mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102253 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique chambre 5 |
| Avocat requérant | HORIZONS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 avril 2021 et le 25 février 2022, Mme B E et M. C E, représentés par la Selarl ABC avocats, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 mars 2021 rejetant leur réclamation tendant à la révision de l'évaluation de la taxe d'habitation au titre de l'année 2019 pour les deux locaux à usage d'habitation situés l'un sur la commune de Lalbenque et cadastré section BO n° 116, l'autre sur la commune de Belfort-du-Quercy et cadastré section AC n° 176 ;
2°) de dire que la taxe d'habitation devra être appelée par la commune de Belfort-du-Quercy ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme et M. E soutiennent que :
- l'assiette de la taxe d'habitation de leurs immeubles, situés sur les communes de Lalbenque et de Belfort-du-Quercy, doit être établie au seul profit de la commune de Belfort-du-Quercy, dès lors que ces immeubles constituent une unité d'habitation unique, dont la plus grande partie de la surface habitable se trouve sur le territoire de la commune de Belfort-du-Quercy ;
- l'administration fiscale ne peut se prévaloir utilement des mentions figurant dans les formulaires H1, ni de l'avis émis par le pôle de topographie et de gestion cadastrale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2021, le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme et M. E ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté par le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne a été enregistré le 7 novembre 2022, après la clôture de l'instruction fixée au 12 avril 2022, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme et M. E sont propriétaires sur le territoire de la commune de Lalbenque d'une maison à usage d'habitation édifiée sur la parcelle cadastrée section BO n° 116, et sur le territoire de la commune de Belfort-du-Quercy d'une maison à usage d'habitation édifiée sur la parcelle cadastrée section AC n° 176, pour chacune desquelles ils ont été assujettis à la taxe d'habitation au titre de l'année 2019. Par une réclamation du 10 août 2020, ils ont sollicité l'imposition à la taxe d'habitation de ces deux ensembles immobiliers au profit de la seule commune de Belfort-du-Quercy. Cette réclamation a été rejetée par une décision du 18 mars 2021.
2. Aux termes de l'article 1399 du code général des impôts : " I. - Toute propriété foncière, bâtie ou non bâtie, doit être imposée dans la commune où elle est située () ". L'article 1409 de ce code dispose : " La taxe d'habitation est calculée d'après la valeur locative des habitations et de leurs dépendances, telles que garages, jardins d'agrément, parcs et terrains de jeux./ Cette valeur locative est déterminée selon les règles définies aux articles 1494 à 1508, 1516 à 1518 A ter et 1518 A quinquies. ". En vertu de l'article 1494 du même code : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la taxe d'habitation ou d'une taxe annexe établie sur les mêmes bases est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte. ". En application de l'article 1495 dudit code, chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation. L'article 324 A de l'annexe III au code général des impôts dispose : " Pour l'application de l'article 1494 du code général des impôts on entend :/ 1° Par propriété normalement destinée à une utilisation distincte :/ a. En ce qui concerne les biens autres que les établissements industriels l'ensemble des sols terrains et bâtiments qui font partie du même groupement topographique et sont normalement destinés à être utilisés par un même occupant en raison de leur agencement () ".
3. Il résulte de l'instruction que chacune des maisons à usage d'habitation dont sont propriétaires Mme et M. E est située de part et d'autre de la délimitation entre les territoires des communes de Lalbenque et de Belfort-du-Quercy. Ainsi, l'imposition à la taxe d'habitation doit normalement être établie dans chacune de ces deux communes à raison des locaux situés sur leur territoire respectif. Les requérants soutiennent, en se prévalant de la documentation fiscale (BOI-IF-TH-10-30 n° 200 et BOI-IF-TFB-20-10-20-50), que l'imposition doit être établie en totalité dans la commune de Belfort-du-Quercy, sur le territoire de laquelle se trouve la plus grande partie de la surface habitable de leur propriété, qui constituerait une seule unité d'habitation. Il résulte toutefois de l'instruction, notamment des photographies produites à l'appui de la requête et des données cadastrales, que les deux maisons sont physiquement séparées. La circonstance que Mme et M. E ont fait édifier une verrière couvrant l'espace entre les deux bâtiments et permettant un accès commun à ces deux immeubles, ne permet pas d'établir que chacun d'entre eux ne bénéficie pas d'un accès séparé. En outre, si les requérants soutiennent que les deux immeubles sont desservis par un compteur unique, s'agissant de la fourniture d'eau et d'électricité, et bénéficient d'un raccordement unique à la fibre, ils n'en justifient pas par la seule production des numéros d'identification des compteurs d'eau et d'électricité et par une attestation rédigée postérieurement à l'année d'imposition en litige, qui ne revêt au surplus aucun caractère probant. Ils ne produisent par ailleurs aucun élément relatif à la composition des locaux et à leur agencement intérieur, de nature à établir l'existence d'une unité d'habitation. Ainsi, dès lors que l'immeuble situé sur le territoire de la commune de Lalbenque et celui situé sur la commune de Belfort-du-Quercy ne constituent pas une unité d'habitation, Mme et M. E ne sont pas fondés à soutenir que leur assujettissement à la taxe d'habitation devrait, pour ces deux biens, être établi sur la seule commune de Belfort-du-Quercy.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme et M. E doit être rejetée, en ce compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme et M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, à M. C E et au directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.
La magistrate désignée,
F. A
La greffière,
M. D La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026