'arrêté du 27 juin 2007 portant application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales relatif à la dématérialisation des opérations en comptabilité publique ;
- le même titre ne comporte pas l'indication des bases de sa liquidation, en l'absence de mention du contrat concerné, de l'exposé des bases de calcul de la créance et de toute pièce jointe ;
- les pénalités de retard mises à sa charge n'ont pas été précédées d'une mise en demeure, applicable sur le fondement des stipulation 8 et 8.1 de la convention qui la lie au département du Tarn ;
- ses droits de la défense ont été méconnus dès lors qu'elle n'a pas été mise à même de discuter des griefs qui lui sont reprochés ; les pénalités de retard qui lui ont été infligées constituent une sanction ;
- le titre exécutoire litigieux est entaché d'un défaut de motivation en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- si le département du Tarn a entendu prononcer à son encontre une pénalité fondée sur le retard dans la remise des études avant-projet sommaire, la convention ne prévoit toutefois aucun jalon pour la remise de ces études, ni une pénalité pour un retard dans la validation des études avant-projet sommaire ;
- le nombre de jours retenus au titre des pénalités de retard doit être réduit en tenant compte de la date à laquelle les études avant-projet sommaire ont été réellement remises au département du Tarn ; les SRO 81023120 et 81023123 ont été remis conformes et complets le 16 août 2019 et le SRO 81035173 a été remis dans les mêmes conditions le 14 août 2020 ; les avant-projets définitifs des SRO 81023120, 81023123, 81035093 et 81035177 ont été validés les 18 juin, 31 août et 5 octobre 2020, ce qui entraîne nécessairement la validation des avant-projets sommaires afférents ;
- il appartient au juge administratif de procéder à la minoration ou à la décharge des pénalités de retard qui lui sont infligées sur le fondement des principes dont s'inspirent les dispositions de l'alinéa 2 de l'article 1152 du code civil.
Par des mémoires en défense enregistrés les 14 janvier et 23 décembre 2022, le département du Tarn, représenté par la société Seban et associés, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que la société Tarn Fibre soit condamnée au paiement des intérêts au taux légal résultant du retard de paiement de la pénalité contractuelle mise à sa charge par le titre exécutoire contesté à compter du jour où elle a reçu le titre et jusqu'au paiement de la pénalité ;
3°) à ce qu'il soit mis à la charge de la société Tarn Fibre une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le président du conseil départemental peut déléguer sa signature sur le fondement de l'article L. 3221-3 du code général des collectivités territoriales ; une délégation de signature a été consentie à M. A par un arrêté du 16 mars 2020 ;
- le bordereau du titre exécutoire litigieux a été signé par M. A ;
- ce même titre a permis à la société Tarn Fibre de connaître la nature de la créance et fait référence au courrier du 10 novembre 2020 ;
- la mise en demeure du délégataire constitue une simple faculté du délégant ; les parties ont convenu de façon conjointe que l'application d'une pénalité ne serait pas nécessairement subordonnée à la mise en œuvre préalable d'une formalité quelconque ;
- le principe du respect des droits de la défense ne s'applique, en matière de contrats publics, que dans l'hypothèse de la résiliation prononcée à titre de sanction ;
- la quasi-totalité des études avant-projet sommaire remises par la société Tarn Fibre ne sont pas conformes au regard des stipulations des articles 5.1.2.2 et 5.1.2.3 de la convention ; il résulte des stipulations contractuelles que le délégataire est tenu de fournir des études avant-projet sommaire conformes au plus tard 21 jours avant la date d'échéance prévue par le calendrier de déploiement de l'annexe 10.7 de la convention ;
- la société Tarn Fibre ne démontre pas que les SRO qu'elle mentionne auraient été validés au stade de l'étude avant-projet sommaire dans les conditions prévues par la convention ; la décision de validation d'une étude avant-projet définitif n'entraîne pas la validation d'une étude avant-projet sommaire ;
- les pénalités litigieuses ne représentent que 0,090 % des recettes prévisionnelles de la société Tarn Fibre sur une durée de 25 ans et, en tout état de cause, le plafond total des pénalités qu'elle encourt ne dépasse pas 3 % de ces recettes.
Par une ordonnance du 21 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 8 mars 2023 à midi.
Un mémoire produit par le département du Tarn le 7 mars 2023 n'a pas été communiqué.
Un mémoire produit par la société Tarn Fibre le 8 mars 2023 n'a pas été communiqué.
V. Par une requête n° 2103322 et un mémoire, enregistrés les 3 juin 2021 et 2 décembre 2022, la société Tarn Fibre, représentée par Me Feldman, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire n° 3255 d'un montant de 549 500 euros émis à son encontre par le département du Tarn le 10 mars 2021 ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 549 500 euros ;
3°) de mettre à la charge du département du Tarn une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- les dispositions des articles L. 3221-2 du code général des collectivités territoriales et 11 du décret n° 2012-246 du 7 novembre 2021 ont été méconnues dès lors qu'en sa qualité d'ordonnateur des dépenses du département, le président du conseil départemental du Tarn était seul compétent pour signer le titre exécutoire litigieux ; il n'est démontré ni que le signataire de l'acte bénéficierait d'une délégation de signature, ni que cette délégation de signature aurait été publiée ;
- les dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales (4°) ont été méconnues dès lors que le titre exécutoire litigieux ne comporte pas de signature et qu'il n'est pas démontré que le bordereau de ce titre aurait été signé ; le département du Tarn n'apporte aucune justification de nature à démontrer l'usage d'un des deux certificats de signature mentionné par l'arrêté du 27 juin 2007 portant application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales relatif à la dématérialisation des opérations en comptabilité publique ;
- le même titre ne comporte pas l'indication des bases de sa liquidation, en l'absence de mention du contrat concerné, de l'exposé des bases de calcul de la créance et de toute pièce jointe ;
- les pénalités de retard mises à sa charge n'ont pas été précédées d'une mise en demeure, applicable sur le fondement des stipulation 8 et 8.1 de la convention qui la lie au département du Tarn ;
- ses droits de la défense ont été méconnus dès lors qu'elle n'a pas été mise à même de discuter des griefs qui lui sont reprochés ; les pénalités de retard qui lui ont été infligées constituent une sanction ;
- le titre exécutoire litigieux est entaché d'un défaut de motivation en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- si le département du Tarn a entendu prononcer à son encontre une pénalité fondée sur le retard dans la remise des études avant-projet sommaire, la convention ne prévoit toutefois aucun jalon pour la remise de ces études, ni une pénalité pour un retard dans la validation des études avant-projet sommaire ;
- le SRO 81023123 a été remis conforme et complet le 16 août 2019 ; les SRO 81023120, 81023123, 81035093 et 81035177 ont fait l'objet d'une validation de l'étude avant-projet définitif, ce qui a nécessairement pour effet de valider l'étude avant-projet sommaire correspondante ;
- il appartient au juge administratif de procéder à la minoration ou à la décharge des pénalités de retard qui lui sont infligées sur le fondement des principes dont s'inspirent les dispositions de l'alinéa 2 de l'article 1152 du code civil.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 janvier 2022, le département du Tarn, représenté par la société Seban et associés, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que la société Tarn Fibre soit condamnée au paiement des intérêts au taux légal résultant du retard de paiement de la pénalité contractuelle mise à sa charge par le titre exécutoire contesté à compter du jour où elle a reçu le titre et jusqu'au paiement de la pénalité ;
3°) à ce qu'il soit mis à la charge de la société Tarn Fibre une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le président du conseil départemental peut déléguer sa signature sur le fondement de l'article L. 3221-3 du code général des collectivités territoriales ; une délégation de signature a été consentie à M. A par un arrêté du 16 mars 2020 ;
- le bordereau du titre exécutoire litigieux a été signé par M. A ;
- ce même titre a permis à la société Tarn Fibre de connaître la nature de la créance et fait référence au courrier du 14 décembre 2020 ;
- la mise en demeure du délégataire constitue une simple faculté du délégant ; les parties ont convenu de façon conjointe que l'application d'une pénalité ne serait pas nécessairement subordonnée à la mise en œuvre préalable d'une formalité quelconque ;
- le principe du respect des droits de la défense ne s'applique, en matière de contrats publics, que dans l'hypothèse de la résiliation prononcée à titre de sanction ;
- la quasi-totalité des études avant-projet sommaire remises par la société Tarn Fibre ne sont pas conformes au regard des stipulations des articles 5.1.2.2 et 5.1.2.3 de la convention ; il résulte des stipulations contractuelles que le délégataire est tenu de fournir des études avant-projet sommaire conformes au plus tard 21 jours avant la date d'échéance prévue par le calendrier de déploiement de l'annexe 10.7 de la convention ;
- la société Tarn Fibre ne démontre pas que les SRO qu'elle mentionne auraient été validés au stade de l'étude avant-projet sommaire dans les conditions prévues par la convention ; la décision de validation d'une étude avant-projet définitif n'entraîne pas la validation d'une étude avant-projet sommaire ;
- les pénalités litigieuses ne représentent que 0,086 % des recettes prévisionnelles de la société Tarn Fibre sur une durée de 25 ans et, en tout état de cause, le plafond total des pénalités qu'elle encourt ne dépasse pas 3 % de ces recettes.
Par une ordonnance du 14 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 2 mars 2023 à midi.
Un mémoire produit par le département du Tarn le 1er mars 2023 n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 2020-209 du 23 mars 2020 ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- l'ordonnance n° 2020-319 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pétri ;
- les conclusions de M. Farges, rapporteur public ;
- les observations de Me Feldman, représentant la société Tarn Fibre ;
- et les observations de Me Guellier, représentant le département du Tarn.
Une note en délibéré a été produite par le département du Tarn le 31 mars 2023 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre d'une opération de conception, d'établissement et d'exploitation d'un réseau de communication électronique à très haut débit, le département du Tarn a approuvé la conclusion d'une convention de délégation de service public avec la société SFR, à laquelle s'est ensuite substituée la société Tarn Fibre. La convention a été signée le 30 avril 2019 et est entrée en vigueur le 19 juin suivant.
2. Par un courrier du 8 juillet 2020, le département du Tarn a informé la société Tarn Fibre que ses manquements en matière de remise des études avant-projet sommaire prévues par l'article 5.1.2.2 de la convention justifiaient l'application de pénalités à son encontre au titre du mois de juin 2020. La somme de 435 700 euros a été mise à sa charge par un titre exécutoire n° 9961 émis le 21 juillet 2020. L'intéressée a introduit un recours gracieux le 24 août 2020, rejeté le 8 septembre suivant. Par la requête n° 2005688, la société Tarn Fibre demande l'annulation de ce titre, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux, ainsi que la décharge de l'obligation de payer la somme de 435 700 euros.
3. Par un courrier du 2 septembre 2020, le département du Tarn a informé la société Tarn Fibre que ses manquements en matière de remise des études avant-projet sommaire prévues par l'article 5.1.2.2 de la convention justifiaient l'application de pénalités à son encontre au titre du mois de juillet 2020. La somme de 500 400 euros a été mise à sa charge par un titre exécutoire n° 13355 émis le 12 septembre 2020. L'intéressée a introduit un recours gracieux le 26 novembre 2020, rejeté le 12 janvier 2021. Par la requête n° 2101390, la société Tarn Fibre demande l'annulation de ce titre, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux, ainsi que la décharge de l'obligation de payer la somme de 500 400 euros.
4. Par un courrier du 8 septembre 2020, le département du Tarn a informé la société Tarn Fibre que ses manquements en matière de remise des études avant-projet sommaire prévues par l'article 5.1.2.2 de la convention justifiaient l'application de pénalités à son encontre au titre du mois d'août 2020. La somme de 532 000 euros a été mise à sa charge par un titre exécutoire n° 13358 émis le 12 septembre 2020. L'intéressée a introduit un recours gracieux le 26 novembre 2020, rejeté le 12 janvier 2021. Par la requête n° 2101401, la société Tarn Fibre demande l'annulation de ce titre, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux, ainsi que la décharge de l'obligation de payer la somme de 532 000 euros.
5. Par un courrier du 10 novembre 2020, le département du Tarn a informé la société Tarn Fibre que ses manquements en matière de remise des études avant-projet sommaire prévues par l'article 5.1.2.2 de la convention justifiaient l'application de pénalités à son encontre au titre du mois d'octobre 2020. La somme de 573 000 euros a été mise à sa charge par un titre exécutoire n° 3253 émis le 10 mars 2021. Par la requête n° 21013298, la société Tarn Fibre demande l'annulation de ce titre ainsi que la décharge de l'obligation de payer la somme de 573 000 euros.
6. Par un courrier du 14 décembre 2020, le département du Tarn a informé la société Tarn Fibre que ses manquements en matière de remise des études avant-projet sommaire prévues par l'article 5.1.2.2 de la convention justifiaient l'application de pénalités à son encontre au titre du mois de novembre 2020. La somme de 549 500 euros a été mise à sa charge par un titre exécutoire n° 3255 émis le 10 mars 2021. Par la requête n° 2103322, la société Tarn Fibre demande l'annulation de ce titre ainsi que la décharge de l'obligation de payer la somme de 549 500 euros.
Sur la jonction :
7. Les requêtes nos 2005688, 2101390, 2101401, 2103298 et 2103322 ont trait à des obligations financières similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre et de statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation des titres exécutoires :
Sur la régularité des titres exécutoires :
8. En premier lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Dans les conditions prévues pour chaque catégorie d'entre elles, les recettes sont liquidées avant d'être recouvrées. La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette des redevables. / () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrir indique les bases de la liquidation. "
9. Les collectivités publiques ne peuvent mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre de perception lui-même, soit par une référence précise à un document joint à ce titre ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elles se sont fondées pour déterminer le montant de la créance.
10. En l'espèce, les pénalités contractuelles mises à la charge de la société Tarn Fibre par le département du Tarn dans les titres exécutoires nos 9961, 13355, 13358, 3253 et 3255 ont pour objet respectif les " APS JUIN 2020 ", les " APS JUILLET 2020 ", les " APS AOUT 2020 ", les " APS OCTOBRE 2020 " et les " APS novembre 2020 ". Ces mentions n'indiquent pas les bases et éléments de calcul sur lesquels le département du Tarn s'est fondé pour déterminer le montant des créances mises à la charge de la société Tarn Fibre. Elles ne font, par ailleurs, pas référence, même implicitement, à une pièce annexe ou à une décision précédemment notifiée, en particulier aux courriers que le département du Tarn a adressés à la société Tarn Fibre les 8 juillet, 2 et 8 septembre, 10 novembre et 14 décembre 2020, qui comportent un tableau détaillant les pénalités relatives aux retards de la société dans la remise des études avant-projet sommaire. Dès lors que les décisions attaquées ne comportent pas les bases de la liquidation des créances de 435 700, 500 400, 532 000, 573 000 et 549 500 euros mises à sa charge, le moyen tiré de l'absence d'indication des bases de la liquidation soulevé à l'encontre de chacun de ces titres doit être accueilli.
Sur le bien-fondé des titres exécutoires :
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2.9.2.1 de la convention : " Les études de conception du réseau objet de la tranche ferme, dont la maîtrise d'ouvrage relève du délégataire, devront être achevées au plus tard au terme du 30ème mois après la date d'entrée en vigueur de la convention. / () A cet effet, le délégataire s'engage à respecter le calendrier figurant en annexe 10.7. Tout retard par rapport aux échéances prévues dans ce calendrier pourra donner lieu à l'application des pénalités prévues à l'article 8.2 de la présente convention. " L'article 5.1.2.2 de la convention expose le contenu de l'avant-projet sommaire et, plus précisément, les opérations auxquelles doit procéder le délégataire afin de l'établir ainsi que les éléments qu'il doit fournir. L'avant-projet-sommaire doit être validé par le département dans les conditions exposées par l'article 5.1.3 de la convention, selon lequel : " Le délégataire réalise les APS et les APD relatifs à l'activation du réseau, selon les règles d'ingénierie, la méthodologie et les livrables indiqués en annexe 10.10. / Le calendrier d'activation du réseau auquel s'engage le délégataire figure en annexe 10.7 de la convention. / Le délégant dispose d'un délai de 21 jours ouvrés pour formuler ses remarques. Passé ce délai, l'avant-projet sommaire ou l'avant-projet détaillé, selon le cas, est réputé validé. La validation de ces études ne dégage pas le délégataire de sa responsabilité en cas d'erreur de conception. En cas de refus de validation de l'APS ou de l'APS par le délégant, le délégataire doit présenter un nouvel APS ou un nouvel APD prenant en compte les indications du délégant, sans préjudice de l'application de pénalités de retard. " L'annexe 10.24 de la convention prévoit que le montant unitaire de la pénalité est de 100 euros par jour de retard et que le point de départ de cette pénalité est l'échéance visée au calendrier de l'annexe 10.7.
12. Il résulte de l'instruction que la majeure partie des études avant-projet sommaire que la société Tarn Fibre devait remettre au département du Tarn n'ont pas été livrées dans les délais impartis par la convention ou n'ont pu être validées par le département. La société requérante ne conteste pas sérieusement ses retards et soutient que si la convention prévoit une échéance pour la validation de ces études, elle ne prévoit en revanche aucune échéance pour leur remise avant validation, ni même l'application d'une pénalité de retard relative à cette validation. Il résulte en effet de l'annexe 10.7 de la convention que le calendrier de déploiement relatif aux études avant-projet sommaire mentionne les seules études avant-projet sommaire validées. Il convient toutefois de combiner ce calendrier et les stipulations des articles 5.1.2.2 et 5.1.3 de la convention, qui prévoient, ainsi que cela a été exposé au point 11, que le délégant dispose d'un délai de 21 jours ouvrés pour formuler ses remarques et que passé ce délai, l'avant-projet sommaire est réputé validé si aucune remarque n'a été formulée. En outre, l'annexe 10.24 de la convention prévoit expressément que des pénalités s'appliqueront en cas de retard dans la remise des études avant-projet sommaire du réseau conformes et complètes. Dès lors, il est établi que la date de remise des études avant-projet sommaire correspond à la date fixée par le calendrier de déploiement, à laquelle il faut soustraire un délai de validation par le département du Tarn de 21 jours. La société Tarn Fibre ne produisant aucun élément de nature à démontrer qu'elle aurait remis au département du Tarn des études avant-projet sommaire conformes et complètes dans les délais qui lui étaient impartis, et qui seraient de nature à remettre en cause les constatations effectuées par le département telles qu'elles sont notamment reprises de manière détaillée dans ses lettres précitées. Il résulte en particulier des tableaux annexés à ces courriers, dont les mentions ne sont au demeurant pas contredites par la société Tarn Fibre, que le suivi de la remise et de la validation des études avant-projet sommaire effectué par le département du Tarn a permis de relever un nombre de 4 357 jours de retard pour le mois de juin 2020, 5 004 jours pour le mois de juillet 2020, 5 320 jours pour le mois d'août 2020, 5 730 jours pour le mois d'octobre 2020, et 5 495 jours pour le mois de novembre 2020. En appliquant le taux journalier contractuel de 100 euros par jour de retard, le total qui en résulte correspond au montant des pénalités mises à la charge de la société requérante par les titres exécutoires contestes. Par suite, le moyen tiré du caractère infondé des pénalités ne peut qu'être écarté.
13. En troisième lieu, d'une part, la société Tarn Fibre soutient que le nombre de jours de retard retenu par le département du Tarn doit être minoré dès lors qu'il convient de tenir compte de la date à laquelle les études avant-projet sommaire ont été remises au département. Or, ainsi que cela a été exposé au point 12, la date à prendre en compte pour calculer le nombre de jours de retard qui lui est imputable est celle à laquelle les études avant-projet sommaire ont été validées, et non la date à laquelle elles ont été remises, les modalités de calcul à cet égard n'étant pas sérieusement contredites. En tout état de cause, si la société requérante soutient qu'elle a remis de façon conforme et complète les SRO 81023120 et 81023123 le 16 août 2019, le SRO 81016121 le 19 août 2019, le SRO 81027183 le 28 novembre 2019, et le SRO 81035173 le 14 août 2020, elle ne l'établit pas.
14. D'autre part, la société Tarn Fibre se prévaut de ce que les études avant-projet définitif des SRO 81023120, 81023123, 81035093 et 81035177 ont fait l'objet d'une validation les 18 juin, 31 août et 5 octobre 2020, et que cette validation entraîne nécessairement celle des études avant-projet sommaire afférentes. La convention conclue entre la société requérante et le département du Tarn distingue toutefois les études avant-projet sommaire et les études avant-projet définitif. Il en va ainsi plus particulièrement de l'article 5.1.2, qui précise que la mission relative à la conception du réseau comprend deux phases d'étude, à savoir les études avant-projet sommaire et les études avant-projet définitif, de l'annexe 10.24, qui prévoit des pénalités distinctes en raison de retards éventuels dans la remise de ces deux études, et surtout de l'article 1 de la convention, selon lequel l'avant-projet sommaire " désigne les études permettant la description des locaux à desservir, des infrastructures mobilisables et à créer avant vérification de leurs capacités d'accueil des câbles et des boîtiers nécessaires à l'établissement du réseau sous maîtrise d'ouvrage du délégataire, selon la description de l'article 5.1.2.2 ", et l'étude avant-projet définitif " les études fines établies sur la base de l'APS, après vérification des capacités d'accueil et obtention des accords d'utilisation des infrastructures mobilisables et à créer, nécessaires aux travaux qui seront réalisés sur cette base sous la maîtrise d'ouvrage du délégataire, selon la description de l'article 5.1.2.3. " La société Tarn Fibre ne peut donc sérieusement soutenir que la validation d'une étude avant-projet définitif entraîne nécessairement la validation de l'étude avant-projet sommaire afférente.
15. Il résulte de ce qui a été dit aux points 13 et 14 que la société requérante n'est pas fondée à remettre en cause le nombre de jours de retard retenu par le département du Tarn dans le cadre de l'application de pénalités de retard relatives à la remise des études avant-projet sommaire au titre des mois de juin, juillet, août, octobre et novembre 2020.
16. En quatrième lieu, aux termes de l'article 11 de la loi du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de Covid-19 : " I. - Dans les conditions prévues à l'article 38 de la Constitution, le Gouvernement est autorisé à prendre par ordonnances, dans un délai de trois mois à compter de la publication de la présente loi, toute mesure, pouvant entrer en vigueur, si nécessaire, à compter du 12 mars 2020, relevant du domaine de la loi () : / 1° Afin de faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et aux conséquences des mesures prises pour limiter cette propagation, et notamment afin de prévenir et limiter la cessation d'activité des personnes physiques et morales exerçant une activité économique et des associations ainsi que ses incidences sur l'emploi, en prenant toute mesure : / () f) Adaptant les règles de passation, de délais de paiement, d'exécution et de résiliation, notamment celles relatives aux pénalités contractuelles, prévues par le code de la commande publique ainsi que les stipulations des contrats publics ayant un tel objet ; ". Sur le fondement de ces dispositions, l'ordonnance du 25 mars 2020 portant diverses mesures d'adaptation des règles de passation, de procédure ou d'exécution des contrats soumis au code de la commande publique et des contrats publics qui n'en relèvent pas pendant la crise sanitaire née de l'épidémie de Covid-19 prévoit, dans son article 6 : " En cas de difficultés d'exécution du contrat, les dispositions suivantes s'appliquent, nonobstant toute stipulation contraire, à l'exception des stipulations qui se trouveraient être plus favorables au titulaire du contrat : / 1° Lorsque le titulaire ne peut pas respecter le délai d'exécution d'une ou plusieurs obligations du contrat ou que cette exécution en temps et en heure nécessiterait des moyens dont la mobilisation ferait peser sur le titulaire une charge manifestement excessive, ce délai est prolongé d'une durée au moins équivalente à celle mentionnée à l'article 1er, sur la demande du titulaire avant l'expiration du délai contractuel ; /2° Lorsque le titulaire est dans l'impossibilité d'exécuter tout ou partie d'un bon de commande ou d'un contrat, notamment lorsqu'il démontre qu'il ne dispose pas des moyens suffisants ou que leur mobilisation ferait peser sur lui une charge manifestement excessive : / a) Le titulaire ne peut pas être sanctionné, ni se voir appliquer les pénalités contractuelles, ni voir sa responsabilité contractuelle engagée pour ce motif ; ".
17. Il résulte de l'instruction que la société Tarn Fibre n'est pas fondée à invoquer les dispositions de l'article 6 de l'ordonnance du 25 mars 2020 citées au point précédent dès lors que si certaines des échéances qui lui ont été imposées sont arrivées à terme à compter du mois de mars 2020, pendant la période visée par ces dispositions, la plupart des échéances contractuelles sont arrivées à terme avant la pandémie de Covid-19, et des retards avaient déjà été constatés avant le début de cette crise sanitaire. Elle n'apporte en outre aucun élément de nature à démontrer concrètement les difficultés auxquelles elle aurait été confrontée du fait de cette crise, en particulier qu'elle n'aurait pas disposé des moyens suffisants ou que leur mobilisation aurait fait peser sur elle une charge manifestement excessive. Par suite, il n'y a pas lieu de prononcer une exonération des pénalités de retard mises à sa charge en se fondant sur les dispositions citées au point 16.
18. En cinquième lieu, si la société requérante se prévaut de l'application de l'article 4 de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période, aux termes duquel les " astreintes, les clauses pénales, les clauses résolutoires ainsi que les clauses prévoyant une déchéance, lorsqu'elles ont pour objet de sanctionner l'inexécution d'une obligation dans un délai déterminé, sont réputées n'avoir pas pris cours ou produit effet, si ce délai a expiré pendant la période définie au I de l'article 1er. ", ces dernières dispositions ne sont toutefois pas applicables à sa situation, au vu des dispositions de l'article 1 de cette ordonnance : " I. ' Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et l'expiration d'un délai d'un mois à compter de la date de cessation de l'état d'urgence sanitaire déclaré dans les conditions de l'article 4 de la loi du 22 mars 2020 susvisée. / II. ' Les dispositions du présent titre ne sont pas applicables : / () 5° Aux délais et mesures ayant fait l'objet d'autres adaptations particulières par la loi du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19 ou en application de celle-ci. " Autrement dit, il résulte de ce qui a été dit au point 16 que les délais et mesures applicables en matière de contrats publics, qu'il s'agisse de contrats de la commande publique ou non, ont fait l'objet d'adaptations particulières prévues par l'ordonnance du 25 mars 2020 portant diverses mesures d'adaptation des règles de passation, de procédure ou d'exécution des contrats soumis au code de la commande publique et des contrats publics qui n'en relèvent pas pendant la crise sanitaire née de l'épidémie de Covid-19, seules susceptibles de s'appliquer en l'espèce. Par suite, il n'y a pas lieu de prononcer une exonération des pénalités de retard mises à la charge de la société Tarn Fibre en se fondant sur les dispositions de l'article 4 de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période.
19. En dernier lieu, aux termes de l'article 1231-5 du code civil : " Lorsque le contrat stipule que celui qui manquera de l'exécuter paiera une certaine somme à titre de dommages et intérêts, il ne peut être alloué à l'autre partie une somme plus forte ni moindre. / Néanmoins, le juge peut, même d'office, modérer ou augmenter la pénalité ainsi convenue si elle est manifestement excessive ou dérisoire. " Il est loisible au juge administratif, saisi de conclusions en ce sens, de modérer ou d'augmenter les pénalités de retard résultant du contrat, par application des principes dont s'inspire l'article 1235-1 du code civil, si ces pénalités atteignent un montant manifestement excessif ou dérisoire eu égard au montant du marché ou aux recettes prévisionnelles de la concession, et compte tenu de l'inexécution constatée.
20. Aux termes de l'article 7.1 de la convention : " Le délégataire finance, conçoit, établit et exploite le réseau de communications électroniques à ses frais, risques et périls durant toute la durée d'exécution de la présente convention. / La rémunération du délégataire est constituée des recettes liées à la fourniture de services aux opérateurs et utilisateurs de réseaux indépendants () / Les recettes prévisionnelles tirées de l'exploitation du réseau de communications électroniques sont réputées permettre au délégataire d'assurer son équilibre économique, sur la base du plan d'affaires prévisionnel joint en annexe 10.18. Dans un délai de trois mois suivant l'entrée en vigueur de la convention, le délégataire produira une version du plan d'affaires prévisionnel recalé en années civiles. "
21. Il résulte de l'instruction que le montant des recettes prévisionnelles de la société Tarn Fibre s'élève à la somme de 633 948 000 euros. Si elle se prévaut de ce que le taux de rentabilité interne opérationnel du projet est faible comparé à celui du secteur d'activité, elle ne fait état que de considérations d'ordre général et n'apporte aucun élément relatif aux pratiques observées dans des contrats comparables et aux caractéristiques particulières de la convention litigieuse, de nature à démontrer que les pénalités de retard qui lui ont été infligées présenteraient un caractère excessif. Si elle se prévaut également de ce qu'elle n'a pas totalement inexécuté ses obligations contractuelles et que 70 études avant-projet sommaire ont été validées, elle n'apporte aucun élément concret de nature à remettre en cause les pièces produites en défense relatives à sa défaillance dans la remise d'études avant-projet sommaire conformes. Par ailleurs, les pénalités de retard qui lui sont infligées par les titres exécutoires nos 9961, 13355, 13358, 3253 et 3255 ne représentent respectivement que 0,068, 0,079, 0,083, 0,090 et 0,87 % de ses recettes prévisionnelles. A supposer qu'il faille tenir compte, ainsi qu'elle le demande, de la somme de 17 898 650 euros correspondant selon elle au montant total de l'ensemble des titres exécutoires émis à son encontre, les pénalités de retard mises à sa charge représenteraient 2,8 % de ses recettes prévisionnelles. Aussi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de l'inexécution de ses obligations contractuelles, il ne résulte pas de l'instruction que les pénalités de retard qui lui ont été infligées par le département du Tarn atteindraient un montant manifestement excessif.
22. Il résulte de tout ce qui précède que la société Tarn Fibre est seulement fondée à demander l'annulation des titres exécutoires litigieux en raison d'une irrégularité de forme.
Sur les conclusions à fin de décharge :
23. Le présent jugement, qui prononce l'annulation des titres exécutoires nos 9961, 13355, 13358, 3253 et 3255 pour des motifs de forme, n'implique pas, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, de prononcer la décharge des sommes mises à la charge de la société Tarn Fibre. Par suite, ses conclusions à fin de décharge doivent être rejetées.
Sur les intérêts :
24. Il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par le département du Tarn tendant à ce que la société Tarn Fibre soit condamnée au paiement des intérêts au taux légal résultant du retard de paiement de la pénalité contractuelle mise à sa charge par les titres exécutoires contestés, dès lors que ces titres, qui rendent la créance exigible, sont annulés.
Sur les frais de l'instance :
25. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par la société Tarn Fibre et par le département du Tarn au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les titres exécutoires nos 9961, 13355, 13358, 3253 et 3255 respectivement émis par le département du Tarn à l'encontre de la société Tarn Fibre les 21 juillet et 12 septembre 2020 et 10 mars 2021 sont annulés, ensemble la décision par laquelle le département du Tarn a rejeté le recours gracieux introduit par la société Tarn.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Tarn Fibre et au département du Tarn.
Copie en sera adressée à la direction départementale des finances publiques du Tarn.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La rapporteure,
M. PETRI
Le président,
T. SORINLa greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Nos 2005688, 2101390, 2101401 2103298, 210332
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026