mercredi 5 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102221 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique cellule 7 |
| Avocat requérant | VACARIE & DUVERNEUIL AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 avril 2021 et un mémoire enregistré le 20 avril 2021, M. C A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler :
1) le commandement de payer aux fins de saisie vente notifié le 4 décembre 2020 pour le recouvrement de la somme de 7 367,51 euros augmentée de 196,20 euros de frais d'exécution de l'étude, 17,61 euros de droit proportionnel et 151,06 euros de frais d'acte ;
2) d'annuler la décision du 18 février 2021 par laquelle le directeur de l'agence Pôle emploi de Borderouge à Toulouse a refusé la remise gracieuse de sa dette ;
3) de lui accorder des dommages et intérêts pour toutes les erreurs commises par Pôle emploi.
Il soutient que malgré l'exercice d'un recours et une saisine du médiateur de Pôle emploi, un huissier lui a notifié un commandement de payer aux fins de saisie-vente
Par un mémoire enregistré le 29 avril 2022, Pôle emploi Occitanie, représenté par Me Duverneuil, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. A d'une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Pôle emploi soutient que :
- les conclusions dirigées contre le commandement de payer aux fins de saisie-vente sont portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître ;
- M. A avait saisi le tribunal d'un recours n° 1800377 par lequel il demandait au tribunal d'annuler les décisions des 2 et 19 janvier 2018 par lesquelles le directeur de Pôle emploi Borderouge avait mis à sa charge des trop-perçus d'allocation de solidarité spécifique d'un montant de 7 362,38 euros pour la période de janvier 2016 à juin 2017 et de condamner Pôle emploi à lui verser une somme à titre indemnitaire ; une seconde requête n° 1803624 a été dirigée contre une contrainte émise par Pôle emploi et signifiée le 20 juillet 2018 pour le recouvrement de cet indu ; ces deux requêtes ont été rejetées par le tribunal par jugement du 16 décembre 2019 ; le pourvoi en cassation introduit par M. A a été rejeté par une décision du Conseil d'État n° 442259 du 30 décembre 2020, notifiée le 6 janvier 2021 ;
- le jugement du tribunal du 16 décembre 2019 est devenu définitif ; la requête de M. A est tardive ;
- le contentieux indemnitaire n'est pas lié ;
- M. A cherche à faire abusivement obstacle à l'exécution de la contrainte signifiée le 20 juillet 2018 et dont l'exécution a été poursuivie après la non-admission du pourvoi en cassation de M. A.
Des pièces ont été enregistrées pour M. A le 10 février 2023 et n'ont pas été communiquées.
Vu :
- le jugement n° 1800377-1803624 rendu par ce tribunal le 16 décembre 2019, ensemble la décision du Conseil d'État n° 442449 du 30 décembre 2020 rejetant le pourvoi en cassation introduit contre ce jugement ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. D de Hureaux pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, puis le rapport de M. D de Hureaux a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Pôle emploi a mis à la charge de M. A un trop-perçu d'allocation de solidarité spécifique (ASS) d'un montant de 7 362,38 euros pour la période du 5 janvier 2016 au 18 juin 2017 par décisions des 2 et 9 janvier 2018 pour lequel une contrainte a été délivrée le 16 juillet 2018. M. A, par deux requêtes n° 1800377 et n° 1803624 devant ce tribunal a contesté ce trop-perçu et formé opposition à la contrainte. Par un jugement définitif du 16 décembre 2019, qui a fait l'objet d'un pourvoi en cassation non admis par décision du Conseil d'État du 30 décembre 2020, ce tribunal a rejeté les recours de M. A. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 18 février 2021 par laquelle Pôle emploi a rejeté sa demande de remise de dette, ensemble les décisions prises sur ses courriers des 19 février 2021 et 2 mars 2021 par lesquels il a contesté le bien-fondé de l'indu mis à sa charge et demandé la remise gracieuse de sa dette, et par voie de conséquence, d'annuler le commandement à payer aux fins de saisie-vente notifié le 4 décembre 2020 pour le recouvrement de la somme de 7 367,51 euros augmentée de 196,20 euros de frais d'exécution de l'étude, 17,61 euros de droit proportionnel et 151,06 euros de frais d'acte a été émis en vue de l'exécution forcée de la contrainte délivrée le 16 juillet 2018 pour le recouvrement d'un trop-perçu d'ASS pour la période de janvier 2016 à juin 2017
Sur les conclusions relatives au commandement à payer :
2. L'article L. 5426-8-2 du code du travail prévoit que Pôle emploi peut, pour obtenir le remboursement d'allocations, aides ou autres prestations indûment versées pour son propre compte, pour le compte de l'État, du fonds de solidarité prévu à l'article L. 5423-24 du code du travail ou de certains employeurs, mentionnés à l'article L. 5424-1 du même code, délivrer au débiteur, après mise en demeure, une contrainte qui, à défaut d'opposition de celui-ci devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement. Les articles R. 5426-18 et suivants du même code, issus du décret du 18 septembre 2012 relatif à la répétition des prestations indues versées par Pôle emploi, précisent le régime de cette contrainte.
3. Le commandement à payer aux fins de saisie-vente notifié le 4 décembre 2020 pour le recouvrement de la somme de 7 367,51 euros augmentée de 196,20 euros de frais d'exécution de l'étude, 17,61 euros de droit proportionnel et 151,06 euros de frais d'acte a été émis en vue de l'exécution forcée de la contrainte délivrée le 16 juillet 2018 pour le recouvrement d'un trop-perçu d'ASS pour la période de janvier 2016 à juin 2017. M. A, pour contester le dit commandement, laisse entendre que celui-ci aurait été délivré après un recours préalable auprès du directeur régional de Pôle emploi et de la médiatrice régionale. Toutefois, son recours du 19 février 2021 est postérieur à la notification du dit commandement. L'opposition à la contrainte à l'origine de cet acte a été rejetée par un jugement définitif de ce tribunal du 16 décembre 2019. Dans ces conditions, alors que M. A se borne à contester le bien-fondé de la somme mise à sa charge, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par Pôle emploi, les conclusions susvisées doivent être rejetées.
Sur la demande de remise gracieuse :
4. Aux termes de l'article L. 5426-8-3 du code du travail, Pôle emploi est autorisé " à différer ou à abandonner la mise en recouvrement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées () pour le compte de l'État () ". Pour l'application de ces dispositions, il y a lieu de rechercher si la situation de précarité de l'allocataire et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction de dette.
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'une allocation versée en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient seulement au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
6. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé à l'allocation en cause ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.
7. Il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté par M. A que ce dernier a, depuis avril 2014, exercé une activité professionnelle non salariée en qualité de gérant d'une société de sécurité, société qui avait antérieurement été mise en sommeil. Il résulte des dispositions des articles L. 5423-1 et suivants et R. 5423-1 et suivants du code du travail, ainsi que des articles R. 5425-1 et suivants du même code, que le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique, versée aux travailleurs privés d'emploi, doit déclarer l'exercice d'une activité professionnelle, y compris non salariée, dès lors notamment que lorsque le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique reprend une telle activité, la rémunération qu'il retire de son exercice est intégralement cumulée avec le versement de l'allocation de solidarité spécifique pendant seulement une période de trois mois, consécutifs ou non, dans la limite des droits aux allocations restants. Eu égard à la nature de l'information non déclarée par M. A au cours de la période litigieuse, dont Pôle emploi n'a été informé que le 26 septembre 2017, qui lui a permis de percevoir indument un montant d'ASS de 7 362,38 euros dès lors que ses droits à l'allocation de retour à l'emploi n'était pas épuisés, le requérant ne peut être regardé comme étant de bonne foi et ne peut, quelle que soit la précarité de sa situation, demander la remise gracieuse de l'indu.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, dans sa rédaction alors applicable : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. " Aux termes de l'article R. 412-1 dudit code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. () ".
9. En dépit de la fin de non-recevoir opposée à titre principal par Pôle emploi, tirée de l'absence de liaison du contentieux indemnitaire, M. A n'a pas produit la décision se prononçant sur sa demande indemnitaire préalable ou la pièce justifiant du dépôt d'une telle demande. Dans ces conditions, les conclusions de M. A tendant à ce que Pôle emploi soit condamné à lui verser une somme au demeurant non précisée, sont irrecevables et doivent être rejetées comme telles.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C A, à Pôle emploi Occitanie et au ministre du travail.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 5 avril 2023.
Le magistrat désigné,
Alain D de HureauxLa greffière,
Sandrine Furbeyre
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026