mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2006626 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique cellule 7 |
| Avocat requérant | TERRAZZONI LAURENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2020, M. Archak D, représenté par Me Terrazzoni, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision implicite née le 19 décembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande de comptabilisation de points à la suite du suivi d'un stage de sensibilisation à la sécurité routière ;
2) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de créditer son permis de conduire de quatre points dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement aux parties ;
3) de mettre à la charge de l'État la somme de 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le ministre de l'intérieur n'a pas donné suite à son recours gracieux du 12 octobre 2020, réceptionné le 19 octobre 2020, faisant ainsi naître une décision implicite de rejet ;
- alors qu'il n'a jamais réceptionné la lettre 48 SI comme le démontre son relevé d'information intégral qui précise notamment que son dossier est valide à la date du 24 septembre 2020, il a participé à un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui s'est déroulé les 21 et 22 septembre 2020 ;
- la décision constatant la perte de validité du titre pour solde de points nul n'étant opposable à son titulaire qu'à compter de la date à laquelle elle lui est notifiée, il aurait dû bénéficier, en application de l'article L. 223-6 du code de la route, de la récupération de quatre points sur son permis de conduire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 avril 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- le relevé d'information intégral de M. D ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir au cours de l'audience publique présenté son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. M. D demande l'annulation de la décision implicite née le 19 décembre 2020 du rejet de son recours gracieux formé le 12 octobre 2020 tendant à la comptabilisation de quatre points sur son permis de conduire à la suite du suivi d'un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne la procédure de notification des retraits de points :
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 223-3 du code de la route : " () Quand il est effectif, le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple ou, sur sa demande, par voie électronique. () ".
3. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions précitées de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette notification a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. La circonstance que l'administration ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire, ne saurait lui interdire de constater que le permis a perdu sa validité, dès lors que la décision procédant au retrait des derniers points récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur qui demeure recevable à exciper de l'illégalité de chacun de ces retraits. Dès lors, M. D ne saurait utilement se prévaloir de ce que les retraits de points successifs ne lui auraient pas été notifiés avant l'intervention de la décision constatant la perte de validité de son permis de conduire et que le relevé d'information intégral qu'il produit, édité le 24 septembre 2020, fasse mention d'un " Etat dossier : valide ".
En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence de prise en compte du stage de sensibilisation à la sécurité routière :
4. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " () Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être
effectué dans la limite d'une fois par an. () " et aux termes de l'article R. 223-8 du même code : " I.- Le titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R. 213-2 délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci.
II.- L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire.
III.- Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage () ".
5. Il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de rejeter toute demande de reconstitution de points acquis à la suite d'un stage de sensibilisation lorsque le conducteur a reçu, avant le dernier jour du stage, régulièrement notification d'une décision du ministre de l'intérieur l'informant que son permis de conduire a perdu sa validité par suite de l'épuisement de son capital de points.
6. Les décisions portant retrait de points d'un permis de conduire, de même que celles qui constatent la perte de validité du permis pour solde de points nuls, ne sont opposables à son titulaire qu'à compter de la date à laquelle elles lui sont notifiées.
7. M. D a effectué un stage de sensibilisation à la sécurité routière les 21 et 22 septembre 2020 et demande que soient attribués au capital de son permis de conduire les points obtenus à l'issue de ce stage. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le ministre de l'intérieur a informé le requérant que son permis avait perdu sa validité, en raison d'infractions précédemment commises. Le ministre de l'intérieur produit une attestation signée par M. B C, directeur des services Clients et Entreprises de la Poste, établie à l'issue d'une enquête réalisée au sein du service courrier colis de l'entreprise, qui mentionne que le courrier avec accusé de réception 2C15526945254 a été régulièrement notifié le 29 juin 2020 et a fait l'objet d'une présentation à l'intéressé le 17 août 2020 à l'adresse indiquée par M. D dans la présente instance. Le numéro d'accusé de réception figurant sur cette attestation est identique au numéro indiqué sur le relevé intégral d'information de M. D et se rapporte à la notification d'une lettre modèle 48 SI le 29 juin 2020. Il ressort ainsi des pièces du dossier que la décision constatant la perte de validité du permis de conduire a été régulièrement notifiée antérieurement à l'accomplissement par le requérant d'un stage volontaire de sensibilisation à la sécurité routière les 21 et 22 septembre 2020.
8. Il suit de là que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite de rejet née le 19 décembre 2020 du rejet de son recours gracieux formé le 12 octobre 2020 tendant à la comptabilisation de quatre points sur son permis de conduire à la suite du suivi d'un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Les conclusions en annulation de la requête doivent ainsi être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. "
10. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressé doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
12. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, soit condamné à payer à M. D la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. Archak D et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.
La présidente,
Isabelle Carthé MazèresLa greffière,
Sandrine Furbeyre
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
Le Greffier en chef,jmt
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026