mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102071 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LANGLOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 avril 2021, Mme B C veuve A, représentée par Me Langlois, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Montauban à lui verser la somme totale de 134 709,97 euros en réparation des préjudices qu'elle impute à une infection contractée au sein de cet établissement de santé en juillet 2015 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Montauban les frais d'expertise d'un montant de 1 500 euros ainsi que la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité du centre hospitalier de Montauban doit être engagée pour les préjudices subis du fait de l'infection nosocomiale contractée lors de l'intervention du 30 juillet 2015, au sein de cet établissement ;
- le lien de causalité entre l'infection nosocomiale et ses préjudices est établi ;
- le taux du déficit fonctionnel permanent à retenir est de 28% ;
- le montant total des préjudices résultant directement de la faute s'élève à 134 709,97 euros comme suit :
* 572 euros pour les dépenses de santé ;
*15 866,15 euros pour les frais liés au handicap ;
*44 978,82 euros pour l'assistance à tierce personne ;
*4 393 euros pour le déficit fonctionnel temporaire ;
*32 900 euros pour le déficit fonctionnel permanent ;
*10 000 euros pour les souffrances endurées ;
*6 000 euros pour le préjudice esthétique ;
*20 000 euros pour le préjudice d'agrément.
Par des mémoires en défense enregistrés le 15 octobre 2021 et le 9 novembre 2022, le centre hospitalier de Montauban, représenté par Me Zandotti, conclut au rejet de la requête de Mme C veuve A ainsi qu'au rejet de l'intégralité des prétentions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés et fait valoir qu'eu égard au taux de déficit fonctionnel permanent supérieur à 25%, il appartient à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales de prendre en charge les conséquences de l'infection nosocomiale contractée.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 octobre 2021, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Ravaut, conclut à sa mise hors de cause.
Il fait valoir que, eu égard au taux de déficit fonctionnel permanent inférieur à 26%, les conditions pour une indemnisation au titre de la solidarité nationale ne sont pas réunies.
Par un mémoire enregistré le 5 septembre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn, représentée par Me Rastoul, conclut à ce que le centre hospitalier de Montauban soit condamné à lui rembourser la part de ses débours imputable à l'infection nosocomiale dont Mme C veuve A a été victime, lesquels s'élèvent à la somme à parfaire de 25 500,21 euros assortie des intérêts au taux légal, à lui verser une somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle est fondée à intervenir en lieu et place de la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn-et-Garonne et fournit l'attestation de son médecin-conseil et produit un état de frais.
La clôture de l'instruction a été fixée au 24 février 2023 par une ordonnance du 6 mars précédent.
Vu :
- l'ordonnance du 3 septembre 2018 par laquelle le juge des référés du tribunal a liquidé et taxé les frais de l'expertise n°1800544 à la somme de 1 500 euros ;
- les pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jorda,
- les conclusions de M. Daguerre de Hureaux, rapporteur public,
- et les observations de Me Langlois, représentant Mme C Veuve A.
Considérant ce qui suit :
1. Souffrant de douleurs à la hanche droite, Mme B C veuve A, née le 19 février 1937 et résidant à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne) a été hospitalisée du 30 juillet au 6 août 2015 au sein du centre hospitalier de Montauban (Tarn-et-Garonne) pour bénéficier de la mise en place d'une prothèse de la hanche droite qui a été effectuée le 30 juillet 2015. Au cours de cette intervention, une fissure a dû être traitée par cerclage. A la suite de nouvelles douleurs, Mme C veuve A a été hospitalisée du 30 mai au 6 juin 2016 au sein du centre hospitalier universitaire de Toulouse (Haute-Garonne) pour subir un changement de prothèse, qui a été effectué le 31 mai 2016. Au cours de cette reprise chirurgicale, une fracture du fémur a dû être traitée par plaque vissée et cerclage. Par ailleurs, des prélèvements ont été réalisés et une infection a été mise en évidence. Par ordonnance du juge des référés du 12 avril 2018, un expert a été désigné. Dans son rapport du 31 juillet 2018, il a retenu un déficit fonctionnel permanent à hauteur de 28%. Mme C veuve A a adressé, le 14 mars 2019, une demande d'indemnisation au centre hospitalier de Montauban qui a rejeté sa demande, par courrier du 1er avril 2019, estimant que l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) doit prendre en charge la réparation du préjudice au titre de la solidarité nationale. Mme C veuve A a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, qui a désigné deux nouveaux experts. Dans leur rapport du 16 juillet 2020, ils ont considéré que le déficit fonctionnel permanent de Mme C veuve A lié à l'infection nosocomiale devait être évalué à 10%. Dans son avis du 11 février 2021, se fondant sur le premier rapport d'expertise, la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux a retenu un déficit fonctionnel permanent à hauteur de 28% et qu'il appartenait à l'ONIAM de proposer une offre d'indemnisation. En l'absence d'offre effectuée par l'ONIAM, par la présente requête Mme C veuve A demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Montauban à lui verser la somme totale de 134 709,97 euros au titre des préjudices subis par elle des suites de l'infection contractée au sein de cet établissement en juillet 2015. La caisse primaire d'assurance maladie du Tarn, fondée à former les recours contre les tiers pour la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn-et-Garonne, est intervenue à l'instance et demande à ce que le centre hospitalier de Montauban soit condamné à lui verser la somme totale de 25 500,21 euros assortie des intérêts au taux légal ainsi que l'indemnité de gestion prévue par l'article L.376-1 du code de la sécurité sociale.
Sur la responsabilité
2. Aux termes du I de l'article L.1142-1 du code de la santé publique " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. ". Aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique " II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ". Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial, au sens des dispositions précitées, une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
3. Il résulte de l'instruction, notamment des rapports d'expertise du 31 juillet 2018 et du 16 juillet 2020, que plusieurs prélèvements bactériologiques, effectués lors de la seconde intervention chirurgicale réalisée le 31 mai 2016, ont permis d'isoler un germe dénommé " proprionibacterium acnés " alors que la patiente n'était d'atteinte d'aucune infection par ce germe au moment de sa prise en charge par le centre hospitalier de Montauban en juillet 2015. L'infection qui s'est ainsi révélée doit être regardée comme ayant été contractée par Mme C veuve A au décours de l'intervention du 30 juillet 2015, le centre hospitalier n'ayant établi ni même allégué l'existence d'une cause étrangère. Il résulte également de l'instruction, notamment des rapports d'expertise précités, qu'en raison de l'infection nosocomiale contractée Mme C veuve A, celle-ci a été victime d'un descellement de la cotyle qui a nécessité une reprise chirurgicale et qu'au cours de cette autre intervention, une fracture du fémur droit est survenue dans le contexte de fragilisation de l'état de santé de la patiente impliquée par l'infection. L'ensemble des complications qu'a connues Mme C veuve A à la suite de l'infection nosocomiale qu'elle a contractée sont ainsi toutes rattachables à ladite infection. Contrairement à ce que soutient l'ONIAM, il n'y a donc pas lieu de distinguer la part imputable à l'infection nosocomiale de celle imputable à la fracture. Enfin, si le rapport d'expertise du 31 juillet 2018 retient un taux de déficit fonctionnel permanent de 35%, il y a lieu de déduire de ce dernier le taux de déficit fonctionnel permanent dont aurait souffert la patiente en cas de réussite de la première intervention chirurgicale compte tenu de son état de santé général, estimé à 7%. Dans ces conditions, le taux de déficit fonctionnel permanent des suites de l'infection nosocomiale doit être évalué à 28%. Il s'en suit que l'indemnisation des conséquences dommageables de l'infection nosocomiale contractée par la requérante incombe à l'ONIAM.
Sur l'indemnisation des préjudices de la patiente :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des dépenses de santé :
4. Mme C veuve A fournit la facture de son ergothérapeute pour un montant de 572 euros. Il résulte du rapport d'expertise du 31 juillet 2018 que les séquelles dont souffre Mme C veuve A aujourd'hui sont la conséquence de la mauvaise consolidation de la facture, la pseudarthrose, elle-même directement liée à l'infection nosocomiale et que cette fracture a obligé Mme C veuve A à une longue mise en décharge empêchant le travail de récupération des muscles péri articulaires de la hanche, pourtant nécessaire à la reprise d'une autonomie de marche suffisante. Il résulte également de l'instruction que les soins et conseils prodigués par l'ergothérapeute sont liés à la posture sur fauteuil roulant de la patiente et à des aménagements de son logement du fait de cette pseudarthrose. Dès lors, la requérante est fondée à en demander le remboursement à l'ONIAM.
S'agissant des frais liés au handicap :
5. Si Mme C demande indemnisation de frais d'aménagement de son domicile et du matériel d'appareillage pour un montant total de 15 866,15 euros, elle ne justifie pas de la somme ainsi réclamée. Il résulte seulement de l'instruction que l'état de santé de la patiente en lien avec les conséquences de l'infection nosocomiale nécessite un aménagement de sa douche en installant une barre d'appui et la création d'un plan incliné. Il sera fait un juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 600 euros.
En ce qui concerne les préjudices personnels :
6. En premier lieu, il résulte de l'instruction que Mme C veuve A a été hospitalisée au centre hospitalier universitaire de Toulouse du 30 mai au 6 juin 2016 pour subir un changement de prothèse des suites de l'infection nosocomiale puis qu'elle a été hospitalisée des suites de ce changement de prothèse au service de rééducation La Pinède à Montauban du 6 juin au 19 juillet 2016. Pour ces périodes d'hospitalisation en lien direct et certain avec l'infection nosocomiale, la requérante a été atteinte d'un déficit fonctionnel total. En outre, dès lors que la convalescence des suites d'une prothèse totale de la hanche peut être évaluée à six mois et que la date de consolidation de la fracture liée à la seconde intervention chirurgicale est fixée au 1er septembre 2017, le déficit fonctionnel temporaire partiel de Mme C veuve A lié à l'infection nosocomiale doit être fixé à 50% pour les périodes comprises entre le 1er février et le 29 mai 2016 et entre le 20 juillet et le 1er septembre 2017, du fait de son obligation à se déplacer avec deux cannes. Par ailleurs, au regard de l'ensemble des séquelles fonctionnelles persistantes, Mme C veuve A faisant utilement valoir son incapacité à marcher et l'utilisation d'un fauteuil roulant, le taux de déficit fonctionnel permanent est fixé à 28%. Dans ces conditions et compte tenu du fait que la patiente née en 1937 avait 80 ans à la date de consolidation, soit le 1er septembre 2017, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi à raison des troubles dans les conditions d'existence qui ont affecté Mme C veuve A du fait des déficits fonctionnels qu'elle a subis, en l'évaluant à la somme globale de 36 900 euros.
7. En second lieu, il résulte de l'instruction et notamment des rapports du 31 juillet 2018 et du 16 juillet 2020 que les souffrances endurées par Mme C veuve A ont été évaluées à quatre sur sept, étant tenu compte de la nécessité d'une reprise chirurgicale, des soins et du suivi post-opératoire en lien avec l'infection nosocomiale. Elle a également subi un préjudice esthétique évalué à un sur sept du fait de son obligation à marcher avec deux cannes et de la majoration cicatricielle due à la seconde opération. Par ailleurs, il résulte de l'instruction et au regard des nombreuses attestations produites pour les besoins de la présente instance que Mme C veuve A, alors âgée de 79 ans, a subi un préjudice d'agrément en ne pouvant plus se rendre au thé dansant pour la période du 1er février au 30 novembre 2016. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation des troubles dans les conditions d'existence en les évaluant à la somme globale de 4 000 euros.
En ce qui concerne l'assistance par une tierce personne :
8. Mme C veuve A fait valoir qu'elle a besoin d'une assistance à tierce personne d'une heure par jour, aussi bien du 30 mai au 19 juillet 2016 que de manière pérenne depuis cette date. Toutefois, il résulte de l'instruction, d'une part, que la guérison des suites d'un changement de prothèse est estimée à six mois et, d'autre part, que, selon le rapport d'expert du 31 juillet 2018, l'état de santé de la patiente n'a pas évolué depuis le 1er septembre 2017 mais que le besoin en aide humaine est évalué de manière pérenne à une heure par jour. Dans ces conditions, il y a lieu de retenir une assistance à tierce personne d'une heure par jour pour la période comprise après la période de convalescence de six mois postérieure à la première opération et jusqu'à la date de consolidation de son état de santé, en excluant les périodes d'hospitalisation, soit du 1er février 2016 au 29 mai 2016 et du 20 juillet 2016 au 1er septembre 2017, et de retenir un besoin d'assistance à tierce personne d'une heure par jour à compter de cette dernière date. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 36 100 euros pour la période échue au jour du présent jugement et en prévoyant, pour le futur, le versement d'une rente annuelle de 5 000 euros.
9. Il résulte de tout ce qui précède que l'ONIAM doit être condamné à verser à Mme C veuve A, en réparation des préjudices résultant de l'infection nosocomiale qu'elle a contractée, la somme globale de 79 172 euros, outre une rente annuelle de 5 000 euros à compter du jour du présent jugement.
Sur les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn :
10. La réparation qui incombe sous certaines conditions à l'ONIAM, en vertu des dispositions de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, a pour objet d'assurer, au titre de la solidarité nationale, la prise en charge des conséquences d'un accident médical, d'une affection ou d'une infection qui ne peuvent être imputées à la faute d'un professionnel, d'un établissement ou service de santé ou au défaut d'un produit de santé, sans que cet établissement public ait la qualité d'auteur responsable des dommages. Il en résulte que les recours subrogatoires des tiers payeurs ayant versé des prestations à la victime d'un dommage corporel ne peuvent être exercés contre l'ONIAM lorsque celui-ci a pris en charge la réparation de ce dommage au titre de la solidarité nationale.
11. Au regard des développements qui précèdent, l'ONIAM étant tenue de prendre en charge, au titre de la solidarité nationale et en l'absence de faute du centre hospitalier de Montauban, les conséquences de l'infection nosocomiale contractée par Mme C veuve A, la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn n'est pas fondée à demander le remboursement des débours exposés ainsi que la condamnation du centre hospitalier de Montauban à lui verser l'indemnité forfaitaire de gestion et des frais de procès. Par suite, les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn doivent toutes être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais d'expertise taxés et liquidés à la somme de 1 500 euros par ordonnance du 3 septembre 2018 à la charge définitive de l'ONIAM.
13. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'ONIAM le versement de la somme de 1 500 euros à Mme C Veuve A.
D E C I D E :
Article 1er : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est condamné à verser à Mme C Veuve A la somme de globale de 79 172 euros, outre une rente annuelle de 5 000 euros.
Article 2 : Les frais d'expertise taxés et liquidés à la somme de 1 500 euros par une ordonnance du 3 septembre 2018 sont mis à la charge de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Article 3 : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales versera à Mme C veuve A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C Veuve A, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, au centre hospitalier de Montauban et à la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
La rapporteure,
V. JORDALe président,
D. KATZLa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026