mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2100978 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GOUTAL ALIBERT & ASSOCIES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée sous le n° 2100978, le 19 février 2021, Mme C B, représentée par Me Laffourcade-Mokkadem qui succède à Me Hudrisier, demande au tribunal :
1°) de condamner la métropole Toulouse Métropole à lui verser une somme de 20 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date du jugement ainsi que du produit de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge de la métropole Toulouse Métropole une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Elle soutient que :
- la métropole Toulouse Métropole a commis une faute de nature à engager sa responsabilité dès lors qu'elle est victime d'un harcèlement moral résultant de difficultés relationnelles avec ses collègues après qu'elle ait subi un harcèlement sexuel en 2015, d'un refus d'avancement, d'une mise à contribution excessive en comparaison avec la charge de travail de ses collègues, puis d'une éviction rampante de ses responsabilités à compter de janvier 2019 ;
- les préjudices subis doivent être réparés à hauteur de 20 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2022, la métropole Toulouse Métropole, représentée par Me Kaczmarczyk, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les sommes demandées par Mme B en indemnisation de son préjudice sont prescrites en tant qu'elles portent sur l'année 2015 ;
- elle n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité.
II. Par une requête enregistrée sous le n° 2205571 le 21 septembre 2022, Mme C B, représentée par Me Laffourcade-Mokkadem qui succède à Me Hudrisier demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 mars 2022 par laquelle le président de la métropole Toulouse Métropole a retiré les décisions des 25 novembre et 30 décembre 2021 portant reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie, ensemble la décision implicite de rejet née le 23 juillet 2022 du silence gardé par l'administration sur son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la métropole Toulouse Métropole une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la procédure contradictoire préalable prévue par les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle retire des décisions qui ne sont pas illégales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle n'a contracté aucune maladie des suites du harcèlement sexuel qu'elle a subi lorsqu'elle travaillait dans les services du département de la Haute-Garonne en 2015 de sorte qu'il n'y a pas d'état préexistant et que sa maladie, déclarée en 2020, est directement liée au service effectué au sein de la métropole.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 octobre 2023, la métropole Toulouse Métropole, représentée par Me Kaczmarczyk, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par ordonnance du 20 octobre 2023 la clôture de l'instruction a été fixée au 20 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lequeux, rapporteure,
- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique,
- et les observations de Me Neige-Garrigues pour la métropole Toulouse Métropole.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, adjoint administratif de 2ème classe, exerçait des fonctions d'agent instructeur du fonds de solidarité logement d'abord au sein des services du département de la Haute-Garonne, avant d'être transférée au sein de la direction de la cohésion sociale de la métropole Toulouse Métropole à compter du 1er janvier 2017. Elle a ensuite été affectée au sein de la direction du numérique dans le service de modélisation numérique du territoire du 11 septembre 2017 au 6 décembre 2019, date à compter de laquelle elle a cessé de travailler. Elle a adressé à son employeur, le 24 février 2020, une demande de reconnaissance de maladie professionnelle. Par courrier du 20 octobre 2020, elle a demandé à la métropole Toulouse Métropole de l'indemniser des préjudices subis en raison du harcèlement moral qu'elle estimait avoir subi. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l'administration sur sa demande. Par une décision du 24 mars 2022, le président de la métropole a retiré les arrêtés des 25 novembre et 30 décembre 2021 par lesquels il avait reconnu imputable au service la maladie de Mme B et pris en charge ses arrêts de travail au titre de la maladie imputable au service du 24 février 2020 au 24 décembre 2021, fixé le taux d'invalidité permanente partielle et la date de consolidation.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°s 2100978 et n° 2205571, présentées par Mme B présentent à juger la situation d'une même fonctionnaire. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Aux termes de l'article L. 133-2 du code de la fonction publique : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ".
4. D'une part, il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
5. D'autre part, pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé.
6. Mme B affirme avoir été victime d'une situation de harcèlement moral en raison de difficultés relationnelles avec ses collègues, d'un refus d'avancement, d'une mise à contribution excessive en comparaison avec la charge de travail de ses collègues, puis d'une éviction rampante de ses attributions à compter de janvier 2019.
7. En premier lieu, si la requérante soutient avoir subi des faits de harcèlement sexuel en 2015, elle était alors employée par le département de la Haute-Garonne et ne saurait reprocher ces faits à son employeur actuel. Elle soutient également que des faits constitutifs de harcèlement moral seraient nés des suites de cet évènement, révélés par des difficultés relationnelles, des moqueries et une persécution de la part de ses collègues, également transférés du département à la métropole Toulouse Métropole. Il résulte toutefois de l'instruction que s'il existait une mauvaise ambiance dans le service, celle-ci résultait du propre comportement de la requérante qui s'est manifesté notamment par des emportements liés à un mode d'éclairage dans un bureau partagé qui l'a notamment conduite à quitter son poste de travail. Il a également été relevé qu'elle n'avait pas salué ses collègues le matin à l'occasion d'une réunion organisée en vue de trouver des solutions pour remédier à cette ambiance de travail. Si elle soutient qu'elle subissait des rumeurs circulant sur son attitude et son souhait de mobilité, elle ne produit aucun élément permettant de l'établir, et le seul courriel d'avril 2017 au terme duquel elle se plaint d'être victime de persécutions de la part de l'un de ses collègues durant la pause méridienne ne permet pas de faire présumer de leur existence, dès lors que le comportement de la requérante devait conduire sa supérieure à solliciter une nouvelle affectation pour celle-ci dès septembre 2017.
8. En deuxième lieu, si Mme B soutient avoir subi un refus d'avancement injustifié, il résulte de l'instruction qu'elle faisait partie des agents promouvables mais que son supérieur a émis un avis défavorable au regard de sa manière de servir. Aux termes de son entretien professionnel de novembre 2017, les rubriques " travail en équipe ", " respect des règles de fonctionnement " et " capacité d'adaptation " ont été notées comme " à améliorer " et son attitude lui a été reprochée dans l'appréciation globale qui précise que " les consignes en matière de classement de fichiers n'était pas respectée et de nombreux dossiers dont elle avait la charge comportaient des erreurs. Par ailleurs, elle a manifesté un comportement irrespectueux vis-à-vis de ses collègues de bureau et de sa hiérarchie ".
9. En troisième lieu, si Mme B établit qu'elle avait mille un dossiers à traiter alors que ses collègues n'en traitaient qu'entre deux cents et deux cent cinquante, il résulte de l'instruction que les deux agents en question s'occupaient également des fonds de solidarité logement " maintien ", dossiers plus longs à instruire, et des mises en jeu de garantie. Néanmoins, pour satisfaire sa demande, les dossiers des quartiers Amouroux, Bellefontaine, Soupetard et Rangueil ont été transférés de la requérante à ces agents. Ainsi, si Mme B établit l'existence d'un déséquilibre initial dans la répartition des dossiers, d'une part, une solution a été trouvée dès qu'elle en a informé sa hiérarchie, et, d'autre part, cela ne suffit pas à établir l'existence d'une surcharge de travail, eu égard aux autres tâches accomplies par ses collègues.
10. En quatrième lieu, elle soutient avoir fait l'objet de ce qu'elle qualifie d'une mise à l'écart à compter de janvier 2019 au sein du service " modélisation numérique du territoire " dans lequel elle a été affectée en renfort à compter de septembre 2017, tant pour répondre à sa demande de mobilité interne que pour répondre à un besoin dans ce service. Pour l'établir elle produit des méls aux termes desquels elle informe sa hiérarchie ne plus avoir accès à certaines fonctionnalités informatiques, notamment pour la publication des avis de marchés. Toutefois, les cinq méls produits ne sauraient révéler une volonté de la priver de la possibilité d'exercer ses fonctions dès lors que l'administration affirme qu'il s'agissait d'un simple problème technique. Enfin, si elle produit une capture d'écran de sa boîte de réception, qui établirait qu'elle n'avait plus de tâches à effectuer, ce document, peu probant, est par ailleurs utilement contredit par les pièces versées par la métropole Toulouse Métropole et notamment des courriels confiant des missions à l'intéressée. Il en résulte que les éléments versés au débat par la requérante ne permettent pas de faire présumer que cette dernière série de faits serait qualifiable de harcèlement moral.
11. Il résulte de ce qui précède que les agissements de harcèlement moral allégués par Mme B ne sont pas établis, de sorte qu'aucune faute ne peut être retenue à l'encontre de la métropole Toulouse Métropole.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
12. Aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ". L'arrêté plaçant un agent en congé pour accident de service est une décision créatrice de droits au profit de l'agent. Par suite, sous réserve de dispositions législatives ou réglementaires contraires, et hors le cas où il est satisfait à une demande de l'agent, l'administration ne peut retirer un tel arrêté, s'il est illégal, que dans le délai de quatre mois suivant son adoption.
13. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " () Les dispositions de l'article L. 121-1, en tant qu'elles concernent les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents ". Enfin, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ".
14. En premier lieu, il résulte des termes même de la décision en litige qu'il s'agit d'une décision prise par l'administration à l'endroit de l'un de ses agents. Ainsi, Mme B ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'absence de procédure contradictoire préalable à la décision attaquée doit être écarté.
15. En second lieu, une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie de service.
16. Il ressort des pièces du dossier que la métropole Toulouse Métropole a retiré les arrêtés des 25 novembre 2021 et 30 décembre 2021 par lesquels elle avait reconnu l'imputabilité au service de la maladie déclarée par Mme B le 24 février 2020, d'une part, et fixé le taux d'invalidité permanente partielle, la date de consolidation et les conditions de prise en charge de ses arrêts de travail du 24 février 2020 au 24 décembre 2021 à ce titre, d'autre part, au motif que la cause déterminante de la pathologie repose sur des agissements de harcèlement sexuel subis au sein des services du département de la Haute-Garonne en 2015 et d'un état pathologique antérieur révélé par des arrêts de travail en 2015 et 2016. Il ressort également des pièces du dossier que, contrairement à ce que prétend la requérante, elle s'est prévalue, tant dans sa propre déclaration de demande de reconnaissance de maladie professionnelle qu'à l'occasion de l'expertise du 20 août 2020, d'une situation de harcèlement sexuel au travail vécue en février 2015, considérée par l'expert comme la cause prépondérante de la maladie, celui-ci concluant que les troubles constatés " semblent être directement en rapport avec notamment un certain nombre d'attitudes négligentes et dévalorisantes qui auraient été subies depuis 2015 ". Par suite, c'est à bon droit que l'administration s'est fondée sur l'existence d'un état antérieur, révélant une erreur d'appréciation de sa situation, pour retirer les arrêtés des 25 novembre et 30 décembre 2021 dès lors, au surplus, qu'ainsi qu'il résulte notamment du point 11 du présent jugement, les faits de harcèlement moral invoqués à l'encontre de son employeur actuel ne sont pas établis et que la dégradation de ses conditions de travail n'est que la résultante de son propre comportement.
17. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 24 mars 2022 par laquelle le président de la métropole a retiré les arrêtés des 25 novembre et 30 décembre 2021 par lesquels il avait reconnu imputable au service la maladie de Mme B, pris en charge ses arrêts de travail au titre de la maladie imputable au service du 24 février 2020 au 24 décembre 2021, fixé le taux d'invalidité permanente partielle et la date de consolidation.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les sommes demandées par Mme B soient mises à la charge de la métropole Toulouse Métropole, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de Mme B les sommes demandées par la métropole Toulouse Métropole.
20. En l'absence de dépens dans l'instance, les conclusions présentées par Mme B sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°s 2100978 et 2205571 sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions de la métropole Toulouse Métropole présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la métropole Toulouse Métropole.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
Mme Lequeux, conseillère,
Mme Lucas, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.
La rapporteure,
A. LEQUEUX
Le président,
P. GRIMAUDLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
N°s 2100978, 2205571
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026