mercredi 26 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2101602 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique cellule 7 |
| Avocat requérant | SELARL LEVI-EGEA-LEVI |
Vu les procédures suivantes :
I- Par B requête enregistrée le 22 mars 2021 sous le n° 2101602, Mme G D, née F H, représentée par Me Levi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1) d'annuler la décision du 22 janvier 2022 par laquelle le conseil départemental du Tarn-et-Garonne a rejeté leur recours contre la décision de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Tarn-et-Garonne du 3 décembre 2020 leur notifiant un indu global de prestations familiales dont B partie de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant initial de 23 524,80 euros pour la période de juillet 2017 à septembre 2020 ;
2) de mettre à la charge du conseil départemental du Tarn-et-Garonne la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- ils sont de bonne foi ; ils sont séparés de fait depuis le 2 décembre 2015 et vivent chacun à deux adresses différentes ; ils ne constituent pas un foyer unique mais deux foyers distincts ; ils peuvent faire état d'éléments justifiant leurs deux adresses ;
- ils n'avaient pas à déclarer à un changement de situation dès lors qu'aucun changement de situation familiale n'est intervenu depuis concernant leur couple ;
- l'indu est mal-fondé en tant qu'il résulte du fait que le département considère les requérants comme formant un seul foyer.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juillet 2021, le département du Tarn-et-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- Mme D était bénéficiaire du RSA depuis le 31 mai 2016 et M. D depuis le 30 septembre 2009 ;
- en 2020, Mme D a déposé B demande de nationalité française auprès du ministère de l'intérieur et précisait dans son dossier avoir souscrit cette déclaration acquisitive à raison de son mariage avec M. D et que la communauté de vie entre les époux est effective alors que Mme D était bénéficiaire de prestations soumises à isolement ;
- lors d'un contrôle effectué à la suite d'une demande d'appréciation formulée par le ministère de l'intérieur, la CAF de Tarn-et-Garonne a retenu que les époux avaient repris B vie de couple stable et continue depuis le 13 juin 2017 ; il a donc été considéré que M. et Mme D avaient dissimulé leur reprise de vie maritale à compter de cette date afin de percevoir le RSA ;
- par la suite, la CAF a régularisé leur situation et les a informés que la prise en compte des prestations soumises à isolement a généré plusieurs indus d'allocations (dont le RSA) ; le dossier personnel de M. D a été radié et regroupé avec celui de Mme D ; les créances générées par cette reprise de vie de couple sur le dossier de M. D ont été rapatriées sur le dossier de Mme D ;
- la commission départementale des fraudes au RSA a retenu la fraude par B décision du 30 avril 2021 notifiée à Mme D ; B sanction administrative a été prononcée par le dépôt d'une plainte auprès du tribunal judiciaire de Montauban le 30 avril 2021 par le président du conseil départemental ;
II- Par B requête enregistrée le 7 mai 2021 sous le n° 2102705, M. et Mme D, représentés par Me Levi, demandent au tribunal :
1) d'annuler la décision du 8 mars 2021 par laquelle la commission " primes " de la CAF de Tarn-et-Garonne a rejeté leur contestation concernant le bien-fondé de l'indu d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 150 euros pour le mois de mai 2020 ;
2) de mettre à la charge de la CAF de Tarn-et-Garonne la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils sont de bonne foi ; ils sont séparés de fait depuis le 2 décembre 2015 et vivent chacun à deux adresses différentes ; ils ne constituent pas un foyer unique mais deux foyers distincts ; ils peuvent faire état d'éléments justifiant leurs deux adresses ;
- ils n'avaient pas à déclarer à un changement de situation dès lors qu'aucun changement de situation familiale n'est intervenu depuis concernant leur couple ;
- l'indu est mal-fondé en tant qu'il résulte du fait que le conseil départemental considère les requérants comme formant qu'un seul foyer ; ainsi, que les époux ne sont plus considérés comme éligibles au RSA qui conditionne l'octroi de leur droit à l'aide exceptionnelle de solidarité ;
- ils remplissaient les conditions tendant au bénéfice de l'aide exceptionnelle de solidarité.
Par un mémoire enregistré le 10 mai 2022, la CAF de Tarn-et-Garonne sollicite du tribunal un sursis à statuer en l'attente d'une décision pénale suite à leur dépôt de plainte.
III- Par B requête enregistrée le 7 mai 2021 sous le n° 2102706, M. et Mme D, représentés par Me Levi, demandent au tribunal :
1) d'annuler la décision du 8 mars 2021 par laquelle la commission " primes " de la CAF de Tarn-et-Garonne a rejeté leur contestation concernant le bien-fondé de l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 686,01 euros pour la période de décembre 2017 à décembre 2019 ;
2) de mettre à la charge de la CAF de Tarn-et-Garonne la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils sont de bonne foi ; ils sont séparés de fait depuis le 2 décembre 2015 et vivent chacun à deux adresses différentes ; ils ne constituent pas un foyer unique mais deux foyers distincts ; ils peuvent faire état d'éléments justifiant leurs deux adresses ;
- ils n'avaient pas à déclarer à un changement de situation dès lors qu'aucun changement de situation familiale n'est intervenu depuis concernant leur couple ;
- l'indu est mal-fondé en tant qu'il résulte du fait que le conseil départemental considère les requérants comme formant qu'un seul foyer ; ainsi, que les époux ne sont plus considérés comme éligibles au RSA qui conditionne l'octroi de leur droit à la prime exceptionnelle de fin d'année ;
- ils remplissaient les conditions tendant au bénéfice de la prime exceptionnelle de fin d'année.
Par un mémoire enregistré le 10 mai 2022, la CAF de Tarn-et-Garonne sollicite du tribunal un sursis à statuer en l'attente d'une décision pénale suite à leur dépôt de plainte.
IV- Par B requête enregistrée le 7 mai 2021 sous le n° 2102707, M. et Mme D, représentés par Me Levi, demandent au tribunal :
1) d'annuler la décision du 11 mars 2021 par laquelle la commission de recours amiable de la CAF de Tarn-et-Garonne a rejeté leur contestation concernant la constatation erronée de vie maritale entre les époux et le bien-fondé de l'indu de prime d'activité d'un montant de 3 461,26 euros pour la période de juillet 2019 à octobre 2020 ;
2) de mettre à la charge de la CAF de Tarn-et-Garonne la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils sont de bonne foi ; ils sont séparés de fait depuis le 2 décembre 2015 et vivent chacun à deux adresses différentes ; ils ne constituent pas un foyer unique mais deux foyers distincts ; ils peuvent faire état d'éléments justifiant leurs deux adresses ;
- ils n'avaient pas à déclarer à un changement de situation dès lors qu'aucun changement de situation familiale n'est intervenu depuis concernant leur couple ;
- l'indu est mal-fondé en tant qu'il résulte du fait que le conseil départemental considère les requérants comme formant qu'un seul foyer ;
- le calcul de leur droit à la prime d'activité ne pouvait se baser sur la constitution d'un foyer unique ; ils disposaient de ressources suffisamment insuffisantes pour bénéficier de la prime d'activité ; la prime d'activité versée était majorée.
Par un mémoire enregistré le 10 mai 2022, la CAF de Tarn-et-Garonne sollicite du tribunal un sursis à statuer en l'attente d'une décision pénale suite à leur dépôt de plainte.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire A ménages les plus précaires ;
- le décret n° 2017-1785 du 27 décembre 2017 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année A bénéficiaires du revenu de solidarité active et A bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;
- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année A bénéficiaires du revenu de solidarité active et A bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;
- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année A bénéficiaires du revenu de solidarité active et A bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. J de Hureaux pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel des affaires, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. J de Hureaux a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes nos 2101602, 2102705, 2102706 et 2102707 concernent la situation des mêmes requérants, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
2. M. et Mme D étaient bénéficiaires du RSA depuis, respectivement, le 30 septembre 2009 et le 31 mai 2016. En effet, M. et Mme D se déclaraient séparés depuis décembre 2015. Ce droit au RSA leur a permis de bénéficier de l'octroi d'autres droits, aides et primes versés par la CAF de Tarn-et-Garonne et, plus spécialement, de l'aide exceptionnelle de solidarité, de la prime de fin d'année et de la prime d'activité. En 2020, c'est à la suite d'une demande de nationalité française formulée par Mme D auprès du ministère de l'intérieur qu'un contrôle administratif a été diligenté par la CAF afin de connaître la réalité de la situation de Mme D qui souscrivait cette déclaration acquisitive à raison de son mariage avec M. D et que la communauté de vie entre les époux était effective. Or, Mme D était à ce moment-là bénéficiaire de prestations en tant qu'allocataire isolée. A l'occasion de ce contrôle administratif, il est apparu que M. et Mme D avaient trois enfants en commun, nés le 24 mars 2013, le 3 novembre 2016 et le 9 mai 2020. Sur l'acte de naissance du dernier enfant, il apparaît que l'adresse de M. D était identique à celle de son épouse. En outre, le couple a ouvert un compte joint depuis le 13 juin 2017. Enfin, Mme D a été entendu par la médiatrice de la CAF à laquelle elle a précisé que la naissance de ce dernier enfant était un souhait, qu'en raison de ses origines et de sa religion elle ne pouvait pas se séparer de M. D et que n'étant, dès lors, pas divorcée elle ne pouvait pas avoir de relations sexuelles avec un autre homme. Mme D a finalement précisé lors de ce rendez-vous à la médiatrice que M. D et elle-même avaient pour projet commun d'acheter B maison pour vivre ensemble et en harmonie. Au vu des faits relatés et des arguments avancés par Mme D lors de la médiation, la CAF de Tarn-et-Garonne a conclu à B reprise de vie maritale à partir du 13 juin 2017. La régularisation des dossiers de M. et Mme D par la prise en compte de la vie maritale a généré plusieurs indus de prestations familiales et de RSA notifiés à M. D le 17 novembre 2020 et à Mme D le 20 novembre 2020. Par ailleurs, la CAF de Tarn-et-Garonne leur a également notifié que le dossier de M. D avait été radié et regroupé avec celui de Mme D et que les créances générées par cette reprise de vie de couple sur le dossier de M. D avaient été rapatriées sur le dossier de la requérante. Par un courrier du 3 décembre 2020, M. et Mme D se sont vus notifier un récapitulatif des dettes découlant de la régularisation de leur dossier et B demande de complément d'informations par la CAF afin de poursuivre l'examen de leur dossier. Par courrier du 5 janvier 2021, Mme D a formé un recours auprès du président du conseil départemental afin d'attester sur l'honneur qu'elle était bien séparée de M. D depuis décembre 2015, qu'elle avait quitté son domicile en janvier 2016 et que l'erreur quant à la prise en compte de leur vie maritale résultait d'une absence de signalement de leur séparation auprès des services des impôts. Par un courrier du 22 janvier 2021, le département du Tarn-et-Garonne a rejeté le recours de Mme D contre la décision de la CAF de Tarn-et-Garonne du 3 décembre 2020 notifiant l'indu global de prestation familiale dont B partie de RSA d'un montant initial de 23 524,80 euros. Par courrier du 8 mars 2021, la commission " primes " de la CAF de Tarn-et-Garonne a rejeté la contestation des époux portant sur le bien-fondé de l'indu de l'aide exceptionnelle de solidarité de mai 2020. Par courrier de même date, la commission " primes " de la CAF a également rejeté la contestation des époux portant sur le bien-fondé de l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année octroyé au titre des années 2017 à 2019. Par courrier du 11 mars 2021, la commission de recours amiable de la CAF de Tarn-et-Garonne a rejeté la contestation des époux portant sur la constatation de la reprise de vie maritale depuis le 13 juin 2017 et le bien-fondé de l'indu de prime d'activité qui en découle. Après avis de l'équipe pluridisciplinaire constituée en commission départementale des fraudes au RSA des 8 mars et 12 avril 2021, la fraude a été qualifiée par B décision du 30 avril 2021 et notifiée à Mme D par lettre recommandée avec accusé de réception. Il a donc été considéré que M. et Mme D avaient dissimulé leur reprise de vie maritale à compter du 13 juin 2017 afin d'obtenir le RSA. Les époux ont également été informés qu'une sanction administrative sous la forme d'un dépôt de plainte avait été prononcée à leur encontre. Par les présentes requêtes, M. et Mme D demandent l'annulation des décisions prises sur leurs recours des 22 janvier, 8 et 11 mars 2021.
Sur les demandes de sursis à statuer :
3. A termes de l'article L. 114-9 du code de sécurité sociale : " Les directeurs des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale, ainsi que les directeurs des organismes chargés du recouvrement des cotisations de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations mentionnées au présent code sont tenus, lorsqu'ils ont connaissance d'informations ou de faits pouvant être de nature à constituer B fraude, de procéder A contrôles et enquêtes nécessaires. Ils transmettent à l'autorité compétente de l'Etat le rapport établi à l'issue des investigations menées. () Lorsqu'à l'issue des investigations prévues au présent article B fraude est constatée pour un montant supérieur à un seuil fixé par décret, les organismes visés au premier alinéa portent plainte en se constituant partie civile. En ce cas, ils sont dispensés de la consignation prévue à l'article 88 du code de procédure pénale () ".
4. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre B sanction que l'administration inflige à un administré, il appartient au juge du fond de prendre B décision qui se substitue à celle de l'administration et, le cas échéant, de faire application d'une loi nouvelle plus douce entrée en
vigueur entre la date à laquelle l'infraction a été commise et celle à laquelle il statue. Par suite,
compte tenu des pouvoirs dont il dispose ainsi pour contrôler B sanction de cette nature, le juge
se prononce sur la contestation dont il est saisi comme juge de plein contentieux. Aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au juge administratif de surseoir à statuer dans l'attente du jugement pénal à intervenir sur les poursuites engagées contre M. et Mme D pour fraude et omission volontaire de déclaration de reprise de vie martiale. Les conclusions tendant à ce qu'il soit sursis à statuer doivent, par suite, être rejetées.
Sur les conclusions de la requête n° 2101602 dirigées contre la décision du 22 janvier 2021 relative à l'indu de RSA :
5. A termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est B allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire () ". A termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". A termes de l'article R. 262-7 du même code : " I.- Le montant dû au foyer bénéficiaire du revenu de solidarité active est égal à la moyenne des montants intermédiaires calculés pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. / II.- Pour le calcul de l'allocation, les ressources du trimestre de référence prises en compte sont les suivantes : 1° La moyenne mensuelle des ressources perçues au cours des trois mois précédant la demande ou la révision, à l'exception de celles prévues A 2° et 3° ; 2° Le montant mensuel des prestations versées par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, sous réserve des dispositions des articles R. 262-10 et R. 262-11. Ces prestations sont intégralement affectées au mois de perception ; 3° Le montant des ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou en tenant lieu mentionnées à l'article R. 262-12 présentant un caractère exceptionnel. Celles-ci sont intégralement affectées au mois de perception. () ". A termes de l'article L. 262-9 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 est majoré, pendant B période d'une durée déterminée, pour : 1° B personne isolée assumant la charge d'un ou de plusieurs enfants ; 2° B femme isolée en état de grossesse, ayant effectué la déclaration de grossesse et les examens prénataux. / La durée de la période de majoration est prolongée jusqu'à ce que le dernier enfant ait atteint un âge limite. Est considérée comme isolée B personne veuve, divorcée, séparée ou célibataire, qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente et qui notamment ne met pas en commun avec un conjoint, concubin ou partenaire de pacte civil de solidarité ses ressources et ses charges () ". A termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, A activités, A ressources et A biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". A termes de l'article L. 262-46 du même code : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active () ".
6. Il résulte de l'instruction que M. et Mme D se sont déclarés comme étant séparés depuis le 2 décembre 2015. Mme D soutient qu'ils n'ont pas omis de déclarer leur situation familiale dès lors qu'ils vivaient à deux adresses distinctes. Ils fournissent à l'appui de leurs dires B copie du bail conclu au nom de Mme D et B attestation de M. I affirmant que M. D vit à B autre adresse et, plus précisément, au sein d'une SCI dont il est le propriétaire. Toutefois, le contrôle administratif effectué, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, a révélé, tout d'abord, que Mme D entendait demander la nationalité en 2020 en précisant dans son dossier avoir souscrit à la déclaration acquisitive de nationalité du fait de son mariage avec M. D et que la communauté de vie entre les époux était effective. En deuxième lieu, M. et Mme D ont eu deux enfants après leur date de séparation nés le 3 novembre 2016 et le 9 mai 2020. En outre, le couple a ouvert un compte joint depuis le 13 juin 2017. Enfin, il résulte de la note de médiation de la commission des fraudes du conseil départemental du 8 mars 2021 que Mme D a déclaré à la médiatrice qu'ils avaient, avec son époux, un projet commun de vivre ensemble et d'acheter et de se trouver B maison pour pouvoir vivre en harmonie. En outre, après avis de l'équipe disciplinaire constituée en commission départementale des fraudes au RSA des 8 mars et 12 avril 2021, la fraude a bien été qualifiée par B décision du 30 avril 2021. Par suite, au regard de tous ces éléments, c'est à bon droit que le conseil départemental a déduit que la vie maritale des époux D avait reprise à compter du 13 juin 2017, date d'ouverture de leur compte joint.
7. Ainsi qu'il a été exposé au point 6, M. et Mme D se sont rendus coupable de fausses déclarations. Cette circonstance fait en tout état de cause obstacle à ce qu'ils puissent bénéficier d'une remise totale ou partielle de l'indu de RSA mis à leur charge.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme D en annulation de la décision du 22 janvier 2021 tendant à la contestation du bien-fondé de l'indu de RSA doit être rejetée.
Sur les conclusions de la requête n° 2102705 dirigées contre la décision du 8 mars 2021 relative à l'indu d'aide exceptionnelle de solidarité :
9. A termes de l'article 1er du décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire A ménages les plus précaires : " I. - B aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, au titre des mois d'avril ou de mai 2020 et dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, A bénéficiaires d'au moins l'une des allocations suivantes : 1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ; 2° Le revenu de solidarité mentionné à l'article L. 522-14 du même code ; () ".
10. Ainsi qu'il a été dit au point 6, M. et Mme D n'avaient pas droit au RSA pour la période de juillet 2017 à septembre 2020. Par conséquent, n'étant pas bénéficiaire du RSA pour le mois d'avril ou de mai 2020, ils ne pouvaient pas bénéficier de l'aide exceptionnelle de solidarité. Par suite, c'est à bon droit que la CAF de Tarn-et-Garonne leur a demandé le remboursement de celle-ci.
11. Ainsi qu'il a été dit au point 6, M. et Mme D se sont rendus coupable de fausses déclarations. Cette circonstance fait, en tout état de cause, obstacle à ce qu'ils puissent bénéficier d'une remise totale ou partielle de l'indu de l'aide exceptionnelle de solidarité mis à leur charge.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme D en annulation de la décision du 8 mars 2021 tendant à la contestation du bien-fondé de l'indu de l'aide exceptionnelle de solidarité doit être rejetée.
Sur les conclusions de la requête n° 2102706 dirigées contre la décision du 8 mars 2021 relative à l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année :
13. A termes de l'article 3 du décret n° 2017-1785 du 27 décembre 2017 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année A bénéficiaires du revenu de solidarité active et A bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite : " B aide exceptionnelle est attribuée A allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2017 ou, à défaut, du mois de décembre 2017, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code. B seule aide est due par foyer ". Les mêmes dispositions ont été prises pour l'année 2018 par le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018, tout comme pour l'année 2019 par le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019.
14. Ainsi qu'il a été exposé au point 6, M. et Mme D n'avait pas droit au RSA pour la période de juillet 2017 à septembre 2020. Par conséquent, n'étant pas bénéficiaire du RSA pour le mois de novembre et de décembre 2017, 2018 et 2019, ils ne pouvaient bénéficier de la prime exceptionnelle de fin d'année. Par suite, c'est à bon droit que la CAF de Tarn-et-Garonne lui a demandé le remboursement de celle-ci.
15. Ainsi qu'il a été dit au point 6, M. et Mme D se sont rendus coupable de fausses déclarations. Cette circonstance fait, en tout état de cause, obstacle à ce qu'ils puissent bénéficier d'une remise totale ou partielle de l'indu de la prime exceptionnelle de fin d'année mis à leur charge.
16. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme D en annulation de la décision du 8 mars 2021 tendant à la contestation du bien-fondé de l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année doit être rejetée.
Sur les conclusions de la requête n° 2102707 dirigées contre la décision du 11 mars 2021 relative à l'indu de prime d'activité :
17. A termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à B prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". A termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, A activités, A ressources et A biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". A termes de l'article L. 842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. () ". Selon l'article R. 842-3 du même code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : 1° Du bénéficiaire ; 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ; 3° Des enfants () ". A termes de l'article L. 842-7 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est majoré, pendant B période d'une durée déterminée, pour : 1° B personne isolée assumant la charge d'un ou de plusieurs enfants ; 2° B femme isolée en état de grossesse ayant effectué la déclaration de grossesse et les examens prénataux. () Est considérée comme isolée B personne veuve, divorcée, séparée ou célibataire, qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente et qui, notamment, ne met pas en commun avec un conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ses ressources et ses charges. Lorsque l'un des membres du couple réside à l'étranger, n'est pas considéré comme isolé celui qui réside en France ". A termes de l'article R. 843-1 du même code : " I.- Le montant dû au foyer bénéficiaire de la prime d'activité est égal à la moyenne des primes calculées conformément à l'article L. 842-3 pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. II.- Pour chacun des trois mois mentionnés au I, la composition du foyer et la situation d'isolement mentionnée à l'article L. 842-7 retenues pour la détermination du montant forfaitaire sont celles du foyer au dernier jour du mois considéré, sous réserve des dispositions des 1° et 2° ci-dessous () III.- Pour chacun des trois mois mentionnés au I, les ressources prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont celles perçues au cours du mois considéré () ". A termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, A activités, A ressources et A biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
18. Ainsi qu'il a été dit au point 6 du présent jugement, il résulte de l'instruction que M. et Mme D se sont déclarés comme étant séparés depuis le 2 décembre 2015 alors que la vie maritale des époux D avait reprise a minima à compter du 13 juin 2017, date d'ouverture de leur compte joint. Par conséquent, la réelle situation du foyer pour le calcul de la prime d'activité n'a pas été prise en compte pour la période de juillet 2019 à octobre 2020. Par suite, c'est donc à bon droit que la CAF de Tarn-et-Garonne a déduit que la vie maritale des époux D avait reprise à compter du 13 juin 2017 et que l'omission de cette situation a généré un indu de prime d'activité après recalcul des droits des intéressés.
19. Ainsi qu'il a été dit au point 6, M. et Mme D se sont rendus coupable de fausses déclarations. Cette circonstance fait, en tout état de cause, obstacle à ce qu'ils puissent bénéficier d'une remise totale ou partielle de l'indu de prime d'activité mis à leur charge.
20. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme D en annulation de la décision du 11 mars 2021 tendant à la contestation du bien-fondé de l'indu de prime d'activité pour la période de juillet 2019 à octobre 2020 doit être rejetée.
Sur la demande de frais de procès :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée sur ce fondement par M. et Mme D, qui est la partie perdante dans la présente instance, soit mise à la charge du département du Tarn-et-Garonne et de la CAF de Tarn-et-Garonne. Les conclusions de M. et Mme D tendant au bénéfice de frais de procès doivent donc être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 2101602, 2102705, 2102706 et 2102707 de M. et Mme D sont rejetées.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. E D, Mme G D, à la caisse d'allocations familiales de Tarn-et-Garonne et au président au conseil départemental du Tarn-et-Garonne.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
Alain J de HureauxLa greffière,
Sandrine FurbeyreLa République mande et ordonne au préfet de Tarn-et-Garonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Nos 2101602, 2102705, 2102706, 2102707
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026