jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102338 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | ARCHERS-LABRO |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une ordonnance du 8 juillet 2020, le président de la 9ème chambre du tribunal administratif de Montreuil a transmis le dossier de la requête de la société clinique Ambroise Paré au tribunal administratif de Toulouse, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Par une requête, enregistrée le 25 mars 2020 sous le n° 2102338, et un mémoire, enregistré le 13 mai 2022, la société clinique Ambroise Paré, représentée par Me Labro, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de juger qu'elle est titulaire d'une créance de 21 347,70 euros à l'endroit de l'Etablissement français du sang correspondant à la taxe sur la valeur ajoutée qu'elle estime avoir indument acquittée au cours de la période de janvier 2015 à décembre 2018 pour la livraison de produits sanguins labiles ;
2°) de condamner, en conséquence, l'Etablissement français du sang à lui verser cette somme ;
3°) de mettre à la charge de l'Etablissement français du sang le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa demande de remboursement et sa requête sont recevables, dès lors qu'elles tendent au remboursement par l'Etablissement français du sang, qui est son cocontractant, d'une créance d'origine " commerciale " qui est certaine, liquide et exigible qu'elle détient sur cet établissement ;
- en vertu des dispositions du d du 1 de l'article 132 de la directive 2006/112/CE dite " taxe sur la valeur ajoutée " précisé par la décision du 5 octobre 2016 de la Cour de Justice de l'Union Européenne, les livraisons de produits labiles dérivés du sang total sont exonérées de taxe sur la valeur ajoutée dès lors qu'elles contribuent directement à des activités d'intérêt général, c'est-à-dire lorsque les produits sont employés pour des soins ou à des fins thérapeutiques ;
- l'alinéa 2 du paragraphe 4 de l'article 261 du code général des impôts, qui assure la transposition de la directive dite " taxe sur la valeur ajoutée " prévoit que sont exonérées de cette taxe les livraisons portant sur le sang ;
- elle a droit au remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée facturée à tort par l'Etablissement français du sang alors même qu'un arrêté ministériel et la doctrine fiscale, règles de rang inférieur, préconisaient un assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée ;
- les ministres de la santé et de l'administration fiscale ont admis le caractère erroné de leur interprétation de la législation française et de la directive dite " taxe sur la valeur ajoutée " en publiant le 26 décembre 2018 un arrêté relatif à la cession des produits sanguins labiles supprimant toute référence au traitement de taxe sur la valeur ajoutée applicable à la facturation et une mise à jour des commentaires de la législation publiée au Bulletin officiel des finances publiques - impôts au terme de laquelle la livraison des produits dérivés du sang total destinés à usage thérapeutique est exonérée de taxe sur la valeur ajoutée ;
- les règles de prescription de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales ne sont pas applicables eu égard à l'objet de sa demande.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juin 2021, l'Etablissement français du sang, représenté par Me Alparslan, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter la requête comme irrecevable ;
2°) à titre subsidiaire, de confirmer la décision du directeur de l'Etablissement français du sang en ce qu'elle rejette la demande de remboursement présentée par la société requérante pour un montant de 21 347,70 euros ;
3°) de mettre à la charge de la société clinique Ambroise Paré le versement de la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
Il soutient que :
- la demande de remboursement de taxe sur la valeur ajoutée est mal dirigée et par suite, irrecevable ; elle ne peut être adressée que par le redevable légal de la taxe au service des impôts dont il dépend, l'Etablissement français du sang n'étant pas le bénéficiaire de la taxe ;
- pour le surplus, les moyens ne sont pas fondés ;
- la prescription quadriennale n'est pas applicable aux créances d'origine fiscale ;
- il était fondé à facturer ses produits sanguins labiles au taux de taxe sur la valeur ajoutée de 2,1 % conformément à la réglementation alors en vigueur ;
- la convention liant la clinique à l'Etablissement français du sang a bien été exécutée ;
- la société requérante ne justifie pas de la créance " commerciale " qu'elle invoque.
Par une ordonnance du 25 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 décembre 2022.
Un mémoire, présenté pour l'Etablissement français du sang, a été enregistré le 10 janvier 2023, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
II. Par une ordonnance du 8 juillet 2020, le président de la 9ème chambre du tribunal administratif de Montreuil a transmis le dossier de la requête de la société clinique Claude Bernard au tribunal administratif de Toulouse, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Par une requête, enregistrée le 25 mars 2020 sous le n° 2102340 et un mémoire, enregistré le 13 mai 2022, la société clinique Claude Bernard, représentée par Me Labro, demande, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de juger qu'elle est titulaire d'une créance de 51 076 euros à l'endroit de l'Etablissement français du sang correspondant à la taxe sur la valeur ajoutée qu'elle estime avoir indument acquittée au cours de la période de janvier 2015 à décembre 2018 pour la livraison de produits sanguins labiles ;
2°) de condamner, en conséquence, l'Etablissement français du sang à lui verser cette somme ;
3°) de mettre à la charge de l'Etablissement français du sang le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa demande de remboursement et sa requête sont recevables, dès lors qu'elles tendent au remboursement par l'Etablissement français du sang, qui est son cocontractant, d'une créance d'origine " commerciale " qui est certaine, liquide et exigible qu'elle détient sur cet établissement ;
- en vertu des dispositions du d du 1 de l'article 132 de la directive 2006/112/CE dite " taxe sur la valeur ajoutée " précisé par la décision du 5 octobre 2016 de la Cour de Justice de l'Union Européenne, les livraisons de produits labiles dérivés du sang total sont exonérées de taxe sur la valeur ajoutée dès lors qu'elles contribuent directement à des activités d'intérêt général, c'est-à-dire lorsque les produits sont employés pour des soins ou à des fins thérapeutiques ;
- l'alinéa 2 du paragraphe 4 de l'article 261 du code général des impôts, qui assure la transposition de la directive dite " taxe sur la valeur ajoutée " prévoit que sont exonérées de cette taxe les livraisons portant sur le sang ;
- elle a droit au remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée facturée à tort par l'Etablissement français du sang alors même qu'un arrêté ministériel et la doctrine fiscale, règles de rang inférieur, préconisaient un assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée ;
- les ministres de la santé et de l'administration fiscale ont admis le caractère erroné de leur interprétation de la législation française et de la directive dite " taxe sur la valeur ajoutée " en publiant le 26 décembre 2018 un arrêté relatif à la cession des produits sanguins labiles supprimant toute référence au traitement de taxe sur la valeur ajoutée applicable à la facturation et une mise à jour des commentaires de la législation publiée au Bulletin officiel des finances publiques - impôts au terme de laquelle la livraison des produits dérivés du sang total destinés à usage thérapeutique est exonérée de taxe sur la valeur ajoutée ;
- les règles de prescription de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales ne sont pas applicables eu égard à l'objet de sa demande.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 juin 2021 et le 31 août 2022, l'Etablissement français du sang, représenté par Me Alparslan, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter la requête comme irrecevable ;
2°) à titre subsidiaire, de confirmer la décision du directeur de l'Etablissement français du sang en ce qu'elle rejette la demande de remboursement présentée par la société requérante pour un montant de 51 076 euros ;
3°) de mettre à la charge de la société clinique Claude Bernard le versement de la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
Il soutient que :
- la demande de remboursement de taxe sur la valeur ajoutée est mal dirigée et par suite, irrecevable ; elle ne peut être adressée que par le redevable légal de la taxe au service des impôts dont il dépend, l'Etablissement français du sang n'étant pas le bénéficiaire de la taxe ;
- en l'absence de réclamation préalable, l'action en répétition de l'indu, qui est nouvelle, est irrecevable ;
- pour le surplus, les moyens ne sont pas fondés ;
- la prescription quadriennale n'est pas applicable aux créances d'origine fiscale ;
- il était fondé à facturer ses produits sanguins labiles au taux de taxe sur la valeur ajoutée de 2,1 % conformément à la réglementation alors en vigueur ;
- la convention liant la clinique à l'Etablissement français du sang a bien été exécutée ;
- la société requérante ne justifie pas de la créance " commerciale " qu'elle invoque.
Par une ordonnance du 24 novembre 2022, la clôture de l'instruction, après réouverture, a été fixée au 12 décembre 2022.
Un mémoire, présenté pour l'Etablissement français du sang, a été enregistré le 11 janvier 2023, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
III. Par une ordonnance du 8 juillet 2020, le président de la 9ème chambre du tribunal administratif de Montreuil a transmis le dossier de la requête de la société polyclinique du Sidobre au tribunal administratif de Toulouse, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Par une requête, enregistrée le 26 mars 2020 sous le n° 2102385 et un mémoire, enregistré le 13 mai 2022, la société polyclinique du Sidobre, représentée par Me Labro, demande, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de juger qu'elle est titulaire d'une créance de 8 135,68 euros à l'endroit de l'Etablissement français du sang correspondant à la taxe sur la valeur ajoutée qu'elle estime avoir indument acquittée au cours de la période de janvier 2015 à décembre 2018 pour la livraison de produits sanguins labiles ;
2°) de condamner, en conséquence, l'Etablissement français du sang à lui verser cette somme ;
3°) de mettre à la charge de l'Etablissement français du sang le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa demande de remboursement et sa requête sont recevables, dès lors qu'elles tendent au remboursement par l'Etablissement français du sang, qui est son cocontractant, d'une créance d'origine " commerciale " qui est certaine, liquide et exigible qu'elle détient sur cet établissement ;
- en vertu des dispositions du d du 1 de l'article 132 de la directive 2006/112/CE dite " taxe sur la valeur ajoutée " précisé par la décision du 5 octobre 2016 de la Cour de Justice de l'Union Européenne, les livraisons de produits labiles dérivés du sang total sont exonérées de taxe sur la valeur ajoutée dès lors qu'elles contribuent directement à des activités d'intérêt général, c'est-à-dire lorsque les produits sont employés pour des soins ou à des fins thérapeutiques ;
- l'alinéa 2 du paragraphe 4 de l'article 261 du code général des impôts, qui assure la transposition de la directive dite " taxe sur la valeur ajoutée " prévoit que sont exonérées de cette taxe les livraisons portant sur le sang ;
- elle a droit au remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée facturée à tort par l'Etablissement français du sang alors même qu'un arrêté ministériel et la doctrine fiscale, règles de rang inférieur, préconisaient un assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée ;
- les ministres de la santé et de l'administration fiscale ont admis le caractère erroné de leur interprétation de la législation française et de la directive dite " taxe sur la valeur ajoutée " en publiant le 26 décembre 2018 un arrêté relatif à la cession des produits sanguins labiles supprimant toute référence au traitement de taxe sur la valeur ajoutée applicable à la facturation et une mise à jour des commentaires de la législation publiée au Bulletin officiel des finances publiques - impôts au terme de laquelle la livraison des produits dérivés du sang total destinés à usage thérapeutique est exonérée de taxe sur la valeur ajoutée ;
- les règles de prescription de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales ne sont pas applicables eu égard à l'objet de sa demande.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 juin 2021 et le 30 août 2022, l'Etablissement français du sang, représenté par Me Alparslan, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter la requête comme irrecevable ;
2°) à titre subsidiaire, de confirmer la décision du directeur de l'Etablissement français du sang en ce qu'elle rejette la demande de remboursement présentée par la société requérante pour un montant de 8 135,68 euros ;
3°) de mettre à la charge de la société polyclinique du Sidobre le versement de la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
Il soutient que :
- la demande de remboursement de taxe sur la valeur ajoutée est mal dirigée et par suite, irrecevable ; elle ne peut être adressée que par le redevable légal de la taxe au service des impôts dont il dépend, l'Etablissement français du sang n'étant pas le bénéficiaire de la taxe ;
- en l'absence de réclamation préalable, l'action en répétition de l'indu, qui est nouvelle, est irrecevable ;
- pour le surplus, les moyens ne sont pas fondés ;
- la prescription quadriennale n'est pas applicable aux créances d'origine fiscale ;
- il était fondé à facturer ses produits sanguins labiles au taux de taxe sur la valeur ajoutée de 2,1 % conformément à la réglementation alors en vigueur ;
- la convention liant la clinique à l'Etablissement français du sang a bien été exécutée ;
- la société requérante ne justifie pas de la créance " commerciale " qu'elle invoque.
Par une ordonnance du 24 novembre 2022, la clôture de l'instruction, après réouverture, a été fixée au 12 décembre 2022.
Un mémoire, présenté pour l'Etablissement français du sang, a été enregistré le 11 janvier 2023, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
IV. Par une ordonnance du 8 juillet 2020, le président de la 9ème chambre du tribunal administratif de Montreuil a transmis le dossier de la requête de la société clinique Occitanie au tribunal administratif de Toulouse, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Par une requête, enregistrée le 26 mars 2020 sous le n° 2102386 et un mémoire, enregistré le 13 mai 2022, la société clinique Occitanie, représentée par Me Labro, demande, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de juger qu'elle est titulaire d'une créance de 39 299,26 euros à l'endroit de l'Etablissement français du sang correspondant à la taxe sur la valeur ajoutée qu'elle estime avoir indument acquittée au cours de la période de janvier 2015 à décembre 2018 pour la livraison de produits sanguins labiles ;
2°) de condamner, en conséquence, l'Etablissement français du sang à lui verser cette somme ;
3°) de mettre à la charge de l'Etablissement français du sang le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa demande de remboursement et sa requête sont recevables, dès lors qu'elles tendent au remboursement par l'Etablissement français du sang, qui est son cocontractant, d'une créance d'origine " commerciale " qui est certaine, liquide et exigible qu'elle détient sur cet établissement ;
- en vertu des dispositions du d du 1 de l'article 132 de la directive 2006/112/CE dite " taxe sur la valeur ajoutée " précisé par la décision du 5 octobre 2016 de la Cour de Justice de l'Union Européenne, les livraisons de produits labiles dérivés du sang total sont exonérées de taxe sur la valeur ajoutée dès lors qu'elles contribuent directement à des activités d'intérêt général, c'est-à-dire lorsque les produits sont employés pour des soins ou à des fins thérapeutiques ;
- l'alinéa 2 du paragraphe 4 de l'article 261 du code général des impôts, qui assure la transposition de la directive dite " taxe sur la valeur ajoutée " prévoit que sont exonérées de cette taxe les livraisons portant sur le sang ;
- elle a droit au remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée facturée à tort par l'Etablissement français du sang alors même qu'un arrêté ministériel et la doctrine fiscale, règles de rang inférieur, préconisaient un assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée ;
- les ministres de la santé et de l'administration fiscale ont admis le caractère erroné de leur interprétation de la législation française et de la directive dite " taxe sur la valeur ajoutée " en publiant le 26 décembre 2018 un arrêté relatif à la cession des produits sanguins labiles supprimant toute référence au traitement de taxe sur la valeur ajoutée applicable à la facturation et une mise à jour des commentaires de la législation publiée au Bulletin officiel des finances publiques - impôts au terme de laquelle la livraison des produits dérivés du sang total destinés à usage thérapeutique est exonérée de taxe sur la valeur ajoutée ;
- les règles de prescription de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales ne sont pas applicables eu égard à l'objet de sa demande.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 juin 2021 et le 31 août 2022, l'Etablissement français du sang, représenté par Me Alparslan, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter la requête comme irrecevable ;
2°) à titre subsidiaire, de confirmer la décision du directeur de l'Etablissement français du sang en ce qu'elle rejette la demande de remboursement présentée par la société requérante pour un montant de 39 299,26 euros ;
3°) de mettre à la charge de la société clinique Occitanie le versement de la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
Il soutient que :
- la demande de remboursement de taxe sur la valeur ajoutée est mal dirigée et par suite, irrecevable ; elle ne peut être adressée que par le redevable légal de la taxe au service des impôts dont il dépend, l'Etablissement français du sang n'étant pas le bénéficiaire de la taxe ;
- en l'absence de réclamation préalable, l'action en répétition de l'indu, qui est nouvelle, est irrecevable ;
- pour le surplus, les moyens ne sont pas fondés ;
- la prescription quadriennale n'est pas applicable aux créances d'origine fiscale ;
- il était fondé à facturer ses produits sanguins labiles au taux de taxe sur la valeur ajoutée de 2,1 % conformément à la réglementation alors en vigueur ;
- la convention liant la clinique à l'Etablissement français du sang a bien été exécutée ;
- la société requérante ne justifie pas de la créance " commerciale " qu'elle invoque.
Par une ordonnance du 25 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 décembre 2022.
Un mémoire, présenté pour l'Etablissement français du sang, a été enregistré le 11 janvier 2023, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
V. Par une ordonnance du 8 juillet 2020, le président de la 9ème chambre du tribunal administratif de Montreuil a transmis le dossier de la requête de la société clinique du Pont de Chaume au tribunal administratif de Toulouse, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Par une requête, enregistrée le 25 mars 2020 sous le n° 2102387 et un mémoire, enregistré le 13 mai 2022, la société clinique du Pont de Chaume, représentée par Me Labro, demande, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de juger qu'elle est titulaire d'une créance de 47 802,70 euros à l'endroit de l'Etablissement français du sang correspondant à la taxe sur la valeur ajoutée qu'elle estime avoir indument acquittée au cours de la période de janvier 2015 à décembre 2018 pour la livraison de produits sanguins labiles ;
2°) de condamner, en conséquence, l'Etablissement français du sang à lui verser cette somme ;
3°) de mettre à la charge de l'Etablissement français du sang le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa demande de remboursement et sa requête sont recevables, dès lors qu'elles tendent au remboursement par l'Etablissement français du sang, qui est son cocontractant, d'une créance d'origine " commerciale " qui est certaine, liquide et exigible qu'elle détient sur cet établissement ;
- en vertu des dispositions du d du 1 de l'article 132 de la directive 2006/112/CE dite " taxe sur la valeur ajoutée " précisé par la décision du 5 octobre 2016 de la Cour de Justice de l'Union Européenne, les livraisons de produits labiles dérivés du sang total sont exonérées de taxe sur la valeur ajoutée dès lors qu'elles contribuent directement à des activités d'intérêt général, c'est-à-dire lorsque les produits sont employés pour des soins ou à des fins thérapeutiques ;
- l'alinéa 2 du paragraphe 4 de l'article 261 du code général des impôts, qui assure la transposition de la directive dite " taxe sur la valeur ajoutée " prévoit que sont exonérées de cette taxe les livraisons portant sur le sang ;
- elle a droit au remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée facturée à tort par l'Etablissement français du sang alors même qu'un arrêté ministériel et la doctrine fiscale, règles de rang inférieur, préconisaient un assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée ;
- les ministres de la santé et de l'administration fiscale ont admis le caractère erroné de leur interprétation de la législation française et de la directive dite " taxe sur la valeur ajoutée " en publiant le 26 décembre 2018 un arrêté relatif à la cession des produits sanguins labiles supprimant toute référence au traitement de taxe sur la valeur ajoutée applicable à la facturation et une mise à jour des commentaires de la législation publiée au Bulletin officiel des finances publiques - impôts au terme de laquelle la livraison des produits dérivés du sang total destinés à usage thérapeutique est exonérée de taxe sur la valeur ajoutée ;
- les règles de prescription de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales ne sont pas applicables eu égard à l'objet de sa demande.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 juin 2021 et le 31 août 2022, l'Etablissement français du sang, représenté par Me Alparslan, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter la requête comme irrecevable ;
2°) à titre subsidiaire, de confirmer la décision du directeur de l'Etablissement français du sang en ce qu'elle rejette la demande de remboursement présentée par la société requérante pour un montant de 47 802,70 euros ;
3°) de mettre à la charge de la société clinique du Pont de Chaume le versement de la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
Il soutient que :
- la demande de remboursement de taxe sur la valeur ajoutée est mal dirigée et par suite, irrecevable ; elle ne peut être adressée que par le redevable légal de la taxe au service des impôts dont il dépend, l'Etablissement français du sang n'étant pas le bénéficiaire de la taxe ;
- en l'absence de réclamation préalable, l'action en répétition de l'indu, qui est nouvelle, est irrecevable ;
- pour le surplus, les moyens ne sont pas fondés ;
- la prescription quadriennale n'est pas applicable aux créances d'origine fiscale ;
- il était fondé à facturer ses produits sanguins labiles au taux de taxe sur la valeur ajoutée de 2,1 % conformément à la réglementation alors en vigueur ;
- la convention liant la clinique à l'Etablissement français du sang a bien été exécutée ;
- la société requérante ne justifie pas de la créance " commerciale " qu'elle invoque.
Par une ordonnance du 25 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 décembre 2022.
Un mémoire, présenté pour l'Etablissement français du sang, a été enregistré le 11 janvier 2023, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la directive 2006/112/CE du conseil du 28 novembre 2006 relative au système de taxe sur la valeur ajoutée ;
- l'arrêt n° C-412/15 du 5 octobre 2016 de la Cour de justice de l'Union européenne ;
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'arrêté interministériel du 9 mars 2010 relatif au tarif de cession des produits sanguins labiles ;
- la décision du Conseil d'Etat n° 469111 du 29 novembre 2023 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Carotenuto ;
- et les conclusions de M. Déderen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'Etablissement français du sang, chargé du service public transfusionnel, a vendu aux sociétés clinique Ambroise Paré, clinique Claude Bernard, polyclinique du Sidobre, clinique Occitanie et clinique du Pont de Chaume, au cours des années 2015 à 2018, des produits dérivés du sang humain, dits " produits sanguins labiles ", en soumettant ces livraisons à la taxe sur la valeur ajoutée au taux de 2,10 % en application des dispositions l'article 281 octies du code général des impôts dans leur rédaction alors applicable. Lesdites sociétés ont demandé à l'Etablissement français du sang de leur rembourser la taxe qu'elles estimaient avoir supporté à tort sur ces livraisons. Par cinq décisions du 27 janvier 2020, le directeur de l'Etablissement français du sang a rejeté leurs demandes. Par les présentes requêtes, les sociétés clinique Ambroise Paré, clinique Claude Bernard, polyclinique du Sidobre, clinique Occitanie et clinique du Pont de Chaume demandent au tribunal de condamner l'Etablissement français du sang à leur verser, respectivement, les sommes de 21 347,70 euros, 51 076 euros, 8 135,68 euros, 39 299,26 euros et 47 802,70 euros en restitution de l'indu correspondant à la taxe sur la valeur ajoutée facturée à tort.
2. Les requêtes enregistrées sous les n°s 2102338, 2102340, 2102385, 2102386 et 2102387 présentent à juger des mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur l'assujettissement des livraisons de produits sanguins labiles à la taxe sur la valeur ajoutée :
3. Les dispositions du d du 1 de l'article 132 de la directive 2006/112/CE du Conseil du 28 novembre 2006 relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée, transposées par les dispositions du 2° du 4 de l'article 261 du code général des impôts, prévoient que les livraisons de sang humain sont exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée. Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne et notamment de l'arrêt du 5 octobre 2016 TMD Gesellschaft für transfusionsmedizinische Dienste mbH C-412/15 que sont inclus dans le champ de cette exonération les livraisons de produits sanguins labiles destinés à un usage thérapeutique direct.
4. Par suite, les dispositions de l'article 281 octies du code général des impôts dans leur rédaction en vigueur jusqu'au 31 décembre 2021, aux termes desquelles : " La taxe sur la valeur ajoutée est perçue au taux de 2,10 % pour les livraisons portant () sur les produits visés au 1° () de l'article L. 1221-8 du code de la santé publique. () ", c'est-à-dire les " produits sanguins labiles, comprenant notamment le sang total, le plasma dans la production duquel n'intervient pas un processus industriel, quelle que soit sa finalité, et les cellules sanguines d'origine humaine ", étaient contraires aux dispositions du d du 1 de l'article 132 de la directive 2006/112/CE du Conseil du 28 novembre 2006 en tant qu'elles assujettissaient à la taxe sur la valeur ajoutée les produits sanguins labiles destinés à un usage thérapeutique direct.
Sur le droit à restitution de la taxe sur la valeur ajoutée facturée à tort :
5. Il résulte de l'instruction que, jusqu'au mois de décembre 2018, l'Établissement français du sang a facturé les produits sanguins labiles à usage thérapeutique qu'il livrait en soumettant ces livraisons à la taxe sur la valeur ajoutée au taux de 2,10 % en application des dispositions de l'article 281 octies du code général des impôts, dans leur rédaction alors en vigueur, et de celles de l'article 4 de l'arrêté du 9 mars 2010 relatif au tarif de cession des produits sanguins labiles, dans sa rédaction en vigueur jusqu'au 26 décembre 2018. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 et n'est pas contesté que cette taxe sur la valeur ajoutée a été facturée en méconnaissance du droit de l'Union européenne.
6. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article 1302 du code civil : " () ce qui a été reçu sans être dû est sujet à restitution ". Aux termes de l'article 1302-1 du même code : " Celui qui reçoit par erreur ou sciemment ce qui ne lui est pas dû doit le restituer à celui de qui il l'a indûment reçu ".
7. D'autre part, il résulte de la directive 2006/112/CE du Conseil du 28 novembre 2006 relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée, telle qu'interprétée par la Cour de justice de l'Union européenne notamment dans son arrêt du 15 mars 2007 Reemtsma Cigarettenfabriken GmbH C-35/05, que, lorsque l'acquéreur d'un bien a versé au fournisseur la taxe sur la valeur ajoutée mentionnée à tort sur les factures émises par ce dernier, il ne peut se prévaloir d'un droit à déduction de cette taxe. Les autorités fiscales nationales sont, dès lors, fondées à refuser à l'acquéreur l'exercice de ce droit ainsi que, le cas échéant, la restitution du crédit de taxe déductible qui en découle. En revanche, l'acquéreur peut demander au fournisseur le remboursement de la taxe qu'il a indûment supportée. Si la restitution de la taxe sur la valeur ajoutée devient impossible ou excessivement difficile, notamment en cas d'insolvabilité du vendeur, le principe d'effectivité peut exiger que l'acquéreur puisse présenter sa demande de restitution directement aux autorités fiscales nationales lesquelles peuvent, avant d'accorder la restitution demandée, vérifier que le risque de perte de recettes fiscales a été préalablement éliminé, notamment du fait que l'auteur de la facture erronée a reversé au Trésor public la taxe indûment collectée.
8. Conformément à ce qui vient d'être dit au point 7, pour obtenir la restitution de la taxe sur la valeur ajoutée qui lui a été facturée à tort, l'acquéreur doit prioritairement s'adresser, y compris le cas échéant par la voie juridictionnelle, à son fournisseur si celui-ci n'a pas pris l'initiative de lui rembourser l'indu correspondant, et, seulement à titre subsidiaire, à l'administration fiscale si l'obtention de la restitution de la taxe indue auprès du fournisseur est impossible ou excessivement difficile.
9. Il suit de ce qui vient d'être exposé que les sociétés requérantes sont en droit, par la voie d'une action civile en restitution de l'indu, de demander à l'Etablissement français du sang le remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée facturée à tort sur les livraisons de produits sanguins labiles, sans que puissent leur être opposées ni la correcte exécution du contrat ni l'exception de recours parallèle de la procédure fiscale de restitution d'impositions indues prévue par l'article L. 190 du livre des procédures fiscales. En outre, l'Etablissement français du sang ne peut utilement faire valoir qu'il n'a commis aucune faute en appliquant une réglementation qui s'imposait à lui.
10. Les sociétés requérantes ont acquitté, au titre des années 2015 à 2018, des sommes correspondant à la taxe sur la valeur ajoutée facturée à tort, pour des montants non contestés de 21 347,70 euros pour la société clinique Ambroise Paré, de 51 076 euros pour la société clinique Claude Bernard, de 8 135,68 euros pour la société polyclinique du Sidobre, de 39 299,26 euros pour la société clinique Occitanie et de 47 802,70 euros pour la société clinique du Pont de Chaume. Elles sont, ainsi, fondées à demander à l'Etablissement français du sang le remboursement desdites sommes.
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge de leurs propres frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etablissement français du sang est condamné à verser à la société clinique Ambroise Paré la somme de 21 347,70 euros, à la société clinique Claude Bernard la somme de 51 076 euros, à la société polyclinique du Sidobre la somme de 8 135,68 euros, à la société clinique Occitanie la somme de 39 299,26 euros et à la société clinique du Pont de Chaume la somme de 47 802,70 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société clinique Ambroise Paré, à la société clinique Claude Bernard, à la société polyclinique du Sidobre, à la société clinique Occitanie, à la société clinique du Pont de Chaume et à l'Etablissement français du sang.
Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.
La présidente-rapporteure,
S. CAROTENUTO
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
S. HECHTLa greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
N°s 2102338, 2102340, 2102385, 2102386, 2102387
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026