mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102207 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CHABOUSSOU |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n° 2102207 et un mémoire, enregistrés les 16 avril 2021 et 17 août 2022, Mme C et M. E A, représentés par Me Medale, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à leur verser une somme de 70 000 euros en réparation des préjudices subis en raison de l'arrêté pris le 28 septembre 2016 par la préfète de l'Ariège et portant transfert de la section de commune du hameau de Gayet à la commune de Cadarcet (Ariège) ;
2°) de dire que cette somme portera intérêts à compter de la réception de la demande indemnitaire préalable par la préfète de l'Ariège et que les intérêts seront capitalisés à chaque échéance annuelle pour produire eux-mêmes intérêts ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros à leur verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir ;
- la responsabilité pour faute de l'Etat est engagée dès lors que l'arrêté de la préfète de l'Ariège portant transfert de la section de commune du hameau de Gayet à la commune de Cadarcet en date du 28 septembre 2016 est entaché d'illégalité ;
- la responsabilité sans faute de l'Etat est engagée ;
- il existe un lien de causalité entre l'arrêté de la préfète de l'Ariège et leur préjudice ;
- le transfert de la section de commune a entraîné une décote de 30 % de leur propriété, soit une somme de 69 900 euros ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2022, la préfète de l'Ariège conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle est formée devant une juridiction incompétente pour en connaître ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 23 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 septembre 2022 à 12 h 00.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à l'engagement de la responsabilité sans faute de l'Etat en raison de l'exception de recours parallèle résultant de l'existence d'un régime légal d'indemnisation prévu par l'article L. 2411-11 du code général des collectivités territoriales.
II. Par une requête n° 2102208 et un mémoire, enregistrés les 16 avril 2021 et 17 août 2022, Mme C et M. E A, représentés par Me Medale, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite, faisant suite à leur demande du 16 décembre 2020, par laquelle la préfète de l'Ariège a refusé de retirer ou d'abroger son arrêté du 28 septembre 2016 portant transfert de la section de commune du hameau de Gayet à la commune de Cadarcet ;
2°) à titre principal, d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de retirer l'arrêté du 28 septembre 2016 sur le fondement des dispositions de l'article L. 241-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète de l'Ariège d'abroger l'arrêté du 28 septembre 2016 sur le fondement des dispositions des articles L. 243-1 et L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
4°) à titre infiniment subsidiaire, de réexaminer leur demande formée le 16 décembre 2020 ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros à leur verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir ;
- leur requête est recevable ;
- l'arrêté attaqué a été obtenu de manière frauduleuse par la commune de Cadarcet ;
- il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 2411-12-1 du code général des collectivités territoriales et, en tout état de cause, il est illégal dans la mesure où la commune de Cadarcet n'a jamais informé les membres de la section communale de leurs obligations fiscales ;
- dès lors que l'arrêté attaqué est manifestement illégal et qu'il a été obtenu par fraude, il doit être retiré.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2022, la préfète de l'Ariège conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable compte tenu de la tardiveté du recours administratif ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La commune de Cadarcet, à qui la requête et les mémoires ont été régulièrement communiqués, n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 23 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 septembre 2022 à 12 h 00.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de ce que la préfète de l'Ariège était en situation de compétence liée, au regard des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, pour rejeter la demande de retrait ou d'abrogation de son arrêté en date du 28 septembre 2016 et portant transfert de la section de commune du hameau Gayet à la commune de Cadarcet.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Zabka,
- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D et M. E A sont propriétaires des parcelles cadastrées section B nos 690 et 827 sises lieu-dit Gayet sur le territoire de la commune de Cadarcet (Ariège). Par deux lettres en date du 16 décembre 2020, ils ont, d'une part, demandé à la préfète de l'Ariège de retirer ou abroger l'arrêté du 28 septembre 2016 portant transfert de la section de commune du hameau de Gayet à la commune de Cadarcet et, d'autre part, présenté une demande indemnitaire préalable afin de solliciter la réparation du préjudice qu'ils auraient subi du fait de ce transfert. La préfète de l'Ariège a implicitement rejeté leurs demandes. Par les présentes requêtes, M. et Mme A demandent l'annulation de ces décisions de rejet, le retrait ou l'abrogation de l'arrêté du 28 septembre 2016 et la réparation de leur préjudice.
2. Les requêtes nos 2102207 et 2102208, présentées par Mme et M. A, concernent la même décision. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul arrêt.
En ce qui concerne la requête n° 2102208 :
3. Ainsi que le prévoit l'article L. 241-2 du code des relations entre le public et l'administration, la circonstance qu'un acte administratif a été obtenu par fraude permet à l'autorité administrative compétente de l'abroger ou de le retirer à tout moment. Un tiers justifiant d'un intérêt à agir est recevable à demander, dans le délai du recours contentieux, l'annulation de la décision par laquelle l'autorité administrative a refusé de faire usage de son pouvoir d'abroger ou de retirer un acte administratif obtenu par fraude, quelle que soit la date à laquelle il l'a saisie d'une demande à cette fin. Dans un tel cas, il incombe au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, d'une part, de vérifier la réalité de la fraude alléguée et, d'autre part, de contrôler que l'appréciation de l'administration sur l'opportunité de procéder ou non à l'abrogation ou au retrait n'est pas entachée d'erreur manifeste, compte tenu notamment de la gravité de la fraude et des atteintes aux divers intérêts publics ou privés en présence susceptibles de résulter soit du maintien de l'acte litigieux soit de son abrogation ou de son retrait.
4. En l'espèce, quand bien même la délibération du conseil municipal de Cadarcet en date du 1er août 2016 demandant à la préfète de l'Ariège le transfert de la section de commune de Gayet méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 2411-12-1 du code général des collectivité territoriales en ne se référant pas à l'une des hypothèses qu'il vise et notamment celle tenant au paiement des impôts sur le budget communal pendant plus de trois années consécutives, les requérants n'apportent aucun élément permettant d'établir que la commune de Cadarcet aurait intentionnellement choisi d'entacher des illégalités alléguées sa délibération, alors même que la fraude ne peut être caractérisée sans élément intentionnel et seulement par référence à un élément matériel. Par suite, Mme et M. A ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté en litige aurait été obtenu à la suite d'une fraude.
5. En l'absence de fraude, la préfète de l'Ariège, saisie plus de quatre mois après la prise de l'arrêté portant transfert de la section de commune du hameau de Gayet à la commune de Cadarcet ne pouvait, en application de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, que rejeter la demande de retrait ou abrogation que les requérants lui avaient adressée. Les moyens présentés par les époux A à l'appui de leur requête sont par suite inopérants.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète de l'Ariège, que les conclusions tendant à ce que soit annulée la décision implicite par laquelle la préfète a refusé de retirer ou abroger son arrêté du 28 septembre 2016 doivent être rejetées. En conséquence, les conclusions à fin d'injonction présentées par les requérants doivent également être rejetées.
En ce qui concerne la requête n° 2102207 :
Sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète de l'Ariège :
7. Aux termes des dispositions de l'article L. 2411-11 du code général des collectivités territoriales : " Le transfert à la commune de tout ou partie des biens, droits et obligations d'une section est prononcé par le représentant de l'Etat dans le département sur demande conjointe du conseil municipal et de la commission syndicale se prononçant à la majorité des deux tiers de ses membres ou, si la commission syndicale n'a pas été constituée, sur demande conjointe du conseil municipal et des deux tiers des électeurs de la section. / Dans le délai de deux mois à compter de l'arrêté de transfert, le représentant de l'Etat dans le département porte ce transfert à la connaissance du public./ Les ayants droit qui en font la demande reçoivent une indemnité, à la charge de la commune, dont le calcul tient compte notamment des avantages reçus durant les années précédant la décision de transfert et des frais de remise en état des biens transférés. / Cette demande est déposée dans l'année qui suit la décision de transfert. A défaut d'accord entre les parties, il est statué comme en matière d'expropriation pour cause d'utilité publique. " Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu mettre en place un régime légal d'indemnisation dans le cadre du dispositif de transfert des sections de commune et qu'il a entendu attribuer au juge de l'expropriation l'ensemble des litiges relatifs au calcul de l'indemnisation allouée par la commune absorbante aux habitants de la section de commune transférée.
8. En l'espèce, Mme et M. A soutiennent que la préfète de l'Ariège, en prenant l'arrêté contesté, aurait engagé sa responsabilité sans faute à raison de la rupture d'égalité induite devant les charges publiques. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point précédent du présent jugement qu'un régime légal de responsabilité sans faute est spécifiquement prévu pour permettre l'indemnisation des habitants des sections de commune transférées et qu'il relève de la compétence du juge de l'expropriation d'examiner les litiges relatifs à cette indemnisation. Il n'appartient donc qu'à l'autorité judiciaire de connaître d'un tel litige et il suit de là que la juridiction administrative est incompétente pour connaître des conclusions des requérants tendant à l'engagement de la responsabilité sans faute de l'Etat du fait de l'arrêté pris par la préfète de l'Ariège le 28 septembre 2016.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation pour faute :
Sur l'existence d'une faute :
9. Selon l'article L. 2124-12-1 du code général des collectivités territoriales : " Le transfert à la commune des biens, droits et obligations d'une section de communes est prononcé par le représentant de l'Etat dans le département sur demande du conseil municipal dans l'un des cas suivants : / - lorsque depuis plus de trois années consécutives, les impôts ont été payés sur le budget communal ou admis en non-valeur ; () ". Par ailleurs, le transfert à la commune des biens d'une section de commune si les impôts dus au titre de ces biens ont été supportés par le budget communal en lieu et place des membres de la section défaillants est conditionné à ce que ceux-ci aient été informés de leurs obligations.
10. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la délibération du 1er août 2016 pris par le conseil municipal de la commune de Cadarcet ne faisait aucune mention de l'hypothèse ensuite visée par la préfète de l'Ariège dans son arrêté du 28 septembre 2016 tenant à ce que le transfert d'une section de commune à une commune est possible lorsque le paiement des impôts est assuré par le budget communal pendant plus de trois années consécutives. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que les habitants de la section de commune du hameau de Gayet n'auraient pas assumé leurs obligations fiscales ni qu'ils auraient été avertis de ce qu'il ne se conformaient pas auxdites obligations fiscales. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté de la préfète de l'Ariège est entaché d'une erreur de droit. Par suite, une faute simple de la préfète de l'Ariège peut être retenue.
Sur le lien de causalité :
11. Au soutien de leur demande, Mme et M. A exposent que le transfert de la section de commune du hameau de Gayet à la commune de Cadarcet a entraîné une perte de jouissance de l'ancienne parcelle section cadastrée B n° 689 et par voie de conséquence une baisse de la valeur vénale des deux parcelles dont ils ont la propriété, à hauteur de 70 000 euros.
12. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise immobilière commandée par les requérants, que la baisse potentielle de la valeur des parcelles dont les requérants ont la propriété trouve sa cause à la fois dans l'arrêté du 28 septembre 2016 portant transfert de la section de commune du hameau de Gayet à la commune de Cadarcet, lequel a mis fin à leur droit de jouissance sur la parcelle B n° 689 qu'ils tenaient des usages locaux, et dans la délibération du conseil municipal de la commune de Cadarcet du 6 décembre 2018 portant intégration du chemin de Gayet dans les voies communales et l'arrêté du maire de la commune de Gayet du 24 avril 2020 portant interdiction de stationnement le long de la voie communale comprenant notamment le chemin de Gayet. Toutefois, seule la perte du droit de jouissance de la parcelle B n° 689 trouve sa cause directe dans la faute commise par la préfète de l'Ariège en prenant l'arrêté en date du 28 septembre 2016 portant transfert de la section de commune du hameau de Gayet à la commune de Cadarcet. Par suite, le préjudice lié à la perte de jouissance de la parcelle référencée B n° 689 qui appartenait à la section de commune de Gayet engage la responsabilité pour faute de l'Etat.
Sur l'évaluation du préjudice subi par les époux A :
13. Il résulte de l'expertise immobilière diligentée par les requérants et établie le 25 mai 2020 que le transfert de la parcelle référencée B n° 689 de la section de commune du hameau de Gayet à la commune de Cadarcet aurait entraîné une perte de valeur vénale pour l'ensemble immobilier dont ils sont propriétaires à hauteur de 69 900 euros, soit 30 % de sa valeur totale. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 12 du présent jugement que la perte de valeur vénale de l'ensemble immobilier des requérants est consécutive, d'une part, à l'arrêté de transfert du 28 septembre 2016 et, d'autre part, à l'arrêté du maire de la commune de Cadarcet en date du 24 avril 2020 interdisant le stationnement le long de la voie communale depuis le chemin de Moutou jusqu'à la parcelle B n° 694 et à la délibération du conseil municipal de Cadarcet en date du 6 décembre 2018 intégrant le chemin de Gayet au sein des voies communales. Par suite, il sera fait une juste appréciation des préjudices des requérants résultant de l'illégalité fautive de l'arrêté du 28 septembre 2016, dans les conditions de l'espèce, en leur allouant une somme de 20 000 euros.
14. Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à Mme et M. A une somme de 20 000 euros.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
15. D'une part, les requérants ont droit, à compter de la date du 16 décembre 2020, date de réception par les services de la préfecture de l'Ariège de leur demande indemnitaire préalable, aux intérêts au taux légal sur la somme totale de 20 000 euros que l'Etat est condamné à leur verser.
16. D'autre part, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée par les requérants le 16 avril 2021, date d'enregistrement de leur requête. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 16 décembre 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
17. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante pour l'essentiel dans la présente instance, une somme de 1 500 euros à verser à Mme et M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2102208 de Mme et M. A est rejetée.
Article 2 : L'Etat est condamné à verser à Mme et M. A la somme de 20 000 euros au titre de leur préjudice résultant de l'illégalité fautive de l'arrêté de la préfète de l'Ariège du 28 septembre 2016 portant transfert de la section de commune du hameau de Gayet à la commune de Cadarcet.
Article 3 : La somme fixée à l'article 2 portera intérêts au taux légal à compter du 16 décembre 2020. Les intérêts échus à la date du 16 décembre 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 4 : L'Etat versera à Mme et M. A une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : La requête n° 2102208 et le surplus des conclusions de la requête n° 2102207 de Mme et M. A sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à M. E A, à la préfète de l'Ariège et au maire de la commune de Cadarcet (Ariège).
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Leymarie, conseiller,
M. Zabka, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.
Le rapporteur,
N. ZABKA
Le président,
J.-C. TRUILHÉLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ariège, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Nos 2102207, 2102208
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026