mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2101273 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique chambre 1 |
| Avocat requérant | SCP LALANNE-DERRIEN LALANNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mars 2021, la PLD Holdings Ltd, représentée par la SCP Lalanne Derrien Lalanne, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties, à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019, à hauteur d'un montant de 14 321 euros ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme au titre des frais exposés.
Elle soutient que :
- la base de calcul de la taxe est erronée dès lors que l'administration fiscale n'a pas tenu compte du changement d'affectation des locaux consécutif à l'arrêt de l'exploitation du golf, intervenu le 30 juin 2016 ;
- la vacance de l'immeuble au 1er janvier 2019 est indépendante de sa volonté de sorte qu'elle avait droit au dégrèvement prévu au I) de l'article 1389 du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 octobre 2021, le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la PLD Holdings Ltd ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme A,
-et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La PLD Holdings Ltd est propriétaire à Florentin (Tarn) de locaux et de terrains à usage professionnel situés aux 697, 697 A et 697 B chemin du Golf. Elle est assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties et à la taxe foncière sur les propriétés non bâties au titre de l'année 2019 pour un montant de 14 321 euros, imposition mise en recouvrement le 31 août 2019. Par une décision du 12 janvier 2021, l'administration fiscale a rejeté la réclamation du 30 décembre 2020 par laquelle la PLD Holdings Ltd a contesté le montant de cette imposition.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. En premier lieu et d'une part, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1415 du même code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ". Le I) de l'article 1496 dudit code énonce : " La valeur locative des locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice d'une activité salariée à domicile est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis, dans la commune, pour chaque nature et catégorie de locaux. ". Le 1)° du I de l'article 1516 de ce code, dans sa rédaction applicable au litige, dispose : " Les valeurs locatives des propriétés bâties mentionnées au I de l'article 1496, des établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et des locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501 ainsi que celle des propriétés non bâties sont mises à jour suivant une procédure comportant :/1° La constatation annuelle des changements affectant ces propriétés ; () ". Aux termes du 1°) du I) de l'article 1517 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Il est procédé, annuellement, à la constatation des constructions nouvelles et des changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties. Il en va de même pour les changements de caractéristiques physiques ou d'environnement. ". Il résulte de ces dispositions que l'affectation à l'habitation d'un bien immobilier, qui faisait l'objet auparavant d'une exploitation commerciale, constitue un changement d'affectation emportant un changement de la méthode d'évaluation de ce bien.
3. D'autre part, aux termes du I) de l'article 1406 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " Les constructions nouvelles, ainsi que les changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties, sont portés par les propriétaires à la connaissance de l'administration, dans les quatre-vingt-dix jours de leur réalisation définitive et selon les modalités fixées par décret. () ".
4. Il résulte de l'instruction que l'imposition litigieuse de taxe foncière afférente au golf de Florentin porte sur plusieurs parcelles non bâties, une maison d'habitation et trois locaux professionnels dont un club-house d'une superficie de 530 m². La PLD Holdings Ltd soutient que l'imposition litigieuse est erronée dès lors que l'ensemble des bâtiments en litige a vu son affectation modifiée. Elle se prévaut à cet égard de la cessation définitive de l'exploitation du golf depuis le 30 juin 2016 pour en déduire que, depuis cette date, tous les locaux sont affectés à un usage d'habitation.
5. S'il est établi que l'administration fiscale a tenu compte de la lettre modèle H1 du 29 décembre 2017 par laquelle la société requérante a déclaré la modification de l'affectation d'une partie de ses locaux, pour une superficie de 35 m², correspondant à des travaux réalisés pour l'aménagement d'une maison d'habitation au sein du club-house, il ne résulte en revanche pas de l'instruction que la PLD Holdings Ltd aurait déclaré d'autres modifications portant sur l'affectation des locaux anciennement utilisés pour l'activité du golf. A cet égard, il résulte de l'instruction que la société requérante n'a informé l'administration de modifications relatives aux " constructions accessoires ne comprenant pas de pièces d'habitation " que par lettre modèle H1 du 27 décembre 2019, soit postérieurement au 1er janvier de l'année d'imposition. En outre, contrairement à ce que soutient la PLD Holdings Ltd, la cessation de l'activité commerciale habituellement exercée sur le site ne peut être regardée comme ayant entraîné par elle-même un changement d'affectation, au sens des dispositions précitées des articles 1516 et 1517 du code général des impôts, de l'ensemble immobilier en cause, lequel s'entend de la modification de sa destination ayant pour effet de lui faire perdre sa qualité de local commercial. Ainsi au 1er janvier de l'année d'imposition en litige, les locaux installés sur le site demeuraient affectés à un usage professionnel. Par voie de conséquence, la PLD Holdings Ltd n'est pas fondée à soutenir que l'imposition litigieuse est erronée.
6. En second lieu, aux termes du I) de l'article 1389 du code général des impôts : " Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas () d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début () de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel () l'inexploitation a pris fin. Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que () l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée. () ". Il résulte de ces dispositions que si l'inexploitation d'un immeuble peut ouvrir droit au dégrèvement qu'elles prévoient, c'est notamment à la double condition que le contribuable utilise lui-même cet immeuble à des fins commerciales ou industrielles et que son exploitation soit interrompue du fait de circonstances indépendantes de sa volonté. Le respect de cette condition exige, en principe, que le contribuable exploite lui-même l'établissement avant l'interruption de l'exploitation.
7. A supposer que la société requérante ait entendu se prévaloir des dispositions précitées de l'article 1389 du code général des impôts en soutenant d'une part que l'immeuble affecté à l'exploitation du golf était vacant au 1er janvier 2019 et, d'autre part, que cette vacance est indépendante de sa volonté, il n'est ni contesté ni même soutenu qu'elle aurait personnellement exploité le golf. Il résulte au contraire de l'instruction que l'activité était exploitée par la société SARL ABFLO. Dans ces conditions et alors que, comme il vient d'être dit, le bénéfice du dégrèvement prévu aux dispositions précitées est subordonné à l'exploitation des locaux à usage commercial par leur propriétaire, le moyen tiré de la méconnaissance du I) de l'article 1389 du code général des impôts doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la société PLD Holdings Ltd n'est pas fondée à demander la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties et des propriétés non bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019 à raison des locaux dont elle est propriétaire à Florentin.
Sur les frais liés au litige :
9. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à sa charge une somme, au demeurant non chiffrée, au titre des frais exposés par la société PLD Holdings Ltd et non compris dans les dépens. Par suite, les conclusions présentées par ladite société sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la PLD Holdings Ltd est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société PLD Holdings Ltd et au directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
La magistrate désignée,
S. A
La greffière,
M-E. LATIF
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
No 2101273
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026