mardi 5 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2100469 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique chambre 1 |
| Avocat requérant | SELARL RIBES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 29 janvier et 3 février 2021, la société par actions simplifiée (SAS) T.G.A. 82, représentée par la SELARL Ribes, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge totale des cotisations de taxe sur les surfaces commerciales auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018 et 2019 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens ainsi qu'une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable, dès lors qu'elle est fondée à se prévaloir d'une situation relevant de la force majeure ;
- la surface de vente utilisée par la DIAC pour les besoins de son activité doit être déduite du calcul réalisé pour l'assujettissement à la taxe sur les surfaces commerciales ;
- elle ne doit être soumise à la taxe sur les surfaces commerciales qu'à raison des seules ventes aux consommateurs pour un usage domestique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2021, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal Sud-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que la situation de force majeure n'est pas caractérisée ;
- à titre subsidiaire, il a été tenu compte de la situation d'établissement mixte de la société au regard des modalités de calcul de la taxe de sorte qu'elle a été régulièrement imposée sur la surface consacrée à la vente au détail à laquelle a accès la clientèle ;
- le moyen relatif à l'exclusion du chiffre d'affaires correspondant aux ventes réalisées avec la DIAC est inopérant dès lors que la demande n'est pas chiffrée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme A,
-et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS T.G.A. 82, dont le siège social est situé à Montauban (Tarn-et-Garonne), exerce une activité de négoce et réparation de véhicules automobiles dans le cadre d'un contrat de concession conclu avec le constructeur Renault. Elle a été assujettie à la taxe sur les surfaces commerciales au titre des années 2018 et 2019, à raison de son principal établissement situé 2 rue des Prades à Montauban, pour un montant respectif de 24 213 euros au titre de l'année 2018 et de 23 696 euros au titre de l'année 2019. Par une réclamation du 3 décembre 2019, la SAS T.G.A. 82 a contesté le montant de ces impositions.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales : " L'action doit être introduite devant le tribunal compétent dans le délai de deux mois à partir du jour de la réception de l'avis par lequel l'administration notifie au contribuable la décision prise sur sa réclamation () ".
3. Il résulte de l'instruction que la SAS T.G.A. 82 a été assujettie à la taxe sur les surfaces commerciales au titre des années 2018 et 2019, à raison de son établissement situé à Montauban. Par réclamation préalable du 3 décembre 2019, elle a sollicité auprès du service des impôts des entreprises de Montauban le dégrèvement total de cette imposition. Par décision du 27 juillet 2020, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal Sud-Pyrénées a rejeté sa demande. Alors que la requête a été enregistrée au greffe du tribunal le 29 janvier 2021, la SAS T.G.A. 82 soutient que cette requête est recevable du fait d'un évènement de force majeure.
4. L'évènement de force majeure suppose l'intervention d'un évènement extérieur aux parties, imprévisible dans sa survenance et irrésistible dans ses conséquences.
5. En l'espèce, la société requérante soutient que la crise sanitaire peut être analysée comme un cas de force majeure pour une entreprise ayant dû faire face à une modification brutale de son activité. Elle se prévaut en ce sens d'une part, de la perturbation de son organisation par la crise de la Covid-19 et de l'accomplissement tardif de ses obligations fiscales en 2020. D'autre part, la SAS T.G.A. 82 soutient que le cabinet d'avocats qu'elle a mandaté pour la défense de ses intérêts a fait face à un accroissement temporaire de son activité contentieuse du fait de la crise sanitaire l'ayant conduit à conclure à un contrat à durée déterminée avec un élève avocat, mais que ce dernier n'a pu traiter diligemment l'ensemble des dossiers soumis avant l'apparition de la crise sanitaire. Toutefois, ces éléments, au demeurant non justifiés, ne démontrent pas l'impossibilité pour la société requérante ou le cabinet d'avocats mandaté, de saisir le tribunal dans les délais prévus par les dispositions précitées de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales. Dans ces conditions, la société requérante ne démontre pas l'existence d'un évènement irrésistible de nature à imputer la tardiveté de sa requête à un cas de force majeure. Par suite, la requête de la SAS T.G.A. 82, qui n'a été enregistrée que le 29 janvier 2021 soit après l'expiration du délai de deux mois prévu par les dispositions précitées de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales, est tardive et la fin de non-recevoir opposée par l'administration fiscale en défense doit être accueillie.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SAS T.G.A. 82 doit être rejetée dans toutes ses conclusions, en ce compris celles tendant à la charge des dépens et à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS T.G.A. 82 est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS T.G.A. 82 et au directeur de contrôle fiscal Sud-Pyrénées.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2023.
La magistrate désignée,
F. A
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
No 2100469
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026