mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102116 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique chambre 5 |
| Avocat requérant | DIVONA LEX CABINET D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 14 avril 2021 et le 20 mai 2022, M. C E et Mme D E, représentés par la SCP d'avocats Divona Lex, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 février 2021 rejetant leur réclamation du 27 août 2019 tendant à la réduction de la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2019 à raison du local cadastré section E n° 392 Cros Rouge, sur le territoire de la commune d'Esclauzels ;
2°) d'annuler la décision du 31 mars 2006 rejetant leur réclamation et les informant que la catégorie 4M sur la commune d'Esclauzels était supprimé et que leur local aurait été défini comme le local de référence représentatif de la catégorie 4 sur la commune d'Esclauzels ;
3°) d'enjoindre à la direction générale des finances publiques d'intégrer les propriétés bâties au titre de 2019 pour le local cadastré section E n° 392 Cros Rouge 46090 Esclauzels dans la catégorie 4M ou à défaut 5, et d'assortir cette injonction d'une astreinte financière ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. et Mme E soutiennent, outre que la requête est recevable, que :
- la décision attaquée du 23 février 2021 est signée par une autorité incompétente ;
- la décision attaquée du 23 février 2021 est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision du 31 mars 2006, dès lors que la catégorie 4 M n'a pas été supprimée ;
- la décision attaquée est constitutive d'une rupture d'égalité devant l'impôt ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2021, le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête, qui tend à l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du 23 février 2021 rejetant la réclamation de M. et Mme E est irrecevable, dès lors que les requérants disposent d'une voie de recours parallèle devant le juge de l'impôt ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. et Mme E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme E sont assujettis à la taxe foncière sur les propriétés bâties à raison d'une maison à usage d'habitation dont ils sont propriétaires, située sur la parcelle cadastrée section E n° 392, Cros Rouge, sur le territoire de la commune d'Esclauzels (Lot). Ils ont contesté le 29 décembre 2015 le classement de leur maison en catégorie 4 et son choix comme local de référence sur la commune d'Esclauzels. Par une décision du 31 mars 2006, le directeur des services fiscaux du Lot a rejeté leur demande. Par une réclamation formée le 27 août 2019, M. et Mme E ont sollicité une réduction de cotisation de la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2019, en contestant de nouveau le classement de leur habitation en catégorie 4. Leur réclamation a été rejetée par décision du directeur des services fiscaux du Lot du 23 février 2021.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne :
2. La décision par laquelle l'administration fiscale statue sur la réclamation contentieuse d'un contribuable ne constitue pas un acte détachable de la procédure d'imposition. En conséquence, elle n'est pas susceptible d'être déférée à la juridiction administrative par la voie du recours pour excès de pouvoir, et ne peut faire l'objet que d'un recours de plein contentieux selon les modalités fixées par les articles L. 199 et R. 199-1 et suivants du livre des procédures fiscales.
3. Il ressort des termes de la requête que M. et Mme E demandent au tribunal d'annuler les décisions du 31 mars 2006 et du 23 février 2021, et développent à l'appui de leurs conclusions des moyens de légalité externe et interne. En réponse à la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de l'exception de recours parallèle, les requérants maintiennent qu'il s'agit d'un recours pour excès de pouvoir et se prévalent, de manière inopérante, des voies et délais de recours mentionnés sur la décision attaquée du 23 février 2021. Or, ainsi qu'il a été dit au point 2 du présent jugement, les décisions de rejet du 31 mars 2006 et du 23 février 2021 ne sont pas des actes détachables de la procédure d'imposition, et ne peuvent par suite être déférées à la juridiction administrative par la voie du recours pour excès de pouvoir. Il y a lieu, dès lors, d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne et de rejeter les conclusions aux fins d'annulation présentées pour M. et Mme E.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
4. Les conclusions à fin d'annulation de M. et Mme E étant rejetées, leurs conclusions susvisées aux fins d'injonction et d'astreinte doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. et Mme E, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et à Mme D E, et au directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.
La magistrate désignée,
F. A
La greffière,
M. B La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026